Quand un éleveur explique la vie à un journaliste New-Yorkais

Article originellement paru sur la page Facebook de Polyface Farm

L’article récent (Note du Mythe Végétarien : au moment de l’écriture de cette réponse)  : de James McWilliams, intitulé « Le mythe de la viande durable » , contient suffisamment d’erreurs factuelles et d’hypothèses biaisées pour remplir un livre, et normalement je balayerais un tel torchon du revers de la main comme étant trop absurde pour mériter que j’y consacre de l’attention. Mais comme cet article est mentionne spécifiquement mon exploitation Polyface, y répondre prend tout son sens. Pour une réfutation plus complète, vous pouvez lire mon livre Folks, This Is not normal.

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Allons-y point par point. Tout d’abord, que les vaches au pâturage émettent plus de méthane que celles nourries au grain. Ceci est en vérité faux. En fait, la quantité de méthane dégagé par la fermentation est la même qu’elle se produise dans la vache ou à l’extérieur de la vache. Que des aliments tels que des déchets de culture soient mangés par un herbivore ou laissés à pourrir en l’état, la quantité de méthane générée est identique. Les zones humides émettent environ 95 pour cent de tout le méthane dans le monde ; la part des herbivores est assez insignifiante pour ne même pas mériter la moindre considération. Celui qui veut vraiment limiter les émissions de méthane doit commencer le drainage des zones humides ! Vite, sinon nous allons tous mourir ! Je suppose que James McWilliams pense qu’étant donné qu’il faut plus de temps pour élever un bœuf sur herbe que sur grain, la différence de temps ajoute des jours d’émissions de méthane à l’équation. Mais la production de céréales génère une multitude de soucis bien pires que le méthane. C’est tout simplement une cueillette biaisée de cerises négatives (cherry-pickingqui ignore les nombreux points positifs de l’élevage dans le but de salir l’idée même d’agriculture régénératrice : les herbivores qui élaguent, les cycles pérennes de repos-activités, la biomasse cultivée grâce au soleil, et la décomposition. Cela revient à jeter le bébé durable avec l’eau du bain polluée.

Quant à son idée que les exploitations sur herbe seraient trop gourmandes en espace, ses chiffres de 10 acres (4 hectares environ) par animal caractérisent l’habituelle mauvaise gestion actuelle des pâturages. À Polyface, nous l’appelons la gestion néandertalienne, parce que la plupart des éleveurs n’ont pas encore rejoint le 20ème siècle et ignorent l’existence des clôtures électriques, des étangs, de l’eau courante, et du compostage aérobie scientifique moderne (à peine aussi vieux que la fertilisation chimique). Ainsi, alors que ses chiffres comparant la production relative du grain à l’herbe peut sembler convaincants, ils reviennent à comparer des choux à des ananas. De nombreux agriculteurs, vivants dans des climats très différents, utilisent maintenant la technologie de l’ère spatiale de l’élevage, le biomimétisme, et une gestion rigoureuse pour obtenir une augmentation exponentielle de production du fourrage. La forêt tropicale, soit dit en passant, n’est pas rasée pour faire paître le bétail. Elle est rasée pour faire pousser du maïs et du soja transgénique. En Amérique du Nord il y avait deux fois plus d’herbivores il y a 500 ans qu’aujourd’hui en raison de l’impulsion du cycle prédateur-proie-élagage sur polycultures des prairies vivaces. Et sans maïs et sans soja s’il vous plait.

Apparemment, si vous mentez souvent et suffisamment fort, certaines personnes vont vous croire : un poulet au pâturage a un impact carbone de 20 pour cent supérieur à son malchanceux homologue en batterie ? Ah oui, vraiment ?? La vérité c’est que ces fermes de poulets industriels ne sont pas des structures autonomes. Il leur faut acheminer plusieurs hectares de céréales jusqu’à eux, et exporter vers d’autres hectares de terres le fumier généré. Bien sûr, souvent la terre ne suffit pas à absorber ce qui est considéré comme un déchet embarrassant. Au grand soulagement des agriculteurs industriels, parfois un ouragan arrive juste à temps pour tirer la chasse d’eau, tuer des poissons, et envoyer des agents pathogènes dans l’océan. Voilà une belle façon de réduire l’empreinte présumée, mais c’est un diabolique tour de passe-passe avec les données de supposer que la toxicité écologique compense les ressources terrestres réelles nécessaires pour soutenir l’activité d’une ferme usine.

Bien qu’il soit vrai qu’à Polyface nos omnivores (volailles et porcs)  mangent des grains sans OGM en plus du fourrage, les ressources terrestres nécessaires pour nourrir les animaux et laisser les sols digérer le fumier ne sont pas différentes de celles requises pour alimenter les mêmes animaux dans un environnement confiné. Même s’ils n’ont jamais mangé au pâturage, la surface requise est strictement la même. La seule différence est que nos animaux eux, prennent le soleil, font de l’exercice, ont accès à des buffets de salade variées illimités, à de l’air frais et ont une vie confortable. Les poulets vagabondant sur nos pâturages n’ont certainement pas plus d’entorses aux pattes que ceux qui marchent dans une installation confinée. Prétendre le contraire, comme McWilliams le fait, est une pure absurdité. Marcher c’est marcher – et c’est généralement considéré comme une pratique saine, sauf si vous êtes un tyran.

Fait intéressant, dans une tirade qu’il veut pleine de compassion, McWilliams déplore que dans  certaines exploitations, les porcs soient alignés avec des anneaux dans le nez pour les empêcher de fouir, expliquant que cela est pourtant « l’un des leurs instincts les plus élémentaires ». Pour mémoire, à Polyface, nous ne plaçons jamais d’anneaux sur le groin des porcs, et dans les rares cas où nous avons acheté des porcs avec des anneaux, nous les leur enlevons. Nous voulons qu’ils expriment pleinement leur nature porcine. En les faisant se déplacer fréquemment, en utilisant des clôtures électriques amovibles, des conduites d’eau en polyéthylène, des vannes à flotteur de haute technologie, et des distributeurs d’aliments scientifiquement conçus, nous ne créons pas, ni ne souffrons des problèmes rencontrés par les fermes usine de porc en extérieur à grande échelle ou par les élevages de porcs d’il y a 100 ans. McWilliams n’a apparemment jamais eu le privilège de visiter une exploitation porcine moderne d’excellence sur pâturage très bien gérée. Il pense que nous sommes tous coincés dans les années 1900, et c’est une honte parce qu’il aurait découvert que les réponses à ses préoccupations sont déjà là. Je me demande bien ce qui justifie son salaire ?

Puis McWilliams passe à l’argument selon lequel des réalités économiques surgiraient si le bétail au pâturage devenait la norme, poussant les agriculteurs à faire croître leurs exploitations sans fin, pour finir à aboutir à nouveau à des exploitations démesurées, telles que nous les connaissons aujourd’hui. Quel stratagème intelligent : condamner toute forme d’alternative. À Polyface, nous ne décourageons certainement pas la croissance – en fait nous la recherchons -. Nous pensons que davantage de fermes gérées de façon holistique sur pâturage devraient naître. Entre l’état lamentable actuel due à une mauvaise gestion, ce qu’il faut bien reconnaître, et l’efficacité de ces systèmes alternatifs, se profile une occasion en or de profiter des avantages économiques et écologiques que permettent ces élevages. McWilliams fonde ses données et ses hypothèses sur les pires fermes, la moyenne ou en dessous. Si vous voulez diaboliser quelque chose, toujours choisir les exemples au plus bas de l’échelle. Mais si vous comparez ce que l’industrie a de mieux à offrir avec le meilleur des systèmes à base de pâturage, les élevages industriels n’ont aucune chance de rivaliser. Utiliser de l’infrastructure portable, une gestion rigoureuse, et les outils techno-chics, les agriculteurs optant pour ces systèmes d’élevage de porcs au pâturage éliminent pratiquement les coûts de capitalisation et les factures de vétérinaire.

Enfin, McWilliams pense placer le coup de poing décisif de son argumentaire en évoquant le cycle des nutriments, en accusant spécifiquement Polyface d’être une mascarade car la ferme aurait recourt à du grains issu de fermes industrielles ! Tout d’abord, à Polyface nous ne supposons pas que tout mouvement nutritif soit anti-environnemental. En fait, l’une des principales activités des animaux dans la nature est de déplacer en hauteur les éléments nutritifs, contre l’écoulement gravitaire naturel à partir de hauteurs de terrain bas. Ceci est la raison pour laquelle les terres basses et les vallées sont fertiles et les plateaux le sont moins. Les animaux sont le seul mécanisme que la nature possède pour défier ce flux descendant naturel. Heureusement, les prédateurs incitent leurs proies à se prélasser sur des terrains en hauteur (d’où ils peuvent voir leurs ennemis arriver), ce qui assure que le fumier se concentrera sur les points élevés d’observation plutôt que dans les vallées. Peut-être que ceci est la raison pour laquelle il n’y a aucun écosystème existant qui soit dépourvu d’animaux. Le fait est que le mouvement des éléments nutritifs est intrinsèquement thérapeutique pour la nature.

Mais, il se loupe encore. Et là réside la différence entre les grains utilisés à Polyface et ceux utilisés par l’industrie : Nous nous soucions de leur provenance. Ils ne sont pas seulement une marchandise. Ils ont une origine et une destination, du début à la fin, de l’agriculteur au consommateur. Plus nous pouvons relier les cycles de carbone, plus nous allons devenir respectueux de la norme environnementale.

Deuxièmement, les herbivores sont l’exception à l’argument du flux négatif de nutriments parce qu’en broutant l’herbe, ils activent le moteur photosynthétique à accumulation rapide de biomasse, le flux net de carbone compense toute perte due à la récolte. Les herbivores n’ont pas besoin que l’on travaille le sol ou que l’on sème des plantes annuelles pour eux, et c’est pourquoi tous les sols historiquement profonds ont été façonnés par eux, et non par des omnivores. C’est fascinant que McWilliams veuille diaboliser le bétail sur pâturages et qu’il n’ai pas intégré la notion des boucles de nutriments. Il n’a cependant l’air d’avoir aucun problème, avec l’horreur écologique des zones mortes du golfe du Mexique de la taille du New Jersey créées par les engrais chimiques qui ruissellent, ce afin de cultiver du grain (lesquels en outre réduisent la vie des bovins). C’est incroyable. ! C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles Polyface est engagée dans la lutte pour l’assouplissement des règles de sécurité alimentaire afin de permettre l’abattage à la ferme, précisément pour pouvoir conserver tous ces nutriments dans les exploitations et ne pas les envoyer dans les usines d’équarrissage. Si les végés qui ne veulent pas que des activités agricoles normales comme l’abattage se déroulent sur les terres rurales pouvaient comprendre à quel point ces règlements gouvernementaux sont dévastateurs pour l’économie environnementale, McWilliams n’aurait peut-être pas cette balle dans son arsenal. Et oui, les déchets humains devraient aussi être remis sur la terre ferme pour aider à boucler la boucle du cycle de la vie.

Troisièmement, chez Polyface, nous luttons en amont. Historiquement, les omnivores étaient des agents de recyclage. Les porcs mangeaient du lait avarié, du lactosérum, des glands, des châtaignes, des fruits avariés et une foule d’autres produits agricoles. Idem pour les poulets, qui mangeaient des restes de cuisine et des déchets de jardin. Le fait qu’aujourd’hui 50 pour cent de toute la nourriture humaine comestible produite dans le monde aille dans des décharges ou dans des opérations de compostage approuvées par des environnementalistes plutôt que dans la panse d’ omnivores est à la fois écologiquement et moralement répréhensible. Chez Polyface, nous essayons depuis de nombreuses années de récupérer les restes de cuisine des restaurants pour nourrir nos volailles, mais la logistique est un cauchemar. Le fait est qu’en Amérique, nous avons créé un système d’alimentation et d’agriculture séparé. Dans un monde parfait, Polyface ne vendrait pas d’œufs. Au lieu de cela, chaque cuisine, tant domestique que commerciale, aurait suffisamment de poulets à proximité pour évacuer tous les déchets comestibles. Cela éliminerait toute l’industrie des œufs et le paradigme actuel de l’alimentation lourde à base de céréales. Chez Polyface, nous prétendons seulement faire de notre mieux dans notre lutte contre un système alimentaire et agricole déviant et historiquement anormal. Nous n’avons pas créé cette situation  et nous ne la résoudrons peut-être pas parfaitement. Mais nous sommes sûrs que nous sommes beaucoup plus avancés vers de vraies solutions que McWilliams ne peut l’imaginer. Et si la société bougeait là où nous voulons aller, si les organismes de réglementation gouvernementaux nous laissaient aller là où nous devons aller, et si l’industrie n’essayait pas de nous criminaliser alors que nous essayons d’y aller, nous irions tous beaucoup mieux et les vers de terre pourraient s’en mettre plein la lampe.

Si vous voulez sauver le monde, le véganisme n’est pas la solution.

Voilà un très bel article paru le 25 août 2018 sur la version électronique du Guardian. En espérant que sa traduction puisse aider à faire circuler quelques idées sur l’agriculture.

La viande d’élevage intensif et les produits laitiers sont un fléau environnemental, mais les champs de soja et de maïs le sont également. Il existe cependant d’autres manières de faire.

grazingLes appels à migrer entièrement vers les aliments végétaux, ignorent un des outils les plus puissants pour soulager ces maux : les animaux de pâturage qui broutent. Illustration : Matt Kenyon

Le véganisme a explosé au Royaume-Uni au cours des deux dernières années, passant d’environ un demi-million de personnes se définissant comme tel en 2016 à plus de 3,5 millions – 5 % de la population – aujourd’hui. Des documentaires influents en la matière, tels que Cowspiracy et What the Health ont mis en lumière l’industrie intensive de la viande et du lait, exposant les impacts sur la santé animale et humaine et l’environnement au sens large.

Nos sols étaient presque morts. Aujourd’hui, nous avons relevé 19 types de vers et 23 espèces de coléoptères hébergés dans une seule bouse de vache.

Plutôt que d’être séduits par les injonctions à manger davantage de produits à base de soja, de maïs et de céréales cultivés industriellement, nous devrions encourager les formes durables de production de viande et de produits laitiers basées sur les systèmes traditionnels de rotation, de pâturages permanents et de pâturage de conservation. Nous devrions, à tout le moins, remettre en question l’éthique de l’augmentation de la demande pour des cultures qui nécessitent des intrants élevés d’engrais, de fongicides, de pesticides et d’herbicides, tout en diabolisant les formes durables d’élevage qui peuvent restaurer les sols et la biodiversité, ainsi que séquestrer du carbone.

En 2000, mon mari et moi avons transformé notre ferme de 1 400 hectares (3 500 acres) dans le West Sussex en pâturage extensif à l’aide de troupeaux en liberté d’une race ancienne de vaches anglaises à longues cornes, de cochons de race Tamworth, de poneys Exmoor, de cerfs rouges et de daims dans le cadre d’un projet de « réensauvagement » des parcelles. Pendant 17 ans, nous avons lutté pour rentabiliser nos activités conventionnelles dans le secteur des cultures arables et des produits laitiers, mais sur des sols argileux, lourds et pauvres, nous ne pouvions concurrencer d’autres exploitations agricoles ayant des terres plus légères, et donc plus simples à travailler. Cette décision a changé notre existence. Aujourd’hui, l’écotourisme, la location de bâtiments post-agricoles et 75 tonnes par an de viande de pâturage biologique contribuent à la rentabilité de l’entreprise. Et comme les animaux vivent à l’extérieur toute l’année, avec de la nourriture en abondance, ils n’ont pas besoin d’une alimentation complémentaire et ont rarement besoin de voir le vétérinaire.

Les animaux vivent en troupeaux naturels et se déplacent où bon leur semble. Ils se vautrent dans les ruisseaux et les prairies humides. Ils se reposent où ils aiment être (ils dédaignent les granges ouvertes qui leur servent d’abri) et mangent ce qu’ils aiment. Le bétail et les cerfs broutent les fleurs sauvages et les graminées, mais ils broutent aussi parmi les arbustes et les arbres. Les porcs fouissent à la recherche de rhizomes et même plongent, pêchent les moules d’eau douce qui vivent dans nos étangs. La façon dont ils broutent, se roulent dans les mares et piétinent le sol stimule la végétation de différentes manières, ce qui crée à son tour des opportunités pour d’autres espèces, y compris les petits mammifères et les oiseaux.

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Chouette Chevêche : une des cinq espèces de chouettes que l’on trouve à Knepp – se régalent sur une population de coléoptères en plein essor. Photographie : Ned Burrell

Un point crucial est que nous ne leur donnons pas d’Avermectine (le vermifuge le plus couramment administré au bétail dans les systèmes intensifs) ou d’antibiotiques, leurs excréments nourrissent les vers de terre, les bactéries, les champignons et les invertébrés comme les scarabées, qui permettent par leur action mécanique d’enfouir le fumier plus bas dans la terre. Il s’agit d’un processus vital pour la restauration de l’écosystème, le retour des nutriments et de la structure du sol. L’épuisement de la couche arable est l’une des plus grandes catastrophes auxquelles le monde est confronté aujourd’hui. Un rapport de 2015 de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture indique que, à l’échelle mondiale, 25 à 40 milliards de tonnes de terre végétale sont perdues chaque année à cause de l’érosion, principalement à cause du labour et des cultures intensives. Au Royaume-Uni, l’appauvrissement de la couche arable est si grave qu’en 2014, le magazine professionnel Farmers Weekly a annoncé que nous n’aurons peut-être plus que 100 récoltes devant nous. Selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, la seule façon d’inverser ce processus, d’enrayer l’érosion et de reconstruire le sol est de laisser les terres arables en jachère et de les remettre en pâturage pendant un certain temps – comme le faisaient les agriculteurs avant que les engrais artificiels et la mécanisation rendent possible la culture en continu -, selon l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. Le bétail au pâturage ne fournit pas seulement un revenu aux agriculteurs, mais du fumier, de l’urine et même la façon dont ils broutent accélère la restauration du sol. La clé c’est la biologie et de maintenir sur ces terres un faible nombre de têtes de bétail pour éviter le surpâturage.

Il y a vingt ans, nos sols à la ferme – gravement dégradés après des décennies de labourage et d’intrants chimiques – étaient presque morts biologiquement. Nous avons maintenant des champignons fruitiers et des orchidées qui apparaissent dans nos anciennes terres arables : une indication que des réseaux souterrains de champignons mycorhiziens se répandent. Nous avons 19 types de vers de terre – espèces clés en matière d’aération, de rotation, de fertilisation, de l’hydratation et même de la détoxification du sol. Nous avons trouvé 23 espèces de coléoptères du fumier dans une seule bouse de vache, dont l’une – le doryphore violet – n’a pas été vue dans le Sussex depuis 50 ans. Les populations d’oiseaux qui se nourrissent d’insectes attirés par ce fumier nutritif sont en train de grimper en flèche. Le fouissement des porcs permet à la flore et aux arbustes indigènes de germer, y compris le saule, ce qui a donné naissance à la plus grande colonie d’empereurs pourpres de Grande-Bretagne, l’un de nos papillons les plus rares, qui pond ses œufs sur ses feuilles jaunes.

Non seulement ce système de pâturage naturel aide l’environnement en termes de restauration des sols, de biodiversité, d’insectes pollinisateurs, de qualité de l’eau et d’atténuation des inondations – mais il garantit également une vie saine pour les animaux, et ils produisent à leur tour de la viande qui est saine pour nous. Contrairement à la viande nourrie au grain et à la viande finie au grain provenant de systèmes intensifs, la viande entièrement nourrie au pâturage est riche en bêta-carotène, calcium, sélénium, magnésium, potassium et vitamines E et B, et en acide linoléique conjugué (ALC) – un puissant anti-cancérigène. Elle est également plus riche en acide gras oméga-3 à longue chaîne DHA, qui est vital pour le développement du cerveau humain, mais extrêmement difficile à obtenir pour les végétaliens.

On a beaucoup parlé des émissions de méthane du bétail, mais elles sont plus faibles dans les systèmes de pâturages biodiversifiés qui comprennent des plantes sauvages comme l’angélique, la fumeterre commune, la bourse à pasteur et le lotier des oiseaux parce qu’ils contiennent de l’acide fumarique – un composé qui, ajouté au régime des agneaux à l’Institut Rowett à Aberdeen, a réduit les émissions de méthane de 70 %.

Dans l’équation végétalienne, par contre, le coût du carbone du labourage est rarement pris en compte. Depuis la révolution industrielle, selon un rapport publié en 2017 dans la revue scientifique Nature, jusqu’à 70 % du carbone de nos sols cultivés a été perdu dans l’atmosphère.

Il est donc ici question de choix impliquant d’immenses responsabilités ici : à moins que vous ne vous procuriez vos produits végétaliens spécifiquement à partir de cultures biologiques, pratiquant des systèmes « sans labour », vous participez activement à la destruction du biote du sol, en faisant la promotion d’un système qui prive d’autres espèces, y compris les petits mammifères, les oiseaux les insectes et les reptiles, de leurs conditions « naturelles » de vie et qui contribue de manière significative au changement climatique.

Notre écologie a évolué en parallèle des grands herbivores – avec des troupeaux en liberté d’aurochs (la vache ancestrale), de tarpans (le cheval originel), de wapiti, d’ours, de bisons, de cerfs, de chevreuils, de sangliers et de millions de castors. Ce sont des espèces dont les interactions avec l’environnement soutiennent et favorisent la vie. L’utilisation d’herbivores dans le cadre du cycle agricole peut contribuer grandement à rendre l’agriculture durable.

Il ne fait aucun doute que nous devrions tous manger beaucoup moins de viande, et les appels en faveur de la fin des formes de production intensive de viande à forte teneur en carbone, polluante, non éthique et non éthique sont louables. Mais si vos préoccupations en tant que végétalien sont l’environnement, le bien-être des animaux et votre propre santé, alors il n’est plus possible de prétendre que tout cela est satisfait simplement en abandonnant la viande et les produits laitiers. Aussi contre-intuitif que cela puisse paraître, l’ajout d’un steak de pâturage biologique occasionnel à votre régime alimentaire pourrait être la bonne façon de résoudre la quadrature du cercle.


Isabella Tree dirige le domaine de Knepp Castle Estate avec son amri, l’écologiste Charlie Burrell, et est l’auteur de Wilding : The Return of Nature to a British Farm.

Pourquoi est-il nécessaire de manger les animaux ?

Voilà le lien original de ce texte de Diana Rodgers, hébergé chez un des grands manitous de la mouvance paléo, Robb Wolf 🙂 :

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Merci à Nom Nom Paleo pour le dessin. Achetez le t-shirt !

Beaucoup de gens croient qu’il n’est pas « humain » de manger de la viande. Je les comprends. En regardant en surface, on peut penser que la chose la plus humaine à faire est de ne pas manger de viande. S’abstenir de manger de la viande  semble également la meilleure chose à faire d’un point de vue écologique, et la façon la plus « saine » de manger. Je comprends bien qu’avoir de la compassion pour les animaux et les manger semble incompatible. C’est pourquoi je ne défends pas la viande provenant d’élevages industriels.

Il existe des raisons environnementales de taille expliquant pourquoi nous avons besoin des herbivores.

Récemment, j’ai écrit un texte expliquant combien les animaux de pâturage étaient bénéfiques pour les sols. Quand ils broutent l’herbe, ils stimulent sa repousse, le piétinement de leurs sabots, leurs urines et leurs bouses effectuent un travail crucial d’un point de vue microbiologique, et augmentent la biodiversité du sol, ce qui aide au processus de séquestration du carbone. J’ai expliqué comment la plupart des études qui démontrent combien d’eau était nécessaire pour faire un steak avaient en réalité comptabilisé les eaux vertes (eaux de pluie incluses), et pas les eaux bleues (les eaux utilisées pour abreuver le bétail). Quand vous lisez cette étude qui utilise le calcul basé sur les eaux bleues, une production « traditionnelle » de bœuf a une empreinte en eau similaire à celle du riz, de l’avocat, des noix et du sucre. J’ai également expliqué que quand vous considérez la quantité de terres non exploitables pour y mener des cultures, et uniquement utilisables par des animaux de pâture, que le bétail et les autres herbivores n’entraient pas en compétition avec les cultures végétales en terme d’espace. Voici un chouette graphique détaillant l’impact environnemental du bœuf élevé uniquement à l’herbe.

Il existe une étude récente de l’université de Tufts, qui explique que le régime végan n’est pas le plus pertinent du point de vue d’une utilisation durable des terres. Cultiver la totalité des terres disponibles pour y produire des légumes n’est pas une façon efficace d’utiliser l’espace disponible. L’étude s’attache à l’utilisation des terres, et une fois de plus, si l’on admet que la plupart des terres de notre planète ne sont pas adaptées à la culture de végétaux, il est clair qu’inclure à son menu des protéines animales est efficace du point de vue de l’utilisation des terres. Ce que l’étude ne prend pas en compte, ce sont les herbivores élevés en pâturage comme première source de protéines. Elle ne considère qu’un apport « traditionnel » de viande. Les poulets élevés en batterie, dont la consommation mondiale a connu une augmentation de presque 400%  consomment des céréales. Si nous échangeons nos poulets de batterie pour du bœuf élevé et fini à l’herbe, alors l’équation serait encore bien différente.

L’autre jour, j’ai eu ce commentaire sur l’article :

« Pourquoi serait il nécessaire de manger les animaux ? » Je ne comprends pas pourquoi ce serait une étape obligatoire du processus. Si les herbivores sont « utilisés », ne pourrions nous pas simplement les laisser vivre leurs vies et les laisser fertiliser le sol pour rendre les cultures plus efficaces ? » 

Ce commentaire nécessitait une réponse dans un article à part entière, voilà donc mes réflexions sur le sujet :

Est-il « plus humain » pour l’animal d’être voué à une mort « naturelle » ? Qu’est ce que signifie une « mort naturelle » pour la plupart des gens ? Pour un animal, il existe plein de façons de mourir dans la nature. Une mort naturelle ne signifie pas une mort sans douleur. Tous les animaux ne meurent pas dans leur sommeil à un âge avancé. En fait, c’est même rarement le cas.

Être mangé par un autre animal est une façon de mourir répandue. Cela implique généralement un combat stressant et une mort douloureuse. Plus souvent c’est une mort relativement lente, comparé à une balle dans tête ou à une entaille dans la gorge, comme pratiquée dans ce court métrage que j’ai contribué à produire. Les petits abattoirs à échelle humaine qui emploient des techniques d’abattages humaines s’assurent que l’animal meurt rapidement avec le moins de douleur possible. Les gens qui y travaillent se préoccupent réellement de bien faire leur travail et éprouvent une certaine fierté à amener dignement l’animal dans « la phase suivante de leur existence » : nourrir un grand nombre de personnes. En comparaison, les hyènes ne sont pas tellement « humaines » quand il s’agit du sort qu’elles réservent à leurs proies. Il arrive qu’un coyote mange une de nos brebis. Est-ce que cette brebis avaient des droits ? Si oui, le coyote a-t-il violé les droits de la brebis en la mangeant ? Les coyotes jouent un rôle important dans la nature, et ils ont besoin de manger eux aussi. Et que dire des rapaces qui mange nos poules, ou qui chassent les souris dans les champs ?

En dehors des morts violentes, la maladie peut frapper l’animal et l’emporter. Ce processus n’est pas non plus indolore. Mais admettons qu’un animal soit complètement protégé de ses prédateurs, et ne meurt ni de maladie ni d’infection, et vive jusqu’à un âge avancé. A la fin de sa vie, ses organes commenceront à décliner et l’animal ne pourra plus ni manger ni boire. Peut-être même deviendra-t-il aveugle. Est-ce que ce processus est sans douleur et rapide ? Est ce que permettre à l’animal de souffrir est une meilleure option de mort pour ce dernier ? La vie est belle quand vous êtes jeune et en bonne santé, mais personne ne reste jeune et en bonne santé à tout jamais. Quand on regarde de jolies images de troupeaux de zèbres fringants ou de chevreuils dans la nature, on ne les voit jeunes que parce que les vieux et les malades ont été éliminés par leurs prédateurs. Faut-il donc supprimer les prédateurs ? Est-ce « plus humain ? »

Imaginons que nous décidions tous d’un commun accord de laisser les herbivores restaurer nos sols et que nous ne les consommions pas comme protéines. Il faudrait donc se poser la question du contrôle de leur population ? Vaut-il mieux laisser les loups et les hyènes réguler ces populations et être bien nourris, pendant que nous nous nourrirons de tofcisse et que nous boirons notre soleil vert ? Devrions-nous stériliser un certain pourcentage de ces herbivores, de façon à ce qu’ils ne puissent se reproduire ?  La stérilisation est elle une solution plus humaine que la mise à mort par une hyène ? Une autre question  se pose : comment un système de vaches au pâturage pour restaurer les sols pourrait être tenable économiquement ? Les vaches sont une ressource économique pour leur viande et leur lait. Elles ne valent pas grand chose d’un point de vue économique pour un fermier si elles ne sont que des « amélioratrices de sols ».  Un fermier/ éleveur responsable traite correctement ses animaux et dégage du bénéfice de son activité. Qui prendrait la responsabilité de s’assurer que les vaches aient accès à de l’eau, à des pâturages, et soient soignées si elles étaient malades ou blessées si il/elle n’était pas payé ? Le système a besoin de résoudre ce paramètre financier pour être pérenne.

« Mais ce n’est qu’une question d’intention » 

Il est important de comprendre qu’un régime sans viande n’équivaut pas à un régime sans sang. Beaucoup d’animaux perdent la vie lors de la culture des végétaux. Les oiseaux et les papillons sont empoisonnés par des produits phytosanitaires, les lapins et les souris sont broyés par les tracteurs, et de vastes champs de monocultures végétales accaparent l’habitat d’une population native d’animaux qui ont jadis vécu sur ces terres. La culture de végétaux n’est pas humaine pour les lapins.

J’ai souvent entendu des gens répondre à ceci que tant qu’il n’y avait pas l’intention de tuer des lapins, pour obtenir un burger de soja, alors c’était moral quand même. Cette idée d’une intention est complexe, mais si vous savez que vos actions causent la mort comme effet secondaire, et que malgré tout vous le faites, vous êtes quand même toujours à l’origine d’une mort.

Si en prenant ma voiture pour faire mes courses pour acheter du tofu j’écrase accidentellement un écureuil, est-ce qu’il est quand même mort ? Oui. Mais est-ce que j’en éprouve de la culpabilité ? Non. C’est une chose que je n’avais pas prémédité, il n’était pas dans mon intention que conduire tuerait un écureuil.

Et si je vous disais qu’à chaque trajet vers ce magasin où vous vous achalandez en tofu, vous écraserez à chaque fois une famille entière d’écureuils, de façon inévitable. Si vous saviez qu’à chaque fois que vous alliez à ce magasin vous tueriez ces écureuils, serait-ce encore moral d’aller à ce magasin, même si votre intention n’était pas de tuer ces animaux ?

Il me semble que si on est conscient du fait que nos actions ont un réel effet, alors il y a bien une intention.

J’affirme maintenant de façon officielle que pour produire des végétaux, des animaux sont tués lors du processus. Est-ce toujours moral de manger des végétaux ?

Si vous mettez la vie d’un écureuil sur le même plan que celle d’une vache, et que vous cherchez réellement à tuer le moins possible de vies pour vous nourrir, j’amène l’argument suivant : tuer une vache qui a vécu toute sa vie en pâturage cause en fait moins de morts que le nombre d’animaux sacrifiés par les techniques modernes de récolte des cultures intensives. Le principe du moindre mal pencherait donc en la faveur de la consommation de grands herbivores (viande rouge).

Voici quelques une des réponses que j’entends souvent de la part des personnes qui cherchent à causer « le moins de mal possible ».

« Je ne consomme que des produits laitiers et des œufs. »

D’accord, je vois. Vous ne voulez pas que les animaux meurent, mais vous consommez leur lait et leurs œufs. Cela peut sembler mieux d’un point de vue moral. Est-ce que le lait que vous buvez est issu d’une vache nourrie uniquement à l’herbe ? Si ce n’est pas le cas, saviez-vous que ces vaches ne pouvaient pas beaucoup bouger et passaient la majorité de leur existence dans des bâtiments agricoles ? Savez-vous comment on arrive à faire qu’une vache produise du lait ? Naturellement ? Savez vous ce qu’il advient du petit de ces vaches ? Et à propos de vos œufs, proviennent-ils d’un élevage où les poules sont à 100% élevées en liberté, sans complément de grains ? Si ce n’est pas le cas, alors vos poules, tout comme vos vaches laitières ne vivent pas réellement la vie « naturelle » d’un poulet. Que pensez-vous qu’il arrive aux poussins mâles, ceux qui ne pondent pas d’œufs ? Je pense qu’il est sûrement plus sain de consommer des produits laitiers et des œufs plutôt que de s’alimenter de façon exclusivement végétale, mais il y a bien d’autres éléments à prendre en considération et qui méritent d’être interrogés, si vous avez un problème moral avec la mort.

« Ok, je mangerais éventuellement du poisson, voir du poulet, mais sûrement pas de la viande rouge ! »

Je me demande dans quelle mesure il serait plus « moral » pour ceux qui mangent « en conscience » de penser que le poisson et le poulet soient supérieur à la viande rouge sur une échelle de moralité. Est ce parce que la chair du poisson et du poulet sont blanches ? Est-ce plus facile à manger quand il n’y a plus d’os et qu’on ne voit plus le « sang. » – en vérité le jus rouge dans les emballages de steak n’est pas du sang, il s’agit de myoglobine- ? Est-il plus aisé d’acheter de petites quantités de chair blanche plutôt que de de gros morceaux de chair rouge sur l’os ? Est-ce que les poulets et les poissons seraient des sous-animaux, comparés à une vache ? Est-ce parce que le bœuf est gras ? Est-ce que tout le monde a oublié que les graisses saturées ne sont plus considérées comme l’ennemi public numéro 1 ?

Est-ce que tous nos déboires de santé sont vraiment causés par notre consommation « accrue » de viande rouge ? Une fois de plus, si vous regardez ce que les gens mangent réellement, la quantité de viande rouge consommée n’a pas augmenté depuis 50 ans, c’est notre consommation de poulet qui a été multiplié par 5.  Nous sommes devenus de gros consommateurs de poisson aussi. Les études qui vilipendent la viande rouge sont observationnelles, utilisant des données issues de questionnaires. Les gens arrivent à se souvenir du hamburger qu’ils ont mangé la semaine précédente, mais ils tendent à « oublier » le beignet au pomme frit dans l’huile, le soda XXL, et la portion géante de frite qui accompagnait le hamburger. Ce n’est pas la viande qui fait tellement de mal, c’est la façon dont on l’élève, et les aliments dont on l’accompagne.

« Je me sens plus (vertueux, propre, pur) en ne mangeant que des plantes »

Voici d’autres questions à considérer. Aux animaux qui meurent lors des labours ou des récoltes de vos cultures, il faut ajouter les nombreux animaux victimes des productions d’aliments végétaux issus de l’agriculture. L’huile de palme par exemple. Je ne pense pas que l’on puisse considérer que l’huile de palme soit OK dans un régime végan, si l’on considère l’impact que son industrie a sur les orangs-outans. Et que dire des humains qui récoltent vos cultures ? Je constate très peu d’attention portée à la personne humaine et aux problèmes sociaux par les tenants des régimes 100% végétaux. Que dire des 400 000 enfants migrants esclaves dans des exploitations ? Mangez-vous des bananes, du chocolat, buvez-vous du café ? Il y a tellement de problématiques autour de l’industrie alimentaire bien au-delà de savoir si c’est « bien » ou « mal » de manger de la viande.

« Quelle est la façon la plus « morale » de s’alimenter ?

Si vous cherchez réellement à minimiser les torts causés aux animaux, assurez-vous de faire les choix les plus durables et éthiques en matière de choix d’aliments, pour ce faire il faut accepter d’élargir votre horizon et d’inclure de nouvelles questions. Si vous savez que des animaux mourront pour votre tofu, pensez-vous toujours qu’il soit correct de le consommer ? Si vous savez que vos bananes non bio impliquent que les écoles et les habitations aux alentours de la plantation seront aspergées de produits chimiques toxiques, causant des maladies ainsi que des défauts de naissance, est-ce que vous serez toujours d’accord avec le fait de les consommer ? Est-il correct de manger des tomates quand on ignore qui les a récolté ? Si vous appreniez que c’est une fille de 12 ans qui travaille 12 heures par jour, au lieu d’aller à l’école, de façon à ce que vous puissiez avoir des tomates au mois de janvier, considéreriez-vous qu’il soit plus vertueux de les consommer que de manger de l’agneau ? Si vous ne voyez pas le « sang » ou les os dans votre poulet emballé sous plastique, cela le rend-il plus facile à manger à vos yeux ? La viande blanche est-elle plus « propre » à consommer ? Les oiseaux sont-ils des animaux qui comptent moins que les vaches ? Est-il correct de boire du lait de vache confinée toute sa vie, qu’elle n’ait jamais pu voir un brin d’herbe ? Quel type d’élevage permettrait à une vache de jouir d’une vie décente (d’accord, peut être bien qu’une vache au pâturage connait un seul mauvais jour de sa vie entière, mais la vache laitière également mourra aussi) ? Quel système est le meilleur ? L’initiative des Lundi Sans Viande change-t-il la façon dont les vaches sont traitées ?

En choisissant de refuser complètement ce système, en ne mangeant plus du tout de viande, changez-vous la façon dont cette dernière est produite ?

L’élevage industriel n’est pas une solution, selon moi, si nous étions plus exposés à la dynamique de production durable de nourriture, il y aurait moins de confusion concernant ce qu’il convient de faire. Si chacun avait l’expérience de travailler ou de vivre à proximité d’une petite ferme biologique qui aurait intégré un élevage d’animaux de pâturage (comme je l’ai moi même fait), alors les réponses à ces questions seraient plus évidentes. Nous faisons parti de la nature. Même si nous préférons éviter cette idée, la vie n’est pas possible sans la mort.

Si nous sommes d’accord sur le point que les herbivores sont absolument nécessaires pour la santé du sol, nous devrions être d’accord pour les manger.

Pour aller plus loin : Caroline Watson a écrit un beau texte sur l’aspect éthique de la consommation de viande. Le mythe végétarien, écrit par une ancienne végan, est également un superbe plaidoyer pour la consommation éthique de viande,  je viens de commencer à lire Vegan Betrayal, de Mara Kahn. Cependant, j’ai également acheté The Humane Economy, par Wayne Pacelle, végan et président de la Humane Society By Vegan, pour tenter de mieux comprendre ce qui constitue les fondements de la pensée des militants des droits des animaux. Je crois qu’il est fondamental d’explorer toutes les facettes d’une histoire afin de la saisir dans sa globalité. Alors que j’apprécie » l’intention » de ceux qui choisissent de ne pas consommer de viande, je suis tout simplement en désaccord avec leur logique.

Et vous, qu’en pensez vous ?