RETOUR A LA CASE OMNIVORE, une ex vegan se raconte.

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Je m’appelle Sylvia, j’ai 39 ans. Je suis éducatrice à l’environnement.
Du plus loin que je me souvienne, je n’ai jamais eu ni l’instinct, ni le palais carnassier. C’est ballot, une bonne partie de ma famille est alsacienne.

A 4 ans, mon amour inconditionnel des lapins me poussa naturellement à boycotter le civet dominical. Je boycotte toujours d’ailleurs.
A 5 ans, j’étais prise de violents et irrépressibles haut-le-cœur dès que je portais à ma bouche un morceau de viande contenant du gras. Me faire avaler une tranche de jambon était une véritable épreuve, autant pour ma mère que pour moi.
A 9 ans, hors de question de me faire avaler du veau ou de l’agneau. Manger des bébés animaux m’était inconcevable.
Comme beaucoup d’enfants, j’appréciais pourtant les saucisses et les steaks hachés. Je n’eut pas le temps de les apprécier longtemps, ni d’en consommer beaucoup : on me découvrit très tôt un excès d’acide urique et un taux de cholestérol anormalement élevé (héréditaire) en dépit d’une alimentation omnivore très saine (beaucoup de légumes, fruits et produits frais). Les plaies sur mes orteils m’infligeaient des douleurs permanentes.
Je n’avais même pas 7 ans lorsque les médecins me prescrivirent un régime sans gras, sans charcuterie, sans friture, sans fromage et, de préférence, sans sucre non plus. Cela ne changea pas radicalement mon alimentation de base, puisque celle-ci comportait de toute façon assez peu d’aliments proscrits, à part le fromage dont je raffolais. Pendant plusieurs années, je dus m’astreindre à un traitement médicamenteux assez fastidieux. Au fil du temps, mes tests sanguins s’améliorèrent et les plaies disparurent de mes orteils. Mon médecin fut toutefois très clair : je devrais surveiller mon alimentation toute ma vie.
A 15 ans, suite à différents problèmes familiaux, débuta une longue descente aux enfers :
l’anorexie, puis la boulimie. Pendant 3 ans, je troquai les bancs du lycée pour les couloirs des hôpitaux, les centres médicaux spécialisés dans les TCA et les centres médico psychologiques. Alors que mes amis vivaient avec insouciance leurs premiers flirts, les premières soirées entre potes, stressaient pour leurs notes de classe, j’enchaînais les entretiens avec les psychiatres, les psychologues et les diététiciennes.
A 17 ans, par la force des choses et surtout par la force du bourrage de crâne « thérapeutique », j’étais devenue assez calée en nutrition ou, du moins, ce que j’imaginais être la nutrition «idéale».
Il me fallut bien des années d’expérimentation sur moi-même, beaucoup de documentation et aussi un bref passage par la case orthorexie pour comprendre que cet «idéal» n’existe pas. Et, surtout, que les besoins des uns ne sont pas les besoins des autres.
A 19 ans, par choix éthique, je décidai de devenir végétarienne. Ce ne fut pas de tout repos. Ma mère craignait une rechute vers l’anorexie et estimait qu’une jeune fille avait besoin de fer, donc de viande rouge. Mon médecin naturopathe me sermonna. D’après lui, je faisais «la connerie de ma vie». Je restai hermétique à ces arguments. Le végétarisme étant encore très peu médiatisé à la fin des années 90, ce choix fut souvent source d’incompréhension et de railleries. Mais je m’en moquais. Du reste, entre le régime strict de mon enfance et l’anorexie, me priver d’une catégorie d’aliments était devenu quelque chose de très facile pour moi, presque une évidence.

Vers 24 ans, mes positions animalistes se renforcèrent : je n’achetai plus aucun produit cosmétique testé sur les animaux. Je décidai de les confectionner moi-même. Révoltée par le traitement infligé aux animaux dans l’industrie agroalimentaire, je devins végétalienne dans la foulée. Je me procurai en librairie quelques livres sur l’alimentation végétale, m’abonnai à la newsletter de OneVoice, me munis de tonnes de briques de soja cuisine, des précieux flacons de vitamine B12 et m’attacha à faire tout bien komilfo. Je n’ai pas de mots suffisamment forts pour exprimer l’immense soulagement et la joie que me procura mon nouvel engagement. J’étais tellement satisfaite et soulagée de ne plus participer à cette barbarie ! Je me sentais… pure. Ce sentiment de pureté et d’innocence est quasiment indissociable de l’idéologie vegan. Je l’analyse aujourd’hui comme un refus, non pas de la souffrance animale, mais de la mort en tant qu’étape nécessaire au processus de vie. On se construit un monde idéal dans sa tête, un monde où on ne porte pas sur ses épaules la responsabilité de la souffrance et de la mort d’autres êtres. C’est un processus mental assez narcissique, en fait. Je n’affirme pas que tous les vegans sont dans ce schéma de pensée, loin de là, mais nul doute que les militants exerçant le plus d’influence le sont.
D’un point de vue psychologique (et j’insiste sur le «psychologique»), ni la viande, ni le lait, ni les œufs ne me manquaient. Mes amis respectaient mon choix. Je n’ai jamais fait la leçon aux personnes ne partageant pas mes idées. Aux questions fréquemment posées, je me contentais d’expliquer ma démarche, le plus sereinement possible. Non pas pour ménager les illusions des gens ignorant la problématique de la maltraitance et de l’exploitation animale, mais parce que je suis profondément convaincue que la culpabilisation ne mène nulle part, dans aucun domaine. La sensibilité ne se décrète pas, elle ne relève pas de l’argumentaire ou de la logique. Nous ne sommes pas tous sensibles aux mêmes causes, ni égaux face à elles. Bien qu’extrêmement motivée, j’avais aussi conscience du caractère expérimental de ma démarche. J’espérais de tout mon cœur que ma santé suivrait.

J’y croyais vraiment.
Ma santé n’a pas suivi. Malheureusement, je mis plusieurs mois à m’en apercevoir. J’étais très sportive à l’époque : je courrai quotidiennement (ce qui était une fort mauvaise idée au demeurant) et pratiquais la musculation. Malgré mon assiduité à faire tout bien komilfo (céréales complètes + légumineuses + légumes + noix + B12) , je maigrissais à vue d’œil et me fatiguais de plus en plus rapidement. Puis mes cheveux commencèrent à tomber. Puis les troubles digestifs et les problèmes de peau apparurent. Puis les sautes d’humeur, parfois violentes. Aussi bizarre que cela puisse paraître, je n’imputais pas ces désordres au végétalisme. Peut-être y avait-il quelque chose que je ne faisais pas correctement ? Quelque chose auquel je pourrais remédier en faisant encore plus komilfo ?
Et puis un jour, au bout de 10 minutes de course à pied, ma jambe droite me lâcha. Ma cheville, mon genou et ma cuisse se bloquèrent. Je ne pouvais plus avancer. La douleur était intense et persistait longtemps après l’effort. Ce scenario se répéta encore et encore, jour après jour, malgré toutes mes tentatives. Rien n’y faisait. Ni les massages, ni les pommades, ni les assouplissements, ni les vitamines. Je consultai un médecin. L’examen médical ne releva aucune anomalie fonctionnelle, ce qui me laissa perplexe.
La course était pour moi très importante. Elle m’avait aidée à purger mes angoisses, à me
réapproprier mon corps, à le sentir revivre après toutes ces années mortifères d’anorexie. Je décidai de laisser ma jambe au repos quelques semaines et, dès que je me sentis prête, je chaussai à nouveau mes baskets. Échec. Les douleurs s’amplifiaient et finirent par se manifester même lors de la marche. Je m’inquiétai sérieusement.

L’état de ma peau et de mes cheveux s’aggravait. J’en perdais des mèches entières à chaque shampooing. J’avais peur de les brosser par crainte d’en trouver encore plus sur la brosse. J’avais régulièrement des fringales nocturnes que, ni les noix, ni les fruits, ni les céréales complètes ne suffisaient à combler. Je ne me sentais jamais vraiment rassasiée.
A contrecœur, je finis par prendre la décision qui sauva ma peau, mes intestins et mes cheveux. Mais pas ma jambe (elle est toujours là, je vous rassure, mais elle reste dysfonctionnelle). Je me résolus à réintroduire un peu de viande dans mon alimentation. Cette décision raisonnait en moi comme un échec éthique incommensurable. Je n’exagère pas. Cependant, ce sentiment d’échec finit par se dissiper grâce au regain d’énergie retrouvé. Ce fut assez rapide, en fait. Du moins pour l’énergie. Il me fallut plusieurs années pour récupérer une peau et des cheveux sains. Je n’ai été végétalienne que pendant deux ans.
Autre point important : j’ignore si cette intolérance était présente de manière très modérée avant cette phase végétalienne ou bien si elle s’est déclarée suite aux importantes quantités de céréales ingérées à cette période (complètes et bio, en mode bien komilfo, hein). Toujours est-il que je ne supporte plus les aliments contenant du gluten. Vous me direz, cela surfe sur la tendance actuelle.
Oui mais non. Je vous parle de faits qui remontent à 2006/2007. A l’époque, pas grand monde en parlait. Comment cette intolérance se manifeste-t-elle dans mon cas ? Eh bien, par des œdèmes aux genoux, des ballonnements et tout un tas de désagréments fort peu poétiques que je m’abstiendrai de décrire.
Évidemment, aujourd’hui, internet regorge de recettes vegan sans gluten, sans soja, sans
sucre, sans graisse et sans… sans RIEN ! ^^ Ne vous méprenez pas, je ne crache pas là-dessus.
J’adore la cuisine végétalienne que je trouve souvent délicieuse et très créative. Cependant, je m’interroge : jusqu’à quel point est-il acceptable de sacrifier sa santé au nom de son éthique personnelle ? Car c’est exactement ce qu’il m’est arrivé et je ne le souhaite à personne. Aussi, j’incite les personnes souhaitant s’engager dans une démarche végane à la plus grande prudence, à ne surtout pas prendre à la légère certains signaux de votre corps. Cette façon de s’alimenter peut être très bénéfique les premières semaines et les premiers mois. N’en déduisez cependant pas trop vite que votre corps l’accepte. Certains effets négatifs peuvent se manifester au bout de plusieurs
années et vous risquez alors de tomber de haut. Renseignez-vous attentivement sur ces potentiels symptômes. Quoiqu’en disent les porte-paroles du mouvement vegan, ces effets ne relèvent absolument pas de l’exception ou d’un régime végétalien mal conduit. Ne les ignorez pas.

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Je suis convaincue qu’il est possible d’allier éthique, santé et plaisir. J’évoquais précédemment la notion de pureté, d’absolu, notion commune à tous les courants religieux, idéologiques. Cet aspect est très présent dans le véganisme, notamment via les innombrables vidéos des influenceurs vegans. Il est toujours question de détox, d’une sensation d’esprit plus clair, de corps purifié, d’une conscience exempte de culpabilité. Et je veux bien le croire. J’ai ressenti également ces effets au début. Mais cela n’a rien à voir avec la cause animale, le bien-être animal ou la conscience animale. Absolument rien. Cela est simplement le reflet de préoccupations complètement anthropocentrées et déconnectées des réalités biologiques.
Aucun animal ne veut mourir, c’est évident. Pas plus que nous, humains, ne voulons mourir.
Ce serait merveilleux que le processus de vie n’implique pas la mort d’autres individus.
Malheureusement, la vie et la mort sont intrinsèquement liés sur cette planète. Non, on ne peut pas tuer « humainement », cela ne veut absolument rien dire, mais on peut tuer sans cruauté, sans douleur, sans agonie et ce devrait être la norme. Oui, on peut élever des animaux dans le respect de ceux-ci. Des solutions plus soutenables pour les écosystèmes sont possibles et doivent être encouragées (fermes familiales, agroforêts…) avant que l’élevage intensif, les monocultures céréalières aient définitivement transformé nos paysages en plaines désertiques et détruit la faune et la flore.

Accuser les omnivores d’être de gros égoïstes spécistes ne pensant qu’à leur plaisir gustatif est non seulement faux mais aussi complètement stérile et contre-productif. Les vegans souhaitent que les humains foutent la paix aux animaux. C’est très louable. C’est une belle pensée, bien que déconnectée de la notion d’interdépendance entre les êtres vivants. D’un point de vue pragmatique, que les vegans m’expliquent où ces animaux nouvellement émancipés pourront s’ébattre gaiement, sans prairie, ni zone forestière, celles-ci étant occupées par les cultures céréalières qui ne manqueraient pas de s’étendre si la population devenait majoritairement végétarienne/végétalienne. Parce qu’on ne peut pas transformer magiquement des sols et des prairies destinées au bétail ou à la production de certaines variétés céréalières à des terres cultivables pour l’alimentation humaine. Qu’on m’explique aussi comment s’en sortiront les personnes souffrant de diverses pathologies intestinales dans un monde où elles seraient contraintes de se nourrir essentiellement d’aliments que leur métabolisme n’assimile pas. Elles
meurent ou bien ? Un genre de sélection naturelle basée sur la faculté de l’organisme humain à résister à l’intoxication à l’acide phytique ?
Ne plus consommer de produits animaux ne fait pas automatiquement de soi une personne meilleure. Et consommer des produits animaux ne fait pas de soi une personne dépourvue d’empathie. Le plus important, je crois, est de travailler à devenir une personne plus consciente.
Répéter en boucle les arguments de L241 ou de 269 Life, ce n’est pas élargir sa compréhension ou son niveau de conscience, c’est réciter du par-cœur. La compréhension des enjeux environnementaux, des liens étroits qui nous unissent aux autres espèces (animales et végétales) est une démarche complexe qui passe nécessairement par l’expérimentation, les tâtonnements, les questionnements, les doutes, les recherches, les désillusions, le dialogue, le partage des connaissances et les remises en question. Il n’y a jamais un moment où l’on sait, où on peut avec certitude affirmer avoir compris, avoir trouvé les bonnes réponses, les bonnes solutions. Je ne
recherche pas particulièrement la compagnie de personnes se souciant peu de la condition animale mais je fuis comme la peste tous les pseudo-détenteurs de vérité, ceux qui se croient suffisamment éveillés pour distribuer des points de bonne ou de mauvaise conduite.

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Il y a quelque chose qui devrait à tous – vegans, végétariens, omnivores – nous redonner de l’espoir : la mobilisation actuelle en faveur de la cause animale est inédite. Nous sommes en immense majorité d’accord pour dénoncer et se lever contre les conditions de vie et d’abattage cruelles et inacceptables infligées à des êtres sensibles. C’est un point de convergence important.
Pour autant, ne nous laissons pas abuser par les opportunistes qui voient dans la mouvance vegan une manne financière bien alléchante. Les maltraitances infligées aux animaux d’élevage sont connues depuis quarante ans. Tout le monde s’en foutait. Il est assez interpellant que ce sujet ait fait si rapidement l’objet de tant d’attention médiatique alors que la viande de laboratoire sera bientôt une réalité. La promotion grandissante des simili carne, donc des produits hypertransformés et pas du tout, du tout écolo (auxquels beaucoup de vegans sont bizarrement favorables), devrait aussi nous interroger sur le futur de l’humanité.

Je n’ai aucune animosité envers les vegans, bien au contraire. Je suis ravie pour ceux auxquels ce mode de vie convient. J’éprouverai toujours un profond respect pour les personnes qui œuvrent en faveur de la cause animale, pour plus de justice, pour un monde sans cruauté.

Où en suis-je aujourd’hui ?
Je ne peux toujours pas courir mais la marche n’occasionne plus de douleurs.
Mon alimentation est majoritairement végétale. Je mange certains poissons, des œufs et du fromage de chèvre de temps en temps. J’ai appris à ne pas consommer davantage de produits animaux et végétaux qu’il ne m’est nécessaire. Je ne mange (quasiment) plus aucun produit industriel depuis 10 ans. Je mange toujours local et, de préférence bio quand mes moyens me le permettent. Je suis toujours farouchement opposée à l’élevage intensif, à la surpêche, aux tests sur les animaux et aux zoos. A défaut de changer le monde, j’ai appris à ouvrir mon regard sur celui-ci, à faire des choses de mes mains, à jardiner. J’en tire une profonde satisfaction. Je me suis rendue sur plusieurs exploitations agricoles, j’ai observé et échangé avec des éleveurs. Certaines choses étaient comme je me l’imaginais, d’autres pas du tout. Je m’amuse de ces nouveaux mots comme «flexitarien». Flexitarien, c’est seulement être omnivore. Omnivore, ce n’est pas un gros mot. C’est notre condition originelle en tant qu’animal humain. Cette condition n’implique en rien de maximiser notre consommation d’animaux, ni que nous devions les asservir comme c’est malheureusement le cas aujourd’hui. Il est urgent de repenser notre rapport au vivant. A tous les vivants.
Je ne crois pas avoir sauvé d’animaux de la mort en devenant végétarienne, puis vegan. Pas du tout. Les seuls animaux que j’ai jamais réussi à sauver concrètement furent les deux chats que j’ai recueillis, soignés et aimés, puis, au hasard de mes promenades, quelques scarabées remis sur leurs pattes quand ils se débattent sur le dos.

Voilà.
Je n’ai aucun conseil à donner. Ou si, un seul. Faire preuve de discernement, ne jamais cesser de s’interroger. Et faire de son mieux sur ce chemin qui est unique : le nôtre

 

 

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Les femmes omnivores mouillent plus que les vegan.

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Je sais qu’il est de bon ton de dire SEXE pour faire mine d’attirer l’auditoire et de s’excuser en ricanant d’avoir bien berné son monde et embrayer sur un sujet lié à une morale chiante et relou sur fond de culpabilisation bon marché. On a apercu ce procédé digne de la société du spectacle cette semaine encore lors d’une campagne antispéciste de placardage d’autocollant vegan, qui arboraient le mot SEXE en gras suivi d’un ironique « maintenant que nous avons votre attention gnégnégné, nous allons vous parler de choses importances, la cause animale gnagnagna. » Au passage, je relève que cette culpabilisation quant à l’attrait pour le sexe est caractéristique d’une façon d’envisager le monde. OUI le sexe c’est important OUI ça intéresse tout le monde par dessus tout, je ne vois pas où est le problème et pourquoi s’indigner de ça, et à titre personnel, j’ai le plus grand mépris pour les méthodes de manipulation (ici un beau pied dans la porte donc.)

Ce n’est donc, vous l’aurez compris, pas mon propos aujourd’hui de vous hameçonner lâchement avec du stupre et vous laisser le bec dans l’eau, puisque je souhaite VRAIMENT parler en long et en large de SEXE (au cas où votre attention serait retombée !). Plus particulièrement de mon hypothèse quand à l’impact de l’alimentation sur la lubrification génitale féminine, et summum du culot du toupet du putaclik, prendre mon histoire personnelle tout ce qu’il y a de plus anecdotique pour constituer une piste de réflexion. Je suppose que c’est souvent le cas en amont de toute démarche de curiosité, on s’attelle à un sujet qui nous concerne de près ou de loin.

Je m’apprête donc à chéri-piquer des éléments scientifiques en lien avec le sujet de la mouille. Je suis drôlement embêtée, parce que j’ignore jusqu’au terme scientique dédié en français, alors en anglais Pubmédien, je suis encore plus démunie. Pour tout vous dire, j’ignore même comment cette sécrétion est élaborée par l’organisme. Toutes les sécrétions du corps humains ont sûrement une recette, des glandes, une composition relativement stable selon les individus, mais avec potentiellement des variations plus où moins importantes selon les circonstances. J’apprends donc en direct comme vous que selon Wikipédia, l’alimentation aurait son rôle à jouer dans cette affaire (mais on en saura pas plus !)

Ce qui m’arrangerait bien, ce serait de trouver une étude, voire une méta-analyse qui établirait un magnifique lien de corrélation irréfutable entre les nutriments que l’on retrouve dans les produits animaux, et la quantité et qualité de mouille sécrétée. Mais je ne veux pas me faire de fausses joies ou de faux espoirs, avant même d’aller errer sur Pubmed ou Google Scholar je pars assez défaitiste dans l’ensemble, quand au succès de mon entreprise. Il faut dire que la Science, ce monolithe phallique et patriarcal s’en tamponne à coup sûr allègrement le coquillard qu’Alice ça glisse au pays des merveilles omnivores. Je ne parlerai pas de pénis omni nourri au grain et de performances autour du phallus dans ce méta-essai, le sujet ayant déjà copieusement été balayé par PETA. (avec des méthodes moins déontologiques que les miennes tout de même.)

Donc. Apellons un chat un chat. Il y a une période de la vie d’une femme qui porte le doux nom d' »aménorrhée lactationnelle », c’est le terme barbare pour désigner l’absence de menstrues pendant une certaine durée de l’allaitement. Si ce mode de nourrissage des bébés est la norme de l’espèce, elle ne représente pas la norme sociale, ce qui a comme conséquence que pas mal de femmes se retrouvent un peu démunie dès qu’elles outrepassent les habitudes sociétales en la matière.

Une des conséquences parfois inattendue d’un allaitement non raccourci : le retour de couches (des règles) est repoussé. Le mécanisme est bien huilé : en s’épargnant de saigner comme une cochonne qu’on égorge, la jeune mère économise son précieux sang et précieux fer. S’économisant des ovulations, elle se paye également le luxe d’espacer les naissances, ce qui permets à son organisme de se reposer et de se consacrer au bébé fraîchement né, ce qui pour une espèce dont le rejeton est particulièrement hétéronome à la naissance n’est pas du luxe ! Parfois cette phase « blanche » dure pendant 2 ans voir plus, selon les individus et la conduite de l’allaitement. Une des conséquences hormonale de cette aménorrhée est souvent une moindre lubrification vaginale. Beaucoup de jeunes mamans en souffrent d’ailleurs, imaginant qu’elles seraient « anormales ». Quand le sujet est abordé (rarement) sur les groupes FB de discussions autour de la féminité, on constate généralement un ravissement et un soulagement généralisé que le sujet soit discuté. Un des conseils donné dans ce cas qui m’a toujours paru le plus pertinent était de se procurer une crême hormonale contenant de la vitamine E. (vitamine liposoluble, comme les vitamines A et K2, vous le sentez mon gros chéri piqué ? Et bien il semblerait bien que cette vitamine participe bien de la santé du vagin, et toc.)

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Poursuivant mes recherches sur le sujet, je suis heureuse de vous partager ma découverte de la famille protéique dites des Lipocalines, (particulièrement l’aphrodisine) protéines qui véhiculent des éléments aquaphobes impliqué dans les sécrétions de rongueurs de laboratoire, dont le nom à lui seul semble étayer ma théorie.

Pour le dire très cruement et sans détour, j’ai moi même expérimenté ces périodes de relatives sécheresses lors de mes deux premiers allaitements, où j’étais je le rapelle une super maman végétarienne-vegan, qui faisait tout bien komilfo, celà va sans dire. Au premier allaitement, jeune maman, j’étais très affectée de cette traversée du désert sans gourde, le deuxième m’a vue dans une forme de résignation/ acceptation joyeuse d’un état que je percevais comme « naturel ».

Sauf que sauf que. J’ai rompu mon voeux de végétarisme un mois avant de démarrer ma 3ème grossesse durant laquelle j’ai réintroduis le poisson 😀 (ark, dis comme ça ! ). Et vous vous doutez de la chute de l’histoire:  je n’ai pas vécu cette phase de sécheresse port partum lactationnel. La seule variable qui avait été modifiée par rapport à mes allaitements précédents, c’était ma consommation accrue d’oeufs,  de poisson et d’huile de foie de morue notamment. J’établi sûrement un lien de causalité abusif, trop simpliste voir graveleux entre cette supplémentation poissonneuse et mes sécrétions, mais c’est mon interprêtation perso de ce que j’ai observé, et au pire celà aura servi à faire rigoler les plus égrillards d’entre nous et permettra de questionner l’usage populaire de nom de mollusque pour désigner le sexe féminin.

Une amie doula ex végan elle aussi m’a confié avoir eu les mêmes observations que les miennes à ce sujet. (ce qui revient à doubler le niveau de preuve de ce que j’avance donc, vous en conviendrez.) Je nous propose de guetter si ce champ de la connaissance sera ou pas davantage irrigué et émaillé d’études (et je n’ose imaginer les dispositifs et appareils usités pour prendre des mesures, des mouillomètres ?)

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Toute cette réflexion impudique et pseudo scientifique se percoit comme une esquisse récréative, comme une piste de questionnement, comme une anecdote, comme une farce gauloise aussi, mais également comme une amorce de réflexion sur ce qui constitue la façon dont les personnes disposant de peu de culture scientifique (comme moi !) entendent grimer la démarche scientifique.

Et une dose de curiosité quand même, il faut bien dire.

 

Mais qui donc mange de l’okara ?

Je me permets de formuler une petite réflexion à propos de la lecture de cet article qui relate un tel engouement pour les régimes végé* que celà génère des pénuries de tofu au Québec.
Je trouve que celà devient de plus en plus dur de continuer d’affirmer que « le soja cé pour lé zanimos » comme je peux le lire de partout sur les réseaux sociaux.
Tous ceux d’entre nous qui ont un jour fait du tofu maison savent bien la quantité assez monstrueuse de résidus de graine qui résulte du processus.
J’ai animé des ateliers de fabrication de tofu dans mon ancienne vie, et je peux attester que l’élaboration du tofu génère un sacré volume de reste : l’okara.
okara
(miam miam)
Pour ceux qui n’ont jamais fait de tofu eux même, ce dernier est l’eau de cuisson blanche du soja jaune cuit et coagulé à l’aide de Nigari.  L’okara c’est la pulpe de graine de soja pulvérisée qui reste une fois la tambouille filtrée.
L’okara est parfois agrémenté, (j’ai d’ailleurs une recette qui déchire sa maman ours pour paraphraser un ami) mais déjà je doute que le commun des végan ne fassent eux même leur tofu : c’est long et compliqué à faire et ensuite je doute que cet éventuel okara soit consommé sur une base régulière : la quantité générée est vraiment rédhibitoire à écouler ! Je ne lis jamais sur les groupes FB que je lis que cela soit une préoccupation pour le commun des vegan, comment utiliser ce reste.
Selon Wikipédia, l’okara est traditionnellement utilisée de façon anecdotique dans l’alimentation humaine et est utilisée majoritairement….. tadaaaam : pour nourrir le bétail ou les poissons d’aquaculture !
Pour rappel : notre consommation intensive de tofu, lait de soja (tonyu), yaourt de soja est une nouveauté dans l’histoire humaine. Aucune des cultures asiatiques traditionnelles souvent invoquées en exemple n’a jamais consommé autant de soja que l’occidentalus flexitarius ne voudrait se l’imaginer. La filière tourteau d’okara est une invention collatérale du succès des régimes végétariens.
Plus de tofu = plus d’okara = plus de tourteau !
➡️ L’okara ?
Que va t’on faire de tout ce bel okara alors ?
Ce serait vraiment dommage de mépriser une ressource qui pourrait nourrir un humain ou un animal, non ?
S’en servir comme paillis ? Comme compost ? Je n’ai jamais vraiment lu de témoignages végan allant en ce sens pour ma part. (Et au passage j’en profite pour rapeller que je cherche toujours les fermes vegan pilotes en France… Mais ne changeons pas de sujet 😀 )
L’immense majorité des végéflexivegan achète son tofu tout prêt sans se préoccuper d’avantage du processus industriel et de ses débouchés, en un mot des externalités liées à leurs choix alimentaires.
Du… TOURTEAU pour le bétail ou pour les cochons ????
Il va donc falloir en toute logique augmenter le nombre de tête de bétail pour manger tous ces détritus végan, pour ne pas gâcher et valoriser quelque chose de comestible que les gens ne veulent pas manger, pas même les vegan !!! 😱
Sinon ce serait de l’éthique en toc.
La sagesse populaire savait empiriquement valoriser chaque sous produit d’une production, exemple du petit lait donné au cochon. De tels repères n’existent plus à l’échelle d’une production industrielle éloignée des regards. Les repères sont floutés puisque les processus nous échappent. Je ne suis pas loin d’affirmer que d’être conscient et maître de chacun des aspects de ce qui est impliqué par notre alimentation est une condition sine qua non de notre engagement écologique.
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Commission EAT LANCET : Devenir flexitarien ne sauvera pas la planète (et vous esquintera peut être la santé au passage)

Ce billet est une traduction rapide et passionnée d’un article de chez Sustainable Dish qui écrit toujours de chouettes articles 🙂

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La commission EAT Lancet vient de publier une nouvelle recommandation somme toute drastique préconisant un changement alimentaire mondial. Leur régime « flexitarien » recommande de consommer moins de 14 grammes de viande rouge par jour, moins de 28 grammes de viande blanche par jour, moins de 28 grammes de poisson par jour, 1/4 d’œuf et 250 ml de lait (ou un « équivalent laitier », soit environ 57 grammes de fromage, attendez , vous ne pouvez manger de gras laitier du tout donc pas de fromage en fait) par jour.

Pour vous donner une idée de ce que représentent les 14 grammes de viande rouge quotidiens recommandés par EAT, imaginez un steak standard de 120 grammes… Coupez ce steak en 8 morceaux. Vous pouvez manger moins d’un huitième de ce steak. Une petite bouchée, c’est tout. Pour lire un résumé en français, c’est ici.

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Ce régime EAT « idéal » impliquerait que la personne lambda triple sa consommation de haricots et de légumineuses et quadruple sa consommation de noix et de graines. Voici la teneur des recommandations alimentaires quotidiennes préconisées dans le rapport EAT Lancet.

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Il y a des choses qui me dérangent dans ces recommandations, comme le fait que l’on nous « permette » de manger davantage de calories provenant du sucre que de calories provenant de la viande ou de l’œuf.

Selon EAT Lancet, vous pouvez manger 8 cuillères café de sucre quotidiennes, mais seulement 1/4 d’œuf par jour.

L’huile de palme a sa propre catégorie dans ces recommandations, même si la plupart des pays ne peuvent pas cultiver ce palmier. Cette huile doit donc être transportée, sans compter que les méthodes de cette culture ne sont pas durables.. nous ne devrions manger ni beurre ni fromage, pas de graisse laitière du tout toujours selon EAT. Que sommes-nous censés faire avec tous ces restes de graisses laitières des 250 ml de ce lait écrémé que les gens sont censés boire quotidiennement ? Le rapport recommande de réduire les aliments transformés, mais les graisses recommandées sont des huiles de graines ultra-traitées et inflammatoires.

On nous dit aussi de manger plus de calories provenant des fruits que des légumes (les fruits ne sont pas aussi nutritifs que les légumes et pour ceux qui cherchent à améliorer leur santé métabolique, les fruits n’aideront pas). Et à plus de 800 calories par jour, qui va vraiment manger des céréales « complètes » non transformés ? Grâce à l’American Heart Association, la plupart des gens pensent que les céréales sucrées pour petit-déjeuner sont « des céréales complètes ».

Comment les gens vont-ils interpréter ces recommandations ? En tant que diététicienne, je considère les barres Chocapic davantage comme des biscuits que comme un petit déjeuner, mais je crois que les gens vont interpréter que ces barres de céréales, en raison de leurs allégations santé « céréales complètes », sont un « aliment approprié pour le petit déjeuner ».

chocapic

Le consommateur moyen ne mange pas de riz brun et de germe de blé, et vilipender les œufs et la viande fera plus de mal que de bien. Lorsqu’on observe des pics de glycémie chez des personnes en bonne santé (qui sont maintenant en minorité) après qu’elles aient mangé un bol de flocons de maïs et de lait, il est évident que la recommandation de consommer 60 % de ses calories provenant des céréales n’est pas une bonne idée.

Je suis sûr que beaucoup d’autres membres du monde de la diététique auront bien encore d’autres choses à dire au sujet de cette grande quantité de céréales et d’huile que le « régime idéal » recommande, qui m’apparait réellement problématique. Il y a tellement de choses sur lesquelles revenir dans ce rapport, et comme par un heureux hasard, il se trouve que je suis en train de faire un film sur les bénéfices nutritionnels et environnementaux d’une « meilleure viande« , je vais donc me plonger dans les allégations anti-viande de cet article.

D’autres membres de la communauté de la « real food » (ndlt: mouvement de retour à une alimentation locale et traditionnelle) ont déjà écrit sur les biais et les potentiels conflits d’intérêts qui se cachent derrière les auteurs du rapport de EAT Lancet. Ces « chercheurs » qui pensent que les mangeurs de viande sont aussi nocifs que des fumeurs et qu’ils devraient manger leurs repas à l’extérieur du restaurant ne raisonnent évidemment pas sur une base scientifique et devraient être exclus des décisions concernant les politiques alimentaires. Et bien que l’article EAT Lancet admette que « la production animale peut également être essentielle pour soutenir les moyens de subsistance, les services écosystémiques des prairies, la réduction de la pauvreté et les avantages de l’état nutritionnel », leur crédo c’est « la viande est mauvaise pour votre santé et l’environnement ».

Les conséquences d’une réduction de la consommation de viande pourraient être dévastatrices pour les gens et la planète.

1. Il n’y a aucune preuve que la viande vous tuera.

Le rapport EAT Lancet exagère considérablement les études liant la consommation de viande à une mauvaise santé. Les études vilipendant les effets de la viande sur la santé sont basées sur l’épidémiologie, qui ne peut pas montrer la cause réelle des évênements observés, seulement des associations. Beaucoup de choses sont associées à beaucoup d’autres choses, comme le montre cet exemple :

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Les végétariens ont tendance à s’approvisionner dans les magasins d’alimentation naturelle, à faire du yoga, à ne pas boire autant que les consommateurs de viande et, en général, à avoir un mode de vie plus sain que les gens qui suivent un régime occidental typique. Lorsque tous ces facteurs liés au mode de vie sont pris en compte, une étude récente de très grande envergure n’a révélé « aucune différence significative dans la mortalité toutes causes confondues chez les végétariens et les non-végétariens ». En fait, cette étude a conclu qu’un régime végétarien est associé à une moins bonne santé (incidence plus élevée de cancer, d’allergies et de troubles de santé mentale), à un plus grand besoin de soins de santé et à une moins bonne qualité de vie.

Le lien entre le bacon, les viandes transformées et le cancer du côlon est également honteusement exagéré. La probabilité de développer un cancer du côlon en mangeant de la viande transformée est statistiquement insignifiante. Le risque de développer un cancer en mangeant environ deux morceaux de bacon par jour est de 18 %, ce qui semble élevé, mais si l’on considère que le risque moyen de développer un cancer du côlon est de 5 %, manger du bacon ne ferait qu’augmenter votre risque à 6 %. C’est très différent de la tabagie qui augmente votre risque de cancer de 2360%.

2. Nous avons besoin de PLUS de protéines

Le rapport EAT Lancet indique que 0,8 grammes par kilos de poids corporel, soit environ 10 % de l’apport calorique total, est « adéquat » pour l’apport en protéines, mais que les enfants et les personnes âgées peuvent en avoir davantage besoin et reconnaît également que les sources animales constituent la meilleure source de protéines.

En vérité, 0,8 grammes par kilos est le minimum, et non la quantité optimale pour la plupart des gens. En tant que macronutriment le plus rassasiant, les protéines animales sont le moyen le moins calorique d’atteindre la satiété et d’obtenir la majorité de vos micronutriments. De nombreuses études ont démontré qu’une personne qui grandit, dont le métabolisme est abimé (c’est-à-dire la moitié des Américains), qui est très stressée, qui veut perdre du poids, qui veut gagner du muscle, qui veut récupérer d’une maladie ou qui est âgée de plus de 40 ans, bénéficerait probablement davantage du double des ANR en protéines, environ 20% des calories totales ou 1,6g/kg. J’ai écrit un long article sur les besoins en protéines ici et le New York Times a également publié un article disant que toute personne de plus de 40 ans devrait consommer le double de l’ANR en protéines.

Étant donné que la majeure partie de la population souffre d’un métabolisme abimé et que les chercheurs reconnaissent que l’augmentation de l’apport en protéines comporte des avantages métaboliques, mais que nous essayons aussi de réduire l’apport calorique global, il serait très logique de recommander plus de protéines animales plutôt que de davantage de légumineuses et de noix. Essayer d’obtenir vos protéines des haricots et des noix signifie que vous devriez manger une tonne de calories et d’hydrates de carbone supplémentaires pour y parvenir.

3. Les protéines animales sont supérieures aux légumineuses et aux noix

En tant qu’omnivores, nos organismes sont performants à digérer les graisses et protéines animales, et nous produisons naturellement des acides et de la bile pour décomposer les protéines assez facilement. Les protéines sont les éléments constitutifs de notre corps, et les sources animales sont les sources de protéines les plus complètes parce qu’elles contiennent tous les acides aminés dont nous avons besoin pour une santé optimale. Le fer héminique du steak est la meilleure source de fer, la plus biodisponible, et une petite portion de 113 grammes de boeuf contient 95 % de l’ANREF de B12, ce que les plantes ne peuvent pas vous offrir.

Le fer et la B12 sont deux des carences en nutriments les plus courantes dans le monde selon le CDC. La carence en B12, en particulier, peut causer des lésions cérébrales permanentes chez les nourrissons en développement et est plus fréquente chez les végétariens et les végétaliens. Le régime alimentaire recommandé par EAT Lancet ne fournit pas assez de B12 et nécessite une supplémentation. En fait, la plupart des vitamines et des minéraux dont nous avons besoin sont plus disponibles et mieux absorbées quand ils proviennent de sources animales. Dans quelle mesure est-il judicieux sur le plan nutritionnel, respectueux de l’environnement ou éthique de conseiller un régime alimentaire déficient en nutriments à la population mondiale ?

Pour obtenir la même quantité de protéines dans un steak de 113 grammes (181 calories), il faudrait manger 340 grammes de haricots rouges (presque 500 grammes !) plus une tasse de riz, soit 638 calories, et 122 g de glucides. Essayez de vous représenter combien c’est délicat d’obtenir 100 g de protéines avec ce type de régime !

Puisque la plupart d’entre nous ne cherchent pas à manger PLUS de calories ou d’hydrates de carbone en excès, le boeuf est clairement le meilleur choix. Le poisson, les mollusques et crustacés et autres protéines animales sont également supérieurs aux haricots en termes de calories, de vitamines et de minéraux. Et en parlant d’émissions de méthane, les haricots n’ont pas forcément la réputation d’être l’aliment le plus digeste. Les flatulences excessives ne sont pas seulement inconfortables, c’est réellement gênant !

Et les noix ? Pour obtenir les 30 g de protéines d’amandes, il faudrait consommer un peu plus de 1 tasse d’amandes hachées, soit plus de 850 calories et 75 g de gras. Bigre !

4. Le lait peut être un problème pour plus de la moitié de la population mondiale

La recommandation EAT Lancet de consommer 250 ml de lait (ou « équivalents laitiers », ce qui signifie environ 57 grammes de fromage) par jour est inappropriée pour une recommandation diététique globale. Les produits laitiers sont problématiques pour la plupart des humains, environ 65 % de la population souffrant d’une certaine forme d’intolérance au lactose. Dans certaines ethnies, jusqu’à 90 % des adultes ont des problèmes avec le lait. Elle peut causer des troubles hormonaux et digestifs, de l’acné et une prise de poids.

5. Réduire la consommation animale augmentera les carences en nutriments des populations
La viande rouge est importante pour l’alimentation humaine dans sa globalité et « son apport en protéines et en micronutriments essentiels est sous-estimé« . Une étude récente s’est penchée sur ce qui pourrait se produire si les États-Unis éliminaient les produits d’origine animale de leur régime alimentaire. Le nombre total de calories augmenterait (nous avons déjà un problème de surconsommation de calories) et les carences en nutriments augmenteraient également. Et qu’en est-il de toutes nos émissions de gaz à effet de serre (GES) ? Les émissions globales ne seraient réduites que de 2,6 %. Il s’avère que l’élimination des animaux « créerait un approvisionnement alimentaire incapable de subvenir aux besoins nutritionnels de la population américaine« .

La carence en fer est la carence en éléments nutritifs la plus courante et la plus répandue chez les femmes en âge de procréer et les enfants. Chez les enfants, elle peut causer des retards de développement et des problèmes de comportement. Les végétariens souffrent généralement d’ne carence en fer qui est un facteur de risque du diabète de type 2. Le fer héminique, que l’on trouve dans la viande rouge, est le fer le plus absorbable, de l’ordre d’une absorption deux à trois fois meilleure que le fer d’origine végétale, et son absorption dépend également des réserves actuelles de fer. En Nouvelle-Zélande, les hospitalisations pour carence en fer ont doublé au cours des dix dernières années, la consommation de viande rouge ayant diminué. Le végétarisme en Nouvelle-Zélande est en hausse de près de 30 %, et parmi les personnes qui mangent de la viande, c’est une consommation qui se caractérise par plus de deux fois plus de poulet et de porc, tandis que la consommation de bœuf et d’agneau est en baisse spectaculaire.

Les signes précoces d’une carence en fer comprennent la fatigue, les étourdissements et l’essoufflement. Chez les enfants, la carence en fer est très grave et peut entraîner un retard de croissance. Après avoir passé en revue les divers aliments recommandés dans le régime alimentaire EAT Lancet, je n’arrive pas à comprendre comment quelqu’un peut obtenir suffisamment de fer sans fortification ou suppléments, d’autant plus que le soja et les composants des haricots, comme l’acide phytique, peuvent empêcher l’absorption du fer.

Obtenir une quantité adéquate de vitamine A est un autre problème avec le régime alimentaire prescrit par EAT Lancet. Les aliments végétaux contiennent une forme inactive de vitamine A appelée bêta-carotène. La conversion en vitamine A active est assez inefficace pour près de la moitié de la population qui possède un gène qui réduit la conversion du bêta-carotène en vitamine A d’environ 70 %.

Je ne vois pas non plus comment ce régime répondrait aux besoins en calcium de la population. Le calcium présent dans les aliments d’origine végétale n’est pas aussi biodisponible que le calcium provenant d’aliments comme les produits laitiers et les sardines. Une faible teneur en calcium et en vitamine D (un autre nutriment problématique dans les régimes végétaliens) est une très grande préoccupation pour la santé des os. Les taux de fracture sont 30% plus élevés chez les végétaliens que chez ceux qui consomment des produits animaux.

La recherche montre que les femmes enceintes qui ne mangent pas de viande sont plus susceptibles d’accoucher prématurément et de donner naissance à des nouveau-nés de faible poids. D’autres nutriments préoccupants pour ceux qui suivent un régime sans viande sont la glycine, le sélénium, la méthionine, la taurine, la créatine, la choline et l’iode. La carence en iode peut entraîner des lésions cérébrales et un retard mental irréversible. Parmi les carences nutritionnelles les plus préoccupantes de la population végétarienne et végétalienne figure la vitamine B12. Une carence en B12 peut causer la dépression, la psychose et des troubles cognitifs. Les aliments végétaux comme les algues marines, la levure de bière et le soja fermenté contiennent des analogues de la B12 et non la forme véritable de la B12. Ces analogues augmentent en fait votre besoin de la vraie forme de B12.

Dans les pays en voie développement où la malnutrition reste un problème bien réel, la réduction de la viande à ces niveaux infimes suggérés par EAT LANCET aura de graves conséquences. Lorsque les gens n’ont pas accès à des suppléments ou à des hamburgers végétariens hautement transformés et coûteux, et que leurs terres ne conviennent qu’au pâturage des animaux, l’élimination de la majorité de leurs aliments nutritifs denses pour les remplacer par des céréales et des noix provenant de loin n’est pas une solution durable, saine ou éthique.

6. Notre système alimentaire ne produit pas suffisamment de fruits et légumes
Une étude récente a révélé que si le monde entier mangeait selon les recommandations de Harvard pour les fruits, légumes et protéines recommandés, la production mondiale ne suivrait pas.

« Les résultats montrent que le système mondial produit actuellement trop de céréales, de graisses et de sucres, alors que la production de fruits et légumes et, dans une moindre mesure, de protéines ne suffit pas à satisfaire les besoins nutritionnels de la population actuelle. »  :

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Nous aurions également davantage de déchets alimentaires dans ce nouveau scénario alimentaire, pas moins. Les céréales, les fruits et les légumes constituent actuellement la plus grande partie des déchets alimentaires, pas la viande. Soyons réalistes, nous sommes vraiment très doués pour produire de la « nourriture » destinée aux humains – du sucre, des céréales et des huiles de graines industrielles pauvres en nutriments et stables à l’entreposage qui causent le diabète et l’inflammation.

7. Le boeuf est un contributeur de protéines majeur du système alimentaire

Parce que 90 % de ce que le bétail consomme n’est pas comestible par les humains et parce qu’il paît sur des terres qui ne peuvent être cultivées, le bétail produit en fait plus de protéines pour l’approvisionnement alimentaire que ce qu’on aurait pu produire sans lui. J’en parle davantage dans les sections sur l’environnement ci-dessous, mais les ruminants qui constituent ce qu’on nomme le bétail, augmentent en fait les capacités de nos terres utilisables en convertissant des aliments que nous ne pouvons pas manger sur des terres que nous ne pouvons pas cultiver, en protéines de qualité. En fait, ils « recyclent » les aliments pauvres en nutriments en aliments denses en nutriments. Si nous devons nourrir une population croissante, nous devons utiliser des zones fragiles, rocheuses et escarpées qui ne peuvent pas supporter des cultures comme le maïs. Si nous ne faisons pas paître ces zones délicates avec des animaux comestibles, nous perdons la capacité d’utiliser ces terres pour la nourriture, et la terre en souffre aussi ! Contrairement au discours dominant, l’élimination de la viande bovine ne « libérera » pas des tonnes de nourriture supplémentaire pour lutter contre la faim.

90% de ce que le bétail consomme n’est pas comestible pour les humains.

8. Les aliments ultra-transformés, voilà le problème !
Si nous devions blâmer une catégorie d’aliments, ce ne devrait certainement pas être la viande rouge, car notre consommation (moins de 60 grammes par personne par jour aux États-Unis) est inférieure à ce qu’elle était en 1970. Ce que nous consommons davantage, ce sont les huiles raffinées et les produits céréaliers hautement transformés. C’est peut-être sur cela que nous devrions nous concentrer ?

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Ce dont les gens ont besoin, en particulier ceux qui sont en surpoids ou qui souffrent du syndrome métabolique ou du diabète de type 2, c’est de protéines qui contiennent moins de calories et de glucides, exactement le contraire du blé, du maïs, des haricots et du riz. Les meilleures sources de protéines sont d’origine animale. La chair animale renferme une protéine complète plus dense en nutriments, biodisponible et contient moins de calories par gramme que celles contenues dans les plantes. Pour en savoir plus à ce sujet, vous pouvez lire ceci.

9. Toutes les terres agricoles ne peuvent pas être cultivées

EAT Lancet semble ignorer le fait que toutes les terres ne peuvent être employée pour les cultures. Ce n’est pas parce que vous supprimez les animaux du paysage que vous pouvez automatiquement y faire pousser des lentilles ou du chou frisé. Plus de 40% des terres des États-Unis sont des pâturages et des terres qui sont trop rocailleux, abrupts et/ou arides pour soutenir l’agriculture cultivée – pourtant, ces terres peuvent accueillir du bétail et ainsi permettre le recyclage de protéines. 90% de ce que mangent les bovins sont des restes de fourrage et de plantes impropres à la consommation humaine. Bien que le poulet d’élevage industriel consomme principalement des céréales poussées sur des terres cultivées, 85 % des bovins élevés pour leur viande paissent sur des pâturages qui ne peuvent être utilisés pour la production de cultures.

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10. Les bovins recyclent les résidus de culture

Quel autre aliment miracle peut se targuer de contribuer à diminuer le « gaspillage de nourriture » en protéines tout en aportant un engrais de haute qualité aux sols ? Si ce champ n’était pas pâturé, les tiges de maïs émettraient du méthane en se décomposant. Les éleveurs de bétail font aussi paître les champs de blé récoltés et d’autres cultures. Les éleveurs utilisent également une autre technique pour faire paître le bétail et les chèvres parmi les arbres fruitiers et les arbres à noix comestibles, appelée agrosylvopastoralisme. Les porcs sont magiques dans les vergers de pommiers, ils convertissent en lard les pommes tombées qui seraient normalement considérées comme des déchets. Les animaux peuvent maintenir les adventices sous contrôle, entretenir les terrains, améliorer la fertilité et la capacité de rétention d’eau du sol, ET produire de la viande sans prendre de « l’espace supplémentaire« .

11. Les allégations concernant le méthane contre le bétail sont exagérées

Les arguments concernant les émissions de méthane couramment invoqués à l’encontre de la viande bovine sont également exagérés. Selon l’Environmental Protection Agency, les gaz à effet de serre provenant des bovins de boucherie ne représentent que 2 % des émissions aux États-Unis. Par contre, le transport représente 27 % des émissions aux États-Unis, ce qui représente un problème plus préoccupant et nécessite de s’intéresser à la problématique globale des transports afin de réduire les émissions de gaz à effet de serre. Je viens de publier un podcast avec Frank Mitloehner, expert en émissions de gaz à effet de serre dans l’agriculture animale, qui explique quel est le réel problème en termes d’émissions de gaz à effet de serre, et pourquoi les émissions de méthane du bétail sont exagérées. De plus, il mets l’emphase sur la façon dont les ruminants sont un acteur essentiel du recyclage des nutriments.

12. Le bétail bien géré a la capacité de permettre de stocker du carbone dans le sol.

Le bétail, lorsqu’il est bien géré, peut en fait faire partie de la SOLUTION climatique. Une nouvelle étude vient d’être publiée par l’État du Michigan. Les chercheurs ont observé le phénomène de la séquestration du carbone pendant quatre ans. Et bien que le système des parcs d’engraissement ait produit moins d’émissions (en termes de flatulences de vache) lorsqu’on examine l’ensemble du système du cycle de vie, les bovins bien gérés dans les pâturages (fréquemment déplacés vers de nouveaux pâturages) ont produit un PUIT DE CARBONE TRES NET. Les émissions ont été entièrement compensées par la quantité de carbone séquestrée dans le sol. Et il n’est pas ici question d’une petite quantité de carbone, mais d’une quantité très significative.

13. Les ruminants au pâturage améliorent la biodiversité et d’autres marqueurs écologiques
Le bétail qui paît sur des terres que nous ne pouvons pas cultiver, et qui produit des protéines et des micronutriments de haute qualité à partir d’aliments que nous ne pouvons pas manger me semble être un système gagnant-gagnant. De plus, un bétail bien géré peut améliorer la capacité de rétention d’eau de la terre, ce qui rend les précipitations plus efficaces et augmente la biodiversité. Pourquoi est-ce important ? Parce que plus un écosystème est diversifié, plus il est résilient. Nous avons besoin de plus de variété, pas de moins. Si nous labourons chaque centimètre d’espace possible pour planter de vastes champs d’une seule culture en utilisant des produits chimiques pour annihiler tous les insectes et les mauvaises herbes, nous détériorerons davantage la santé de notre sol. Un système alimentaire sans animaux est tout simplement malsain et insoutenable et va à l’encontre de la direction que nous devrions prendre. Nous avons besoin de plus d’agriculture régénératrice, et cela inclut les animaux de pâturage.

14. Pourquoi instaurer une taxe sur la viande est une mauvaise idée

De plus, une taxe sur la viande, comme les experts le savent, j’en suis sûr, n’est qu’une taxe sur les pauvres. Le week-end dernier, j’ai du faire une course à la supérette, j’en ai profité pour prendre une petite photo des articles sur le tapis roulant qu’achetait le client qui me précédait. Cette personne achetait des boissons gazeuses, des biscuits, des petits gâteaux, des beignets, de la charcuterie et du bacon. En tant que diététiecienne, je considère que les articles les PLUS sains de son chariot sont de loin le bacon et la charcuterie. Soyons réalistes sur les causes de notre épidémie d’obésité et de diabète.

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Pensez-vous que cette personne va bientôt passer à un régime à base d’aliments bruts, de céréales non transformées et de tofu plus huile de palme ? Sait-elle même cuisiner ou a t’elle accès à une cuisine ? Sait elle ce que cette nourriture lui fait ? La longévité figure-t-elle en tête de sa liste de priorités, ou peut-être pensez-vous qu’elle pourrait avoir d’autres problèmes qui l’empêchent d’avoir une meilleure santé ?

La plupart des gens achètent de la viande transformée parce qu’elle est moins chère et plus facile à préparer que la viande fraîche. Pour ceux qui ont un revenu limité et qui sont en situation d’insécurité alimentaire, une taxe sur les viandes transformées ne signifiera pas qu’ils dépenseront plus pour de la viande fraîche, mais plutôt que leur budget d’épicerie sera simplement dépensé pour des aliments encore plus transformés. La nourriture bon marché et pauvre en nutriments a vraiment bon goût. C’est une dépendance qui coûte peu sur le plan du budget. Lorsque des gens très intelligents qui travaillent dans les laboratoires pour s’assurer que « vous ne pouvez pas en manger qu’un seul », il peut être très difficile de changer des habitudes alimentaires, surtout quand une meilleure santé n’est pas en tête de liste des priorités.

Au lieu de pénaliser ceux qui font de mauvais choix alimentaires, pourquoi ne pas commencer à la source ? Que diriez-vous d’éliminer les subventions qui encouragent la production d’aliments bon marché et pauvres en nutriments à la place ?

15. Beaucoup de gens dépendent de l’élevage

Dans son livre « Defending Beef« , Nicolette Hahn Niman souligne également le concept très important selon lequel les animaux domestiques ont une grande importance nutritionnelle et alimentaire dans les pays en développement. De nombreuses personnes pauvres dépendent du bétail, et l’élimination des animaux du système alimentaire accroîtrait en fait la faim et la pauvreté, ce qui amènerait davantage de personnes à compter sur le gouvernement pour obtenir une aide alimentaire. Nicolette écrit : « Contrairement à l’agriculture, qui produit des produits sporadiques, saisonniers et périssables, le bétail est un bien qui peut être entretenu pendant de courtes ou de longues périodes, puis rapidement converti en nourriture ou en argent au besoin.« 

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Dans la mesure où les cultures exigent un bon sol avec peu de roches, l’accès à des pluies régulières ou l’irrigation, et ne peuvent être récoltées qu’à un moment précis, c’est une source de nourriture beaucoup moins sûre. Contrairement aux cultures, les animaux peuvent être déplacés, pensez à l’importance que cela revêt pour quelqu’un qui n’a pas les moyens de posséder une terre. Ils nécessitent également moins d’attention et de ressources que les cultures et peuvent se multiplier par eux-mêmes (pas besoin d’acheter des semences à Monsanto !).

L’élevage est une sécurité alimentaire pour beaucoup de personnes dans les pays en développement.

16. Nous n’avons pas le droit de forcer les gens à manger « à notre façon »

Quelle que soit votre philosophie alimentaire individuelle, vous ne pouvez pas légiférer pour que les gens mangent d’une certaine façon. Tout d’abord, ça ne marchera pas. Les gens vont manger ce qu’ils veulent. Les aliments transformés ont bon goût et beaucoup de gens n’y renonceront pas.

Je pense également qu’il est contraire à l’éthique de forcer les gens à manger des aliments qui ne proviennent pas de leur région et qui ne sont pas culturellement appropriés. L’idée qu’un groupe de personnes privilégiées, riches, blanches et maigres puisse trouver une solution diététique globale est insensée. Voici un exemple parfait de la façon dont nous avons tout faux :

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Devrions-nous dire au Nunavik, une population qui vit traditionnellement de la viande sauvage (et non de la banane) que ses aliments traditionnels sont dans la catégorie « rouge » et qu’ils risquent des maladies cardiaques parce qu’ils mangent trop riche en graisses saturées ? Au lieu de cela, les aliments encouragés sont les bananes, le jus d’orange, la pastèque et 6 à 8 portions de céréales comme le pain, le riz et les céréales transformées. En quoi ce serait bon pour eux ?

J’ai récemment échangé avec une végan sur mon compte Instagram. Elle insistait sur le fait que le projet de loi obligeant les restaurants de Los Angeles à servir des plats végétaliens était une bonne idée. Cette personne pense en fait qu’elle a le droit d’exiger, en vertu de la loi, que les entreprises privées répondent à ses préférences alimentaires. Elle faisait valoir qu’être végétalienne était une chose plus sérieuse qu’une allergie anaphylactique aux noix, et qu’une loi est le seul moyen de s’assurer qu’elle puisse trouver des aliments sans animaux lorsqu’elle mange au restaurant. En quoi ce niveau d’égocentrisme est-il acceptable ? Personnellement, je suis atteint de la maladie coeliaque et je ne m’attends pas à ce que les restaurants me servent – s’ils le font, très bien, mais je ne crois pas qu’il soit éthique de les forcer par la loi à respecter mes restrictions. Il y a des gens qui meurent lorsqu’ils sont exposés à certains aliments, mais il n’y a aucune loi qui oblige les restaurants à servir des aliments sans noix, sans gluten, ou tout autre régime alimentaire spécial. Pourquoi les personnes suivant un régime végétalien devraient-elles obtenir une loi spéciale ? Je suis tout à fait d’accord si quelqu’un choisit personnellement de manger d’une certaine façon, mais d’exiger des autres qu’ils s’adaptent à la loi n’est certainement pas acceptable.

Les recommandations diététiques EAT Lancet soutiennent effectivement une idéologie diététique phobique de la viande sur toute la planète, et tentent de rendre ces idées (basées sur une science très bancale) applicables par les politiques gouvernementales

17. Tout le monde n’a pas accès aux produits frais locaux, dont les émissions carbones sont souvent plus élevées que celles de la viande.
Les produits frais ne sont pas cultivés toute l’année, ne sont pas disponibles pour tout le monde, et par calorie, poids et micronutriments, plus chers que les légumes. Oh, et la laitue émet trois fois plus de GES que le bacon et les fruits ont la plus grande empreinte énergétique et hydrique par calorie. Je n’ai nul vu part cela mentionné dans le rapport de l’EAT Lancet…

18. Il existe d’autres façons d’améliorer votre alimentation

La vérité est que nous ne savons pas grand-chose sur la nutrition et que nous ne devrions certainement jamais établir une politique alimentaire mondiale basée sur l’épidémiologie (les études qui ne peuvent que montrer les associations et ne pas prouver la cause). Pourquoi ne pas tenir compte des traditions alimentaires sur lesquelles les communautés ont prospéré pendant des siècles, de la capacité d’une région à produire et à stocker ces aliments en fonction du climat ?

Étant donné le peu de connaissances que nous possédons sur la nutrition humaine et le fait que les aliments transformés sont généralement pauvres en nutriments et non ce grâce à quoi les humains ont mangé lors de leur évolution, pourquoi ne pas commencer par là, en encourageant les gens à cuisiner eux mêmes et à manger moins d’aliments ultra-transformés en général ?

Pourquoi ne pas adopter une directive générale similaire à celle du Brésil ?

1. Faites des aliments naturels ou peu transformés la base de votre alimentation

2. Utilisez les huiles, les graisses, le sel et le sucre en petites quantités lors de l’assaisonnement et de la cuisson.

3. Limitez la consommation d’aliments transformés (c’est-à-dire par exemple de fruits en conserve par rapport aux fruits frais)

4. Évitez la consommation d’aliments ultra-transformés (boissons sucrées, bonbons, chips, etc.).

5. Mangez régulièrement dans un environnement approprié et calme et, dans la mesure du possible, avec d’autres personnes.

6. Faites vos courses dans des endroits qui offrent une variété d’aliments naturels ou peu transformés.

7. Développez des aptitudes à la cuisine, entrainez vous à cuisiner et partager vos compétences culinaires

8. Planifiez votre emploi du temps de façon à donner à la nourriture et à l’alimentation de l’importance dans votre vie.

9. À l’extérieur de la maison, préférez les endroits où l’on sert des repas fraîchement préparés.

10. Méfiez-vous de la publicité et du marketting.

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De nombreux régimes qui diffèrent radicalement des recommandations de l’EAT Lancet en matière d’alimentation mondiale ont fait leurs preuves en terme d’inversion de maladies comme le diabète de type 2. Des essais cliniques ont montré une rémission du diabète dans le cadre d’un régime riche en graisses, modérément protéiné et pauvre en glucides (cétogène) qui comprend beaucoup plus de produits animaux que le régime recommandé par EAT Lancet. Bien que je ne pense pas que le régime cétogène doive être LA solution diététique mondiale, l’essai Virta montre certainement qu’il ne devrait pas y avoir un seul régime pour toutes les personnes, et que nous devrions penser en dehors des sentiers battus et de l’épidémiologie nutritionnelle si nous voulons résoudre notre crise du diabète de type 2. Traditionnellement, les humains ont vécu une vie très saine avec une grande variété de ratios de macronutriments et il semble clair qu’une fois que les aliments modernes et ultra-traités entrent en jeu, les ennuis commencent.

19. Il existe des moyens plus efficaces de réduire votre empreinte carbone

Et que peuvent faire les individus pour réduire leur empreinte carbone ? Selon une méta-analyse récente, le fait d’avoir un enfant de moins (dans les pays industrialisés), dont l’impact est de loin le plus important, de vivre « sans voiture », d’éviter un aller-retour transatlantique et d’acheter de l’énergie « verte » a beaucoup plus de répercussions sur notre empreinte carbone que nos choix alimentaires.

20. La viande rouge est devenue injustement le bouc émissaire

Fredéric Leroy  analyse que la viande rouge est un bouc émissaire pratique, qui absorbe notre stress au sujet des changements climatiques et de notre santé défaillante, et je suis entièrement d’accord. Il n’existe pas de régime alimentaire unique et parfait pour tous les états de santé et toutes les régions du monde, et il est ridicule d’en prescrire un pour le monde entier. Il est temps d’examiner les preuves que nous avons, d’admettre ce que nous ne savons pas et de cesser de cibler la viande comme cause du réchauffement planétaire et des maladies modernes. Nous avons clairement des problèmes avec notre système de production alimentaire (tant dans la façon dont nous cultivons que dans notre système de production industrielle de viande). Avec moins de 60 ans d’agriculture à notre rythme actuel de dégradation des sols, il est essentiel de se concentrer sur la santé de nos sols (ce qui inclut l’utilisation d’animaux bien gérés). Il serait beaucoup plus efficace de s’efforcer de déterminer COMMENT nous produisons les aliments que de se concentrer sur ce que nous produisons.

La viande rouge a été injustement vilipendée comme étant malsaine et mauvaise pour l’environnement.

Malheureusement, peu de gens s’opposent à cette offensive anti viande.

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LES FEUX D’ARTIFICE NE SONT PAS VEGAN (les pneus non plus.)

vache feu d'artificeLes feux d’artifice emploient dans leur composition de l’acide stéarique – un acide gras saturé à longue chaîne dérivé presque exclusivement du suif de bœuf comme décrit dans ce lien.

Cet acide gras est utilisé pour prolonger la durée de vie des feux d’artifice entreposés. Comme substitut du carbone et du soufre et comme composé de broyage pour transformer les paillettes d’aluminium en poudre d’aluminium.

En français plus clair, les feux d’artifices ne sont donc rien d’autres que des explosions colorées et festives de graisse saturée de vache.

Pour autant, est ce un déchet de l’élevage ? Et bien il se trouve que cet acide gras à chaîne carbonée de 18 atomes de carbone (d’où son tit nom C18:0) serait selon une étude : « identifié comme un métabolite alimentaire qui est détecté par notre corps pour contrôler nos mitochondries. Cela pourrait expliquer en partie les différences épidémiologiques entre C16:0 et C18:0, où C16:0 augmente le risque cardiovasculaire et le risque de cancer alors que C18:0 diminue les deux. » De là à conclure que les acides gras saturés C18:0 issu du gras de boeuf soient plus sains que ceux issu des acides gras saturés C16:0 que l’on retrouve majoritairement dans l’huile de palme….

Vous m’objecterez qu’il n’existe pas de carence en feux d’artifice et en pneus.  Soit, mais dans ce cas, il faudra ajouter ces deux élements non vegan à la liste des trucs non végan à évincer de la vie d’un végan cohérent, qui grâce au travail de fond du mythe ne pourra plus dire qu’il NE SAVAIT PAS, au risque de se faire taxer de …. végétalien…. »seulement » 😉

CERVELLE DE VEGAN

Une traduction d’un billet de Georgia Ede, dont le pedigree envoie du pâté : assistante de recherche dans le domaine de la biochimie, diplômée de l’University of Vermont College Of Medicine, membre de l’équipe de psychopharmacologie de l’université d’Harvard, psychiatre au Smith College de Northampton. Voilà ça c’était pour les arguments d’autorité 😉 Le texte original :

https://www.psychologytoday.com/us/blog/diagnosis-diet/201709/the-vegan-brain?A4J

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Régimes végétaliens, micronutriments et santé mentale

La plupart des gens pensent que les fruits et les légumes regorgent de toutes les vitamines, minéraux et puissants antioxydants dont ils ont besoin pour vivre et prospérer. Il est vrai que de nombreux aliments végétaux sont riches en plusieurs de ces substances, mais ce n’est pas parce qu’un aliment contient un nutriment particulier que nous pouvons y avoir accès. Malheureusement, les éléments nutritifs des plantes se caractérisent souvent par une faible « biodisponibilité » – ce qui signifie qu’ils sont difficiles à extraire, à absorber et à utiliser. La question qui se pose alors est la suivante : les régimes végétariens et végétaliens contiennent-ils les micronutriments dont notre cerveau a besoin pour fonctionner correctement ? Ou mettent-ils les personnes optant pour ces régimes en situation de risquer de souffrir de graves déficiences qui augmentent la probabilité de développer des troubles psychiatriques ?

Ci-dessous, je résume les plus importantes carences potentielles en nutriments vitaux pour le cerveau que TOUS les consommateurs de végétaux, qu’ils soient végétaliens, végétariens ou omnivores, doivent connaître, ainsi que les principaux risques de carence propres aux végétaliens et aux végétariens.

Remarque : Ceçi est une version adaptée d’un article complet intitulé Your Brain On Plants cité en bas d’article qui contient des informations supplémentaires, les études scientifiques et des références complètes.


Vitamine A 

La vitamine A est importante pour de nombreux aspects du fonctionnement du cerveau, y compris la vision, l’apprentissage et la mémoire.

Contrairement à la croyance populaire, les aliments d’origine végétale sont de mauvaises sources de vitamine A. En fait, ils ne contiennent pas de vitamine A du tout ! Ils contiennent plutôt des caroténoïdes, que nous devons ensuite convertir en rétinol, la forme de vitamine A que notre corps peut utiliser. Cette conversion des caroténoïdes des végétaux est un processus 12 à 24 fois plus difficile pour obtenir du rétinol que de consommer des aliments d’origine animale directement. Selon un article de synthèse paru en 2013 dans le Journal of Health, Population and Nutrition, cette difficulté permettrait d’expliquer pourquoi la cécité infantile due à une carence en vitamine A sévit dans des dizaines de pays en développement, notamment en Afrique et en Asie du Sud-Est :

« Une biodisponibilité médiocre joue un rôle prédominant dans le développement de la[carence en vitamine A] dans les communautés qui dépendent principalement des aliments à base de plantes. » Akhtar S et al 2013 J Health Pop Nutr 31(4)].

Heureusement, la carence en vitamine A aux États-Unis et dans d’autres pays développés est très rare, en raison de l’abondance des aliments d’origine animale et parce que de nombreux aliments transformés en sont enrichis.

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Vitamine D

La vitamine D3 joue un rôle important dans la croissance et le développement du cerveau, régule les niveaux de calcium dans le cerveau, aide à protéger les cellules du cerveau contre l’oxydation et soutient la santé de l’hippocampe (le centre mémoire du cerveau).
La forme de vitamine D dont notre corps a besoin est la vitamine D3 (cholécalciférol). Nous pouvons fabriquer la vitamine D3 à partir du soleil ou l’obtenir dans certains aliments d’origine animale. La forme de vitamine D présente dans les aliments végétaux est la vitamine D2 (ergocalciférol). Notre corps peut convertir une partie de D2 en D3, mais la forme D2 est moins puissante, a une durée de vie moindre dans le sang et peut être plus difficile à stocker dans notre graisse corporelle pendant les jours de pluie et les hivers sombres. Si nous passons suffisamment de temps au soleil, nous n’avons pas besoin d’obtenir de vitamine D de notre alimentation, mais de nombreuses personnes (quel que soit le régime choisi) en sont déficientes. La plupart des études ont montré que les végétaliens ont des taux sanguins de vitamine D3 plus faibles et sont plus susceptibles de voir leur taux chuter de façon préoccupante pendant les mois d’hiver que les omnivores.

 

 

Vitamine K2
Quand on évoque la vitamine K, la plupart des gens pensent à la vitamine K1, qui est abondante dans de nombreux aliments végétaux, mais la vitamine K2 est tout aussi importante et souvent négligée. La vitamine K2 est déroutante parce qu’elle se présente sous plusieurs formes, mais la forme essentielle dont nous avons besoin est appelée MK-4. Dans le cerveau, le MK-4 est nécessaire pour construire des composants critiques de la membrane cellulaire appelés sphingolipides, ainsi que pour soutenir la santé et le fonctionnement global des cellules du cerveau.

La forme MK-4 de la vitamine K2 n’existe que dans les aliments d’origine animale. Le corps peut convertir un peu de K1 en MK-4, mais pas assez pour répondre pleinement à nos besoins. Par conséquent, les végétaliens avisés se tournent vers le natto (soja fermenté), qui contient une forme bactérienne de vitamine K que notre corps peut transformer en MK-4 un peu plus facilement. Pour en savoir plus sur la vitamine K, veuillez consulter l’Ultimate Vitamin K2 Resource de Chris Masterjohn, PhD. Il recommande aux végétaliens de ne pas se fier uniquement au natto pour répondre à leurs besoins en K2, mais plutôt de prendre des suppléments spéciaux. (note de la traductrice, en effet, la forme de K2 que l’on retrouve dans le natto est la MK-7 et il semblerait que contrairement à son homologue animal la MK-4, elle ne passe pas la barrière encéphalique.)

 

 

Vitamine B12 (Cobalamine)

Sans cette vitamine essentielle, l’organisme ne peut synthétiser l’ADN, l’ARN, les globules rouges ou la myéline (la substance qui entoure et isole les circuits du cerveau). Comme on peut s’y attendre, la carence en B12 cause une foule de problèmes psychiatriques graves, dont la dépression, la psychose, les troubles de la mémoire, la manie et les changements de comportement ou de personnalité.

Les régimes végétaliens ne contiennent pratiquement pas de vitamine B12 et une carence sévère et prolongée en B12 est mortelle. La plupart des végétaliens et des végétariens sont conscients de ce danger et prennent des suppléments ou consomment de la levure enrichie (la levure non enrichie ne contient naturellement aucune vitamine B12). Malheureusement, la carence est encore beaucoup plus fréquente qu’elle ne devrait l’être, certaines études ayant révélé que jusqu’à 86 % des adultes (peu importe le régime alimentaire choisi) en sont déficients. Les chercheurs font état d’un large éventail de valeurs, mais dans l’ensemble, les végétariens ont tendance à avoir des taux de B12 inférieurs à ceux des omnivores, et les végétaliens, en moyenne, ont tendance à avoir les taux de B12 les plus bas de tous.

 

 

Autres vitamines B

Les vitamines B1 (thiamine), B2 (riboflavine), B3 (niacine), B5 (acide pantothénique), B6 (pyridoxine), B7 (biotine) et B9 (folate) travaillent toutes ensemble pour extraire l’énergie des aliments, construire des molécules vitales et réguler le métabolisme des neurotransmetteurs comme la sérotonine. Le cerveau est un organe qui nécessite beaucoup d’énergie, de sorte que même des carences légères et temporaires d’une seule vitamine du groupe B peut perturber considérablement son fonctionnement normal.

Toutes les vitamines B, à l’exception de la B12, se trouvent dans les aliments d’origine végétale, mais certaines études montrent que les végétaliens sont plus susceptibles d’être déficients en vitamine B3 (niacine), B6 (pyridoxine) et également B2 (riboflavine).

La riboflavine (B2) semble être celle à laquelle les végétaliens doivent accorder le plus d’attention, car les études ont montré de façon plus constante que les vegan ont un risque de carence significativement plus élevé que les végétariens ou les omnivores.

« La carence en riboflavine est endémique dans les populations dont les alimentations sont pauvres en produits laitiers et en viande. » [Powers HJ Am J Clin Nutr 2003;77]

Ces trois vitamines B se trouvent dans les aliments d’origine végétale, mais souvent en plus petites quantités que les aliments d’origine animale, de sorte qu’il peut être difficile d’obtenir des quantités adéquates à partir d’un régime végétalien, à moins que l’on prenne grand soin de choisir des aliments spécifiques.

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Iode

Le manque d’iode, en particulier au début de la vie, freine la croissance du corps et du cerveau. L’iode est une composante essentielle de l’hormone thyroïdienne, qui est essentielle au développement et au bon fonctionnement du cerveau. La carence en iode affecte deux MILLIARDS de personnes et est la cause évitable la plus courante de déficience intellectuelle dans le monde.
La plupart des aliments d’origine végétale ont une faible teneur en iode, comparativement à de nombreux aliments d’origine animale. Bien que les végétaliens soient généralement plus susceptibles d’avoir une carence en iode que les végétariens et les omnivores, la carence en iode est rare aux États-Unis en raison de l’utilisation généralisée du sel iodé.

 

Fer

Quand on évoque une carence en fer, les gens pensent à l’anémie (nombre inférieur de globules rouges dans la circulation sanguine), mais la vérité est que le cerveau a autant besoin de fer que les globules rouges. Le fer est nécessaire à la production de neurotransmetteurs (sérotonine, dopamine et noradrénaline), à la production d’énergie cérébrale, à la fonction hippocampique (mémoire !), à la signalisation cellulaire et au développement du cerveau du nourrisson.

De nombreux aliments d’origine végétale contiennent moins de fer que les aliments d’origine animale et, pire encore, les plantes contiennent une forme de fer qui est beaucoup plus difficile à absorber que le fer héminique, la forme que l’on trouve dans les aliments d’origine animale. La plupart des végétaliens et des végétariens ont à peu près la même quantité de fer dans le sang que les omnivores, mais leurs réserves totales de fer dans le corps (combien ils ont en stock) ont tendance à être inférieures.

 

 

Zinc

Le cerveau a besoin de zinc pour la synthèse de la sérotonine, l’activation de la vitamine B6 et la signalisation cellulaire.
Les aliments d’origine végétale contiennent beaucoup moins de zinc que les aliments d’origine animale. La carence en zinc est beaucoup plus fréquente chez les végétaliens que la carence en fer, et pourtant on lui accorde beaucoup moins d’attention. Une étude suisse de 2017 a révélé que 47% des végétaliens avaient des niveaux de zinc insuffisants contre seulement 10% des omnivores. Certains essais cliniques montrent que la combinaison de suppléments de zinc avec des antidépresseurs améliore les résultats. Il y a même un essai contrôlé randomisé qui démontre que les suppléments de zinc seuls peuvent réduire la gravité des symptômes de dépression.

 

Acides gras oméga-3 essentiels : DHA et EPA

La DHA et l’EPA sont les formes d’acides gras essentiels oméga-3 nécessaires au fonctionnement du cerveau et du système immunitaire. Le cerveau est extrêmement riche en DHA, qui est nécessaire pour fabriquer la myéline (le matériau qui entoure les cellules nerveuses, isolant les circuits cérébraux), et pour maintenir les membranes cellulaires assez fluides et souples pour faire circuler les neurotransmetteurs dans les deux sens. Le DHA est essentiel à la formation de synapses saines (connexions entre les cellules du cerveau) ; par conséquent, le cerveau des nourrissons a besoin de beaucoup de DHA pour se développer correctement. Bref, la DHA joue un « rôle unique et indispensable » dans la « signalisation neuronale cohésive et organisée indispensable à une intelligence supérieure »[Dyall SC 2015 Frontiers in Aging Neuroscience 7(52)].
Les régimes végétaliens ne contiennent absolument aucun DHA ou EPA, et les régimes végétariens n’en contiennent que de petites quantités, issues d’œufs et de produits laitiers. Par rapport aux omnivores, les niveaux de DHA et d’EPA peuvent être inférieurs d’environ 30% chez les végétariens et de plus de 50% chez les végétaliens. En effet, la forme d’oméga-3 (ALA) que l’on trouve dans les aliments végétaux est très difficile à transformer en DHA pour l’organisme. Au mieux, les femmes ne convertissent qu’environ 9 % de l’ALA qu’elles consomment en DHA, alors que les hommes en convertissent de 0 à 4 %.

Les seuls suppléments compatibles avec un régime végétalien disponibles sur le marché  contenant de l’EPA ou du DHA sont ceux dérivés d’algues. Les suppléments d’oméga-3 d’origine végétale, comme ceux du lin ou du chia, ne contiennent que de l’ALA. Par conséquent, je recommande fortement à tous les végétaliens et végétaliens de prendre un supplément d’oméga-3 à base d’algues. Le DHA et l’EPA sont difficiles à trouver, même dans la plupart des régimes omnivores, parce que les aliments qui en contiennent naturellement (poissons gras, graisses animales/abats d’animaux élevé en pâturage uniquement) sont ceux que les gens ne mangent pas beaucoup de nos jours, donc de nombreux omnivores en sont aussi déficients.

Remarque : il est tout aussi important de veiller à l’augmentation de l’apport en EPA et en DHA que de réduire la quantité d’acides gras oméga-6 dans l’alimentation, car les oméga-6 font concurrence aux oméga-3 dans l’organisme. La meilleure façon d’y parvenir est d’éviter les « huiles végétales » raffinées comme les huiles de soja, de tournesol et d’arachide, qui sont extrêmement riches en acides gras oméga-6.

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Les végétaliens ont-ils un trop faible taux de cholestérol dans le cerveau ?

On nous dit souvent que l’un des avantages d’un régime végétalien est que tous les aliments végétaux sont naturellement sans cholestérol à 100 %. Pourtant, le cerveau (et toutes les cellules du corps humain) a besoin de cholestérol pour fonctionner correctement. Bien que le cerveau ne représente que 2 % du poids corporel total, il contient 20 % du cholestérol de l’organisme. Le cholestérol est nécessaire à la structure et au fonctionnement des membranes des cellules cérébrales et est un composant vital de la myéline (isolation des cellules cérébrales). Cela amène certains à s’inquiéter du fait que les végétaliens soient à risque d’avoir un faible taux de cholestérol dans le cerveau, mais y a-t-il vraiment lieu de s’inquiéter ?

C’est une question fascinante avec une réponse surprenante, c’est pourquoi il a son propre post ici même sur Psychology Today : Low Brain Cholesterol : Separating Fact From Fiction, consacré à la question de savoir si les personnes qui mangent « sans cholestérol » ou qui prennent des statines pour abaisser leur taux de cholestérol doivent s’inquiéter d’une baisse du cholestérol dans le cerveau.

 

Soyez vigileant avec vos micronutriments ! 

En résumé, les nutriments pour le cerveau en bonne santé dont les (phytophages) végétaliens des pays développés doivent se préoccuper le plus sont les suivants: DHA, iode, vitamine B12, vitamine K2 (MK-4), zinc, fer, riboflavine (B2) et vitamine D3. Il est de notoriété publique que les régimes végétaliens doivent être complétés avec de la B12, mais beaucoup de gens ont l’impression que les fruits et légumes colorés sont d’excellentes sources de la plupart des autres nutriments essentiels. J’excerce au Smith College, où 4% de mes étudiants suivent un régime végétalien, soit le double de la moyenne nationale par rapport aux autres campus universitaires ; la grande majorité d’entre eux citent la compassion pour les animaux ou les préoccupations environnementales – pas la santé – comme principale motivation. Beaucoup d’étudiants que je traite qui choisissent un régime végétalien ne prennent que des suppléments de B12, et certains ne prennent pas de suppléments du tout. La science est claire sur ce point : les régimes végétaliens non complémentés présentent un grand danger pour la santé cérébrale. J’espère que cet article aidera à attirer l’attention sur ces autres nutriments essentiels dont le cerveau a besoin pour fonctionner au mieux de sa forme.

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Remarque : Cet article est une version adaptée d’un article complet intitulé Your Brain On Plants, qui comprend des informations sur les antinutriments végétaux (acide phytique, tanins, oxalates et goitrogènes), les études scientifiques sur les carences nutritionnelles et les troubles psychiatriques, des commentaires et des références complètes :

http://www.diagnosisdiet.com/micronutrients-mental-health/

 

 

 

Si vous voulez sauver le monde, le véganisme n’est pas la solution.

Voilà un très bel article paru le 25 août 2018 sur la version électronique du Guardian. En espérant que sa traduction puisse aider à faire circuler quelques idées sur l’agriculture.

La viande d’élevage intensif et les produits laitiers sont un fléau environnemental, mais les champs de soja et de maïs le sont également. Il existe cependant d’autres manières de faire.

grazingLes appels à migrer entièrement vers les aliments végétaux, ignorent un des outils les plus puissants pour soulager ces maux : les animaux de pâturage qui broutent. Illustration : Matt Kenyon

Le véganisme a explosé au Royaume-Uni au cours des deux dernières années, passant d’environ un demi-million de personnes se définissant comme tel en 2016 à plus de 3,5 millions – 5 % de la population – aujourd’hui. Des documentaires influents en la matière, tels que Cowspiracy et What the Health ont mis en lumière l’industrie intensive de la viande et du lait, exposant les impacts sur la santé animale et humaine et l’environnement au sens large.

Nos sols étaient presque morts. Aujourd’hui, nous avons relevé 19 types de vers et 23 espèces de coléoptères hébergés dans une seule bouse de vache.

Plutôt que d’être séduits par les injonctions à manger davantage de produits à base de soja, de maïs et de céréales cultivés industriellement, nous devrions encourager les formes durables de production de viande et de produits laitiers basées sur les systèmes traditionnels de rotation, de pâturages permanents et de pâturage de conservation. Nous devrions, à tout le moins, remettre en question l’éthique de l’augmentation de la demande pour des cultures qui nécessitent des intrants élevés d’engrais, de fongicides, de pesticides et d’herbicides, tout en diabolisant les formes durables d’élevage qui peuvent restaurer les sols et la biodiversité, ainsi que séquestrer du carbone.

En 2000, mon mari et moi avons transformé notre ferme de 1 400 hectares (3 500 acres) dans le West Sussex en pâturage extensif à l’aide de troupeaux en liberté d’une race ancienne de vaches anglaises à longues cornes, de cochons de race Tamworth, de poneys Exmoor, de cerfs rouges et de daims dans le cadre d’un projet de « réensauvagement » des parcelles. Pendant 17 ans, nous avons lutté pour rentabiliser nos activités conventionnelles dans le secteur des cultures arables et des produits laitiers, mais sur des sols argileux, lourds et pauvres, nous ne pouvions concurrencer d’autres exploitations agricoles ayant des terres plus légères, et donc plus simples à travailler. Cette décision a changé notre existence. Aujourd’hui, l’écotourisme, la location de bâtiments post-agricoles et 75 tonnes par an de viande de pâturage biologique contribuent à la rentabilité de l’entreprise. Et comme les animaux vivent à l’extérieur toute l’année, avec de la nourriture en abondance, ils n’ont pas besoin d’une alimentation complémentaire et ont rarement besoin de voir le vétérinaire.

Les animaux vivent en troupeaux naturels et se déplacent où bon leur semble. Ils se vautrent dans les ruisseaux et les prairies humides. Ils se reposent où ils aiment être (ils dédaignent les granges ouvertes qui leur servent d’abri) et mangent ce qu’ils aiment. Le bétail et les cerfs broutent les fleurs sauvages et les graminées, mais ils broutent aussi parmi les arbustes et les arbres. Les porcs fouissent à la recherche de rhizomes et même plongent, pêchent les moules d’eau douce qui vivent dans nos étangs. La façon dont ils broutent, se roulent dans les mares et piétinent le sol stimule la végétation de différentes manières, ce qui crée à son tour des opportunités pour d’autres espèces, y compris les petits mammifères et les oiseaux.

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Chouette Chevêche : une des cinq espèces de chouettes que l’on trouve à Knepp – se régalent sur une population de coléoptères en plein essor. Photographie : Ned Burrell

Un point crucial est que nous ne leur donnons pas d’Avermectine (le vermifuge le plus couramment administré au bétail dans les systèmes intensifs) ou d’antibiotiques, leurs excréments nourrissent les vers de terre, les bactéries, les champignons et les invertébrés comme les scarabées, qui permettent par leur action mécanique d’enfouir le fumier plus bas dans la terre. Il s’agit d’un processus vital pour la restauration de l’écosystème, le retour des nutriments et de la structure du sol. L’épuisement de la couche arable est l’une des plus grandes catastrophes auxquelles le monde est confronté aujourd’hui. Un rapport de 2015 de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture indique que, à l’échelle mondiale, 25 à 40 milliards de tonnes de terre végétale sont perdues chaque année à cause de l’érosion, principalement à cause du labour et des cultures intensives. Au Royaume-Uni, l’appauvrissement de la couche arable est si grave qu’en 2014, le magazine professionnel Farmers Weekly a annoncé que nous n’aurons peut-être plus que 100 récoltes devant nous. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la seule façon d’inverser ce processus, d’enrayer l’érosion et de reconstruire le sol est de laisser les terres arables en jachère et de les remettre en pâturage pendant un certain temps – comme le faisaient les agriculteurs avant que les engrais artificiels et la mécanisation rendent possible la culture en continu -, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Le bétail au pâturage ne fournit pas seulement un revenu aux agriculteurs, mais du fumier, de l’urine et même la façon dont ils broutent accélère la restauration du sol. La clé c’est la biologie et de maintenir sur ces terres un faible nombre de têtes de bétail pour éviter le surpâturage.

Il y a vingt ans, nos sols à la ferme – gravement dégradés après des décennies de labourage et d’intrants chimiques – étaient presque morts biologiquement. Nous avons maintenant des champignons fruitiers et des orchidées qui apparaissent dans nos anciennes terres arables : une indication que des réseaux souterrains de champignons mycorhiziens se répandent. Nous avons 19 types de vers de terre – espèces clés en matière d’aération, de rotation, de fertilisation, de l’hydratation et même de la détoxification du sol. Nous avons trouvé 23 espèces de coléoptères du fumier dans une seule bouse de vache, dont l’une – le doryphore violet – n’a pas été vue dans le Sussex depuis 50 ans. Les populations d’oiseaux qui se nourrissent d’insectes attirés par ce fumier nutritif sont en train de grimper en flèche. Le fouissement des porcs permet à la flore et aux arbustes indigènes de germer, y compris le saule, ce qui a donné naissance à la plus grande colonie d’empereurs pourpres de Grande-Bretagne, l’un de nos papillons les plus rares, qui pond ses œufs sur ses feuilles jaunes.

Non seulement ce système de pâturage naturel aide l’environnement en termes de restauration des sols, de biodiversité, d’insectes pollinisateurs, de qualité de l’eau et d’atténuation des inondations – mais il garantit également une vie saine pour les animaux, et ils produisent à leur tour de la viande qui est saine pour nous. Contrairement à la viande nourrie au grain et à la viande finie au grain provenant de systèmes intensifs, la viande entièrement nourrie au pâturage est riche en bêta-carotène, calcium, sélénium, magnésium, potassium et vitamines E et B, et en acide linoléique conjugué (ALC) – un puissant anti-cancérigène. Elle est également plus riche en acide gras oméga-3 à longue chaîne DHA, qui est vital pour le développement du cerveau humain, mais extrêmement difficile à obtenir pour les végétaliens.

On a beaucoup parlé des émissions de méthane du bétail, mais elles sont plus faibles dans les systèmes de pâturages biodiversifiés qui comprennent des plantes sauvages comme l’angélique, la fumeterre commune, la bourse à pasteur et le lotier des oiseaux parce qu’ils contiennent de l’acide fumarique – un composé qui, ajouté au régime des agneaux à l’Institut Rowett à Aberdeen, a réduit les émissions de méthane de 70 %.

Dans l’équation végétalienne, par contre, le coût du carbone du labourage est rarement pris en compte. Depuis la révolution industrielle, selon un rapport publié en 2017 dans la revue scientifique Nature, jusqu’à 70 % du carbone de nos sols cultivés a été perdu dans l’atmosphère.

Il est donc ici question de choix impliquant d’immenses responsabilités ici : à moins que vous ne vous procuriez vos produits végétaliens spécifiquement à partir de cultures biologiques, pratiquant des systèmes « sans labour », vous participez activement à la destruction du biote du sol, en faisant la promotion d’un système qui prive d’autres espèces, y compris les petits mammifères, les oiseaux les insectes et les reptiles, de leurs conditions « naturelles » de vie et qui contribue de manière significative au changement climatique.

Notre écologie a évolué en parallèle des grands herbivores – avec des troupeaux en liberté d’aurochs (la vache ancestrale), de tarpans (le cheval originel), de wapiti, d’ours, de bisons, de cerfs, de chevreuils, de sangliers et de millions de castors. Ce sont des espèces dont les interactions avec l’environnement soutiennent et favorisent la vie. L’utilisation d’herbivores dans le cadre du cycle agricole peut contribuer grandement à rendre l’agriculture durable.

Il ne fait aucun doute que nous devrions tous manger beaucoup moins de viande, et les appels en faveur de la fin des formes de production intensive de viande à forte teneur en carbone, polluante, non éthique et non éthique sont louables. Mais si vos préoccupations en tant que végétalien sont l’environnement, le bien-être des animaux et votre propre santé, alors il n’est plus possible de prétendre que tout cela est satisfait simplement en abandonnant la viande et les produits laitiers. Aussi contre-intuitif que cela puisse paraître, l’ajout d’un steak de pâturage biologique occasionnel à votre régime alimentaire pourrait être la bonne façon de résoudre la quadrature du cercle.


Isabella Tree dirige le domaine de Knepp Castle Estate avec son amri, l’écologiste Charlie Burrell, et est l’auteur de Wilding : The Return of Nature to a British Farm.