Le drame du véganisme.

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Petite tranche de vie ordinaire inspirée d’une histoire vraie fraîche d’aujourd’hui sur les réseaux sociaux.

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Acte 1 -scène 1- Une prise de contact passablement musclée.

Jean-Kyllian Tofu –  (Super énervé, un profil Facebook qui indique un cursus aux Hautes Etudes en Sciences Sociales, contacte la messagerie privée du Mythe ne dit ni bonjour ni merde, est vraiment super remonté comme un coucou.) 

– Jean-Kyllian Tofu : « Vous aviez l’ambition de faire une page critique sur le végétarisme. Mais tout ce que vous faites, c’est publier un ramassis de désinformation, relayer les « réflexions » les plus bêtes qui soient sur le végétarisme. Vous êtes vraiment suffisamment idiots pour croire que le véganisme serait moins respectueux de la nature que l’alimentation carnée ? En étant si peu rigoureux, vous faites du mal. Je vous rappelle que 90% des animaux terrestres sont des animaux d’élevage, élevés de manière industrielle pour 80% d’entre eux. À cause de gens comme vous, la Terre est devenue un enfer pour les êtres vivants. Vous êtes vraiment des salauds. Fermez cette page, c’est ce que vous pourriez faire de mieux.

Le Mythe (classe et distinguée comme à son habitude, essaie de ramener JK végan à des modes de communication plus…enfin moins, enfin vous voyez quoi, le tout avec un brin de provoc, parce que quand même, il faut bien se faire plaisir de temps à autres, mais quand même avec l’espoir que le type ai un peu honte et se ressaisisse.)

Le Mythe : « Bonjour Jean-Kyllian. Tiens c’est rigolo, j’avais caressé l’ambition d’un cursus à l’EHESS également et puis finalement. ..j’ai eu un bébé à la place 😉 J’avais rencontré François Flahault 😊 (prise en flag’ de name dropping, Le Mythe.) Je suppose que tu as rédigé ce commentaire sous le coup de la colère en réalisant qu’il existait une critique argumentée d’un point de vue « au delà » du véganisme ? Je me souviens avoir éprouvé cette gamme de sentiments à l’époque ☺
Quoi qu’il en soit je reste à ta disposition si tu souhaites continuer à échanger sur ce sujet qui me passionne. »  (ton mielleux à souhait).((ou sirop agaveux à souhait, comme vous préférez.))

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Acte 1 -scène 2 – La tension monte sur la messagerie.

Jean-Kyllian Tofu – (en manque de choline) : « Il existe quelques critiques intéressantes du végétarisme, mais de ce que j’ai vu ça reste léger. Ce que j’ai vu sur votre page est très clairement en-dessous de cette critique constructive : c’est vraiment au ras des pâquerettes, de pures bêtises. Ça me fatigue de voir ça. Et j’ai du mal à comprendre comment on peut être assez bête pour croire que le monde se porte mieux si on mange des animaux : ça n’a aucun sens. Enfin si, bien sûr, je comprends bien l’intérêt de vouloir faire disparaître la dissonance cognitive entre « j’aime gustativement la viande » et « c’est abominable de manger de la viande », en se persuadant que c’est bon de manger de la viande. Mais cette façon de se donner bonne conscience, en faisant taire son esprit critique, est ce qui s’appelle être un salaud. »

(Il y va fort quand même, le bougre !)

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Acte 1 scène 3 – La discussion part en eau de boudin.

Le mythe – (Commence à se dire qu’elle va le faire parler, juste pour rigoler et voir ce qu’il en sort.)

Le Mythe  :- « Bon. Dis moi si je comprends bien le sens de ta démarche. Ta demande c’est que je ferme mon média critique ? J’ai bien saisi ?Tu me donnerais les références des « critiques intéressantes du véganisme » que tu mentionnes plus haut ? ☺Du « végétarisme », pardon. »
Jean-Kyllian Tofu (de plus en plus à fleur de peau) : – « Puisque ce n’est pas un média critique mais plutôt une page « bistrot de végétaro-sceptiques », oui je préfère que ça disparaisse.
Non désolé je n’ai aucune référence « anti-végétarisme » à donner, je n’ai jamais vu une réflexion ou un fait qui m’a fait me dire « tiens, ça pourrait quand même être bien de manger de la viande » (comme je disais, les critiques « intéressantes » restent très légères, c’est surtout à base de « il faut combattre la nourriture industrielle et transformée », mais manger de la viande ne règle pas du tout le problème). La conclusion est toujours qu’il faut juste arrêter de manger des animaux. »

(coup dur pour le Mythe d’entendre ça qui n’a vraiment plus qu’à fermer la page.)

Jean-Kyllian Tofu : « Par contre, en référence critique et sérieuse je propose ça :  (lien you toube directement issu de l’arsenal critique d’un mec qui a fait ses « propres recherches » sur Doctissivégamo : le Mythe se chie dans son froc devant tant de débunk de qualitay.)

Jean-Kyllian Tofu (impitoyable et triomphant) : – « Malheureusement » il en arrive à la conclusion que manger des animaux c’est juste mal et injustifiable, donc ça ne te plaira probablement pas. »
(Re-coup dur pour le Mythe qui n’est plus qu’une flaque à ce stade de la conversation.)
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Acte 2 scène 1 – Le Mythe contre attaque pédagogiquement.
Le Mythe – (un peu lassée de parler avec JK Tofu, essaye de lui faire comprendre qu’il est juste le milliardième à se croire trop génial à suivre les directives de Bill Gates et de la Silicon Valley) : « Il dit que c’est pôbien » 😕

Jean-Kyllian Tofu (sûrement un peu embêté de recevoir une réponse aussi courte et désabusée) : – « et ? » « Que quoi est « pôbien », d’ailleurs ? »

Le mythe – (Se rapelle qu’elle a des frites à la graisse d’oie qui cuisent et que les enfants ont faim) : – « Ben c’est la vox populi. « L’élevage cay pa biiiien » « Le lay cay pour lay vowwww »
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Acte 2 scène 2 – Où Jean-kyllian Tofu, mené, commence à suffoquer et convoquer un registre de langage davantage châtié.
Jean-Kyllian Tofu (un peu deg en vérité d’être assimilé à une péta/sse, se drapant dans un regsitre de langage zététique pour garder la face)  :
– « Ces positions sont étayées. Tu aimerais quoi en fait ? Des argumentaires intelligents qui disent que c’est bien de manger de la viande et boire du lait ? Ça n’existe pas. »

Le Mythe – (Réalise soudainement le niveau de culture scientifique de son interlocuteur, décide de tout miser sur l’humour et la vexation.) :

– « Oui han. Les méta-analyses cay pour lay chiens-han 😀
Bon
Je suggère qu’on arrête là 😁 Ce bidochonnisme végan
Mon beauf 2020 est vegan ^^ »
Jean-Kyllian Tofu : (Commence vraiment à se demander si discuter avec le Mythe était une si bonne idée que ça finalement) :

– « Être rebelle n’est absolument pas ce qui m’intéresse, puisque j’aimerais bien que le végétarisme devienne la norme..

Tu aurais 1 argument en faveur de l’alimentation carnée ? »
Le Mythe (mesquine au possible) : – « Et bien réjouis toi. Les végétarismes sont devenus la pensée dominante.) »

Jean-Kyllian Tofu (A encore l’impression de faire parti d’un mouvement cool et entends tout faire pour ne pas laisser quiconque lui suggérer l’idée que le véganisme c’est sooOo 2017) :  « Ouais, 5% de végétariens en 2017. Et il faut voir comment les militants végans sont reçus sur les plateaux télé…Tu vis vraiment sur une autre planète. La plupart des plats dans les restaurants sont à base de viande et de poisson. »

Le Mythe (Ne se laisse pas emberlificoter par des aussi grosses ficelle, de toutes façon, les frites sont prêtes) :
– « Des arguments en faveur de « l’alimentation carnée » ? Tu prends le problème à l’envers, c’est à toi qu’imcombe la charge de la preuve. Comme t’as l’air de t’y connaître en zététique you tubesque, je suis sûre que tu vas nous dénicher des preuves que le vayganism c’est mieux que la viond. »
Jean-Kyllian Tofu – (ne lâche pas le morceau) :
– « Et tu dis que les végétarismes sont la pensée dominante. Tu perçois une réalité complètement déformée, ça s’appelle de la déréalisation, tu devrais consulter. »
Le Mythe (Commence à réfléchir à mettre en scène ce dialogue surréaliste sous forme de pièce de théâtre pour sublimer l’expérience, lui donner un sens.) :
– « Tu as des adresses à me suggérer ?
Merci pour le diagnostic non sollicité by the way 💙
Bon ». 
(Il doit se dire à ce moment qu’il lui a coupé le sifflet)
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Acte 2 scène 3 –  Jean-Kyllian Tofu tente une parade zététique de ceinture blanche de pensée critique.
Jean-Kyllian Tofu (Ne se doûte pas une seule seconde de la perfidie de mes plans démoniaques) :
– « La charge de la preuve ? Il y a une accumulation de preuves scientifiques selon lesquelles les animaux souffrent de l’élevage, et que l’élevage est une catastrophe écologique (totalement inefficace d’un point de vue énergétique), et plus de n’avoir aucun intérêt supplémentaire par rapport à un régime végétalien bien mené. Que veux-tu de plus ? »
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Scène finale-

Le Mythe (Se dit qu’elle a accumulé suffisamment de matériel et que toutes les meilleures choses ayant une fin, il faut songer à raccrocher maintenant.)  :
– « Je ne pense pas que ce type d’échange soit très fructueux, en ce qui me concerne, j’y mets un terme. »
Jean-Kyllian Tofu (montre son vrai visage et largue une dernière diarrhée censée faire démissionner le Mythe de Facebook définitivement)

– « Les urgences de Sainte Anne.

Tu n’as fait que confirmer que les carnistes étaient des déchets de la pensée humaine. »
(Et paaaaan dans nos gueules de salomnivores.)
Le rideau se ferme, le public de la page applaudit.
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La planète a besoin de plus d’élevage, pas de plus de soja.

Du caractère fallacieux de l’injonction générale à manger moins de viande.

Traduction de cet article de Seth Itzkan, le co-fondateur de l’association Soil4climate.

Ce qui est terriblement insidieux dans l’idée qu’il faudrait « manger moins de viande« , c’est que cette injonction permanente véhicule l’idée implicite que la viande est mauvaise (alors que, bien sûr, elle ne l’est pas). La conséquence étant que tout naturellement les choix du consommateur mal averti se reporte vers des succédanés de fausse viande, de soja OGM et son corollaire :  l’appauvrissement des sols au détriment de solutions alternatives,  régénératrices et nutritionnellement supérieures que sont le bœuf et les produits laitiers. Ces « alternatives animales » sont pourtant les éléments essentiels dans  le cadre une démarche d’améliorer la structure des sols, d’y capter du carbone,  afin de revitaliser les écosystèmes de pâturage et en bout de chaîne dans l’assiette du consommateur. Ce que Burger King, et d’autres franchises, devraient faire, au lieu de transporter des cargos d’Aliments Impossibles (substitut de viande), c’est d’insister pour que chaque région s’approvisionne en au moins 10 % de ses viandes localement et via une production écologiquement restauratrice des sols. Cela donnerait un coup de fouet à la révolution alimentaire qui est un rouage incontournable du défi contemporain que représente le changement climatique.

 

Regardons y de plus près. La viande, nous le savons, est la nourriture la plus saine sur terre, et il n’y aurait pas eu d’évolution humaine ni de pensée élaborée sans que nos ancêtres en aient consommé. Et, bien sûr, il n’y aurait pas non plus de sol riche en carbone sur les deux tiers de la surface terrestre de la planète qui dépend de l’activité des ruminants. Les mensonges déplacés qui font honte à la chair animale permettent la promulgation d’obscènes Franken-aliments comme l’Impossible Burger. Ces aberrations de la sensibilité culinaire sont en plein boum, et cet engouement n’est pas près de diminuer notre dépendance au soja. Ces « alternatives capitalistico-vertes » incarnent en outre la richesse générée par ce que nous mangeons comme un capital juteux détenu dans les mains de quelques entrepreneurs de technologie de pointe, qui, comme des vautours des affaires, utilisent des arguments fallacieux pour nous vendre de la « viande de laboratoire « un simple véhicule de capitalisation de la propriété intellectuelle. Ce qui compte pour ces marchands de faux, ce sont les brevets, et non la qualité intrinsèque des produits.

14 brevets dans chaque bouchée de viande de synthèse. Miam, un véritable trésor de guerre de plus de deux milliards de dollars selon les dernières estimations. Si un tel budget était alloué au pâturage régénérateur, nous pourrions mettre fin à la faim et à la désertification en Afrique.

Le pâturage planifié de façon holistique au Zimbabwe – construire le sol, inverser la désertification, séquestrer le carbone du sol. Photo Copyright Seth J. Itzkan

Le vrai problème, comme la plupart des gens de ce groupe le savent, c’est le soja et le maïs utilisés dans les élevages concentrationnaires (Note du mythe : CAFO : ce type d’élevage… n’existe pas en France.) . Lorsque l’accent est mis sur le sol, c’est évident, nous avons en fait besoin de beaucoup plus d’animaux !  De grandes régions du pays, comme pratiquement tout l’État de l’Iowa, qui pratiquent la culture céréalière annuelle, devraient être reconverties en prairie à herbes hautes avec pâturage. Lorsque le citoyen moyen comprendra cela, et lorsqu’il y aura des marchés du carbone pour récompenser la réduction des émissions, ce débat sera caduque. Les viandes nourries au pâturage seront concurrentielles sur le plan des coûts par rapport aux viande issues d’élevage concentrationnaires, tout comme l’énergie solaire est maintenant concurrentielle par rapport aux combustibles fossiles. On n’entend pas les gens réclamer d’employer « moins d’énergie ». Vous les entendez revendiquer des « énergies propres », ou encore des « énergies renouvelables ». Cette même logique sera appliquée à la viande, non pas « moins », mais « mieux ».

Seth Itzkan.

A qui profite le lobby végan ?

Traduction d’un bel artikledegoch paru sur The Conversation.

A en croire les journaux et les médias qui causent de diététique, on imagine que les médecins et les diététiciens sont LES personnes qui donnent le la sur le sujet de la nourriture, et qui nous guident à travers le maquis de ce qu’il convient de croire en terme de nutrition. Mais les tendances alimentaires sont beaucoup plus politiques – et économiquement motivées– qu’il n’y paraît.

De la Rome antique, où Cura Annonae – la fourniture de pain aux citoyens – était la mesure étalon de la bonne gouvernance, à la Grande-Bretagne du XVIIIe siècle, où l’économiste Adam Smith  identifiait un lien entre les salaires et le prix du maïs, la nourriture a été au centre de l’économie. Les politiciens considèrent depuis longtemps la politique alimentaire comme un moyen de façonner la société.

C’est pourquoi les tarifs douaniers et autres restrictions commerciales sur les importations de nourriture et de céréales ont été appliqués en Grande-Bretagne entre 1815 et 1846. Ces « lois sur le maïs » ont accru les profits et le pouvoir politique des propriétaires fonciers, au prix d’une hausse des prix des denrées alimentaires et d’un ralentissement de la croissance dans d’autres secteurs économiques.

En Irlande, la facilité de cultiver la pomme de terre, culture récemment importée sur l’ïle, a conduit la plupart des gens à subsister d’un régime monotone constituté de pommes de terre et d’un peu de produits laitiers. Lorsque le mildiou de la pomme de terre a sévi, un million de personnes sont mortes de faim, alors même que le pays continuait à produire de grandes quantités de nourriture pour l’exportation en Angleterre.

Illustration : La famine en Irlande.

De tels épisodes illustrent bien que la politique alimentaire a souvent été une lutte entre les intérêts des riches et des pauvres. Il n’est pas étonnant que Marx ait déclaré que l’alimentation était au cœur de toutes les structures politiques et ait mis en garde contre l’alliance de l’industrie et du capital, avec l’intention de contrôler et de biaiser la production alimentaire.

Guerres végan.

Bon nombre des débats actuels sur l’alimentation peuvent également être réinterprétés lorsqu’ils s’inscrivent dans un contexte économique plus large. Ces dernières années, par exemple, le mouvement végétarien a été coopté dans un programme politique qui peut avoir pour effet de désavantager de manière perverse l’agriculture traditionnelle à petite échelle en faveur de l’agriculture industrielle à grande échelle.

Ces phénomènes s’inscrivent dans le cadre d’une tendance plus large à délaisser les petits et moyens producteurs au profit d’une agriculture industrielle et d’un marché alimentaire mondial où les aliments sont fabriqués à partir d’ingrédients bon marché achetés sur un marché mondial des produits en vrac qui est soumis à une concurrence féroce. Essayez d’envisager le lancement d’une toute nouvelle gamme de « fausses viandes » (faux produits laitiers, faux œufs) créées par des laboratoires aux Etats-Unis et en Europe, comme ayant contribué à l’essor du mouvement végan. Ces tendances enracinent le déplacement du pouvoir politique des fermes traditionnelles et des marchés locaux vers les entreprises de biotechnologie et les multinationales.

Selon les estimations, le marché mondial des aliments végétaliens devrait croître chaque année de près de 10 % et atteindre environ 24,3 milliards de dollars américains d’ici 2026. De tels chiffres ont encouragé les mégalithes de l’industrie agricole à investir, ayant réalisé que le mode de vie « végétal » génère d’importantes marges de profit, ajoutant de la valeur aux matières premières bon marché (comme les extraits protéiques, les amidons et les huiles) par l’ultratransformation. Unilever est particulièrement actif à ce sujet, offrant près de 700 produits estampillés « vegan » sur le marché européen.

 

Illustration : Toutes ces bonnes choses industrielles sont végan, elle est pas belle, la vie ?

 

Le Think Tank américain RethinkX prédit que « nous sommes à l’aube de la perturbation la plus rapide, la plus profonde et la plus conséquente » de l’agriculture de l’histoire. Nous prédisons que d’ici 2030, toute l’industrie laitière et bovine américaine se sera effondrée, car la « fermentation de précision » – produire plus efficacement des protéines animales via les microbes – « révolutionne fondamentalement la production alimentaire telle que nous la connaissons« .

Les Occidentaux pourraient être tenté de se laisser convaincre que ces bouleversements sont le juste prix à payer pour une révolution qu’on nous présente comme désirable et inéluctable. Mais ailleurs, c’est une autre histoire. Bien qu’il y ait à dire pour rééquilibrer les régimes alimentaires occidentaux de la viande vers les fruits et légumes frais, en Inde et dans une grande partie de l’Afrique, les aliments d’origine animale sont indispensables pour maintenir la santé et obtenir la sécurité alimentaire, en particulier pour les femmes et les enfants et les 800 millions de pauvres qui ne survivent que sur une base alimentaire de féculents.

Pour relever le défi de 2050 en matière de nutrition mondiale en protéines de qualité et de certains des micronutriments les plus problématiques au monde, les aliments d’origine animale demeurent fondamentaux. Mais l’élevage joue également un rôle crucial dans la réduction de la pauvreté, l’augmentation de l’équité entre les sexes et l’amélioration des moyens de subsistance. L’élevage ne peut être exclu de l’équation dans de nombreuses régions du monde où la culture des végétaux implique le fumier, la traction et le recyclage des déchets – c’est-à-dire, si la terre permet une croissance durable des cultures en premier lieu. Le bétail traditionnel permet aux populations de traverser les saisons difficiles, prévient la malnutrition dans les communautés appauvries et assure la sécurité économique.

Enfants et leur troupeau. Tanzanie.

Qui tire son épingle du jeu ?

Souvent, ceux qui se font les portes paroles enthousiastes des régimes végan du monde occidental ne sont pas au courant de ces enjeux économiques sous jacents. En avril 2019, par exemple, le scientifique canadien Brent Loken, spécialiste de la transition écologique, s’est adressé à la Food Standards Authority de l’Inde au nom de la campagne d’influence « Great Food Transformation » de l’EAT-Lancet, présentant l’Inde comme « un exemple vertueux » parce que selon lui : »la majorité des sources de protéines consommée dans ce pays proviennent des plantes ». Pourtant, ce genre de discours en Inde est loin de faire l’unanimité.

Le pays se classe 102e sur 117 des pays admissibles selon l’Indice mondial de la faim, seulement 10 % des nourrissons indiens âgés de 6 à 23 mois sont correctement nourris. Alors que l’OMS recommande les aliments d’origine animale comme sources de nutriments de haute qualité pour les nourrissons, la politique alimentaire de ce pays est le fer de lance d’un nouveau nationalisme hindou ultra violent qui a conduit de nombreuses communautés minoritaires de l’Inde à être persécutées. Même la consommation d’œufs dans les repas scolaires des enfants indiens des classes sociales les moins favorisées est devenue politique. Ici, les appels à consommer moins de produits d’origine animale s’inscrivent dans un contexte politique profondément agité.

Il en va de même, en Afrique, où les guerres alimentaires sont perçues avec une acuité particulière dans la mesure où l’agriculture industrielle pratiquée par les transnationales pour les cultures et les légumes prive les exploitations familiales mixtes (y compris le bétail et les produits laitiers) de terres fertiles et aggrave les inégalités sociales.

Il en résulte qu’aujourd’hui des intérêts privés et des manoeuvres politiques se cachent souvent derrière des discours des plus émouvants quand à l’ « éthique » et « l’écologie planétaire », alors que les conséquences de ces choix de sociétés peuvent être des carences nutritionnelles, des monocultures destructrices de la biodiversité et l’érosion de la souveraineté alimentaire.

Malgré toutes ces belles paroles, la réalité de la politique alimentaire mondiale consiste en une alliance entre l’industrie et le capital qui vise à la fois à contrôler la production alimentaire. Nous devrions nous rappeler les mises en garde de Marx concernant le fait de laisser les intérêts des entreprises et les profits privés décider de ce que nous devrions manger.

 

Un bébé végan vient encore de mourir

Mais naturellement il n’est pas mort du véganisme. Et après tout, des bébés omnivores qui meurent, il y en a tous les jours, n’est ce pas. Mamans véganes, vous pouvez vous rendormir, ce bébé est mort de pakomilfoïte aïgue, circulez, ya rien à voir.

Le véganisme, on  n’en meurt pas, c’est pas possible, c’est l’ADA qui l’a dit d’abord.

Image associée

Venez, on va jouer à l’Ada a dit 🙂

-> L’ADA a dit que : »Les régimes végétariens menés de façon appropriée sont
bons pour la santé »

-> L’ADA a dit que : « adéquats sur le plan nutritionnel et
sont bénéfiques pour la prévention et le traitement de
certaines maladies »

-> L’ADA a dit que  : « Une alimentation végétalienne bien planifiée et
les autres types d’alimentations végétariennes sont
appropriés à toutes les périodes de la vie, y compris la
grossesse, l’allaitement, la petite enfance, l’enfance, et
l’adolescence »

Toute la subtilité de l’exercice devant donc résider dans le « bien planifiée« . Tu planifies pas bien -> ton enfant meurt. Bim. T’es pas un vrai végan, mais un traître à la cause.

Cette fois çi, le bébé qui est mort-d’autre-chose-que-du-véganisme était un bambin de 18 mois qui pesait 7,700 kilos, le poids moyen d’un nourrisson de 7 mois.

On m’accuse parfois de publier des articles d’anecdotes sordides, issus de torchons journalistiques. Ce n’est pourtant pas ma faute si les parents végan se retrouvent plus souvent qu’à leur tour dans les tabloïds.

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Voiçi une traduction de l‘article anglophone sur cette sombre anecdote :

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« Une famille végétalienne au cœur de la mort d’un garçon de 18 mois de Cape Coral, le petit victime de malnutrition, ne mangait que des fruits et légumes crus, et du lait maternel selon les déclarations des parents à la police.

Le tout-petit décédé le 27 septembre sous la garde de ses parents, Ryan et Sheila O’Leary, pesait 7,7 kilos, selon les rapports de police. Son alimentation était complétée par du lait maternel. Les résultats de l’autopsie ont déterminé que son décès a été causé par des complications liées à la malnutrition, y compris la déshydratation, la microstéatose du foie et un léger œdème (enflure) des mains, des pieds et des jambes, d’après un rapport de cause probable de décès du Cape Coral.

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Le jour du drame, la maman, Sheila O’Leary appele le numéro d’urgence quand elle remarque que son fils ne respirait plus et qu’il était tout froid. Ryan O’Leary, le père, tente de réanimer l’enfant, mais le malheureux est déclaré mort lorsque les secouristes du comté de Lee sont arrivent au domicile des parents. Lorsqu’un détective rencontre les O’Leary, ils découvent trois autres enfants dans une fourgonnette.

Deux de ces enfants sont les enfants biologiques de Ryan et Sheila O’Leary et ont été décrits comme étant « extrêmement petits pour leur âge« , 3 et 5 ans, et de « couleur pâle et jaunâtre », selon la déclaration des enquêteurs.

Ils pesaient tous les deux sous le troisième percentile pour leur âge, et l’un de ces enfants avait aussi des dents noircies, ce qui indique une carie dentaire qui a nécessité une chirurgie. Le troisième enfant de la fourgonnette semblait être le plus en santé des enfants, il s’agit de la fille de Sheila O’Leary d’un père différent qui vit en Virginie. Selon la garde parentale, l’aînée rend visite au père biologique en Virginie tous les deux mois pendant quelques semaines, ce qui explique probablement son apparence plus saine, a indiqué la police dans la déclaration. En 2009, l’enfants avait été placée chez son père biologique en Virginie parce qu’elle n’avait pas réussi à s’épanouir en bonne santé sous la garde de Sheila O’Leary, sa mère. Selon le casier judiciaire, les parents semblent avoir une taille et un poids proches de la normale.

La mère aurait déclaré à la police que son bébé de 18 mois n’avait pas mangé depuis une semaine et qu’elle était nourrie au sein exclusivement. La mère explique aux autorités qu’elle pensait que c’était parce que le bébé « faisait ses dents ».

Le jour fatidique, 4 heures du matin, le bébé aurait tété pendant environ une minute, puis il aurait commencé à respirer de plus en plus faiblement. La mère déclare à la police qu’il n’avait jamais fait cela auparavant et qu’elle aurait dû appeler quelqu’un parce qu’elle était inquiète, dit la déclaration. Au lieu de cela, le foyer s’est rendormi.

La police a posé des questions sur les antécédents médicaux du garçon et Shelia O’Leary explique qu’il était né à la maison et qu’il n’avait jamais vu un médecin. Le père appuie que c’était le choix de la famille. La mère explique également que sa famille est végan et ne mange que des fruits et des légumes. Les enfants ne mangent que des aliments crus, principalement des mangues, des ramboutans, des bananes et des avocats. La famille a opté pour l’instruction en famille, mais la police a déterminé qu’ils n’étaient pas activement inscrits à un programme scolaire.

Aucune description de photo disponible.

La mère déclare également à la police que les pieds du garçon étaient enflés par intermittence depuis quelques semaines et qu’il ne marchait plus autant qu’avant. La cause du décès de l’enfant eut été déterminée le 6 novembre.

Le couple a été arrêté pour homicide involontaire coupable par négligence, négligence d’un enfant ayant subi des lésions corporelles graves et négligence d’un enfant sans lésions corporelles graves. Ils avaient tous les deux une caution de 250 000 $. Ils sont détenus dans la prison du comté de Lee et leur comparution est prévue pour le 9 décembre. »

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Pour conclure cet article funeste, Le mythe végétarien vous rapelle à toutes fins utiles qu’elle cherche encore des exemples de bébés « mort d’omnivorisme ».

 

 

 

 

De végétarienne à éleveuse-bouchère éthique : une singulière reconversion.

L’histoire relativement banale d’une maman australienne qui suit un mode de vie végétarien depuis une décennie, à celà prêt qu’enceinte de son 3ème enfant, elle « craque » et mange un hamburger. Virage à 180°, cette désormais ex végétarienne devient éleveuse de porcs 100% élevés en libre parcours. Cerise sur le gâteau (désormais cuisiné avec des oeufs et du beurre) : elle apprends le métier de boucher. (bouchère , 😀 )

Tammi Jonas, âgée de 49 ans, cette même femme qui était devenue végétarienne de toute sa conviction dans les années 1970, révoltée et indignée après avoir lu un livre sur le traitement des animaux de ferme.

Tammi now works as a butcher. Credit: Facebook/Tammi Jonas

Tammi, qui vit à Victoria, en Australie, n’avait pas mangé de viande une seule fois pendant ces 10 années d’engagement en végétarisme. Celà dit, le fait d’être devenue « dangereusement anémique » précipite la décision de cette amoureuse des animaux et de la nature. Elle raconte son déconditionnement : « J’étais au travail un jour et je me suis dit : « Un hamburger arrangerait ça. »  😀 Elle avait vu juste, et depuis n’a jamais fait demi-tour.

 « Je suis retournée à la viande rouge, donc au bœuf et à l’agneau, une fois par semaine tout au long de la grossesse, et il m’a fallu quelques années de plus avant d’accepter de remanger du porc ou de la volaille. Je n’ai jamais pensé qu’il était immoral de prendre la vie d’un animal pour se nourrir – j’ai toujours été à l’aise avec ma place dans la chaîne alimentaire, mais je pensais qu’il était immoral de traiter les animaux cruellement, de ne pas les laisser sortir et respirer de l’air frais et d’être confinés dans des étables sans pouvoir se retourner. »

Tammi classed herself as an 'ethical omnivore'. Credit: Facebook/Tammi JonasTammi se définit elle même comme une  » omnivore éthique « . Crédit : Facebook/Tammi Jonas.

Mais les choses sont allées encore plus loin lorsque Tammi et son mari Stuart ont fait leurs propres recherches et découvert qu’ils pouvaient vivre de l’agriculture à petite échelle en misant sur le traitement correct et éthique des animaux.

Sur son site web, Tammi explique : « Ma trajectoire de mangeuse industrielle sans cervelle en passant par végétarienne pour aboutir à omnivore éthique m’a conduite à devenir éleveuse de porcs pour contribuer au mouvement grandissant pour faire sortir les porcs et la volaille des hangars et les ramener dans les enclos.

« Nous cultivons, charcuterons et soignons toute notre viande, nous nourrissons 80 foyers à partir de notre ferme d’agriculture soutenue par la communauté (CSA) en pleine expansion. »

L’image contient peut-être : nourriture

Tammi décrit ses pratiques agricoles comme étant éthiques et holistiques, expliquant qu’il n’y a pas de produits chimiques nocifs utilisés dans ses pratiques agricoles, et que les animaux vivent comme ils le feraient à l’état sauvage.

« Certaines personnes traceront une limite éthique en disant que tuer c’est mal. Mais je ne crois pas que tuer un animal pour la consommation soit contraire à l’éthique s’il a eu une belle vie. »

 

Aucune description de photo disponible.

Si vous mangez des amandes, vous n’êtes pas un vrai végan.

Une traduction rapide juste pour le plaisir de casser les noix de personnes trop promptes à proclamer leur vertu alimentaire 😉

Les amandes ne sont pas vegan.  Si vous en mangez, vous ne l’êtes pas non plus, de fait.

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Que signifie être vegan ?
Selon la Vegan Society :

« Un vegan est quelqu’un qui essaie de vivre sans exploiter les animaux, pour le bénéfice des animaux, des gens et de la planète. Les vegan se nourrissent de plantes, excluant tout produits animaux, ni viande, ni lait, ni œufs, ni miel, par exemple. »

Source:

www.vegansociety.com, retrieved 26 November, 2010

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Comment les amandes sont-elles produites ?

Alors que de nombreux fruits et légumes peuvent être pollinisés sans abeilles, les amandes ont besoin d’abeilles mellifères pour assurer leur pollinisation. S’il n’y a pas d’abeilles, il n’y a pas d’amandes.

80% des amandes du monde sont produites en Californie. La pollinisation commerciale des amandiers s’étend sur une période de 22 jours en février. C’est une tâche impossible à accomplir pour les abeilles locales : il y a trop d’arbres à polliniser et trop peu d’abeilles. Pour polliniser les arbres, les producteurs d’amandes doivent importer des abeilles de tout le pays.

En 2006, un million de ruches ont été chargées dans des camions et amenées en Californie pour travailler pour les producteurs d’amandes. Cela représente environ 40 milliards d’abeilles mellifères. La moitié de toutes les abeilles mellifères des Etats-Unis, transportées par camion de tout le pays pour travailler comme esclaves dans les vergers d’amandiers de Californie.

The Billion-Dollar California Almond Industry's Blossoming Future

Pour 2011, on prévoit que 1,7 million de ruches seront nécessaires. 70% de l’approvisionnement américain en abeilles mellifères.

Les abeilles reçoivent du sirop de maïs à haute teneur en fructose pour combattre la fatigue et s’assurer que les ruches peuvent accomplir leurs tâches dans le verger. Les chercheurs sont encore indécis quant à la nocivité de ce produit pour les abeilles.

De plus, ce rassemblement annuel d’abeilles a entraîné la propagation de maladies et de parasites des abeilles dans tout le pays. Les abeilles se rassemblent en Californie, échangent tout ce qui est transmissible, puis retournent avec leurs ruches dans leur état d’origine. Il s’agit d’un facteur possible du syndrome d’effondrement des colonies (CCD) qui sévit dans les colonies d’abeilles depuis quelques années.

Sources:

The Almond and the Bee (SFGate), retrieved 26 November, 2010

Honey bee research is solution to almond industry’s pollination needs (Western Farm Press), retrieved 26 November, 2010

Abeilles mortes

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Alors, qu’est-ce que cela signifie ?

Ça veut dire que les amandes ne sont pas végan.

Cela signifie également que si vous pensez qu’il est acceptable de manger des amandes, vous n’êtes pas vegan.

Et, s’il vous arrive d’être un de ces vegan prêcheurs et moralisateur, cela signifie que manger des amandes fait de vous un grand hypocrite.

 

 

 

Vegan, désolé, mais vous tuez des animaux. (beaucoup)

 

Le mythe vous propose cette chouette réflexion qui va plus loin que le bout de l’assiette : le nombre d’animaux, tout animaux confondus impactés lors de la production d’aliment végétaux. Une traduction dont l’original se trouve ici.

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Le nombre d’animaux qui meurent chaque jour lors du processus de production de la nourriture estampillée « vegan » est vertigineux

Il y aurait beaucoup à dire sur le véganisme. Pour le mangeur consciencieux, c’est une notion qui s’épargne de questionner tout un tas de zones grises sur le plan de l’éthique. Si vous vous souciez de ce que vous mettez dans votre bouche, le véganisme est probablement le moyen le plus binaire d’aborder toute la thématique de la viande. Ce mouvement ne s’embarasse pas de réflexion quand aux viandes dite « éthiques », ni de questions sur la manière exacte dont les poules sont « en liberté  » quand il y a 10 000 poulets à l’hectare. Ne pas manger de viande, ne pas acheter de produits provenant d’animaux – point. Cela signifie-t-il que vous faites mieux non seulement pour les animaux directement touchés, mais aussi pour l’environnement et votre santé ? Mais si le véganisme est en hausse dans les pays occidentaux, il est encore loin du courant dominant. Alors pourquoi est-il si difficile de convaincre les gens de sa valeur si c’est vraiment une victoire pour tous ? La philosophie végétalienne consiste, au fond, bien souvent à réduire la souffrance. En ne mangeant pas d’animaux, vous réduisez – par définition – la souffrance. C’est une très bonne idée.  Et j’aimerais que ce soit aussi simple.

Commençons par l’exemple du petits pois. La ferme de Collydean (ce n’est pas son vrai nom, mais il s’agit vraiment d’une vraie ferme) est une ferme mixte de 2700 ha dans le nord de la Tasmanie. Ils élèvent des bovins de boucherie, quelques moutons, font de l’agroforesterie, cultivent de l’orge et certaines années, ils font pousser des pois. Beaucoup de petits pois : environ 400 tonnes par saison. Et pour protéger les petits pois, ils ont des clôtures pour la faune, mais ils doivent aussi abattre beaucoup d’animaux. Quand j’étais là-bas, ils avaient obtenu un permis pour tuer environ 150 cerfs. Ils tuent régulièrement environ 800 à 1000 opossums et 500 wallabies par an, ainsi que quelques canards. (A sa décharge, Collydean n’invite sur sa ferme que des chasseurs qui emploieront les animaux qu’ils tuent – pour l’alimentation humaine ou animale – et ne les laisseront pas dans l’enclos, comme la plupart des animaux tués pour la protection des cultures). Ainsi, plus de 1500 animaux meurent chaque année pour cultiver environ 75 ha de pois pour nos congélateurs. Ce ne sont pas seulement 1500 rongeurs, qui meurent, et que certains peuvent considérer comme des « dommages collatéraux ». Ce sont surtout de gros animaux à sang chaud du genre mignon, avec quelques oiseaux qui y passent.

L’image contient peut-être : plein air et nature

Les propriétaires de la ferme de Collydean m’assurent qu’il ne serait pas financièrement viable pour eux de cultiver des pois sans tuer ces animaux. Ce qui signifie que chaque fois que nous mangeons des petits pois, les agriculteurs ont « contrôlé » ces espèces « nuisibles » en notre nom, et ces animaux sont morts en notre nom également.

Le nombre d’animaux qui meurt pour produire de la nourriture végétalienne est étonnant. Prenons l’exemple du blé, une culture courante en Australie. Examinons la densité nutritionnelle de l’aliment en question, car tous les aliments ne sont pas créés égaux. Selon un article de Mike Archer, professeur à la Faculté des sciences de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud, environ 25 fois plus d’êtres sensibles meurent pour produire un kilo de protéines à partir de blé qu’un kilo de protéines à partir de viande bovine. Grâce aux monocultures, aux pesticides et à nos systèmes d’élevage modernes, un grand nombre de petits animaux meurent pour produire du blé. Oui, la plupart d’entre eux sont des rongeurs, mais dans le monde végétalien, toute vie de sang chaud devrait être honorée également ?

En moyenne, 1 milliard de souris sont empoisonnées chaque année en Australie-Occidentale seulement. Selon un rapport sénatorial de 2005, si nous ne tuions pas les souris, le coût de la nourriture augmenterait considérablement ; même avec de lourds programmes d’appâtage, les souris coûtent environ 36 millions de dollars par an à l’économie australienne.

Regardons du côté des oiseaux. Sur une période de cinq ans, jusqu’en 2013, les riziculteurs de la NGS ont tué près de 200 000 canards indigènes pour protéger leurs champs. C’est ça, cultiver du riz. Cela s’ajoute aux animaux indirectement affectés, comme ceux qui autrefois se développaient dans les cours d’eau drainés par une culture si fortement irriguée sur un continent sec. C’est comme ça que l’agriculture fonctionne. Pour faire pousser quelque chose, d’autres choses sont affectées. Parfois c’est un animal, parfois c’est un sacré paquet d’animaux. La plupart des animaux qui meurent à Fat Pig Farm, notre propriété dans la vallée de Huon au sud de Hobart, sont les escargots et les limaces qui détruiraient notre jardin si rien n’est fait. Nous tuons près de 5000 papillons de nuit, limaces et escargots chaque année pour cultiver des légumes et des milliers et des milliers de pucerons.

Ce sont les insectes qui paient le plus lourd tribut à toute la production annuelle de légumes. Et l’insecte le plus exploité de tous est l’abeille domestique européenne. Les vrais végétaliens ne mangent pas de miel parce que c’est le résultat de la domestication et de l’utilisation de l’abeille européenne. Ils n’en mangent pas parce que manger du miel, c’est « voler » le miel de la ruche, et parce que les abeilles meurent dans le processus des apiculteurs qui gèrent les ruches et extraient le miel. Et ils ont raison, les abeilles meurent dans ce processus. Le problème est que les abeilles mellifères sont de très, très bons pollinisateurs, et tout un tas de cultures dépendent de ces abeilles pour produire des fruits – et encore plus de cultures souffriraient d’une production beaucoup plus faible en raison de leur faible fertilité si nous n’avions pas les abeilles. Environ un tiers de toutes les cultures dans le monde bénéficient d’une interaction directe avec les pollinisateurs, dont les abeilles européennes sont de loin les plus efficaces. Que nous mangions du miel ou non, nous sommes les bénéficiaires du travail de l’abeille domestique européenne. En leur absence, certaines cultures seraient proches de l’échec et d’autres augmenteraient considérablement leurs coûts. Des tas d’abeilles meurent chaque année en effectuant le travail de pollinisation dont nous bénéficions des fruits. Selon Scientific American, on estime que jusqu’à 80 milliards d’abeilles domestiques sont impliquées chaque année dans l’industrie californienne de l’amandier, dont près de la moitié meurent pendant le processus de gestion et les longs trajets vers et depuis les grands vergers d’amandiers. Et c’est le carnage d’une seule récolte.

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Et le vin vegan, vous dites ? Il n’utilise pas de vessies de poisson, ni d’extraits de lait, ni d’oeuf comme agent de collage (ingrédients utilisés pour clarifier de nombreux vins, bières et cidres). Mais n’oubliez pas la récolte. Venez avec moi pour assister à la cueillette des raisins et voir d’énormes bacs de raisins bien charnus se déverser dans le concasseur avec des souris, des araignées, des lézards, des serpents et des grenouilles. Malheureusement, le vin végétalien est une véritable fricadelle.

Passons maintenant au beurre d’arachide, cette merveilleuse protéine de base très pratique. Savez-vous combien de parties d’un insecte se trouvent dans chaque pot ? Selon Scientific American, chacun d’entre nous mange environ 0,5 à 1 kg de mouches, asticots et autres insectes par an, cachés dans le chocolat que nous mangeons, les céréales que nous consommons, le beurre d’arachide que nous tartinons sur des toasts. Selon la réglementation américaine (qui est plus facile d’accès que les données australiennes), 125 g de pâtes (une seule portion) peuvent contenir en moyenne 125 fragments d’insectes ou plus, et une tasse de raisins secs peut contenir un maximum de 33 œufs de mouches des fruits. Un kilogramme de farine contient probablement 15 g de produit animal, des excréments de rongeurs aux charançons en passant par les pattes de cafards.

Je n’évoque pas ceçi pour le côté « bouark » mais simplement pour montrer l’impact réel et le coût en vie animale de la production alimentaire. Quand tu manges, tu n’es jamais vraiment végétalien. Lorsque les humains cultivent et transforment des aliments, n’importe quel aliment, d’autres choses meurent – et souvent nous les mangeons.

Il semble bien que la production alimentaire soit injustement pointée du doigt comme meurtrière d’animaux, alors que toute activité humaine a un effet sur d’autres êtres vivants. On tue des animaux quand on conduit. Nous tuons des animaux quand nous volons, ou transportons des marchandises par avion. Nous tuons quand nous construisons des voies ferrées, quand nous cultivons du grain, quand nous cultivons des pommes et lorsque nous extrayons du sable de mine. Nous modifions les écosystèmes lorsque nous construisons de nouvelles habitations, construisons des usines de bicyclettes et expédions des lentilles. Nous chassons constamment les animaux indigènes de leur environnement, avec la douleur et la souffrance qui en résultent.

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Peut-être, pour ceux qui par goût ne tiennent pas plus que celà à consommer de la viande, ou qui choisissent de ne pas manger de viande délibérément, c’est une question de contexte. Toutes les créatures tuées lors des cultures – les rongeurs, les insectes, les oiseaux – ne seraient que des « dommages collatéraux ». Cette façon de penser est basée sur le fait que les consommateurs de viande (ou leurs agents, les fermiers, les abatteurs, les bouchers et les chefs cuisiniers) « choisissent » une victime, ce qui est différent d’un animal qui meurt par hasard. Mais une mort est une mort. Souffrir, c’est souffrir, qu’il s’agisse d’un être vivant, directement ou non. Tous les impacts de nos actions doivent être pris en compte. Et je pense que c’est le coeur même du problème.

Quelles actions produisent le moins de souffrance ? Certains commentateurs croient que les cultures annuelles produisent plus de souffrance pour plus d’animaux. Le point de vue est que la vie est la vie, que la vie engendre la vie, et que pour vivre nous devons consommer quelque chose qui a vécu, avec des impacts sur les autres formes de vie bien au-delà de notre système de pensée. Vous mangez une plante, et cela affecte un animal – un animal qui allait manger cette plante (disons une noix d’un arbre dans la nature), un animal qui meurt parce qu’il allait manger cette plante (peut-être des sauterelles ou des chenilles sur les cultures agricoles), ou un animal qui aurait pu vivre dans la nature si nous n’avions pas cultivé cette plante du tout.

Tuer un animal pour sa nourriture ou ses fibres n’a qu’un effet minime. L’empreinte écologique du bétail sur la terre est plus grande. Plus grande encore, et plus destructrice, la culture de plantes destinées à l’alimentation, grâce à la perte de terre végétale, aux légions d’animaux tués pour maintenir les monocultures et à l’utilisation d’engrais artificiels et de produits chimiques disponibles pour l’agriculteur moderne. Nous tous, végétaliens et omnivores, sommes les bénéficiaires de l’engrais et du compost qui proviennent des déchets animaux ou des combustibles fossiles. Les agriculteurs biologiques utilisent du compost fabriqué à partir de sous-produits animaux, tandis que les agriculteurs conventionnels utilisent des engrais azotés, qui sont produits à partir de grandes quantités de combustibles fossiles. Environ 2 à 3 % des combustibles fossiles brûlés chaque année servent à fabriquer des engrais azotés, ce qui représente environ 3 % des émissions mondiales de carbone, y compris les émissions d’azote rejetées dans l’atmosphère. Et puis il y a le système de transport mondial, qui utilise des combustibles fossiles pour expédier vos fèves de soja brésiliennes et vos amandes californiennes à travers le monde.

Si vous n’utilisez pas d’engrais à base de combustibles fossiles, vous avez besoin de sous-produits animaux. Il n’existe pratiquement aucun producteur de fruits et légumes biologiques qui n’utilisent pas un sous-produit animal (fumier, sang et os) ou du compost qui en contienne. Et il n’y a pratiquement aucune ferme qui ne dépende pas du gaz et du pétrole pour  se procurer de l’engrais, faire fonctionner les tracteurs et expédier les marchandises. Selon la plupart des estimations, la quantité de combustible fossile nécessaire pour produire une calorie alimentaire et l’apporter sur la table est 10 fois plus importante que la calorie alimentaire elle-même. C’est un jeu à somme négative. Les céréales et les cultures en monoculture sont les plus mauvaises, alors que les animaux élevés en herbe, tués et vendus localement, sont parmi les producteurs d’énergie alimentaire les plus efficaces pour l’utilisation des combustibles fossiles.

Si l’on supprime l’utilisation des déchets animaux dans le système d’élevage, les choses vont basculer d’un côté et de l’autre. Si vous voulez une agriculture vraiment végétalienne, vous aurez plus d’émissions de combustibles fossiles et, ce faisant, vous vous retrouverez avec des aliments plus chers, une moins bonne pollinisation et une variété réduite grâce à l’élimination des abeilles domestiques.

J’ai eu la chance d’être de tous les côtés dans ce débat. J’ai expérimenté le végétarisme. J’ai pensé à devenir végétalien. Je suis allé dans des élevages intensifs de poulets et de porcs. J’y ai « senti l’argent » et vu le désespoir. J’ai aussi élevé des animaux, des animaux tués (sauvages et domestiques), j’ai cuisiné ces animaux. Ce que j’ai découvert, c’est que le monde animal n’est pas isolé du monde végétal et qu’un débat nuancé et sensé sur la consommation de viande devrait être une priorité pour tous, y compris chez les omnivores de ce monde – un débat où la condamnation, l’agression et l’intolérance ne devraient jouer aucun rôle.

Les vegan sont naturellement invités à exprimer leur opinion sur les conséquences de l’élevage et de la consommation de viande. En effet, certaines de ces conséquences, qu’elles soient personnelles, animales ou environnementales, méritent une réflexion sérieuse. Il est tout à fait possible que manger moins de viande signifie moins de souffrance. Mais ne vous laissez pas berner en pensant qu’être végétalien ne fait de mal à aucun animal.

Quand le véganisme mène à la ménopause précoce

Le dernier cas de pakomilfoïsme en date. Pour les zététiciens en herbe qui veulent toujours voir mes sources, c’est par ici.

Tuck in: Virpi Mikkonen¿s (pictured) health improved once she gave up veganism

Mon régime végétalien a provoqué une ménopause précoce : Dans un aveu choc, l’auteur de cuisine et gourou des médias sociaux VIRPI MIKKONEN, 39 ans, admet que son alimentation végan lui a ruiné la santé.


Au début de l’année dernière, Virpi Mikkonen a tout d’abord été alarmée par l’apparition d’une éruption sur son visage. A ca se sont ajoutés d’autres problèmes : un accès de grippe à n’en plus finir, des ongles qui se dédoublaient, une sensation de dépression et, ce qui est plus inquiétant, l’arrêt de ses règles. Un test sanguin a révélé que son taux d’hormone folliculostimulante (FSH) avait grimpé en flèche pour atteindre le niveau que les femmes atteignent lors de la ménopause. Virpi avait alors 37 ans et des bouffées de chaleur.

« J’ai pensé, qu’est-ce qui ne va pas chez moi ? Je suis en bonne santé, je fais de l’exercice », se dit Virpi. « J’ai commencé à avoir vraiment peur ».

À l’époque, Virpi croyait sincèrement avoir adopté le régime alimentaire le plus sain possible : sans gluten, sans céréales, sans produits laitiers, sans viande, sans sucre raffiné. De plus, elle s’était bâtie une carrière en incitant d’autres personnes à s’alimenter de la sorte. En effet Virpi Mikkonen est une blogueuse réputée, une sorte de superstar de l’alimentation végane qui a à son actif quatre livres de cuisine ainsi que 164 500 followeurs sur Instagram. Bien que finlandaise, elle rédige son blog et ses best-sellers en anglais, ce qui, avec de jolies photos de ses recettes sur Instagram, lui a valu un large public parmi les gourmets britanniques. Vogue l’appelait « l’or des médias sociaux ».

Pourtant, le régime végétalien « propre » (le terme « clean » est souvent employé en francais également) dont elle faisait la promotion comme voie d’accès à la santé la rendait elle même malade. Elle sollicite l’aide d’un spécialiste en médecine chinoise, qui lui diagnostique une « carence en yin » (la santé dépend de l’équilibre du yin et du yang, selon la médecine traditionnelle chinoise). Ce thérapeute explqiue à Virpi qu’elle devrait cesser de manger autant d’aliments crus – pourtant la salade, les jus et les smoothies étaient l’épine dorsale de son alimentation.

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(Merci Angélique Virginie, une lectrice de la page, pour ce somptueux visuel <3)

Son petit déjeuner, par exemple, consistait en un jus pressé à froid de céleri, concombre, fenouil et persil. Le déjeuner était une salade de feuilles d’épinards, de cresson, de concombre, de fenouil et de pois chiches avec un soupçon de graines de tournesol, de courge et de sésame. Le thérapeute de médecine chinoise à contrario l’incitait à tout cuire et à manger chaud, se souvient Virpi. Encore plus radical, le spécialiste encourage fortement Virpi à recommencer de manger des produits d’origine animale –  ce tous les jours. Virpi n’avait pas mangé de viande depuis 15 ans, à part quand elle était enceinte de sa fille Alva, maintenant âgée de sept ans.

La bloggeuse admet avoir été choquée de ces « prescriptions ». Mais maintenant qu’elle a abandonné le véganisme, elle se sent beaucoup mieux.

Early last year, Virpi (pictured) was alarmed by the appearance of a rash on her face and a specialist in Chinese medicine said she should stop eating so much raw food

« J’avais l’impression d’être tombée en panne d’essence« , dit-elle. « J’étais vide. Elle est maintenant particulièrement friande de bouillon d’os, un bouillon d’os qu’elle utilise comme boisson chaude ou qu’elle ajoute aux ragoûts et aux soupes. Elle mange aussi des œufs, ce qui est un grand changement pour quelqu’un qui les appelait des « fausses couches de poulets ». « Les effets de ce changement d’alimentation ont été dramatiques. C’est incroyable. Je me sens énergique, motivée. Je dors mieux, les bouffées de chaleur et les douleurs dans mon corps ont cessé. Le meilleur de tout, c’est que ses règles sont revenues ». Elle était si soulagée qu’elle a dansé autour de son appartement. « J’ai pensé, OK, maintenant je suis de retour sur la bonne voie ».

Le mouvement végétalien continue de croître, la demande d’aliments sans viande augmentant de 987% en 2017. Mais Virpi tient à souligner que le véganisme a des inconvénients. « Cela ne fonctionne pas pour tout le monde. Ça n’a pas marché pour moi« , dit-elle. « Le problème n’était pas d’être végétalien en soi, c’était le régime végétalien et mon mode de vie stressant ». (note de la traductrice = moi non plus je ne comprends pas cette phrase 😀 ) « Je travaillais beaucoup, j’avais produit quatre livres en deux ans. C’était de la folie. Pas étonnant que j’étais épuisée. »

« Certaines personnes ont besoin de produits d’origine animale pour être en bonne santé », poursuit-elle. « Aucun régime ne convient à tout le monde« .

Au cours de sa quête alimentaire, la jeune femme n’a parfois mangé que de la nourriture crue pendant six mois et maintenant, elle frissonne à ce souvenir. « Si vous vivez en Europe du Nord, vous ne pouvez pas vous nourrir d’aliments crus. Tu as besoin de quelque chose pour te réchauffer. »

« Bien sûr, le véganisme est bon pour les animaux et la planète », dit-elle, et l’essor de la cuisine sans viande est quelque chose d important ». Mais elle craint que les jeunes en particulier ne soient entraînés par la tendance et ne sachent pas comment faire les choses correctement. (PAKOMILFO). On peut être végétalien tout en ayant une mauvaise alimentation, dit-elle, surtout avec la croissance de la malbouffe végétalienne produite en masse comme la pizza, les hamburgers et même les petits pains aux saucisses.

Virpi n’a pas encore raconté toute l’histoire à ses disciples, bien qu’elle ait récemment publié un article sur la carence en yin et l' »épuisement professionnel ». Sa réticence est plus due au fait de vouloir trouver le bon moment pour mettre son cœur à nu qu’à la peur de recevoir des messages de colère, mais elle admet : « Les végétaliens peuvent vraiment porter des jugements« . Et la jeune bloggeuse a raison d’être nerveuse. Dana Shultz, qui vit aux États-Unis et dirige Minimalist Baker, un blog de recettes végétaliennes, a été inondée de critiques lorsqu’elle a annoncé qu’elle allait retourner aux produits animaux après avoir souffert de problèmes digestifs et de perte de cheveux. Jordan Younger, alias The Blonde Vegan, a reçu des attaques virulentes sur les médias sociaux, y compris des menaces de mort, après avoir écrit un article sur son blog révélant un trouble alimentaire et sa décision d’abandonner le véganisme.

Naturellement, Virpi tient à souligner qu’elle n’est pas la seule grande influenceuse végétalienne à renoncer à un régime à base de plantes pour des raisons de santé. Cette année, une série de bloggeurs végétaliens avouent qu’ils consomment maintenant des aliments d’origine animale, dont le Londonien Tim Shieff, 31 ans, un YouTuber connu sous le nom de « prince végétalien », qui a révélé qu’il avait abandonné son régime à base de plantes car il l’avait rendu malade. « J’avais des problèmes articulaires, de la fatigue chronique et une légère dépression », dit-il. « Tout mon corps avait l’impression qu’il s’éteignait ». Le jeune homme s’est immédiatement senti mieux après avoir remangé de la viande : « J’étais si choqué… ». « Ma dépression s’est calmée, mes articulations vont mieux, j’ai retrouvé de l’énergie dans mon corps ». Le Dr Marion Gluck, spécialiste des hormones basée à Londres, pense que les faibles taux d’hormones induits par l’alimentation pourraient être à l’origine des problèmes de santé de Virpi. Il y a beaucoup de raisons qui pourraient expliquer une ménopause précoce inattendue – stress, traumatisme, changements de style de vie », dit-elle. « Mais l’alimentation peut aussi être un facteur. Le cholestérol », ajoute le Dr Gluck, « est la pierre angulaire de toutes nos hormones. Seuls les produits d’origine animale et le poisson contiennent du cholestérol et c’est très, très important ». Notre corps produit du cholestérol, mais une grande partie provient de notre alimentation. Un régime à base de plantes pourrait entraîner un taux de cholestérol très bas. C’est probablement ce qui s’est passé et pourquoi ses règles se sont arrêtées« , dit le Dr Gluck. Quand elle a recommencé à manger des produits d’origine animale, elle pouvait à nouveau fabriquer ces hormones ».

Pour certaines personnes, le végétarisme et le véganisme leur conviennent bien, et pour d’autres non. Les facteurs génétiques signifient que certaines personnes produisent suffisamment de cholestérol et d’autres pas. La plupart des gens ont besoin d’un apport en choléstérol conséquent via l’alimentation, surtout les femmes en âge de procréer.

Je rencontre Virpi dans son appartement à Helsinki, où elle vit avec son partenaire, Finn, réalisateur, et leur fille, Alva. Elle m’offre une tisane dans une tasse de porcelaine délicate (elle ne boit jamais de café) et quelques biscuits à l’avoine aux myrtilles sauvages. Elle y a emménagé il y a seulement deux semaines, mais son appartement est magnifique et féminin : planchers crème, coussins doux, tons apaisants, belles fleurs. Virpi admet qu’elle est une fille de 38 ans et dit que cette ménopause précoce a été dévastatrice. « C’était une chose énorme impensable, « c’est là que ma fertilité s’arrête », dit-elle, les larmes aux yeux. « Vous vous croyez encore jeune et soudain, le médecin vous dit : « Vous êtes en ménopause ! Tu dois commencer à prendre de l’hormonothérapie » !

Virpi (pictured) has yet to tell her followers the whole story, though recently posted about yin deficiency and ¿burn-out¿

Elle n’a pas suivi le conseil du médecin parce que sa propre mère avait pris de l’hormonothérapie substitutive lorsqu’elle avait eu sa ménopause à 46 ans et a ensuite développé un cancer du sein. C’était il y a 15 ans et elle va bien maintenant, mais je ne lui faisais pas confiance, à cette approche. J’aime mieux suivre une approche naturelle ». Cette jeune femme a grandi, enfant unique, à Oulu, dans le nord de la Finlande, et se souvient avec bonheur du « régime finlandais » : viande, pommes de terre, pain – bien qu’elle ait choisi de tourner le dos à ces traditions des années durant. « Ma mère m’expliquait d’où venait le lait et comment il venait des trayons des vaches et j’étais genre, OK, pas pour moi. Depuis, elle refuse de boire du lait ». Elle raconte comme est devenue végétarienne à 14 ans après avoir lu un article sur la façon dont les animaux sont traités dans l’industrie alimentaire. Mais c’était difficile d’être végétarien en Finlande dans les années 90, et sa mère s’inquiétait de son alimentation. A l’âge de 22 ans, elle s’installe à Helsinki en 2009 après s’être vu proposer un poste de rédactrice beauté pour Trendi, l’un des principaux magazines lifestyle en Finlande. « Le travail est devenu stressant et j’ai commencé à avoir des problèmes de santé. Mon estomac était tout le temps gonflé et j’avais des rougeurs sur le visage. »

Les tests de l’hôpital sont revenus négatifs. « Ils ont dit : « Il n’y a rien qui cloche chez toi ». Mais ensuite, elle tombe sur une série de gourous en ligne offrant des messages de réconfort : « mangez de cette façon et retrouvez à nouveau la bonne santé ».

Virpi est entré dans le domaine de « l’alimentation clean » – un régime qui favorise la consommation d’aliments dans leur forme la plus pure : « naturel », « réelle », non transformée. C’était une réaction contre un monde alimentaire « toxique » : les aliments prêts à consommer, les collations salées, huileuses et sucrées, les boissons bon marché et sucrées et la viande provenant d’élevages en batterie inhumains,  une alimentation qui oeuvrerait contre les problèmes de santé, des allergies au cancer. Virpi a commencé à suivre l’alimentation crue épousée par David’Avocado’ Wolfe, de San Diego aux États-Unis. Elle a également emmené à New York l’écrivaine Kimberly Snyder, célèbre pour ses smoothies et jus soi-disant exquis. Ces experts en ligne semblaient en bonne santé, inspirants et remettaient en question l’ancienne façon de penser : les médecins savent ce qui est le mieux pour vous.

Bientôt Virpi broyait le chou-fleur en petits morceaux pour faire des pizzas sans gluten et des courgettes en spirale pour créer des’spaghettis’ sans gluten. Après qu’elle ait cessé de consommer du gluten et du sucre, ses symptômes se sont améliorés. « J’ai gagné beaucoup d’énergie, j’avais envie de courir dans la rue, j’étais si excitée – c’est un nouveau monde ! »

Her reluctance is more out of wanting to find the right time to bare her heart than fear of receiving irate messages, but Virpi (pictured) admits: ¿Vegans can be really judgmental.¿

Son rédacteur en chef lui demande alors de tenir un blog sur sa transformation alimentaire pour le site Web du magazine Trendi. Elle lisait des livres et des articles en ligne. Elle suit une formation de coach en santé (avec l’Institute of Integrative Nutrition, une entreprise en ligne basée aux États-Unis) pendant son congé de maternité et, en septembre 2014, elle créé son blog, Vanelja, plutôt que de retourner à son poste de magazine. Si le blog a jeté les bases, Instagram a fait le reste. Elle a commencé à partager ses smoothies arc-en-ciel et ses pizzas aux patates douces. En 2015, elle a été choisie par Instagram comme récit à suivre. Quand je me suis endormie, j’avais environ 5 000 adeptes ; le lendemain matin, j’en avais 70 000. C’était de la folie.

Son régime « propre » est devenu végétalien, bien qu’elle affirme qu’elle n’a jamais été végétalienne à 100 %.

Mais en février 2018, la bloggeuse à succès commence à se sentir faible et souffre par de maux de tête, d’étourdissements et d’un rythme cardiaque irrégulier. La rosacée, des bosses rouges enflées, a éclaté sur son nez et ses joues. Mais le plus alarmant, c’est que ses règles se sont arrêtée, se souvient-elle. « J’étais genre, OK, qu’est-ce qui se passe ? Je n’avais jamais eu de problèmes ».

Elle ne pensait pas que son régime alimentaire pouvait être à blâmer, car auparavant, ce changement de régime alimentaire avait transformé en bien sa santé. Il est beaucoup plus difficile d’obtenir suffisamment de protéines dans un régime végétalien, et le manque de protéines peut rendre quelqu’un malade », dit Jane Clarke, nutritionniste et fondatrice de Nourish, un site Web offrant des conseils diététiques et des recettes aux personnes ayant des problèmes de santé. Les protéines sont la base de toute cellule vivante. L’absence d’un tel programme peut compromettre votre capacité à combattre la maladie et vous donner l’impression d’être épuisé. Il est également difficile d’obtenir suffisamment d’oméga-3, des acides gras essentiels qui réduisent l’inflammation et que l’on trouve habituellement dans le poisson.

Une autre raison pour laquelle vous pourriez vous sentir mal à l’aise dans un régime végétalien est que vous n’en obtenez pas assez de créatine. On la trouve uniquement dans la viande et le poisson et notre corps l’utilise pour aider à générer de l’énergie dans nos muscles. Sans elle, vous pouvez vous sentir épuisé. Le manque de fer est un autre problème potentiel. « Bien qu’on puisse obtenir du fer des légumes à feuilles vertes, il faut faire très attention de ne pas en manquer ».

Je demande à Virpi si elle se sent déçue après avoir mis tant de foi dans le régime. « Non, répond-elle. J’ai toujours été quelqu’un qui aime découvrir la vérité, qui aime se connaître. C’est juste une expérience d’apprentissage par essais et erreurs. En plus, je n’ai jamais fait la promotion d’un régime en particulier ». L’alimentation quotidienne de Virpi comprend maintenant une omelette pour le petit déjeuner, des boulettes de viande ou du poulet fait de viande biologique avec des légumes cuits pour le déjeuner et une soupe de viande pour le souper. Elle mange du beurre et du fromage de chèvre, mais ne boit encore que du lait d’avoine et évite le gluten, l’amidon et le sucre raffiné. Les droits des animaux sont toujours importants pour elle, alors elle ne mange que de la viande biologique ou « sauvage ».

« Peut-être que si j’avais eu un style de vie super relaxant quelque part à Hawaii, je n’aurais pas eu de problème à être végétalienne. Mais dans cette vie que je vis, le régime n’a pas fonctionné pour moi et je suis en paix avec ça ».

This breakfast pizza is easy to make and fun to eat. Gluten and dairy free.

(Le type de recette super jolies et esthétiques, miroir aux alouettes de ce régime qui lui a coûté sa fertilté ou presque.)

Une fillette végane frôle la mort

Encore un bébé végan mal en point. Celà n’arrête plus. Je ne sais pas si c’est la loi des séries, mais le pakomilfo semble avoir encore frappé la communauté végan de plein fouet. L’article original, c’est par ici. Mais vous verrez, ces parents n’étaient pas des vrais végan, des bons végan. Et des bébés omnivores, il en meurt tout le temps, n’est ce pas ?


Un couple qui élevait son bébé avec un régime végétalien a été condamné à trois mois de prison après que leur petite fille eu failli mourir de faim. L’enfant était nourrie de lait maternel, de riz complet et de pommes de terre, selon les déclarations des parents. La fillette de 18 mois a été transporté d’urgence à l’hôpital en février dans un état critique et sans signe de vie apparent. Selon l’équipe médicale, l’enfant n’était qu‘à quelques heures de la mort. Selon cet autre article, l’enfant recevait également des fruits et des légumes.

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Le juge du tribunal de district de Göteborg, en Suède, a rendu son jugement jeudi dernier : le régime qu’imposaient les parents à leur enfant s’apparentait à une négligence et avait menacé la vie de la petite fille.

Les médecins ont fourni la preuve que son état était dû à une « famine prolongée ». Une docteur témoigne que ce cas était l’un « des pires qu’elle eu observé de sa carrière à l’hôpital« . La naissance et l’existence de cette petite fille n’avait jamais été déclarée. Suite à sa prise en charge après 3 semaines de convalescence à l’hôpital pour enfants de la reine Silvia, elle a été confiée à une famille d’accueil. La mère de la famille d’accueil où la petite fille est placée témoigne auprès de la cour que le bébé s’était bien remis.

On a pu entendre lors du procès que : « Selon leur croyance idéologique selon laquelle la petite fille était citoyenne du monde, ses parents n’ont même pas signalé la naissance à une autorité, ne l’ont pas fait contrôler dans un centre pédiatrique, ni même peser ou mesurer sa croissance. La fille n’a pas non plus été vaccinée ou examinée par un médecin. »

Le juge Per Norden estime que même si leur fille n’avait pas été intentionnellement blessée, il a trouvé « édifiantes » certaines croyances de ses parents – en particulier celles de la mère qui croyait que les humains pouvaient survivre sans nourriture et sans eau, pour peu qu’on ai recu un certain enseignement.

Le procureur Ximena Bene avait insisté pour que les parents soient emprisonnés pendant deux ou trois ans, alors que les avocats de la défense soutenaient que l’état de l’enfant était dû à un mal de ventre. Les parents, qui suivent également un régime végétalien, se définissent comme des »nomades » et ont tendance à vivre de façon communautaire, avec des amis, rapporte le procureur.

Ces parents ont été condamnés pour négligence grave causant des lésions corporelles.
Ils ont été détenus pendant deux mois et ont déjà purgé leur peine de détention provisoire, mais ont également été condamnés à verser 60 000 couronnes (5 000 £) de dommages-intérêts à leur fille. Le père et la mère seront autorisés à passer huit semaines avec leur bébé sous surveillance dans un établissement de soins surveillé par les services sociaux. Le père a en outre déjà été condamné pour plusieurs délits mineurs, dont des infractions liées à la drogue et à la conduite en état d’ébriété.


 

Je laisserai le mot de la fin à un végan (étudiant en médecine ?) lu sur un groupe FB, qui semble mesurer le début de l’ampleur des dégâts qu’occasionne ce mode alimentaire sur les petits mammifères humains :

 « il y a de plus en plus de cas très graves de malnutrition du à des intentions vegans etc. C’est surement plus par rapport à cela que les médecins souhaitent réagir, pas à un possibilité théorique mais bien à une conséquence réelle. En cours on nous parle de plus en plus souvent de cas cliniques précis, et nos profs sont inquiets par ce phénomène montant. »

 

Une maman végane dans l’impasse

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Préambule : J’ai reçu il y a peu un message privé singulier sur la messagerie de la page Facebook du mythe végétarien. Une végan avec qui je m’étais souvent disputée virtuellement sur ma page et mon blog, toquait à ma porte pour me raconter comment elle avait fini par remanger de la viande, du beurre, des oeufs….

  • « Bonjour, vous souvenez vous de moi ? Mélissa, du blog La Starch Solution. Eh bien une grossesse et 8 mois d’allaitement ont eu raison de mon entêtement avec le végétalisme. Merci pour votre site qui est une mine d’informations. »

(Non ce n’était pas une vilaine blague)

Nous avons facilement pu discuter avec Mélissa, ex Plant Based, qui a repris un pseudo Facebook qui ne fait pas allusion à un régime alimentaire quelconque. Quel plaisir, de pouvoir discuter normalement, après des mois à s’être tirées dans les pattes ! Rapidement nous avons évoqué le fait de transmettre l’expérience de Mélissa, sous la forme d’un jeu de questions/réponses que voici :

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Le Mythe : Tu aurais envie de partager aux gens qui nous lisent la ou les raisons qui ont fait que tu es devenue végétalienne ou végan ? D’ailleurs tu préfères employer quel mot pour décrire ton parcours ?

Mélissa : Je suis devenue végétalienne stricte avant tout pour le côté santé. Dans ma vision des choses à ce moment là, le gras était mauvais pour la santé, la viande donnait le cancer… De plus je venais d’accoucher de mon premier bébé et j’avais pris quelques kilos que je voulais perdre. Comme à peu près tout le monde j’ai fait plusieurs recherches sur le web, et je suis tombée sur des vidéos françaises puis anglophones prônant le végétalisme. Je préfère employer le mot « végétalienne » je n’ai jamais été séduite par le militantisme ni par le jusqu’au-boutisme d’une idéologie. Précision : je parle de militantisme pour la protection animale.

Le Mythe : C’est intéressant ! Du coup l’aspect « souffrance animale » souvent mis en avant par la plupart des personnes qui évincent les produits animaux n’était pas ta motivation initiale. Tu te situais comment par rapport à ça, aux vidéos L214 par exemple ?

Mélissa : A vrai dire je n’en ai pas regardé beaucoup. Mais effectivement les scènes qu’ils ont filmées et diffusées sont atroces et devraient être sanctionnées. Je n’ai jamais fait de généralités à ce propos. Je pense que ce ne sont que les conséquences d’une production de produits animaux qui a été gangrenée par la production massive à tout va, au détriment de la condition de l’homme et de l’animal.

Le Mythe : Cet aspect militant n’était donc pas au cœur de ta démarche même si cela ne te laissait pas insensible. Tu dis que tu avais opté pour cette alimentation pour ses bénéfices de santé, tu peux nous parler de tes débuts en tant que végétalienne ? »

Mélissa : Lorsque ma fille a eu 1 mois j’ai modifié mon alimentation et opté pour le « RT4 » (Raw Till Four : une alimentation végan à forte tendance crudivore : beaucoup de fruits crus principalement jusque 16h00 puis féculent et légumes cuits le soir). En 6 mois j’étais à la limite de la stéatose hépatique, j’en ai beaucoup souffert. Suite à ça je n’ai pas remis en cause le végétalisme et me suis dirigée vers la Starch Solution (une alimentation basée sur la consommation de féculents et légumes cuits, avec la particularité de limiter drastiquement les graisses, même végétales.). Pendant deux ans je me suis sentie bien, je faisait du sport, j’ai allaité ma fille 14 mois sans soucis. J’étais tellement convaincue que j’ai crée un blog dédié à cette alimentation.

Le Mythe : Oui, tu avais crée un site qui faisait la promotion de cette façon végétalienne spécifique de s’alimenter, je me souviens l’avoir parcouru à l’époque. Je me souviens aussi les fois où l’on s’est « affrontées » l’une l’autre sur le sujet de l’alimentation sur ma page 🙂  Tu voudrais nous raconter un peu justement, maintenant que tu es de l’autre côté de la barrière, ce que l’on éprouve, ce qui nous anime quand on est convaincu d’un truc, et qu’on part en quasi « croisade » contre les personnes avec qui on a un désaccord aussi profond que celui que toi et moi pouvions avoir à l’époque ?

Mélissa : Je pense qu’il y a un certain désir de « sauver » les gens avec qui on parle. Nous,  nous sommes dans le vrai et les autres ont tout faux. C’est très binaire. Je pensais tellement avoir la science de mon côté que j’en ai perdu mon bon sens. Mais toi aussi tu n’en démordais pas ! Il faut avoir des sacrés nerfs d’acier face à des végétaliens convaincus et tu les as eu 🙂 En tout cas tu as eu de la patience avec moi ! Une image me vient : c’est comme chez les alcooliques anonymes :  tu dois te pardonner ainsi que faire amende honorable auprès des gens à qui tu as fait du mal. Et bien chez les ex végans anonymes tu t’excuses auprès des gens que tu as saoulés.

Le Mythe : Moi aussi je suis convaincue d’avoir la science infuse 😀 Je reconnais toujours ce désir de vouloir sauver les gens, qu’elles que soient mes convictions et croyances du moment. On se ressemble sûrement plus qu’on ne l’imagine, végan ou omnivore, finalement. En tout cas, j’étais vraiment agréablement surprise que tu me contactes sur la messagerie de la page. Oui, il faut des nerfs d’acier pour se disputer comme on le faisait 😉
La curiosité me pousse à avoir envie de te demander ce qui s’est passé au terme de ces deux années de régime végétalien faible en gras et riche en céréales et légumes qui avait l’air de te convenir un moment de ta vie ?
Curiosité supplémentaire de ma part : te supplémentais tu en B12 avec des doses adaptées ?

Mélissa : Alors, je suis de nouveau tombée enceinte. La grossesse s’est plutôt bien passée mise à part des grosses fatigues dues à une carence en fer qui ne remontait pas malgré les compléments en fer. Là où les choses se sont corsées, c’est lorsque mon fils est né. C’était un gros bébé qui avait un très gros appétit. Au fil des mois d’allaitement, mes muscles fondaient littéralement et je commençais à avoir des douleurs aux articulations comme ma grand mère de 80 ans alors que j’en ai 24. Lorsque je me regardais dans le miroir, je voyais que mon visage s’était creusé, j’étais devenue très pâle, j’étais en permanence fatiguée mentalement et physiquement. Pourtant je mangeais des légumineuses, des céréales riches en fer avec très bon appétit, mais ma digestion était de plus en plus difficile, quoique je fasse. En 7 mois d allaitement j’ai pris 15 ans dans la face et dans le corps, si ce n’est plus. A ce moment là, J’ai commencé à sincèrement douter de mes capacités à être mère. Je me suis toujours supplémentée selon les recommandations de la Fédération Végane française, et du groupe Facebook Vive la B12.

Le Mythe : C’est dur ce que tu racontes en tout cas, parce que le petit âge des bébés, la maternité, c’est un moment très exigeant, et la majorité des mamans qui mangent de tout sont exténuées. Du coup, qu’est ce qui t’a mis la puce à l’oreille, qui t’a fait penser que ton état pouvait être plus que la fatigue « normale » d’une jeune mère ?

Mélissa : Sincèrement je pense que je ne m’en serais jamais rendu compte par moi même. Un jour je suis tombée par hasard ou grâce aux algorithmes YouTube sur la chaîne anglophone « Vegan Deterioration ». Les vidéos parlaient des signes de malnutrition chez des YouTubeurs végans, et je me suis très vite rendu compte que j’avais les mêmes symptômes que ces personnes. J’étais ni plus ni moins en train de totalement me déteriorer physiquement ! Il y a aussi la chaîne Sv3rige, un homme qui s’est fait connaître en mangeant de la viande crue à des événements végans. Je pense qu’à ce stade où j’étais arrivée, mon désir de vivre était si fort pour mes enfants que j’étais ouverte à toute éventualité. Alors j’ai recommencé à manger des oeufs, du beurre et de la viande du jour au lendemain. Je parlerais « d’instinct de survie », je ne saurais me l’expliquer autrement.

Le Mythe : Tu parles de signes de malnutrition et de symptômes. Tu voudrais nous raconter lesquels par exemple ? Tu as essayé de modifier ta façon de t’alimenter tout en restant végan, en ajoutant davantage de graisses végétales à tes repas, ou tu es directement revenue vers l’omnivorisme ?

Mélissa : Le plus frappant c’était mon visage : les os des paupières saillants, le teint pâle constamment, une auréole sombre autour des yeux, mes dents se sont assombries, des rides horizontales sur le front sont apparues et une perte de cheveux qui commençait à se voir. Pour une jeune femme de 24 ans c’est déjà pas mal !! J’ai incorporé très vite des oeufs tous les matins, des tartines de pain beurré et de la viande une à deux fois par jour avec des légumes cuits. j’ai drastiquement réduit la quantité de céréales que je mangeais. Je n’ai demandé aucun conseil, je me suis juste rappelée ce que mon père et ma grand-mère me faisaient à manger, petite, rien de plus. Je me suis éloignée de tous ces groupes  Facebook végétaliens où il est impossible de demander conseils dans ce genre de situation.

Le Mythe : Je comprends. Tu étais suivie médicalement ?

Mélissa :  J’avais fait des examens lors de ma deuxième grossesse, et sur les résultats d’une prise de sang, on voyait que mon fer était bas ainsi que mon cholestérol qui était en dessous de la fourchette normale. Avant je pensais que c’était très sain, maintenant je me dit tout à fait l’inverse.

Le Mythe :  Tu remanges des produits animaux depuis combien de temps ?

Mélissa : Je remange des produits animaux depuis un mois et demi et c’est le jour et la nuit. Je me dit souvent je suis devenue végétalienne pour être en meilleure santé et j’en ressort pour ne pas mourir !

Le Mythe : C’est fort de lire ça ! Tu as remangé quoi en premier ?

Mélissa : Une tartine très généreusement beurrée : le paradis. Et une bonne tranche de viande rouge saignante. J’avais l’impression de revivre. J’ai ressenti un réel mieux-être au fur et à mesure des jours. Mon corps avait besoin de protéines, de graisses saturées, de cholestérol, de fer… Tout ce que mes allaitements m’ont pris sans que je ne l’obtienne par mon alimentation. Aujourd’hui j’ai un tout autre aperçu sur le végétalisme. Tout le gloubiboulga écologique contre le peuple a son insu.

Le Mythe : Tu évoques tes grossesses et tes allaitements. Niveau organisation familiale, ça se passait comment chez toi ? Tes enfants et ton conjoint avaient adoptés la même alimentation que toi ?

Mélissa : Ma fille qui est mon aînée a commencé sa vie en mangeant très peu de produits animaux, mais mon conjoint lui avait progressivement fait manger de tout. Mais aujourd’hui je me dit que ce n’était pas suffisant malgré tout. J’ai essayé de convertir mon conjoint, il avait commencé à beaucoup réduire sa consommation de viande et de beurre. Mon fils a commencé sa diversification « normalement » mais maintenant j’incorpore un pourcentage plus important encore de produits animaux que ce que préconisent les recommandations. Il a un gros appétit et j’ai la conviction que c’est mieux pour lui.

Le Mythe : Qu’ont pensé ton entourage familial et amical de tes choix, et de ton retour à l’omnivorisme ? Ils n’étaient pas trop étonnés ?

Mélissa : Ils sont plutôt contents, mais ils m’ont surtout fait remarquer à quel point j’étais entêtée. Il me disent que je mange trop de produits animaux maintenant !

Le Mythe : C’est un revirement assez classique après une période de restriction peut être ! Les produits animaux te manquaient et te faisaient envie du temps de ton végétalisme ? Ou tu en étais vraiment dégoûtée ?

Mélissa : Non je n’en avais pas plus envie que ça. Je tournais 24/24 au glucides, je pense que mon corps est devenu progressivement accro.

Le Mythe : Tu saurais nous raconter comment c’était, le moment précis où le doute s’est emparé de toi ? Le moment où tu as commencé à imaginer remanger des produits animaux ? C’était comment ? Douloureux ? Excitant ? Autre chose encore ?

Mélissa : Il y a un mois et demi, après avoir regardé plusieurs vidéos d’ex végans ayant les mêmes symptômes que moi, je me suis dit qu’il était temps que je change de paradigme. Pour moi remanger de la viande, du beurre et des œufs fut plutôt un soulagement et une surprise au vu des bienfaits que je ressentais jours après jours.

Le Mythe :  Est-ce que tu peux dire que le doute était installé dans ton esprit avant même de regarder les vidéos ? Tu les aurais regardées si tu n’avais eu aucun doute ? C’est un truc important pour moi de comprendre ce qui fait qu’on peut se confronter ou pas à des vidéos – textes – arguments de « l’autre camp », s’il est nécessaire que l’on ait déjà les certitudes un peu écornées ?

Mélissa : Plus mon état se détériorait, plus je mettais en doute mon alimentation. J’ai toujours été ouverte d’esprit et prête à la remise en question. Et puis il s’agissait de ma santé et celles de mes enfants !  Je ne vois pas comment l’expliquer autrement.  Ces vidéos et témoignages de Sv3rige, Vegan Deterioration, et Franck Tufano sont tombées à pic. Une logique implacable en découlait. Nous sommes des animaux et si nous n’en mangeons pas, alors nous nous mangeons nous même (notre propre graisse, nos propres protéines, nos propres nutriments que nous avons stockés avant le végétalisme.) Deux allaitements et une grossesse ont eu raison de mes réserves. Certaines tiendront plus longtemps, d’autres moins, mais c’est une lente déchéance, car notre corps est très résistant à mon avis.

Le Mythe :  Je pense que ce qui peut intéresser les gens, c’est de lire ce qui s’est produit en toi, mentalement et dans ton corps, quand tu as remangé des produits animaux.

Mélissa : Tout d’abord j’ai incorporé à mon alimentation une bonne quantité de beurre cru et de viande rouge. Mes repas ont considérablement réduit en quantité. Je mangeais beaucoup en étant végétalienne à cause de mon allaitement. Ma digestion s’en était beaucoup ressenti. Je digère mieux depuis que je remange des produits animaux en quantité, j’ai moins de gaz et de douleurs dans le gros intestin. Ma satiété est décuplée. Une quinzaine de jours après avoir remangé de la viande et du beurre, des couleurs sont revenues sur mon visage, ma peau est devenue moins sèche, mes yeux moins cernés, moins sombres. Mon conjoint me dit que j’ai rajeuni ! J’ai même regagné un peu de pulpe autour des yeux.

Le plus frappant est un léger renforcement musculaire sans faire de sport. Je suis aussi beaucoup moins épuisée, (toujours un peu car deux enfants cela demande de l’énergie), mais l’épuisement n’est plus constant. Voilà pour les grandes lignes. Maintenant je partage avec plaisir les même aliments que les autres membres de ma famille. Je ne me fait plus ma nourriture à part comme avant. Cela joue aussi beaucoup sur le bien-être. Quand on est végétalienne ont scrute tous les aliments et chaque repas en commun est un stress. Cela ne fait qu’un mois et demi que je suis redevenue omnivore, alors cela m’encourage beaucoup pour la suite. Quand j’étais végétalienne, j’avais parfois des palpitations cardiaques deux fois par semaine mettons. Pour le moment je n’en ai plus ressenti, espérons que cela dure.

J’ai un peu honte. D’une d’avoir été trompée et de deux, d’avoir essayé de tromper mes proches malgré moi. Maintenant j’admire ceux qui n’ont pas cédé à la tentation du végétalisme. Avant je pensais qu’ils n’y « comprenaient rien », qu’ils étaient ignorants. Maintenant je considère que j’ai beaucoup de choses à apprendre de ces personnes. En ce qui concerne mes connaissances en nutrition, tout est à refaire. C’est pour ça que je considère ton site comme un repère, malgré nos différends par le passé, et c’est pour cela que je t’ai contactée.

Le Mythe : Les nouvelles personnes qui deviennent végans, au moment où toi tu arrêtes, si tu avais un message à leur faire passer, au vu de ton expérience ?

Mélissa : Que dire ! Si aucune population dans l’histoire des hommes n’a jamais été végétalienne, je pense maintenant qu’il y a une bonne raison à cela. Je dirais que toute expérience est bonne à prendre mais qu’il est extrêmement important d’écouter son corps. Si votre santé passe après les animaux alors le végétalisme est fait pour vous. Le végétalisme est un leurre, une impasse pour ceux qui y voient une vie en pleine santé. Je dirais surtout aux mamans allaitantes et aux futures mamans de ne pas risquer la santé de leurs enfants pour le véganisme. Pour les autres qui veulent tenter le végétalisme, et bien le temps fera son travail.

Le Mythe : Quand tu étais végétalienne, ça te faisait quoi de penser qu’aucune population n’avait jamais été végétalienne, justement ? Je me rappelle que lorsqu’on se disputait, en commentaires d’un article de mon blog, justement, je te le disais 😀

Mélissa : J’omettais ce détail pour me conforter dans mon alimentation. Il y a tellement d’études scientifiques qui prouvent que les végétaux sont excellents pour la santé que pour moi il était tout à fait cohérent que le végétalisme soit supérieur à toute autre façon de s’alimenter.

Le Mythe : On est en effet abreuvés d’informations sur le fait que les végétaux soient bons pour la santé (ce qui n’est pas faux évidemment), en même temps que nous sommes bombardés de messages affirmant de toutes parts que les produits animaux seraient néfastes. C’est un sacré parcours et une sacrée remise en question que tu as effectué. Comment envisages-tu la suite des choses pour toi ? Comment tu penses que ton témoignage sera reçu par les personnes qui t’ont connue végan, sur Facebook par exemple ?

Mélissa  : Je vais renouer avec les traditions culinaires de ma famille, ma grand mère est très bonne cuisinière, et elle sera très heureuse de m’apprendre à nourrir correctement ma famille. Bien sûr je vais continuer à me pencher sur le sujet de l’alimentation « idéale », car c’est quelque chose qui me passionne, mais avec un tout autre regard. Je pense que les personnes qui me suivaient et lisaient mon blog seront déçues, c’est certain. Je sais qu’elles trouveront toutes les mauvaises raisons possibles pour expliquer mon changement d’alimentation. Aujourd’hui la santé de mes enfants prime sur mon appartenance virtuelle à un groupe idéologique. Et je leur souhaite bonne chance pour la suite.

Le MytheMerci Mélissa, c’est une conclusion belle et terrible à la foi, qui je trouve fait honneur à ton expérience.