Mais qui donc mange de l’okara ?

Je me permets de formuler une petite réflexion à propos de la lecture de cet article qui relate un tel engouement pour les régimes végé* que celà génère des pénuries de tofu au Québec.
Je trouve que celà devient de plus en plus dur de continuer d’affirmer que « le soja cé pour lé zanimos » comme je peux le lire de partout sur les réseaux sociaux.
Tous ceux d’entre nous qui ont un jour fait du tofu maison savent bien la quantité assez monstrueuse de résidus de graine qui résulte du processus.
J’ai animé des ateliers de fabrication de tofu dans mon ancienne vie, et je peux attester que l’élaboration du tofu génère un sacré volume de reste : l’okara.
okara
(miam miam)
Pour ceux qui n’ont jamais fait de tofu eux même, ce dernier est l’eau de cuisson blanche du soja jaune cuit et coagulé à l’aide de Nigari.  L’okara c’est la pulpe de graine de soja pulvérisée qui reste une fois la tambouille filtrée.
L’okara est parfois agrémenté, (j’ai d’ailleurs une recette qui déchire sa maman ours pour paraphraser un ami) mais déjà je doute que le commun des végan ne fassent eux même leur tofu : c’est long et compliqué à faire et ensuite je doute que cet éventuel okara soit consommé sur une base régulière : la quantité générée est vraiment rédhibitoire à écouler ! Je ne lis jamais sur les groupes FB que je lis que cela soit une préoccupation pour le commun des vegan, comment utiliser ce reste.
Selon Wikipédia, l’okara est traditionnellement utilisée de façon anecdotique dans l’alimentation humaine et est utilisée majoritairement….. tadaaaam : pour nourrir le bétail ou les poissons d’aquaculture !
Pour rappel : notre consommation intensive de tofu, lait de soja (tonyu), yaourt de soja est une nouveauté dans l’histoire humaine. Aucune des cultures asiatiques traditionnelles souvent invoquées en exemple n’a jamais consommé autant de soja que l’occidentalus flexitarius ne voudrait se l’imaginer. La filière tourteau d’okara est une invention collatérale du succès des régimes végétariens.
Plus de tofu = plus d’okara = plus de tourteau !
➡️ L’okara ?
Que va t’on faire de tout ce bel okara alors ?
Ce serait vraiment dommage de mépriser une ressource qui pourrait nourrir un humain ou un animal, non ?
S’en servir comme paillis ? Comme compost ? Je n’ai jamais vraiment lu de témoignages végan allant en ce sens pour ma part. (Et au passage j’en profite pour rapeller que je cherche toujours les fermes vegan pilotes en France… Mais ne changeons pas de sujet 😀 )
L’immense majorité des végéflexivegan achète son tofu tout prêt sans se préoccuper d’avantage du processus industriel et de ses débouchés, en un mot des externalités liées à leurs choix alimentaires.
Du… TOURTEAU pour le bétail ou pour les cochons ????
Il va donc falloir en toute logique augmenter le nombre de tête de bétail pour manger tous ces détritus végan, pour ne pas gâcher et valoriser quelque chose de comestible que les gens ne veulent pas manger, pas même les vegan !!! 😱
Sinon ce serait de l’éthique en toc.
La sagesse populaire savait empiriquement valoriser chaque sous produit d’une production, exemple du petit lait donné au cochon. De tels repères n’existent plus à l’échelle d’une production industrielle éloignée des regards. Les repères sont floutés puisque les processus nous échappent. Je ne suis pas loin d’affirmer que d’être conscient et maître de chacun des aspects de ce qui est impliqué par notre alimentation est une condition sine qua non de notre engagement écologique.
bioeu

5 commentaires sur « Mais qui donc mange de l’okara ? »

  1. L’article tombe bien, j’ai tenté pour la première fois l’expérience du « lait de soja fait maison » hier en suivant la recette proposée sur un blog de cuisine chinoise. Pour 60g de graines de soja, j’ai donc obtenu 200mL de jus de soja et 160g de pulpe de soja (okara) humide. Concernant le goût, je n’ai aucun regret : c’est effectivement très éloigné du jus de soja vendu en grandes surfaces. Mais je ne m’attendais pas à avoir autant de résidu (la recette ne précisait même pas qu’il fallait filtrer). Et surtout, je ne sais pas quoi faire de cette pulpe, que je trouverais dommage de devoir jeter…

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    1. Et tu as décidé d’en faire quoi du coup ? Moi quand j’étais végétarienne, je faisais des galettes avec de la moutarde, des épices, des oignons, mais pour que celà tienne, je mettais… un oeuf 😉 Maitenant j’ai des poules, mais je ne mange plus de soja autre que sous forme de Tamari que j’achète tout fait 🙂

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  2. Concernant l’okara, je pense que récupérer le résidu de fabrication du tofu pour le consommer n’est pas une bonne idée. Ca doit être hyper indigeste et bourré d’anti nutriments ce truc!
    Les galettes à l’okara, c’était pas pète pète, LMV?
    Bien sûr que l’okara peut-être incorporé à du compost, mais quel gaspillage que de composter un aliment comestible par les animaux d’élevage!
    Pour le petit lait, il est encore recyclé en alimentation pour les humains. C’est la « whey » des bodybuilders! Les bodybuilders participent donc au recyclage des sous produits de l’industrie laitière!

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