Larmes de karnistes

Note de l’auteur du blog :

Je me suis dit que c’était une bonne idée de rassembler des textes traitant d’émotion, non pas que je sois grande manipulatrice et souhaite vous faire verser des larmichettes de crocodiles karnists 😉 Il est bien difficile d’admettre que les gens du camp d’en face aient des émotions, soient sensibles, comble de l’ironie, puisqu’il est souvent question de cet enjeu dans ce qui oppose végé et omni ! Blague mis à part, c’est cette propension à ne pas prêter de sentiments à autrui qui est à la base de pas mal de brutalités sociales ^^

C’est dans l’idée de lancer une passerelle entre les deux mondes, végan et omni, que j’inaugure cette série « larmes de karnistes », pour faire palper du doigt aux végans et aux omni la réalité qu’éprouve chacun. Sûrement mon ptit côté Hadès à vouloir vous faire tâter les deux bords opposés de la rive ❤

Voiçi les paroles d’une éleveuse, ex végan au passage tiens, encore une qui a été des deux côtés de la barrière (voir des 3, si on imagine que son omnivorisme de base était différent de celui qu’elle adopte aujourd’hui) :

Hier, j »ai mangé Oscar. C’était mon coq. J’ai toujours dit qu’il mourrait de vieillesse. Un autre coq l’a attaqué (j’aurais dû manger celui-là il y a longtemps !).

J’ai dû abréger l’existence des deux, tant ils s’étaient blessés mutuellement…

J’ai versé ma larme. On peut avoir de l’empathie pour des animaux d’élevage, mais leur vraie vie est parfois plus rude que celle de l’élevage. C’est compliqué de tuer. Quand je m’attache à un de mes agneaux (on les mange nous), par respect et plus que quiconque, nous savons le cri quand il meurt, nous savons quand il a pleuré puisque c’est nous qui tenons le couteau. La différence entre moi et un végan réside dans la connaissance du monde animal et de la nécessité d’un élevage correctement mené pour l’environnement. Nous travaillons en zone protégée. Faut-il abandonner ce patrimoine et tout l’écosystème qui partirait en cendres (pour de vrai) pour une idéologie végan et une empathie exacerbée ? Donc oui, j’ai mangé Oscar mon coq, et Récompense mon agneau et 48 je le mangerai aussi, avec amour et compassion.

Oscar a été cuisiné exclusivement avec les produits du potager et ses os ont été donné à ma chienne de garde, laquelle s’était prise de respect pour lui lorsqu’il venait squatter près de sa niche pour grappiller des vers. Quelques plumes arrachées mais jamais plus contrairement aux autres volailles. « Ha Oscar, tu m’as souvent attaqué, fait flippé avec tes ergots de coq de combat… Ton chant va me manquer, ton regard de travers je ne l’oublierais pas… »

À côté de cela, les mères qui nous donnent tant, finiront à la retraite et pas en merguez.
On ne parle pas d’amour mais de respect . Je n’ai pas mal de la mort d’Oscar comme lorsque je perds un chien.

Specisme? Si vous voulez. Les liens que l’on crée ne sont pas les mêmes. Nous sommes fait ainsi, on aime certains plus que d’autres.

Les végans n’ont pas le monopole de l’éthique et du sentimentalisme.

Pourquoi parle t’on si peu des personnes qui échouent en tant que végétariens ?

Voici un très très très long article qu’une personne que j’ai croisé sur Facebook sur un groupe de karnist a eu la gentillesse de traduire 🙂 : http://www.beyondveg.com/nicholson-w/veg-prob/veg-prob-scen1b.shtml

 


 

 

Si vous vous trouvez face aux six scénario-problèmes mentionnés précédemment : vous n’êtes pas seul, quoique vous pensiez au vu de la presse positive que reçoit souvent le régime végétarien. (Ces six scénarios sont évoqués içi : http://www.beyondveg.com/nicholson-w/veg-prob/veg-prob-scen1a.shtml)

Dans les faits, concernant la santé, les gens vont bien, souvent bien, quand ils débutent une diète végétarienne. (Certainement qu’ils vont généralement mieux, a fortiori s’ils suivait auparavent « le régime américain standard » nommé « S.A.D. » (comme triste en anglais NDT) par rapport aux gens qui suivent une diète de santé alternative). Et la presse positive à l’égard de l’impact à long terme sur certaines maladies dégénératives comme les maladies cardiaques et autres est bien méritée. Nombre d’étude ont montré que les diètes riches en fibres, fruits et légumes et pauvres en graisses saturées (tout comme le végétarisme bien que ça ne soit pas le seul régime comme tel, bien entendu) sont considérablement plus saines que le SAD quand on se penche sur certaines maladies dégénératives.

L’échec à prospérer *, à s’épanouir (sous entendu dans le régime végétarien NDT) est généralement minoré et d’abord ignoré comme tel.

NDT : « Failure To Thrive » en anglais fait référence au retard de croissance staturo-pondérale, un terme médical désignant une croissance insuffisante sur le plan de la taille et/ou du poids, durant la phase de développement de l’enfant.

Mais il y a une autre facette à l’histoire végétarienne (certains parleront du Mythe Végétarien NDT) dont il est rarement question, il s’agit du phénomène de « l’Échec à poursuivre » (que nous nommerons dorénavant FTT par commodité et respect du texte original NDT). Généralement, ce terme est utilisé pour décrire les enfants qui échouent à atteindre ou s’approcher des standards minimum de croissance et de développement du fait d’un déficit de soins standards reçus. Mais le terme peut aussi s’appliquer à quiconque ne va pas aussi bien que ce que l’on pourrait attendre.

Concernant le végétarisme, cela signifie qu’en dépit de l’observance prudente des recommandations de la diète, certaines personnes ne connaissent pas la pleine santé ou autrement dit le « bien-être ».

Cela comprend de petits symptômes comme :

  • La lassitude, « les fringales à toute heure », « le manque de satisfaction. »
  • Mauvaise libido, un sommeil de mauvaise qualité.
  • Des effets comportementaux comme le fait d’être incapable de penser à autre chose que la nourriture (assez habituel chez quelqu’un insatisfait de sa diète ou ne ressentant pas la satiété).
  • Le Syndrôme du yo-yo ou l’incapacité à respecter sa diète en raison évidente des pulsions irrésistibles.
  • Des effets émotionnels comme perte de joie de vivre vague et non-spécifique (d’avantage perçue par les autres que par la personne elle-même).
  • Des carences et déficiences avérées dans certains cas.

Le régime végétarien bien avisé est suffisant « sur le papier ».

Généralement, puisque les régimes végétariens bien planifiés sont théoriquement suffisants , les carences manifestes sont rares (autrement qu’en vitamine B12 parfois chez certains végans non supplémentés). Ceci étant, il y a davantage à découvrir en matière de nutrition, et – c’est ce dont il est question sur ce site – étant donné que les régimes végétariens ne sont pas les diètes avec lesquelles l’espèce humaine a évolué, il pourrait y avoir des facteurs nutritionnels, en particuliers relatifs aux micronutriments, que l’on ne mesure pas et les font dévier significativement des régimes naturels.Ou des éléments qui ne peuvent pas être extrait aussi efficacement des plantes, de façon générale ou selon les individus (Lire http://www.beyondveg.com/nicholson-w/hb/hb-interview1c.shtml, où il est question du développement des régimes alimentaire de l’espèce humaine au cours du temps indiquant à quoi elle serait adaptée. Voir aussi http://www.beyondveg.com/billings-t/comp-anat/comp-anat-toc7.shtml où il est question des différences entre nourritures animales et végétales en matière d’efficacité d’absorption de certains nutriments).

Mais même compte tenu du caractère quelque peu « secret » ou la nature subliminale des symptômes, légers ou précoces, qui peuvent prédisposer les gens à croire au début que le FTT n’est pas réel, quelles sont les autres raisons qui expliquent qu’on en parle si peu ? Voici quelques raisons distinctes :

  • L’effet d’auto-sélection parmi les végans de longue de date (épanouis) minore la prise de conscience du FTT.

    Cette première raison généralement sous-tend les autres explications au fait que le FTT est rarement reconnu ou discuté. De nombreuses personnes qui essayent le régime végétarien n’y adhèrent pas sur une longue période et passent à autre chose ensuite. De ce fait, à chaque instant, la populations des personnes pratiquant effectivement le végétarisme est composée pour beaucoup de végétariens de longue date. Cela produit une auto-sélection qui a pour effet de biaiser la prise de conscience, ainsi la plupart des végétariens qui parleront seront inévitablement soit les plus motivés soit les plus « épanouis ».

 

  • Fait ironique, bien plus de gens sont « ex-végétariens » qu’effectivement végétarien. Mais vu que les végétariens pratiquants ont tendance à beaucoup plus se faire entendre, ce sont ces voix qui parlent pour le végétarisme à la plupart des gens. Ainsi, la population des ex-végétariens est comme une « majorité silencieuse » qui n’est pas entendue comparée aux végétariens du moment parce que bien souvent, ils poursuivent simplement vers d’autres voies qui deviennent leur nouvel objet d’attention, le sujet est abandonné, laissé aux autres chez qui il a de l’importance.

  • Le grand nombre de ces « licenciés sociaux » détourne l’attention, est un bouc émissaire pour les cas réels. Pour les gens qui « laissent tomber », souvent, bien sûr, c’est strictement pour des raisons sociales, en rapport avec la pression de l’entourage, de la famille, des amis, des collègues de travail ou juste l’inconvénient de ne pas trouver un bon repas végétarien ailleurs que chez soi (pas étonnant étant donné l’héritage évolutif de Homo Sapiens que la viande soit un aliment que la plupart des gens apprécient). Aussi, le végétarisme est aussi souvent un enthousiasme de jeunesse, de gens idéalistes chez qui il ne perdure que jusqu’à temps qu’ils découvrent le monde, et commencent à faire face aux vicissitudes de la vie quotidienne qui rendent difficiles les idéalismes de toute sorte. Cependant, ce qui précède tend à décrire surtout les personnes n’ayant pas pratiqué longuement le végétarisme avant d’abandonner, souvent avant qu’ils aient eu la probabilité de connaître le FTT. Et car la plupart de ceux qui embrassent le végétarisme vont au moins passablement bien au début, et si le FTT – si il advient – peut prendre quelques mois à des années pour se développer.

 

  • L’ostracisme moral marginalise et empêche les ex-végétariens victimes du FTT de s’exprimer. Mais il serait erroné de conclure que la population des victimes du FTT est forcément insignifiante car il ne sont finalement qu’une « bande de renégats » ou parce que le phénomène ne bénéficie d’aucune publicité. En plus de l’effet « d’auto-sélection » précédemment évoqué pour éxpliquer pourquoi le FTT est si peu évoqué, il y a aussi une forte tendance à l’ostracisme moral de la part des végétarien envers les ex-végétariens. (La personne qui doute de cela écouter devrait pour s’en convaincre une conversation de végétarien « éthiques » à propos de l’échec de certains ex-végétariens. Tant pis  pour « la compassion » comme une des valeurs qui sous-tend le végétarisme s’ils ne l’appliquent pas aux autres humains.

 

  • De ceci résulte un blackout des informations contradictoires (à l’intérieur de la communauté végétarienne) ou l’incapacité à les considérer quand elles font surface.

 

L’échec à s’épanouir » (FTT) est réel mais sa mesure est inconnue

Après avoir adopté le régime, les cas de FTT sont peu nombreux au début mais s’accroissent vers le long terme. Maintenant que le mouvement végétarien a eu presque trois décennies pour maturer depuis qu’il commença à décoller aux Etats-unis avec le contingent de Baby Boomers qui débutèrent le régime vers la fin des années 60 et le début des années 70, les résultats venant contrarier les normes de santé et ce qui est supposé advenir ont eu le temps pour faire surface et nécessitent un réexamen à la loupe.

Se basant sur les témoignages , le nombre de personnes qui ont vécu le FTT est faible au début du régime mais s’accroît à long terme. Certains se sentent mal dès le début du régime. Pour les autres, il faut attendre une décennie voire plus pour qu’ils réalisent que leur état de santé n’est plus ce qu’il était. Parfois, les personnes comprennent qu’elles ont en réalité lentement revu à la baisse leur notion même de pleine santé et ne le réalise que beaucoup plus tard. Ce serait bien si quelqu’un pouvait produire un graphique du taux de FTT chez ceux qui se sont essayé au régime végétarien mais malheureusement ces chiffres sont pour le moment inconnu.

De nombreux individus vivants le FTT ont opéré les changement dans le silence et sont allé vers d’autres diètes.

Certains d’entre eux qui ont une vaste expérience personnelle dont il ils peuvent parler se sont trouvés contraints de questionner sérieusement ce régime ou du moins l’affirmation selon laquelle il fonctionnerait chez tous.Dans certains cas, ces individus sont allés jusqu’à réintroduire les produits animaux à leur table (incluant pour certains de la viande soigneusement choisie) et ils ont connu un regain de santé. D’autres n’ayant pas jugé bon de faire de tels changement ont fais toutefois des compromis ajoutant des suppléments et autres auxiliaires auparavant évités (témoignages ici : Dietary Problems in the Real World)

Il n’est plus défendable de présenter les régimes végétariens comme plus « naturels ». Qu’ils soient « meilleurs » doit être débattu.

L’émergence des recherches sur l’évolution montre les ancêtres hominidés comme omnivore depuis l’origine. Ces dernières années la science de l’évolution est allé fouiller de plus près le passé préhistorique de l’Homme. Un récent regroupement des découvertes dans le domaine de la recherche sur ce qu’on appelle le régime paléolithique (paléodiète) a confirmé dans les dernières 10-15 années que les ancêtres de la lignée humaine étaient de sérieux omnivores, en remontant de la naissance du genre homo jusqu’à il y a près de 2 000 000 d’années (pour un aperçu de cette affirmation http://www.beyondveg.com/nicholson-w/hb/hb-interview1c.shtml mais aussi http://www.beyondveg.com/nicholson-w/hb/hb-interview1g.shtml).

Cela signifie que le raisonnement comme quoi le végétarisme serait le régime le plus naturel pour le genre humain (ce qui est souvent présenté de cette façon) s’est vu l’herbe coupé sous les pieds, certains devront compter sur autre chose.

Si le régime végétarien n’est pas le plus sain de tous, l’argument sera alors qu’il est éthique face à la nature. La vague d’études clinique des années 70/80, critique de l’excès de graisse en particulier des graisses animales dans l’alimentation s’est trouvé elle même soumise à la critique récemment : la question des graisses a été étudié de façon plus approfondie et elle n’a jamais été réellement un argument valable à l’encontre d’une diète omnivore. Mais plutôt à l’encontre des diètes riches en graisses saturées, ce qui n’équivaut pas à l’ensemble des pratiques omnivores (sur ce point, regarder ici :http://www.beyondveg.com/billings-t/comp-anat/comp-anat-8c.shtml).

Ceci ne devrait leur laisser plus que l’argument spirituel/éthique/environnemental, particulièrement s’il ne s’agit plus de présenter le régime végétarien comme supérieur nutritionnellement au SAD mais aussi à toute autre alternative de nature omnivore (ce qui n’est probablement pas le cas).

Certains pensent sûrement que la raison éthique ou spirituelle qui est la première motivation à suivre une diète végétarienne (je pense personnellement à la conjonction de l’effet de mode et d’une soif extravaguante d’individualité ce qui se conçoit bien malgré l’apparente contradiction des termes NDT) est en soi une raison suffisante, quand d’autres y voient une caution très contestable. Mais si le régime ne réussit pas à tous – certains individus préférant abandonner y compris ceux promoteurs de la question éthique et environnementale- se posent des questions nouvelles auxquelles le mouvement végétarien devrait réfléchir et auquel il n’avait pas jusque là été confronté.

Quand les réponses ne sont plus si sûres, l’ouverture d’esprit devrait pousser à questionner et repenser les choses.

Et c’est la raison d’être de Dépasser le végétarisme (Beyond Veg, le nom du site où figure l’article original NDT) : donner un espace à ceux suffisamment ouverts pour avoir embrassé le végétarisme mais qui le sont resté suffisamment pour en explorer les problèmes et les limites, afin d’inspirer de nos expériences vécues un nombre plus important de personnes. En tant que pionnier du végétarisme, Herbert Shelton le fondateur du mouvement « hygiéniste  » moderne, en fit sa devise : « nous souhaitons la vérité même si le ciel devait en tomber ». Quand vous avez mis tout votre cœur et votre âme à embrasser un mode de vie aussi totalisant,comme peut l’être souvent le végétarisme, il n’est pas facile de réaliser que certaines informations se trouvent plus tard supplantées et contredites par les faits et l’expérience.

Quand l’investissement émotionnel dans le régime est trop important, l’ouverture d’esprit est plus difficile. Pour ceux dont le régime n’est pas basé sur des conceptions nutritionnelles mais sur des principes philosophiques et des croyances qui peuvent sous-tendre un mode de vie intégral, l’aspect le plus difficile pour faire une transition vers un régime qui conviendrait d’avantage n’est pas la nourriture. C’est en étant capable de transcender son identification émotionnelle appuyée sur la philosophie ou la vision du monde qui sous-tendait le régime et pour laquelle on vivait depuis des années. Ceci peut être souvent très difficile psychologiquement, car nos habitudes alimentaires nous aident à définir le sentiment littéralement « viscéral » de qui nous sommes. C’est en intégrant une vision de la nutrition nouvelle ou plus inclusive basée sur de nouvelles informations que l’on peut commencer à en réaliser les implications, non seulement en terme d’assentiment et de compréhension intellectuelle mais aussi en matière de patience et d’honnêteté émotionnelle. Même lorsque quelqu’un se trouve face aux résultats de recherches bien corroborées comme il est présenté dans les sections de ce site, nous reconnaissons qu’il est difficile de changer les croyances de toute une vie, ou d’une portion de vie.

Le miroir de la conscience de soi.

J’espère vous pourrez trouver intéressant – et peut être y ressentir comme une crise de conscience – les jeux de l’esprit auxquels nous nous adonnons ici, consistant à nous confronter à des informations que nous n’aimerions pas entendre .Certains d’entre nous connaissons cela car dans bien des cas nous avions joué à cela avec nous-même d’abord. Nous espérons que la candeur et occasionnellement l’humour dans notre approche des petites faiblesses humaines vous aideront à mieux aborder toutes ces questions avec vous-même.

A l’attention des crypto-sceptiques :

Nous voulons clarifier qu’il n’est pas dans notre intention d’attaquer le végétarisme de façon simpliste ou catégorique. Un de nos principaux auteurs est un végétarien de longue dâte et a bien l’intention de le rester. Nous reconnaissons qu’une telle diète peut fonctionner selon l’individu et de part nos contacts réguliers avec certains végétariens nous savons que parfois ça marche bien. Mais nous sommes aussi conscient malheureusement que la part de ceux pour qui ça marche bien et sur le long terme (c’est un point clef) est probablement bien moins importante que ce que les végétariens laissent à penser, a fortiori plus est stricte la pratique ; et la marge d’erreur peut parfois être mince quand on suit ce « droit chemin », tout dépend le sentier qui est emprunté.

L’illusion d’un idéal pour tous.

Peut être que le plus dur pour ceux qui croient en la supériorité d’un régime sur tous les autres sera d’abandonner l’idée chérie selon laquelle un régime « parfait » ou idéal marchera de façon égale pour tout le monde. Peut être en raison de nos relations avec un certain éventail de personnes végétarienne, nous admettons que la première des choses à faire est d’aller à l’encontre de ce sentiment de « ce qui est juste » (ou devrait l’être).

Les commentaires réfléchis sont le bienvenu, pas les propos enflammés.

Dans un soucis d’objectivité, nous invitons ceux d’entre vous qui serez en désaccord avec ce que vous lirez ici à nous envoyer vos objections et contre-argumentaires si vous pouvez le faire dans l’esprit du débat citoyen et de l’enquête. Les propos enflammés feront long feu. En tant que végétariens ou ancien végétariens, et/ou observateurs pendant des années, soyez assurés que nous qui animons ce site sommes familier avec la plupart sinon toutes les objections habituellement faites aux nourritures carnées. (Idem vis à vis des nourritures cuites. Une grande part des travaux ici traitent du débat nourritures cuites vs nourritures crues).

Si vous êtes végétarien et souhaitez commenter ou débattre, merci de prendre le temps de vous familiarisez avec les objections classiques et variées abordées ici avant de nous adresser un courriel, afin de ne pas gaspiller votre temps sur des points déjà traités sur le site. En raison de contraintes de temps, nous ne répondrons pas sauf si il nous aest apporté des informations nouvelles qui ne soient pas la répétition des éternels mantras. Si vous n’êtes pas d’accord avec ce qui est présenté : envoyez-nous de NOUVELLES informations. Celles véritablement étayées et recevables seront publiées ici même dans l’esprit du « laissez-nous connaître la vérité même si le ciel devait nous en tomber sur la tête. »  Les autres iront en direction du bac à compost numérique.

Le problème crucial de nos histoires personnelles dans l’exploration des pratiques diététiques est le manque fréquent d’investigation scientifique.

L’usage des faits réels comme correctif aux théories traditionnelles n’est pas soutenu par la Recherche. Après de nombreuses années de submersion par les théories diététiques alternatives souvent empreintes de double-pensée hypnotique cela a isolé effectivement l’individu de tout contre-argument, un de nos premier intérêt ici est : qu’est-ce qui FONCTIONNE et qu’arrive-t-il dans la vraie vie quand la nourriture passe dans le gosier, avant que les résultats ne soient épluchés par la rationalisation. Pour ce faire, nous portons de l’intérêt aux études à la recherche scientifique mais nous ne leurs donnons pas plus d’importance qu’à nos histoires personnelles.

Dans des domaines peu explorés, la preuve par l’anecdote est utile pour commencer.Nous incluons à l’étude des cas d’ histoires personnelles, mais nous devons préciser qu’en ce qui concerne la Recherche il ne s’agit que de « preuves anecdotiques », et nous devons tenter de procéder avec attention, avec autant d’objectivité «  ou au moins d’honnêteté » que la synthèse des faits nous le permettent. Le contre-examen peut être ici un allié afin de tenter d’éliminer les biais pouvant connoter la façon dont nous relatons nos histoires. Nous ne rejetons pas automatiquement « la preuve anecdotique » d’un revers de main, comme beaucoup enquêteurs le font parfois, parce que la façon dont une nouvelle enquête est débutée est souvent déterminée par des observations préalables personnelles et subjectives. Si nous ne nous penchions jamais sur les faits anecdotiques, de nombreuses recherches n’auraient jamais été commencées sauf par accident.

Critiquer les preuves anecdotiques est improductif quand au début ce n’est que ce dont nous disposons. Si vous vous intéressez à la recherche professionnelle lisant ces pages, nous vous demandons de l’indulgence quant aux histoires personnelles présentées ici. Parce que vous découvrirez si vous avez de l’intérêt pour ce sujet que dans certains cas (frugivorisme, crudivorisme, etc.) qu’il n’existe simplement pas d’études vérifiées (ou très peu ou rarement pertinentes) cela a été fait sur certaines questions mises en évidences ici. Si on ne peut se conformer à des preuves si « anecdotiques » mais est intéressé par ces questions, la seule réponse logique est de commencer à concevoir et mener une étude pour tester, valider ou invalider, les hypothèses et les tentatives de conclusion présentées ici. Si on ne veut pas le faire, et qu’on tire à boulet rouge sur la seule voie que nous avons pour tenter d’aborder ces questions en l’état actuel de nos connaissances, c’est être étroit d’esprit. C’est contribuer au problème, pas à la solution.

Les résultats des recherches sont le bienvenu, pour ceux qui ont une critique constructive à apporter.

Nous insistons sur le fait que nous sommes désireux de contributions de la part de personnes conscientes ou impliquées dans la recherche menée sur ces questions, mais prière de vous montrer critique de façon constructive plutôt que d’être sarcastique si vous trouvez quelque chose qui ne cadre pas avec les résultats d’études dont nous nous n’avions pas la connaissance. Si vous êtes au courant de telles études, envoyez-nous le résumé ici. Nous pensons bien que vous ne trouverez pas ici tout ce qui pourrait être dit ou d’ores et déjà être démontré. C’est la nature même des hypothèses que de demander à être examinées. Si vous ne pouvez aider à l’aide de suggestions constructives qui nous dirigent vers des données afin de clarifier, modifier ou tester ces hypothèses, c’est inutile et il ne vous sera pas répondu. Pour le moment, nous devrons faire avec une bonne portion de preuves anecdotiques, mais cela ne sera pas toujours ainsi si l’agenda de la recherche se tourne vers ses questions.

Développer la connaissance du public relative au végétarisme demande d’explorer d’avantage les questions négligées qui peuvent poser problème.

La planète devenant de plus en plus peuplée, les avantages économiques réputés des régimes végétariens et leur prétendu usage plus efficace des terres et des ressources comparé aux pesanteurs inhérentes à la production d’une alimentation carnée, continue d’attirer l’attention. Cette motivation à considérer l’alimentation végétarienne sur le plan économique accompagne souvent des motivations plus personnelles pour les personnes qui cherchent à améliorer au mieux leur santé. Ceci bien sûr, depuis les tendances historiques de la recherche scientifique à s’intéresser aux graisses dans l’alimentation et l’importance des nutriments dans les diètes élevées en fruits et légumes frais pour prévenir les maladies.

Nombre de recherches en matière de régimes alternatifs ne tiennent pas suffisamment compte des effets à long terme sur leurs pratiquants expérimentés. Actuellement, le pendule des études scientifiques, a oscillé dans la direction des pratiques végétariennes sans connaissance des extrémités vers lesquelles certaines personnes vont souvent. Aussi, de nombreuses recherches actuelles semblent être menées sans connaissance des écueils qui sont vécus par de nombreuses personnes qui ont suivi une diète végétarienne sur une longue période – problèmes qui tendent à être connu seulement des pratiquants vétérans qui l’ont payé durement de leur expérience personnelle. Il est possible (et cela arrive même fréquemment) même sans aller très loin dans la pratique du végétarisme pour qu’il en résulte une santé ruinée pour certains qui s’y essayent et finissent en ramassant les pots cassés.

Les considérations éthiques relatives au régime végétarien procèdent trop souvent de l’affirmation simpliste selon laquelle le régime marcherait pour tout le monde. Particulièrement quand il est question du FTT, devenir végétarien devient une question à laquelle seul l’individu puisse répondre et l’enjeu perd le sacro-saint caractère social dont certains le croyait investis. L’idée du végétarisme comme solution sociale pour les questions environnementales, ou pour ainsi dire le problème moral de tuer des animaux pour se nourrir (question qui n’est pas posée concernant les autres animaux omnivores) est basée sur l’idée que le végétarisme fonctionne pour tous. Mais si de telles suppositions ne tiennent pas la route, la question se complique et il n’y a plus de réponses toutes trouvées (si toutefois il en y eut un jour).

Les questions difficiles ne sont jamais envisagées.

Est ce que le bien être et la santé des animaux omnivores qui dépendent de nourritures carnées pour une forme optimale peuvent être mesurés en regard des vies animales qu’ils doivent sacrifier pour ce faire ? Seuls les individus eux mêmes peuvent répondre à cette question et supposer que cette question puisse, devrait ou doit être une prescription de société est présompteux. Qui pourrait mesurer « le droit » qu’ont les animaux omnivores de manger une nourriture omnivore contre « les droits » de leurs proies ? Cette question n’a pas de réponse définitive et peut être ne devrait tout d’abord pas être posée.

Les intérêts de « la Planète » ou ceux « des autres animaux » rentrent-ils en conflit avec la santé de l’individu humain ? De même que pour les animaux de compagnie que nous possédons il est dérangeant d’étendre la question précédente à l’ensemble des animaux omnivores – qui il nous semble, ont le droit aux éléments normaux et quotidiens de leur vie naturelle s’ils le désirent. Les réponses simplistes ne peuvent pas être généralisées ici, les problèmes écologiques que nous rencontrons et les extinctions de certaines espèces, sont dues à la base à la surpopulation humaine – une question qui s’étend à toutes les espèces, à la planète entière. Ce que nous pouvons faire dans l’intérêt de tous sur Terre (en essayant d’éliminer les effets de la surpopulation en légiférant sur le désir humain de nourriture animale) pourrait ne pas être dans l’intérêt d’un individu humain particulier et celui de sa santé.

Dans l’intérêt des individus pour qu’ils décident d’eux-même, The Beyond Veg (au delà du végétalisme, le nom du site qui publie cet article NDT) vise à s’adresser ouvertement à tous pour présenter des informations concernant les problèmes qui peuvent survenir au cours d’un régime végétarien ou autre régime alternatif, dépasser au mieux l’esprit partisan et explorer d’autres options alimentaires, en portant de l’intérêt dans notre recherche aux préoccupations premières des personnes qui se tourne vers le végétarisme. Il y a un manque considérable de recherche concernant ces questions, les discussions mêlant souvent végétariens et/ou ex végétariens n’ayant pas encore attiré les oreilles de la communauté scientifique.C’est dans une large partie ce dont il sera question ici.

Allons-y  ! Et quand vous aurez eu le temps de digérer toutes ces questions, nous espérons bien vous entendre ici : « http://www.beyondveg.com/cat/reactions/feedback.shtml »

Les vegans sont cannibales. Ce qui se cache réellement derrière la « lune de miel vegan ».

danse_macabre_by_michael_wolgemutVoici la traduction d’un chouette article. J’ai autant aimé son ton humoristique que j’ai reconnu la réalité qu’il dépeint  : http://www.gnolls.org/1596/vegans-are-cannibals-the-truth-behind-the-new-vegan-high/

La vérité que cache le mieux être éprouvé lors des débuts du régime.

Il est fréquent d’éprouver une phase de mieux-être au début de ce régime, surtout dans la version végan crudivore. Les nouveaux convertis ont l’œil frais, un regain d’énergie, et avec une fougue et un zèle qui confine au messianisme, débordent de désir de convertir leurs amis à cette alimentation qui leur apporte tant de joie.
Mais voilà qu’à l’image d’un feu de paille, cette clarté ne dure pas. Après plusieurs mois, leur énergie commence à décliner, ils perdent en force, en masse musculaire, et les soucis de santé font leur apparition sur la scène. Leurs amis commencent à remarquer leur maigreur et leur pâleur. A mesure que le temps passe, ils sont un jour mystique, un jour irritable, souffrant de maux tels que fatigue, dépression, perte de mémoire, et pour certains, perte des dents. Certaines femmes n’ont plus leurs règles. Ils restreignent d’autant plus leur régime, de façon à revivre ce premier regain de santé éprouvé au début de leur régime, mais ne réussissent qu’à se rendre encore plus malade. Il est fréquent que ces personnes se coupent de leurs amis, de leurs familles, et ne finissent par ne plus fréquenter que d’autres végans qui approuvent leur choix diététique, celui là même qui détruit leur corps et leur esprit.
Nous en connaissons tous les raisons : des nutriments essentiels issu du règne animal, tels que vitamine B12, menaquinone-4 (vitamine K2 MK-4) et DHA, ne se trouvent pas dans un régime végan, et doivent être apportés à l’organisme par le biais d’une supplémentation, de façon à éviter une détérioration mentale et physique.
Alors comment expliquer ce sentiment de santé parfaite éprouvée lors des premiers temps du régime ?

Pourquoi « devenir végan » est comme une drogue en premier lieu ?

Vous vous sentez mieux parce que vous hannibalez-lecterez votre propre corps 🙂
C’est parce que les diètes végans – et spécialement les version crudivores – sont tellement basses en calories et en éléments nutritifs, que lors de ces premiers temps, le corps nouvellement végan se consomme lui même !
C’est un repas délicieusement, métaboliquement constitué de viande grasse humaine, à haute teneur en graisse saturée et protéines complètes – le repas le plus nourrissant que vous puissiez imaginer.
Evidemment, c’est ce dont votre corps à besoin, puisqu’il s’agit de votre propre corps !
Il ne s’agit pas d’une hyperbole. Quand vous privez votre organisme de calories, de protéines, de nutriments essentiels (et si vous êtes en carences d’un seul acides aminés essentiel, cette déficience est un facteur limitant pour l’utilisation des protéines), votre corps ne se contentera pas seulement de brûler sa propre graisse : il brûlera également ses propres muscles.
Plus votre régime vegan sera restrictif, plus délicieuse sera cette viande grasse que vous consommerez : votre propre VIANDE, en personne !
C’est pour cette raison que vous éprouviez autant d’énergie au démarrage d’une alimentation végan. En réalité, vous consommiez un régime paléo constitué de votre propre chair.
…Et c’est pour cette raison que La Lune De Miel Des Débuts Du Véganisme ne reviendra jamais.
L’auto cannibalisme ne peut pas durer indéfiniment.

Finalement, votre corps refuse de se consommer d’avantage. Parce qu’il ne reste rien à manger.
Et votre organisme commence à s’effondrer, car il ne peut survivre sur les maigres portions de nourritures de lapin et graines à oiseaux dont vous le nourrissez.
Vous faites « tout comme il faut », vous ne faites rien de « mal », vous n’êtes pas en train de « détoxer »…

: vous vous affamez.

Les nettoyages du côlon et les « supers aliments » ne vous sauveront pas, pas plus qu’un énième jeûne au jus.
Vous êtes en face de deux choix : ou vous continuez à dégringoler dans cette spirale de maladie, faiblesse, dépression, dégénération, et de cette existence qui se distingue à peine de la mort…..
…ou vous choisissez de manger ce que vous aviez mangé avant d’en arriver là ……de la délicieuse, juteuse nutritive et grasse viande rouge.

Par pitié, arrêtez de vous détruire.
Nous vous aimons et nous attendons que vous rentriez à la maison ! ❤

Comment notre véganisme a rendu notre famille malade.

Voici la traduction d’un article de L’Independent paru en 2008, on peut lire l’article original içi : http://www.independent.co.uk/life-style/health-and-families/healthy-living/how-our-vegan-diet-made-us-ill-848322.html

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Holly Page pensait que le régime adopté par sa famille boosterait leur santé, mais les jambes maigrichonnes et les dents cariées de ses enfants lui ont fait reconsidérer ses croyances en la matière.

Un matin au petit déjeûner, Holly Page observe ses filles et réalise que quelque chose ne va pas. Lizzie aurait du être une petite fille respirant la santé. Au lieu de celà, ses traits étaient tirés, elle était petite pour son âge, et bien qu’elle ai des bras et des jambes maigres, son ventre était sans cesse gros et ballonné. Quand Lizzie lui adressa un sourire, Paige réalisa à quel point que ses dents du haut étaient complètement cariées.

« J’ai été comme saisie d’effroi » se souvient Page.

A cette époque, Paige les nourrissait en suivant les préceptes de l’alimentation qu’elle imaginait la plus saine possible. Ils étaient végan à tendance crudivore depuis 3 années, mangeaient une grande quantité de fruits, de légumes, de noix, de céréales, de soja et de légumineuses, mais aucune viande ni poisson ni produits laitiers. Toujours d’après la doctrine vegan crue, Lizzie et Bertie, alors âgées de 3 ans et de 4 ans et demi, auraient du être des enfants débordantes de santé. Mais malgré celà, l’instinct maternel de Paige était en alerte.

« Je voyais bien que quelque chose ne tournait pas rond, mais sans pouvoir mettre le doigt dessus » raconte Paige, 45 ans. « Les filles s’habillaient deux tailles en dessous de leurs âges ».  Bien sûr les enfants sont tous différentes et il existe toute sorte de morphologie, mais leur croissance semblait comme ralentir. J’ai deux enfants plus âgés, donc j’avais cette première expérience pour comparer leur dévellopement à celui de Lizzie et Bertie.

Il y avait d’autres choses qui m’ont mis la puce à l’oreille.  » Je me rapelle qu’une fois au supermarché, alors que j’achetais du beurre pour mes enfants plus âgés, Lizzie, qui n’avait jamais goûté au beurre de sa vie, avait saisi la plaquette et avait croqué dedans » raconte Paige. « J’étais déconcertée. Je me demandais « pourquoi une telle chose ? » Voyez cette enfant nourrie de la façon la plus naturelle, pourquoi aurait elle besoin de faire ça ? » J’avais été complètement conditionnée à croire que les produits laitiers étaient mauvais pour la santé, un véritable lavage de cerveau. »

Lors des visites chez le docteur, notre généraliste ne paraissait jamais vraiment inquiète.  Elle disait que les filles étaient en bas de la courbe, qu’elles étaient des petits gabarits, que tout était OK » dit Paige. « Celà même alors que la courbe de croissance des filles s’était arrêtée de croitre. Je sentais au plus profond de moi que quelque chose n’allait pas. Je me sentais dans l’erreur ».

Finalement Paige trouva un début de réponse à ses questions dans un vieux livre qui parlait de vitamines. Malgré l’absence de diagnostic, elle comprit que sa famille avait tous les symptômes d’une carence en vitamine D et en protéines. « Je me sentais tellement idiote. Toutes les informations étaient là, sous mon nez, sur les rayons de mon étagère, depuis 20 ans. »

Cette prise de conscience mit un terme rapide à l’éxpérience vegan de la famille. A Totnes, lieu de leur résidence, la famille de Paige fréquentait beaucoup d’autres crudivores végan qui avaient adopté un style de vie « proche de la nature ». Mais en dépit du fait de la prise quotidienne d’une complément alimentaire incluant de la vitamine D et de la vitamine B12, elles et ses enfants souffraient. A ce stade, la famille continua de consommer une alimentation haute en crudité, mais Paige y inclut du beurre, des oeufs, du fromage et occasionnellement du poisson. « J’ai laissé la malnutrition passer le pas de la porte de ma maison au nom de la santé »  dit Paige. « C’était ridicule ».

Il existe une différente importante entre le fait d’adopter un régime vegan (et continuer à consommer des aliments cuits), et un régime crudivore vegan. Les végan peuvent tirer profit de la consommation de céréales enrichies en vitamines, dans les aliments cuits, et dans une variété plus larges de céréales et de légumineuses; en outre, la cuisson contribue à faciliter l’absorption de certains micronutrients. Mais Lisa Miles, de la British Nutrition Foundation, nous explique: « Le point le plus préoccupant selon moi dans ces alimentations, c’est l’aspect vegan plus que l’idée de manger cru, parce qu’il  supprime deux groupes entiers d’aliments. Ce qui affecte les apports en vitamine D et en protéines. »

La semaine précédente, les régimes stricts pour les enfants avaient déjà été questionnés, après qu’une jeune fille vegan de 12 ans eu été admise dans un hopital écossais pour cause de rachitisme. Sa colonne vertèbrale était dans l’état de celle d’une femme de 80 ans.

Le rachitisme est une maladie osseuse dégénérative qui peut amener à une courbure de la colonne vertébrale et à des fractures osseuses. Elle est causée par une carence en vitamine D, que l’on trouve habituellement dans les poissons gras, les oeufs, le beurre, et que notre corps produit à partir de l’exposition au soleil, bien qu’au Royaune Uni l’ensoleillement ne rende cette synthèse possible que d’avril à septembre. C’est une maladie que l’on associe plus généralement à des personnages de romans de Dickens.

Beaucoup de diététiciens croient qu’il est possible d’élever un enfant vegan en bonne santé. « C’est faisable, mais il vous faudra vous assurer que vous êtes sûr de ce que vous faites, surtout au regard de la croissance et de la prise de poids » nous dit Jackie Lowdon de la British Dietician Association. « Comme pour tout régime restrictif, vous aurez besoin de recevoir des conseils personnalisés d’un professionnel de santé. »

La vegan society, de façon non surprenante, clame que cette alimentation convient à tout âge et comporte une armée de robustes gaillards adultes en bonne santé élevés comme vegan dès leur naissance et heureux d’en faire part aux médias. Cette association publie également un livre de conseils diététiques spécifiques aux besoins des enfants, écrit par la diététicienne Sandra Hood. Cependant, une des portes parole de l’association déconseille le régime cru vegan pour les enfants.

Nigel Denby, diététicien, et auteur de « la nutrition pour les nuls » explique : « il peut être déjà suffisamment délicat de donner des bonnes habitudes alimentaires à un enfant, alors avec un régime vegan, on se complique d’autant plus la tâche. Ce n’est pas une entreprise à tenter sans le soutien d’un diététicien. »

Une attention spécifique doit être apportée à certains nutriments. « Le fer héminique que l’on trouve dans la viande est plus facile à absorber pour le corps » explique Denby. « Le fer non héminique, qui est aussi bon, se trouve dans les végétaux à feuilles vertes foncées, et dans les céréales enrichies en vitamines, mais il faut par contre en consommer de plus grande quantités pour obtenir les mêmes quantités de fer. »

Paige est désormais convaincue que ses enfants avaient un réel besoin, une réelle fringale de produits laitiers. « J’étais complètement perdue, car les permières années, je me sentais bien, calme, satisfaite, et j’avais plein d’énergie. Les enfants n’étaient jamais malades. Mais quelque chose semblait manquer quand même. Nous mangions sans cesse entre les repas, nous étions obsédés par la nourriture. »

Paige pense que le fait d’avoir allaité ses filles au long cours aura aidé à procurer à ses filles certains nutriments, mais l’impact que le même régime a eu sur l’organisme de Paige est dramatique. « Ce n’est qu’à la troisième année que mon corps a commencé a littérallement s’effondrer, à une vitesse effroyablement rapide.Je perdais du poids, mes muscles fondaient à vue d’oeil,le soir je devais me coucher à 20h30. Elle avait également des compulsions alimentaires et parfois ne s’alimentait plus que de galettes de riz et de beurre.

La goutte d’eau qui fit déborder le vase se produisit lors le fils aîné de Paige, Bruce vint lui rendre un jour visite. Il lui demanda si elle pouvait lui acheter un poulet, et Paige se retrouva à en manger la moitié. Après ce jour, elle ne plus pu s’arrêter.  » J’étais comme possédée ». Lors d’une journée normale, je pouvais manger la moitié d’un poulet, boire deux litres de lait, manger 200 grammes de fromage et 3 oeufs. J’en avais besoin. Ca a duré des semaines. Les enfants eux mangaient de grandes quantité d’oeufs durs et de fromage ».

Paige, qui dirige maintenant un magazine de santé en ligne et un magasin d’alimentation crue, explique que la plus grande leçon qu’elle ai tiré de cette mésaventure était de ne plus jamais être si restrictive dans ses choix alimentaires. « Pour beaucoup de gens, il a quelque chose qui fait que de nombreux nutriments sont plus assimilables sous leurs forme animale. J’ignore pour quelle raison, mais l’expérience montre que nombre d’entre nous ne recoivent pas assez de protéines dans un régime végan. »

Aujourd’hui, quand Paige regarde ses deux filles , qui ont maintenant respectivement 7 et 8ans, elle est certaine que leur alimentation leur profite. « Il y a eu toute une période où je me faisais du soucis, ou je craignais d’avoir impacté leur croissance, ce à vie. » nous confie t’elle. « Maintenant je suis rassurée quand au fait qu’elles aillent bien. Même si elles mangent des fruits frais et secs à volonté, comme auparavant, leurs caries se sont complètement résorbées. »

Et maintenant, c’est de leur croissance que l’on parle quand on les voit. Les gens me disent « Mon Dieu, elles ont encore tellement grandi » !

Pourquoi est-il nécessaire de manger les animaux ?

Voilà le lien original de ce texte de Diana Rodgers, hébergé chez un des grands manitous de la mouvance paléo, Robb Wolf 🙂 :

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Merci à Nom Nom Paleo pour le dessin. Achetez le t-shirt !

Beaucoup de gens croient qu’il n’est pas « humain » de manger de la viande. Je les comprends. En regardant en surface, on peut penser que la chose la plus humaine à faire est de ne pas manger de viande. S’abstenir de manger de la viande  semble également la meilleure chose à faire d’un point de vue écologique, et la façon la plus « saine » de manger. Je comprends bien qu’avoir de la compassion pour les animaux et les manger semble incompatible. C’est pourquoi je ne défends pas la viande provenant d’élevages industriels.

Il existe des raisons environnementales de taille expliquant pourquoi nous avons besoin des herbivores.

Récemment, j’ai écrit un texte expliquant combien les animaux de pâturage étaient bénéfiques pour les sols. Quand ils broutent l’herbe, ils stimulent sa repousse, le piétinement de leurs sabots, leurs urines et leurs bouses effectuent un travail crucial d’un point de vue microbiologique, et augmentent la biodiversité du sol, ce qui aide au processus de séquestration du carbone. J’ai expliqué comment la plupart des études qui démontrent combien d’eau était nécessaire pour faire un steak avaient en réalité comptabilisé les eaux vertes (eaux de pluie incluses), et pas les eaux bleues (les eaux utilisées pour abreuver le bétail). Quand vous lisez cette étude qui utilise le calcul basé sur les eaux bleues, une production « traditionnelle » de bœuf a une empreinte en eau similaire à celle du riz, de l’avocat, des noix et du sucre. J’ai également expliqué que quand vous considérez la quantité de terres non exploitables pour y mener des cultures, et uniquement utilisables par des animaux de pâture, que le bétail et les autres herbivores n’entraient pas en compétition avec les cultures végétales en terme d’espace. Voici un chouette graphique détaillant l’impact environnemental du bœuf élevé uniquement à l’herbe.

Il existe une étude récente de l’université de Tufts, qui explique que le régime végan n’est pas le plus pertinent du point de vue d’une utilisation durable des terres. Cultiver la totalité des terres disponibles pour y produire des légumes n’est pas une façon efficace d’utiliser l’espace disponible. L’étude s’attache à l’utilisation des terres, et une fois de plus, si l’on admet que la plupart des terres de notre planète ne sont pas adaptées à la culture de végétaux, il est clair qu’inclure à son menu des protéines animales est efficace du point de vue de l’utilisation des terres. Ce que l’étude ne prend pas en compte, ce sont les herbivores élevés en pâturage comme première source de protéines. Elle ne considère qu’un apport « traditionnel » de viande. Les poulets élevés en batterie, dont la consommation mondiale a connu une augmentation de presque 400%  consomment des céréales. Si nous échangeons nos poulets de batterie pour du bœuf élevé et fini à l’herbe, alors l’équation serait encore bien différente.

L’autre jour, j’ai eu ce commentaire sur l’article :

« Pourquoi serait il nécessaire de manger les animaux ? » Je ne comprends pas pourquoi ce serait une étape obligatoire du processus. Si les herbivores sont « utilisés », ne pourrions nous pas simplement les laisser vivre leurs vies et les laisser fertiliser le sol pour rendre les cultures plus efficaces ? » 

Ce commentaire nécessitait une réponse dans un article à part entière, voilà donc mes réflexions sur le sujet :

Est-il « plus humain » pour l’animal d’être voué à une mort « naturelle » ? Qu’est ce que signifie une « mort naturelle » pour la plupart des gens ? Pour un animal, il existe plein de façons de mourir dans la nature. Une mort naturelle ne signifie pas une mort sans douleur. Tous les animaux ne meurent pas dans leur sommeil à un âge avancé. En fait, c’est même rarement le cas.

Être mangé par un autre animal est une façon de mourir répandue. Cela implique généralement un combat stressant et une mort douloureuse. Plus souvent c’est une mort relativement lente, comparé à une balle dans tête ou à une entaille dans la gorge, comme pratiquée dans ce court métrage que j’ai contribué à produire. Les petits abattoirs à échelle humaine qui emploient des techniques d’abattages humaines s’assurent que l’animal meurt rapidement avec le moins de douleur possible. Les gens qui y travaillent se préoccupent réellement de bien faire leur travail et éprouvent une certaine fierté à amener dignement l’animal dans « la phase suivante de leur existence » : nourrir un grand nombre de personnes. En comparaison, les hyènes ne sont pas tellement « humaines » quand il s’agit du sort qu’elles réservent à leurs proies. Il arrive qu’un coyote mange une de nos brebis. Est-ce que cette brebis avaient des droits ? Si oui, le coyote a-t-il violé les droits de la brebis en la mangeant ? Les coyotes jouent un rôle important dans la nature, et ils ont besoin de manger eux aussi. Et que dire des rapaces qui mange nos poules, ou qui chassent les souris dans les champs ?

En dehors des morts violentes, la maladie peut frapper l’animal et l’emporter. Ce processus n’est pas non plus indolore. Mais admettons qu’un animal soit complètement protégé de ses prédateurs, et ne meurt ni de maladie ni d’infection, et vive jusqu’à un âge avancé. A la fin de sa vie, ses organes commenceront à décliner et l’animal ne pourra plus ni manger ni boire. Peut-être même deviendra-t-il aveugle. Est-ce que ce processus est sans douleur et rapide ? Est ce que permettre à l’animal de souffrir est une meilleure option de mort pour ce dernier ? La vie est belle quand vous êtes jeune et en bonne santé, mais personne ne reste jeune et en bonne santé à tout jamais. Quand on regarde de jolies images de troupeaux de zèbres fringants ou de chevreuils dans la nature, on ne les voit jeunes que parce que les vieux et les malades ont été éliminés par leurs prédateurs. Faut-il donc supprimer les prédateurs ? Est-ce « plus humain ? »

Imaginons que nous décidions tous d’un commun accord de laisser les herbivores restaurer nos sols et que nous ne les consommions pas comme protéines. Il faudrait donc se poser la question du contrôle de leur population ? Vaut-il mieux laisser les loups et les hyènes réguler ces populations et être bien nourris, pendant que nous nous nourrirons de tofcisse et que nous boirons notre soleil vert ? Devrions-nous stériliser un certain pourcentage de ces herbivores, de façon à ce qu’ils ne puissent se reproduire ?  La stérilisation est elle une solution plus humaine que la mise à mort par une hyène ? Une autre question  se pose : comment un système de vaches au pâturage pour restaurer les sols pourrait être tenable économiquement ? Les vaches sont une ressource économique pour leur viande et leur lait. Elles ne valent pas grand chose d’un point de vue économique pour un fermier si elles ne sont que des « amélioratrices de sols ».  Un fermier/ éleveur responsable traite correctement ses animaux et dégage du bénéfice de son activité. Qui prendrait la responsabilité de s’assurer que les vaches aient accès à de l’eau, à des pâturages, et soient soignées si elles étaient malades ou blessées si il/elle n’était pas payé ? Le système a besoin de résoudre ce paramètre financier pour être pérenne.

« Mais ce n’est qu’une question d’intention » 

Il est important de comprendre qu’un régime sans viande n’équivaut pas à un régime sans sang. Beaucoup d’animaux perdent la vie lors de la culture des végétaux. Les oiseaux et les papillons sont empoisonnés par des produits phytosanitaires, les lapins et les souris sont broyés par les tracteurs, et de vastes champs de monocultures végétales accaparent l’habitat d’une population native d’animaux qui ont jadis vécu sur ces terres. La culture de végétaux n’est pas humaine pour les lapins.

J’ai souvent entendu des gens répondre à ceci que tant qu’il n’y avait pas l’intention de tuer des lapins, pour obtenir un burger de soja, alors c’était moral quand même. Cette idée d’une intention est complexe, mais si vous savez que vos actions causent la mort comme effet secondaire, et que malgré tout vous le faites, vous êtes quand même toujours à l’origine d’une mort.

Si en prenant ma voiture pour faire mes courses pour acheter du tofu j’écrase accidentellement un écureuil, est-ce qu’il est quand même mort ? Oui. Mais est-ce que j’en éprouve de la culpabilité ? Non. C’est une chose que je n’avais pas prémédité, il n’était pas dans mon intention que conduire tuerait un écureuil.

Et si je vous disais qu’à chaque trajet vers ce magasin où vous vous achalandez en tofu, vous écraserez à chaque fois une famille entière d’écureuils, de façon inévitable. Si vous saviez qu’à chaque fois que vous alliez à ce magasin vous tueriez ces écureuils, serait-ce encore moral d’aller à ce magasin, même si votre intention n’était pas de tuer ces animaux ?

Il me semble que si on est conscient du fait que nos actions ont un réel effet, alors il y a bien une intention.

J’affirme maintenant de façon officielle que pour produire des végétaux, des animaux sont tués lors du processus. Est-ce toujours moral de manger des végétaux ?

Si vous mettez la vie d’un écureuil sur le même plan que celle d’une vache, et que vous cherchez réellement à tuer le moins possible de vies pour vous nourrir, j’amène l’argument suivant : tuer une vache qui a vécu toute sa vie en pâturage cause en fait moins de morts que le nombre d’animaux sacrifiés par les techniques modernes de récolte des cultures intensives. Le principe du moindre mal pencherait donc en la faveur de la consommation de grands herbivores (viande rouge).

Voici quelques une des réponses que j’entends souvent de la part des personnes qui cherchent à causer « le moins de mal possible ».

« Je ne consomme que des produits laitiers et des œufs. »

D’accord, je vois. Vous ne voulez pas que les animaux meurent, mais vous consommez leur lait et leurs œufs. Cela peut sembler mieux d’un point de vue moral. Est-ce que le lait que vous buvez est issu d’une vache nourrie uniquement à l’herbe ? Si ce n’est pas le cas, saviez-vous que ces vaches ne pouvaient pas beaucoup bouger et passaient la majorité de leur existence dans des bâtiments agricoles ? Savez-vous comment on arrive à faire qu’une vache produise du lait ? Naturellement ? Savez vous ce qu’il advient du petit de ces vaches ? Et à propos de vos œufs, proviennent-ils d’un élevage où les poules sont à 100% élevées en liberté, sans complément de grains ? Si ce n’est pas le cas, alors vos poules, tout comme vos vaches laitières ne vivent pas réellement la vie « naturelle » d’un poulet. Que pensez-vous qu’il arrive aux poussins mâles, ceux qui ne pondent pas d’œufs ? Je pense qu’il est sûrement plus sain de consommer des produits laitiers et des œufs plutôt que de s’alimenter de façon exclusivement végétale, mais il y a bien d’autres éléments à prendre en considération et qui méritent d’être interrogés, si vous avez un problème moral avec la mort.

« Ok, je mangerais éventuellement du poisson, voir du poulet, mais sûrement pas de la viande rouge ! »

Je me demande dans quelle mesure il serait plus « moral » pour ceux qui mangent « en conscience » de penser que le poisson et le poulet soient supérieur à la viande rouge sur une échelle de moralité. Est ce parce que la chair du poisson et du poulet sont blanches ? Est-ce plus facile à manger quand il n’y a plus d’os et qu’on ne voit plus le « sang. » – en vérité le jus rouge dans les emballages de steak n’est pas du sang, il s’agit de myoglobine- ? Est-il plus aisé d’acheter de petites quantités de chair blanche plutôt que de de gros morceaux de chair rouge sur l’os ? Est-ce que les poulets et les poissons seraient des sous-animaux, comparés à une vache ? Est-ce parce que le bœuf est gras ? Est-ce que tout le monde a oublié que les graisses saturées ne sont plus considérées comme l’ennemi public numéro 1 ?

Est-ce que tous nos déboires de santé sont vraiment causés par notre consommation « accrue » de viande rouge ? Une fois de plus, si vous regardez ce que les gens mangent réellement, la quantité de viande rouge consommée n’a pas augmenté depuis 50 ans, c’est notre consommation de poulet qui a été multiplié par 5.  Nous sommes devenus de gros consommateurs de poisson aussi. Les études qui vilipendent la viande rouge sont observationnelles, utilisant des données issues de questionnaires. Les gens arrivent à se souvenir du hamburger qu’ils ont mangé la semaine précédente, mais ils tendent à « oublier » le beignet au pomme frit dans l’huile, le soda XXL, et la portion géante de frite qui accompagnait le hamburger. Ce n’est pas la viande qui fait tellement de mal, c’est la façon dont on l’élève, et les aliments dont on l’accompagne.

« Je me sens plus (vertueux, propre, pur) en ne mangeant que des plantes »

Voici d’autres questions à considérer. Aux animaux qui meurent lors des labours ou des récoltes de vos cultures, il faut ajouter les nombreux animaux victimes des productions d’aliments végétaux issus de l’agriculture. L’huile de palme par exemple. Je ne pense pas que l’on puisse considérer que l’huile de palme soit OK dans un régime végan, si l’on considère l’impact que son industrie a sur les orangs-outans. Et que dire des humains qui récoltent vos cultures ? Je constate très peu d’attention portée à la personne humaine et aux problèmes sociaux par les tenants des régimes 100% végétaux. Que dire des 400 000 enfants migrants esclaves dans des exploitations ? Mangez-vous des bananes, du chocolat, buvez-vous du café ? Il y a tellement de problématiques autour de l’industrie alimentaire bien au-delà de savoir si c’est « bien » ou « mal » de manger de la viande.

« Quelle est la façon la plus « morale » de s’alimenter ?

Si vous cherchez réellement à minimiser les torts causés aux animaux, assurez-vous de faire les choix les plus durables et éthiques en matière de choix d’aliments, pour ce faire il faut accepter d’élargir votre horizon et d’inclure de nouvelles questions. Si vous savez que des animaux mourront pour votre tofu, pensez-vous toujours qu’il soit correct de le consommer ? Si vous savez que vos bananes non bio impliquent que les écoles et les habitations aux alentours de la plantation seront aspergées de produits chimiques toxiques, causant des maladies ainsi que des défauts de naissance, est-ce que vous serez toujours d’accord avec le fait de les consommer ? Est-il correct de manger des tomates quand on ignore qui les a récolté ? Si vous appreniez que c’est une fille de 12 ans qui travaille 12 heures par jour, au lieu d’aller à l’école, de façon à ce que vous puissiez avoir des tomates au mois de janvier, considéreriez-vous qu’il soit plus vertueux de les consommer que de manger de l’agneau ? Si vous ne voyez pas le « sang » ou les os dans votre poulet emballé sous plastique, cela le rend-il plus facile à manger à vos yeux ? La viande blanche est-elle plus « propre » à consommer ? Les oiseaux sont-ils des animaux qui comptent moins que les vaches ? Est-il correct de boire du lait de vache confinée toute sa vie, qu’elle n’ait jamais pu voir un brin d’herbe ? Quel type d’élevage permettrait à une vache de jouir d’une vie décente (d’accord, peut être bien qu’une vache au pâturage connait un seul mauvais jour de sa vie entière, mais la vache laitière également mourra aussi) ? Quel système est le meilleur ? L’initiative des Lundi Sans Viande change-t-il la façon dont les vaches sont traitées ?

En choisissant de refuser complètement ce système, en ne mangeant plus du tout de viande, changez-vous la façon dont cette dernière est produite ?

L’élevage industriel n’est pas une solution, selon moi, si nous étions plus exposés à la dynamique de production durable de nourriture, il y aurait moins de confusion concernant ce qu’il convient de faire. Si chacun avait l’expérience de travailler ou de vivre à proximité d’une petite ferme biologique qui aurait intégré un élevage d’animaux de pâturage (comme je l’ai moi même fait), alors les réponses à ces questions seraient plus évidentes. Nous faisons parti de la nature. Même si nous préférons éviter cette idée, la vie n’est pas possible sans la mort.

Si nous sommes d’accord sur le point que les herbivores sont absolument nécessaires pour la santé du sol, nous devrions être d’accord pour les manger.

Pour aller plus loin : Caroline Watson a écrit un beau texte sur l’aspect éthique de la consommation de viande. Le mythe végétarien, écrit par une ancienne végan, est également un superbe plaidoyer pour la consommation éthique de viande,  je viens de commencer à lire Vegan Betrayal, de Mara Kahn. Cependant, j’ai également acheté The Humane Economy, par Wayne Pacelle, végan et président de la Humane Society By Vegan, pour tenter de mieux comprendre ce qui constitue les fondements de la pensée des militants des droits des animaux. Je crois qu’il est fondamental d’explorer toutes les facettes d’une histoire afin de la saisir dans sa globalité. Alors que j’apprécie » l’intention » de ceux qui choisissent de ne pas consommer de viande, je suis tout simplement en désaccord avec leur logique.

Et vous, qu’en pensez vous ?

Les rôles se sont inversés, les gens qui me reprochaient d’être végétarienne le sont maintenant.

Pour ceux de mes lecteurs qui auraient le mauvais goût de ne pas connaître cette attachante blogueuse mode frenchie qui a 1,5 millions  de fans sur les réseaux sociaux, un peu de culture gé par ici 😀 :

bettyArticle des Inrocks : Betty Autier, la vie après le blog. (cliquez)

Dans son récit autobiographique Betty, la blogueuse se confie sur son rapport complexe à la nourriture, et évoque notamment son retour à l’omnivorisme après 20 années de végétarisme.


  • Tu as été végétarienne pendant 20 ans, qu’est ce qui t’a poussé à arrêter ?
J’avais des troubles de l’alimentation. Boulimie / hyperphagie / périodes anorexiques. Je ne dis pas que tous les végétariens ont des troubles, c’est simplement mon histoire, mon corps. En tant que végétarienne, je mangeais peu de protéines, beaucoup de produits céréaliers, du pain, des pâtes, des protéines végétales comme le tofu.
je pense que je me suis créée une dépendance aux glucides par manque de protéines animales. J’étais désespérée et totalement obsédée par la nourriture. J’ai également développé un vitiligo tardif et j’ai été diagnostiquée spasmophile. (Je ne fais pas forcément le parallèle avec le végétarisme, mais disons que ça commençait à faire beaucoup de maladies psy…)
L’anecdote étrange c’est que juste avant de remanger de la viande, j’ai eu une lueur d’espoir en me tournant vers le véganisme. L’expérience a duré une semaine et du coq à l’âne, comme une évidence je me suis dit que je devais écouter mon corps.

« Tout d’abord j’ai cessé d’être végétarienne. Vingt ans d’excès de glucides et de manque de protéines m’ont laissé de nombreuses séquelles. Aujourd’hui je remange de tout. J’aime toujours les animaux et j’essaie au maximum d’acheter de la nourriture éthique et bio. J’ai lu le Mythe végétarien de Lierre Keith, une ex-vegan revenue de son véganisme tout en cherchant à aider la planète et les animaux qu’elle adore par dessus tout. Très intéressant, je vous le recommande ! Ce livre est plein de surprises et m’a appris les belles choses de la vie et, surtout, que j’étais une omnivore bien plus responsable que la végétarienne peu engagée que j’étais. »

(Extrait de https://www.librairieflammarion.fr/livre/10164733-le-monde-de-betty-betty-autier-flammarion)

betty
  • Il y a de plus en plus de gens qui deviennent végétarien ou vegan,  tu penses que c’est une mode  ?
Je pense que je remange de la viande ou moment où c’est très mal vu, au même titre que je suis devenue végétarienne dans les 90’s  et que c’était mal vu à cette époque.
Toujours à contre courant ^^

Les rôles se sont inversés, les gens qui me reprochaient d’être végétarienne le sont maintenant.

« Quand j’avais à peu près 11 ans, ma sœur ma mère et moi sommes devenues végétariennes, principalement par conviction, mais surtout pour défendre la cause animale dont nous nous étions très proches ; c’est d’ailleurs encore le cas aujourd’hui. J’ai toujours été une enfant et une adolescente très mince. A cette époque, je ne contrôlais pas du tout mon alimentation. Je me souviens que, dans les années 1990, c’était compliqué d’être végétarienne. A la cantine, faute de plat adaptés à mon mode de nutrition, je me retrouvais bien souvent avec un paquet de chips et deux desserts pour compenser. »

(Extrait de https://www.librairieflammarion.fr/livre/10164733-le-monde-de-betty-betty-autier-flammarion)

  • Est ce que les produits animaux t’avaient manqué pendant toutes ces années ?
Oui, mais mon amour des animaux m’avait persuadé que non. Jusqu’à développer une aversion totale pour la viande (vision, odeur …) je me disais que le jour où j’en mangerais par erreur, je vomirais.
Auto persuasion.
  • Qu’as tu remangé en premier ? 
J’ai décidé de remanger du poisson, d’ailleurs c’était mon deal perso au début : juste du poisson. J’ai acheté une boite de thon Petit navire (dans mes souvenirs j’aimais bien ça.) J’ai noyé le tout dans une omelette. C’était ignoble, pas bon et je me sentais honteuse. Mais j’étais contente, je ne pouvais plus faire marche-arrière, ma fierté de dire « ça fait 20 ans que je suis végétarienne » stoppait net. Donc malgré cette mauvaise première expérience j’ai décidé de continuer. Rapidement j’ai été m’acheter de la viande des grisons (dans mes souvenirs j’adorais également ça). Je ne me suis mise aucune limite j’ai tout goûté ensuite, huîtres, fruits de mers (que je n’avais jamais mangé de ma vie), kebab, black angus, Mc Donald’s, etc.

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  • Que réponds-tu aux gens qui te disent que tu as fait marche arrière, que tu as régressé en remangeant de la viande ? Cela arrive qu’on te dise ça ?
Ça m’arrive et je ne cherche pas à polémiquer. Parce que j’ai beaucoup d’affection pour ces personnes que je pense bien intentionnées.
C’est tout simplement moi quelques années en arrière.
Comment puis-je leur en vouloir ?
Je leur conseille de lire le livre de Lierre Keith, le « mythe végétarien », qui a eu une grosse influence sur mon retour à l’omnivorisme.
En général ils ne le lisent pas, je n’aurai pas voulu le lire non plus à leur place.
Pas le bon moment pour eux.
  • Comment tes proches ont-ils vécu le fait que tu redeviennes omnivore ?
Ma sœur très bien, on est devenu végétariennes au même moment et coïncidence ou pas, le jour ou je lui ai avouée un peu honteusement remanger de la viande, j’ai halluciné qu’elle me fasse la même confession. Encore plus troublant, c’est arrivé le même jour, sans aucune concertation. Les mystères du cerveau…J’ai vu ça comme un signe.
Par contre mon petit ami de l’époque, qui pourtant mangeait de la viande (et subissait mon végétarisme) était très déçu !!! Il a tenté de me convaincre de rester végétarienne, le soir même il m’a invité dans un resto végétarien !
Je pense que ça devait l’arranger d’avoir une petite amie douce et fragile, végétarienne. Que cette nouvelle image de moi ne devait pas lui convenir. On s’est d’ailleurs séparé peu de temps après, la nouvelle Betty n’a pas du lui plaire.
  • Qu’est ce que toute cette expérience t’as apporté ?
Je pensais enfin me débarrasser de mes troubles de l’alimentation, j’ai été déçue au bout de quelques mois ne voyant rien venir…et puis au bout de 8 mois sans même y penser, je me suis aperçue que je retrouvais la sensation de satiété, je ne finis pas mes assiettes, je ne suis plus obsédée par la nourriture. Tout commence à se rééquilibrer pour mon plus grand plaisir. J’ai toujours du vitiligo mais il commence à partir, je m’expose au soleil sans protection en écoutant mon corps, je suis toujours spasmophile, aucune amélioration de ce côté.
J’ai gagné en sociabilité également, la convivialité, car je mange de tout. Je ne suis plus celle qui demande un menu spécial, qui décortique son assiette quand il y a un doute.
  • Comment tu te sens maintenant ?
Mieux, j’attends de voir la suite maintenant, car ça fait seulement 2 ans que je remange de tout.

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4 raisons qui expliquent que certains vegans se portent comme un charme (là où d’autres se ramassent lamentablement.)

Voici la traduction d’un article de Denise Minger publié originellement sur le site Authority Nutrition. À double tranchant, selon le point de vue que l’on adopte.

Le débat pour savoir si le véganisme est un régime sain pour les humains  ou une voie royale pour être carencé font rage depuis des temps immémoriaux (ou tout au moins depuis la création de la possibilité de laisser des commentaires sur Facebook).

La controverse est régulièrement alimentée par des affirmations passionnées et sans nuance des deux camps adverses : d’un côté les végans au long cours qui attestent de leur bon état de santé, (ceux là même qui insistent sur le fait que ceux qui ne « réussissent pas » à tenir le régime doivent bien faire quelque chose de travers), et de l’autre, les ex-végans décrivant leur déclin rapide ou progressif (dans une certaine mesure ils sont convaincus que le jour viendra où les végans à qui le régime réussit confesseront un jour que tout cela n’était que ruse.).

Heureusement, la science  nous amène à une plus fine compréhension des raisons pour lesquelles les gens répondent différemment à des régimes contenant peu ou pas du tout de produits d’origine animale, avec une bonne partie de la réponse enracinée dans la génétique ou la santé intestinale. Qu’importe combien un régime végan semble nutritionnellement adéquat sur le papier, les variations métaboliques peuvent déterminer si une personne en bénéficie ou périclite quand elle cesse de manger de la viande, et encore au delà.

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1 La conversion de la vitamine A

La vitamine A est une véritable rockstar dans le monde des nutriments. Elle aide à avoir une bonne vision, soutient le système immunitaire, participe à la bonne santé de la peau,  contribue également à une croissance normale, ainsi qu’à un bon développement, elle est vitale pour les fonctions reproductives- juste pour citer quelques-unes de ses nombreuses fonctions (1).

Contrairement à une croyance populaire, les plantes ne contiennent pas de vraie vitamine A (également appelée rétinol) ; elles contiennent en réalité un précurseur de la vitamine A, le plus connu étant le bêta-carotène. Dans l’intestin, le bêta-carotène est converti en vitamine A par l’enzyme bêta-carotène-15,15′-monoxygémase (BCMO1), un processus qui s’il se déroule sans encombre, nous permet de fabriquer du rétinol à partir de plantes comme les carottes ou les patates douces.

(Les produits animaux, en revanche, fournissent de la vitamine A sous la forme de rétinoïdes, qui ne nécessitent pas la conversion BCMO1.)

Voilà la mauvaise nouvelle. Plusieurs mutations génétiques peuvent affecter l’activité de la BCMO1 et mettre à mal la conversion des caroténoïdes, au point que les aliments végétaux soient des sources inadéquates de vitamine A dans ces cas.  Par exemple, deux polymorphismes fréquents pour le gêne BCMO1 (R267S et A379V) peuvent réduire de concert la conversion du bêta-carotène de 69% (2). Une mutation moins fréquente (T170M) peut réduire cette conversion d’environ 90% chez les personnes porteuses des deux copies (3).

Au total, environ 45% de la population est porteuse de ces polymorphismes, ce qui fait de ces individus des « mauvais répondeurs » au bêta-carotène (4).

Pire encore, d’autres facteurs non génétiques peuvent diminuer la conversion du caroténoïde ainsi que son absorption — des problèmes d’hypothyroïdie notamment, une santé intestinale défaillante, des problèmes de foie, l’alcoolisme, la carence en zinc (5, 6, 7). Si un de ces éléments est ajouté aux problèmes génétiques de conversion, la capacité à produire du rétinol à partir des aliments végétaux peut diminuer davantage.

Donc, pourquoi n’y a-t-il dans ce cas pas une épidémie de carence en vitamine A ? La réponse est simple dans le monde occidental, les caroténoïdes pourvoient pour moins de 30% des apports de vitamine A, tandis que les aliments d’origines animales en procurent plus de 70% (8). Un mutant BCMO1 omnivore peut généralement surfer parfaitement sur ses apports de sources animales en vitamine A, ignorant tout de la bataille caroténoïde qui a lieu dans son organisme.

Mais pour ceux d’entre nous qui évitent les produits animaux, les effets d’un dysfonctionnement de BCMO1 seront évidents, voir préjudiciables. Quand un mauvais convertisseur devient végan, il peut manger des carottes jusqu’à en devenir orange (littéralement !) sans réellement obtenir suffisamment de vitamine A pour une santé optimale. Son taux de caroténoïdes s’élève (hypercaroténémie), tandis que son statut en vitamine A dégringole (hypovitaminose A), l’amenant à être carencé tandis que son apport lui semblait adéquat (3).

Même pour les végétariens (non végans) ayant moins à convertir, la vitamine A contenue dans les produits laitiers et les œufs (qui ne soutiennent pas la comparaison avec les produits animaux tels que le foie – le roi incontesté de la vitamine A -), peut ne pas suffire pour parer aux carences, tout particulièrement si la personne rencontre également des soucis d’absorption.

De façon non surprenante, les conséquences d’un apport insuffisant en vitamine A sont le reflet de soucis fréquemment rencontrés par les végétariens et les végans. Dysfonction de la thyroïde, mauvaise vue de nuit, soucis de vision de façon générale, immunité affaiblie (davantage de rhumes et d’infections), et également des problèmes d’émail dentaire peuvent résulter d’un trop faible statut en vitamine A (9, 10, 11, 12).

En attendant, les végans avec une fonction BCMO1 normale, et qui font bombance avec des végétaux riche en caroténoïdes, peuvent généralement produire suffisamment de vitamine A à partir de sources végétales pour rester en bonne santé.

À retenir : Les personnes qui sont des convertisseuses efficaces de caroténoïdes peuvent généralement obtenir suffisamment de vitamine A avec un régime végan, mais les mauvais convertisseurs peuvent se retrouver carencés, et ce même en respectant les recommandations alimentaires spécialement formulées pour les végans.

2. Flore intestinale et vitamine K2

Note microbiote, la collection d’organismes qui réside dans nos colons, accomplit un nombre vertigineux de fonctions, allant de la synthèse des nutriments jusqu’à la fermentation des fibres, en passant par la neutralisation des toxines (13).

Il existe de nombreuses preuves que notre microbiote est flexible, que des populations de bactéries sont modifiées en réponse au régime adopté, à l’âge et à l’environnement (13, 14). Cependant un des avantages de nos microbes internes sont hérités, ou plutôt établis dès notre plus jeune âge.

Par exemple, de hauts niveaux de Bifidobacteria sont associés au gène de la persistance de la lactase (qui indique une composante génétique du microbiote), et les bébés nés par voie vaginale avalent leur première dose de microbes par le canal de naissance, ce qui amène à avoir des compositions bactériennes différentes sur le long terme, par rapport aux bébés nés par césarienne (15, 16).

En plus de cela, des traumatismes du microbiote, tels que la destruction d’une bactérie par des antibiotiques, une chimiothérapie, ou certaines maladies, peuvent causer une modification permanente sur une flore intestinale jadis saine. Il existe des preuves que certaines populations bactériennes ne reviennent jamais à leur gloire passée après une exposition aux antibiotiques et qu’elles se stabilisent plutôt à des niveaux moins abondants (17, 18, 19, 20, 21).

En d’autres termes, malgré une adaptabilité globale du microbiote intestinal, on pourrait se retrouver « coincé »  par certaines caractéristiques dues aux circonstances, le tout échappant à notre contrôle.

Et alors ? Pourquoi c’est important pour les végans ?

Notre microbiote joue un rôle énorme dans la façon que nous avons de répondre aux aliments et dans notre façon de synthétiser les nutriments spécifiques, et certaines communautés de microbes pourraient bien être plus friandes de nutrition végane que d’autres.

Par exemple, certaines bactéries intestinales sont nécessaires pour synthétiser la vitamine K2 (ménaquinone), un nutriment avec des bénéfices uniques pour la santé du squelette (dents incluses), la sensibilité à l’insuline, la santé cardiovasculaire, tout autant que pour la prostate et la prévention du cancer du foie. (22, 23, 24, 25, 26, 27, 28, 29, 30). Les principaux producteurs de K2 incluent certaines espèces de  Bacteroides, de Prevotella, Escheria coli et Klebsiella pneumoniae, autant que certaines bactéries à gram positif, anaérobiques et dépourvus de spores (31).

Contrairement à la vitamine K1, abondante dans les légumes-feuilles de couleur verte, la vitamine K2 se trouve quasi exclusivement dans les produits d’origine animale. L’exception majeure étant un produit de soja fermenté appelé natto, dont le goût peut être décrit de façon poétique comme très déroutant pour nos palais occidentaux (32).

Des études ont démontré que l’usage d’antibiotiques à large spectre diminue significativement les taux de vitamine K2 dans le corps, en supprimant la bactérie responsable de la synthèse de la K2 (33). Un groupe d’essai a trouvé que lorsque les participants étaient soumis à un régime riche en végétaux et pauvre en viande (moins de 56 grammes par jour) , le déterminant principal de leur teneur fécale en K2 était la proportion  d’espèces de Prevotella, Bacteroides et Escheria/Shigella dans leurs intestins (34).

Donc, une personne dont le microbiome est insuffisant en bactéries qui produisent de la vitamine K2, que ce soit dû à des facteurs génétiques, environnementaux ou à l’usage d’antibiotiques, et que les aliments d’origines animales sont retirés de l’équation, alors la vitamine K2 peut chuter jusqu’à des niveaux dramatiques. Bien que les recherches sur le sujet soient insuffisantes, ceci pourrait facilement priver les végans (et certains végétariens) des bénéfices que la vitamine K2 procure, en contribuant potentiellement à des problèmes dentaires, un risque accru de fracture, et en réduisant la protection contre le diabète, les maladies cardiovasculaires et certains cancers.

Inversement, les personnes avec un solide microbiote efficace dans la synthèse de la K2 (ou les amateurs de natto) seront capables d’obtenir suffisamment de vitamine K2 dans le cadre d’un régime végan.

À retenir : Les végans déficients en bactéries synthétisant la vitamine K2 peuvent rencontrer des problèmes induits par un apport insuffisant, y compris un risque plus élevé de problèmes dentaires et de maladies chroniques.

3. Amylase et tolérance à l’amidon

Bien qu’il y ait certaines exceptions, les régimes sans viande ont tendances à être des régimes plus riches en hydrates de carbones (dit glucides) que les régimes omnivores (35, 36, 37). En fait, certaines des alimentations basées sur les plantes avoisinent les 80% de glucides  (provenant majoritairement des céréales, des légumineuses et des tubercules), notamment les programmes Pritikin, Dean Ornish, Mc Dougall ainsi que le régime de Caldwell Esselstyn pour guérir les problèmes cardiaques (38, 39, 40, 41).

Alors que ces approches peuvent être efficaces, le programme Esselstyn par exemple obtient de bons résultats de façon globale, certaines personnes rapportent des résultats moins probants après avoir adopté un régime végan haut en glucides (42). Pourquoi de si grandes différences ?

La réponse, une fois encore, est peut être cachée dans nos gènes. Et aussi dans notre salive.

La salive humaine contient de l’alpha-amylase, une enzyme qui découpe les molécules d’amidon pour les diviser en sucres simples via le processus d’hydrolyse. Selon le nombre de copies du gène codant l’amylase (AMY1) que nous portons, ainsi que de certains facteurs de notre mode de vie, tels que le stress, les rythmes circadiens, le niveau d’amylase peut varier de « à peine détectable » à 50% des protéines de notre salive (43).

En règle générale, les personnes issues des cultures dont l’alimentation est basée sur les féculents (à l’instar des japonais) tendent à porter plus de copies AMY1 (et ont de plus hauts taux d’amylase salivaire) que les gens des populations dont l’alimentation dépend historiquement des graisses et des protéines, pointant de cette façon le rôle de la pression de sélection (44). En d’autres termes, la présence d’AMY1 apparaît être liée à la diète traditionnelle de nos ancêtres.

Et c’est pour cela que c’est important : la production d’amylase influence fortement la façon dont nous métabolisons les aliments amidonnés, et détermine si ces aliments envoient le sucre sanguin sur les montagnes russes ou bien sur une ondulation plus douce. Quand les personnes qui possèdent peu d’amylase consomment des féculents (spécialement sous leurs formes raffinées), ils expérimentent des pics de sucre sanguin plus élevés, comparativement aux personnes dont les niveaux d’amylase sont naturellement plus élevés (45).

Sans surprise, les petits producteurs d’amylase ont un risque accru de syndrome métabolique et d’obésité quand ils optent pour des régimes riches en féculents (46).

Que cela signifie-t-il pour les végans et les végétariens ?

Bien que cette question de l’amylase concerne toute personne dotée d’une bouche, les régimes basés sur les plantes, centrés sur les céréales, les légumineuses et les tubercules (comme les régimes mentionnés plus haut Pritikin, Ornish, Mc Dougall et Esselstyn) sont susceptibles de mettre en évidencd chez le patient une éventuelle intolérance aux glucides.

Pour les personnes qui produisent peu d’amylase, une augmentation radicale et soudaine des apports en féculents  pourrait engendrer des conséquences désastreuses, potentiellement des problèmes de régulation du sucre dans le sang, une moindre satiété et une prise de poids. Mais pour une personne avec un métabolisme qui déborde d’amylase, un régime végan riche en glucides, ce sera du gâteau.

À retenir : Le niveau d’amylase dans la salive influence la façon dont les personnes profitent (ou pas) d’un régime végan ou végétarien.

4. Activité de la PEMT et de la Choline

La choline, un nutriment essentiel pourtant régulièrement passé à l’as, est impliquée dans le métabolisme, la santé du cerveau, la synthèse des neurotransmetteurs, le transport des lipides et la méthylation (47).

Bien qu’elle n’ai pas reçu un traitement médiatique aussi large que d’autres nutriments (comme les oméga3, les acides gras essentiels ou la vitamine D), la choline n’en est pas moins importante. La carence en choline est un facteur majeur dans les maladies du foie, un problème qui monte en flèche dans les nations occidentalisées (48). La carence en choline peut également augmenter le risque de problèmes neurologiques, cardiaques et entraîner des problèmes de développement chez l’enfant (49).

En général, les aliments les plus riches en choline sont des aliments d’origine animale, le jaune d’œuf et le foie tout en haut de la liste, ensuite d’autres viandes et produits de la mer contiennent également des niveaux décents de choline. Une large variété de plantes contient également de la choline, dans des proportions bien plus modestes (50).

L’organisme peut également produire sa propre choline avec l’enzyme phosphatidylethanolamine-N-methyltransferase (PEMT), qui méthyle une  molécule de phosphatidylethanolamine (PE) en une molécule de phosphatidylcholine (PC) (51).

Dans la plupart des cas, les petites quantités de choline contenues dans les plantes, combinées à la choline synthétisée par le processus de PEMT, peuvent suffire à combler nos besoins en choline, sans consommation d’œufs ou de viande.

Mais pour les végans, ce n’est pas toujours si simple que ça.

Premièrement, en dépit d’efforts pour établir un apport adéquat en choline, les variations entre les besoins en choline peuvent varier énormément selon les individus. Ce qui semble suffire sur le papier peut mener une personne à la carence. Un essai montre que 23% des participants hommes développent des symptômes de carence en choline quand ils en consomment « la quantité adéquate » de 550 mg par jour (52).

D’autres recherches suggèrent que les besoins en choline atteignent des sommets durant la grossesse et la lactation, ceci étant dû au fait que la choline de l’organisme maternel est acheminée vers le bébé et le lait maternel (53, 54, 55).

Deuxièmement, nous ne sommes pas égaux devant la production de choline qui dépend de différents facteurs. À cause du rôle joué par les œstrogènes dans l’activité de la PEMT, les femmes en période de postménopause (qui ont des niveaux d’œstrogène plus bas et une capacité amoindrie à synthétiser la choline) ont de plus grands besoins alimentaires de choline que les femmes dans leurs années reproductives (52).

Et de manière plus significative encore, des mutations communes du chemin des folates ou du gène PEMT peuvent rendre des régimes pauvres en choline plus dangereux (56). Une étude a prouvé que les femmes porteuses d’un polymorphisme MTHFD1 G1958A (lié aux folates) étaient 15 fois plus susceptibles de développer une dysfonction des organes avec un régime pauvre en choline (57).

Des recherches complémentaires montrent que le polymorphisme rs12325817  du gène PEMT, trouvé chez  environ 75% de la population, augmente significativement les besoins en choline et que les personnes porteuses du polymorphisme rs7946 auraient des besoins en choline accrus pour prévenir les maladies du foie (58).

Bien que des recherches plus poussées soient nécessaires, il existe des preuves que le polymorphisme rs12676 dans le gène de la déshydrogénase rende ces personnes plus susceptibles d’être carencées en choline, ce qui signifie un besoin d’en consommer de plus grandes quantités pour rester en bonne santé (59).

Et donc, que cela signifie-t-il pour les personnes qui suppriment les aliments riches en choline de leurs alimentations ?

Si l’individu a des besoins en choline dans la norme et une génétique heureuse, il est possible qu’elle ne rencontre pas de problème avec ce nutriment en adoptant un régime végan (et végétarien aussi dans la mesure ou un végétarien consomme des œufs).

Mais pour une future ou une nouvelle maman, un homme ou une femme ménopausée avec des taux bas d’œstrogène, tout autant que pour des personnes porteuses de mutations génétiques entraînant un besoin accru de choline, les végétaux seuls peuvent ne pas suffire à procurer ce nutriment critique. Dans ce cas, les végans pourront présenter des signes avant-coureurs des problèmes musculaires, cognitifs, cardiaques et augmenter le stockage des graisses dans le foie.

À retenir : Les variations de l’activité PEMT et les besoins individuels en choline peuvent déterminer si un individu obtient ou n’obtient pas suffisamment de choline avec un régime végan.

Au final, ce que l’on peut retenir :

Alors que peut-on conclure de tout ceci ? Quand la bonne génétique (et les microbes) et que tous les éléments sont en place, les régimes végans, comprenant un supplément obligatoire de B12, ont une plus grande probabilité de combler les besoins nutritionnels uniques d’une personne. Mais quand se présentent des problèmes de conversion de la vitamine A, des troubles du microbiome, ou que l’amylase et la choline entrent dans le tableau final, les chances d’être un végan en bonne santé commencent à décliner.

Ceci n’est pas pour dire qu’il n’y a pas de végans qui s’alimentent mal (juste au cas où, on peut qualifier de vegan un régime à base de chips et de Pepsi), qui utilisent leur régime pour dissimuler un trouble alimentaire ou rencontrent d’autres difficultés qui grèvent leur probabilité de réussir à mener leur régime dès le départ.

Pourtant, la science va dans le sens de l’idée que les variations individuelles conditionnent les réponses aux différents régimes. Certaines personnes sont tout simplement mieux équipées que d’autres pour glaner ce dont elles ont besoin des végétaux, ou pour synthétiser ces nutriments à partir des fabuleux mécanismes du corps humain.