Les caries : une histoire de carences ?

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Les caries, une histoire de carences ?

En avril 2015, l’INSERM publiait un document complexe intitulé «le pouvoir naturel de réparation des dents» (1), pas moins de 80 années après que Weston Price, un dentiste, eût publié «Nutrition and physical degeneration» littéralement «Nutrition et dégénérescence physique». L’ouvrage non traduit en français est tombé dans le domaine public, on peut le trouver dans son intégralité sur internet (2).

Ce dentiste né en Ontario en 1870 est le fondateur de la National Dental Association qu’il présida de 1914 à 1928. Il remarque que sa jeune patientèle de l’Amérique des années 30 est accablée de soucis dentaires, caries, dents mal alignées, faciès déformés, infections diverses, allergies, problèmes comportementaux.photo price

Une intuition lui vint : l’alimentation serait à l’origine de ce qu’il constate quotidiennement dans son cabinet.

En effet, le docteur Price suspecte la nourriture industrielle de mal nourrir ses patients. Comme dans un roman, le docteur vend son cabinet et entreprend avec son épouse un voyage de 12 années, à la rencontre de différentes populations du globe. Il choisit de séjourner au sein de groupes ayant comme trait commun le fait de ne pas être, ou très peu en contact avec le processus d’industrialisation.

Les peuplades qu’ils rencontrent ne connaissent pas encore le sucre, les farines raffinées et les huiles végétales, ni les routes et les voies ferrées. Ces populations ont également en commun le fait d’ignorer les dentistes, les brosses à dents, les caries, et la nourriture industrielle.

Cependant, il note également que les membres de ces communautés qui ont délaissé leurs diètes traditionnelles développent rapidement des caries et d’autres problèmes de santé, tel que l’arthrite, la tuberculose.

Le docteur relève que les enfants nés de parents ayant consommé les aliments «modernes» ont globalement des visages aux structures faciales moins bien développées. C’est à dire des faciès aux fosses nasales moins larges les prédisposant aux soucis ORL. Des bouches aux arches dentaires moins largement développées qui laissent présager des difficultés dentaires futures, dents qui se chevauchent entre autres. Il relève aussi que ces visages ont comme spécificité d’être plus étroits, moins symétriques, qu’ils sont objectivement moins harmonieux et moins attractifs.

dents maoris pourries

L’ouvrage de Price comprends une série de relevés scrupuleux dont un décompte minutieux du nombre de caries par communautés visitées. Son constat est édifiant : les populations dont le mode de vie n’a pas été industrialisé jouissent d’une santé dentaire éclatante : dents superbement alignées, arches dentaires parfaitement développées, faciès et corps robustes, respirant la santé, en dépit d’une pratique du brossage inexistante, et de l’absence de dentiste au sein de ces communautés.

L’intime conviction de Price est que l’état des dents est un indicateur de santé global, une sorte de fenêtre ouverte sur l’état de santé de la personne. Au fil des pages, Weston Price raconte son expérience de voyage au sein des différentes cultures rencontrées, ainsi que les habitudes alimentaires des peuples visités. La chance qu’a eu Price, c’est d’avoir rencontré ces cultures à un moment charnière de l’histoire contemporaine : le moment précis avant que celles-ci ne «basculent» dans la modernité. Price a ainsi pu photographier côte à côte des personnes consommant leur régime «natif», (pour reprendre ses propres mots), et des personnes consommant les aliments du commerce, rendus accessibles par la création de routes, de voies ferrées. Sans surprises, Price relève qu’avant la construction de routes et de chemin de fer, les peuples consomment les ressources alimentaires locales.

Il est frappant à la lecture de «Nutrition and physical degeneration» de constater le lien de corrélation entre la construction d’une voie de chemin de fer et l’apparition de caries et plus généralement des maladies de civilisations.


Petit tour du monde des habitudes alimentaires des populations non occidentalisées.

Les montagnards Suisses du Lötschental consomment du lait cru de leurs vaches nourries à l’herbe, de la crème, du beurre, du pain au levain complet de seigle, ou des graines de seigle rôties, de la viande le dimanche, des soupes cuisinées au bouillon d’os, quelques légumes l’été. Price rapporte l’anecdote que la tranche de fromage surplombant la tartine de pain de seigle était au moins, sinon plus épaisse que la tartine elle même ! Selon les dires mêmes des habitants du Lötschental de l’époque, ils tenaient leur robustesse du caractère divin du beurre de printemps, auquel ils attribuaient les vertus nutritionnelles à l’herbe à croissance rapide du printemps que les vaches broutent en altitude.

beurre coeur

Price relève chez ce peuple une quasi immunité à la carie dentaire. Les membres des tribus pastoralistes Massai du Kenya mangent principalement de la viande, du sang, et du lait cru entier de leurs vaches et de leurs chèvres. Price fait cette remarque à leur propos : «il apparaît remarquable que sur les 6 tribus que nous avons étudiées, nous ne dénombrons quasiment aucune présence de caries, ni aucune arche dentaire mal formée.

Force est de constater que les nombreuses autres tribus visitées semblent jouir d’une immunité quasi complète à la carie dentaire. Sur ces 13 tribus, nous n’avons pas rencontré un seul individu avec des dents irrégulières.»

L’étude de leurs 2516 dents réparties sur 88 individus montre que seules 4 personnes étaient affectées de caries, pour un total de 10 caries, c’est à dire 0,4% de dents atteintes pour ce groupe.massai chèvre

Cependant chez les membres de ces tribus qui ont adopté le mode de vie de la civilisation moderne, beaucoup de cas de caries dentaires ont été constatées. Chez la génération suivant l’adoption des habitudes alimentaires européennes, les difformités de l’arche dentaire sont monnaie courante.»

Contrastant avec l’exemple des chasseurs cueilleurs Massaï, une tribu voisine, les Kikuyus, vit selon un mode de vie agricole et a une diète que l’on qualifierai de «végétarienne» : patates douces, maïs, haricot, bananes, millet, et graine de kéfir, une variété de millet. Les Kikuyus sont moins grands que les Massaï, ont un physique que Price qualifie de «moins robuste». L’étude de 1041 dents sur 33 individus montre 57 dents atteintes par des caries, c’est à dire 5,5% des dents. 36,4% des individus étaient concernés.

Price note que les femmes Kikuyus adoptent des régimes riches en graisses animales 6 mois avant leur mariage et qu’elles ont également un régime différent du reste de la tribu pendant leurs grossesses et toute la durée des 3 saisons que durent leurs allaitements.

dents congo

Les Eskimos d’Alaska étaient selon les mots même de Price «un exemple d’excellence physique et de perfection dentaire».

Ces populations totalement isolées de la modernité mangeaient principalement des produits de la mer, des œufs de poisson, du phoque, de la baleine.

A noter qu’ils ne consommaient ni fruits ni légumes (banquise oblige) un peu d’algues, de baies à la bonne saison, ainsi qu’une sorte d’oseille conservée dans de la graisse de  phoque.  maman eskimo

Price déplore que ces populations jouissant d’une parfaite condition physique aient autant été impactées dans leur organisme par l’introduction des aliments de l’industrialisation, farine, sucres, huiles végétales. Il relève que la première génération d’enfants nés de mères ayant consommé ces aliments présente de nombreuses difformités au niveau facial et dentaire. Ces anomalies apparaissent dès la première génération après l’adoption des aliments modernes. Il remarque un manque de développement osseux des mâchoires chez ces enfants, ce qui crée les conditions pour que leurs dents se chevauchent. Il constate aussi que les narines de ces faciès sont plus étroites accentuant le phénomène de respiration par la bouche au détriment de la respiration par le nez : un moindre développement de la sphère ORL prédispose aux soucis respiratoires comme l’apnée du sommeil par exemple.

Chez les Maoris, insulaires de Nouvelle Zélande, le dentiste découvre que les indigènes consomment du poisson, du requin, de la pieuvre, des fruits de mer, des vers, du porc sauvage, du lard, des noix de coco, du manioc, des algues et des fruits.

mélanésiensmélanésiens caries

Price remarque ceci à leur propos : «Ce qui est frappant dans ces relevés, c’est le contraste entre l’état des dents, des arches dentaires et des crânes des Maoris avant que ceux-ci n’entrent en contact avec l’homme blanc, et les structures osseuses des personnes nourries avec des aliments modernes.

Price relève la différence d’épaisseur entre les crânes des individus s’alimentant de façon traditionnelle et ceux des personnes ayant consommé les aliments de la ville.

Les rapports des examens des scientifiques entrés en contact avec ces peuples avant qu’ils ne se modernisent révèlent qu’une seule dent sur les 2000 examinées présente une carie dentaire, et que 100% des arches dentaires sont formées normalement».

Les populations de pêcheurs des Hébrides (Ecosse), que Price découvre, consomment quotidiennement le produit de leur pêche, du poisson, du homard, des œufs, des abats de poissons, du bouillon élaboré avec les arêtes, les têtes et les carcasses. De l’avoine est également consommée sous forme de porridge, une bouillie fermentée la veille pour le lendemain, ou sous forme de galette. Les têtes de morues fourrées à l’avoine et aux morceaux de foie de morue coupés fin étaient un plat particulièrement populaire et constituaient l’ordinaire de ces populations vivant près de la mer.

Voici une anecdote de voyage : « Nous avons été à la rencontre d’ une famille de l’autre côté de l’île où les deux garçons de la famille (…) résidaient. L’un des deux frères avait une dentition excellente mais l’autre souffrait de caries rampantes. Ces deux jeunes hommes mangeaient autour de la même table. Le plus âgé, celui aux dents parfaites, continuait d’apprécier sa nourriture « primitive » composée d’avoine et de produits de la mer, avec un peu de produits laitiers. Le plus jeune frère (…) avait d’importantes caries dentaires. Il lui manquait bon nombre de dents, dont ses deux incisives de devant.

Il insistait pour manger du pain blanc, de la confiture, du café très sucré, ainsi que des sucreries et du chocolat. (en haut à gauche le plus jeune frêre qui consomme les aliments de la modernité, à droite, l’aîné, qui a conservé son régime natif.) frere

Tous les chasseurs-cueilleurs, qu’ils soient des Everglades du Canada, d’Amazonie ou d’Australie, avaient les diètes les plus diversifiées : ils consommaient du gibier, incluant le foie, le sang, la moelle, les glandes de leur proie, de petits animaux, des oiseaux, des oeufs, des insectes, des graines, des tubercules ainsi que le fruit de leur cueillette.

Ce qu’on peut appeller le «génie» de Weston Price, c’est d’avoir été capable, de dégager le dénominateur commun de toutes ces cultures, et même l’universalité de ces facons d’exister qui étaient toutes caractérisées par une quasi immunité à la carie dentaire, au delà des spécificités locales de ces cultures.

Price retient 4 dénominateurs commun aux cultures dépourvues de caries dentaires :

  • l’absence de farine raffinée, de sucre, d’huiles végétales raffinées. Les céréales , légumineuses et graines sont consommées après un traitement incluant trempage, rinçage, séchage, fermentation cuisson, de façon à réduire leurs teneurs en antinutriments.
  • une abondance de produits animaux : viande, poisson, produits de la mer, produits laitiers, bouillon d’os, abats.
  •  des aliments consommés dans leur intégralité (animal ou graines)
  • l’accent est mis sur les graisses animales ayant des hautes qualités nutritionnelles.

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Les vitamines au secours des dents ?

Price analyse ces aliments dans son laboratoire et réalise que les diètes traditionnelles contiennent jusqu’à 10 fois plus de vitamine A et D que le régime américain standard de l’époque, ainsi que bien plus de calcium, de phosphore, d’iode et de fer.

Le rôle du calcium et du phosphore dans le cadre de la santé dentaire est connu du grand public. Cela dit, le mécanisme d’absorption de ces minéraux est peu vulgarisé. La vitamine D liposoluble (soluble dans le gras) rend les minéraux comme le calcium, le phosphore et le magnésium plus disponibles pour notre organisme.

Le rôle de la vitamine D dans le cadre de la prévention des caries est connu et bien documenté (3) (4) (5) (6).

En 1922 déjà, un couple de médecins, Sir Edward et Mary Mellanby, eux-mêmes à l’origine de la découverte de la vitamine D, découvrent l’impact positif qu’ont les régimes riches en vitamine D, en calcium, en phosphore et pauvre en céréales sur les caries.

Les Mellanby constatent que ces régimes font produire aux dents une réaction des odontoblastes (cellules qu forment la dentine) , ce qui a comme conséquence une production abondante de dentine secondaire, quoi qu’ait été la structure de la dent au préalable ! anatomie_dent_L

Une dent se compose d’une partie externe, l’émail, de la dentine, substance qui compose majoritairement la dent, et de la pulpe, constituée de tissus sanguins et nerveux. Il semblerait que l’émail abîmé ne se reconstitue pas. La dentine primaire s’élabore in utero. «Les processus responsables du déclenchement du développement des dents ont fait l’objet d’un nombre important de recherches.

Il est largement admis qu’un certain nombre de molécules (facteurs de croissance, de régulation…) sont indispensables dans les tissus du premier arc branchial pour permettre ce développement.» (source wikipédia «développement dentaire»)

L’étude dont l’INSERM a communiqué les résultats au printemps 2015 (1) amène l’idée qu’il soit possible d’influer sur la santé dentaire, en tablant sur l’activité des ressources propres de l’organisme. Le document n’évoque pas de piste pratique particulière, mais décrit le processus de réparation de la dent :
» les plaquettes sanguines, activées par la lésion dentaire, sont responsables de la libération d’une grande quantité de sérotonine et de dopamine. Ces neurotransmetteurs recrutent alors les cellules souches pour réparer la dent en se fixant à leurs récepteurs»

Cette découverte fondamentale permettra d’initier des stratégies thérapeutiques inédites mobilisant les cellules souches résidentes de la dent afin d’amplifier leur pouvoir naturel de réparation. (1)

A l’heure actuelle la prévention des caries et autres problèmes dentaires semble se cantonner au brossage des dents, l’évitement des sucreries et parfois au sevrage de nuit, pour les enfants allaités, nous reviendrons plus tard sur ce dernier point.

En outre il apparaît qu’il n’y ait aucune preuve scientifique que l’utilisation du fil dentaire ait un effet sur les caries ou la gingivite (7).

Pas encore de quoi affirmer que les pratiques intuitives de «bonnes femmes», de la naturopathie, ou de la sagesse ancestrale soient validées par le consensus scientifique.

Mais cette découverte a d’autant plus d’intérêt qu’elle ouvre la voie à d’autres pistes thérapeutiques mieux à même de fonctionner que les anciennes qui ont démontré leur manque de pertinence.

Les recherches et observations menées par les Price et les Mellanby sur l’alimentation et les caries plusieurs décennies auparavant pourraient dorénavant déboucher sur des nouvelles pistes de soins en accord avec la découverte de l’INSERM.

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Comment utiliser les vitamines via l’alimentation pour bénéficier de ce pouvoir qu’ont nos dents de refabriquer de la matière par elles mêmes ? Une supplémentation via des vitamines synthétiques est elle aussi efficace ?

Price parvient aux mêmes conclusions que les Mellanby, la vitamine D prise dans un cadre alimentaire aide et contribue à la reminéralisation des dents.

Nous avons la capacité de synthétiser la vitamine D, à condition de s’exposer suffisamment au soleil. Sous nos latitudes, cette synthèse n’est possible que d’avril à mi-septembre environ. Un apport autre, alimentaire ou par le biais de compléments comme l’huile de foie de morue, est envisageable le reste de l’année, ou toute l’année, en fonction des réserves de l’organisme et des besoins spécifiques (grossesse-allaitement).(8)

Mais nos chercheurs constatent que la réussite n’est pas systématique.

Weston Price tout particulièrement pressent que la vitamine D n’est pas le seul élément en jeu dans le processus de réparation de la dent.

Ce faisant, il parvient à isoler un élément qu’il confond au tout début avec la vitamine A : il le nomme facteur X. Il faudra attendre 2007 et le travail de recherche de Chris Masterjohn pour établir que ce facteur est la vitamine K2. La vitamine K2 est proche chimiquement de la K1, mais possède des propriétés biochimiques significativement différentes.(9) Gouda-Vieux(1)

Une troisième vitamine intervient dans ce processus, il s’agit de la vitamine A.
Nommée rétinol, sous sa forme préformée la plus assimilable, elle se trouve exclusivement dans les produits d’origine animale. L’organisme peut sous certaines conditions effectuer la conversion du bêta carotène des végétaux en rétinol, mais des éléments laissent penser que certains organismes seraient des convertisseurs peu efficaces. Tabler pour son apport de rétinol sur la conversion du bêta-carotène semble donc hasardeux voir non dénué de risque de déclarer une carence. Le rôle de la vitamine A est plus discret, plus méconnu que celui de la vitamine D. La vitamine A aide entre autre à la destruction des vieux tissus dentaires et osseux. Elle aide également la vitamine D à fabriquer l’ostéocalcine, une protéine de la matrice osseuse. Elle sert littéralement à ne pas «faire de vieux os». (10)

Aussi bien Price que les Mellanby utilisaient l’huile de foie de morue dans leurs protocoles de soins.foie morue

Ce remède de grand mère tombé en désuétude est pourtant à la fois riche en vitamine A et D, sous une forme particulièrement assimilable. En effet, les vitamines A et D sont des vitamines dites «liposolubles» c’est à dire qu’elles se trouvent dans les graisses, dans un aliment en étant naturellement pourvu.

Il semblerait que sous sa forme synthétique, la vitamine A soit souvent toxique, tandis que sous sa forme complexe, car alimentaire et donc mêlée à d’autres composants, l’huile de foie de morue, soit dénuée de toxicité du fait de la présence protectrice de vitamine D. Price remarquait qu’il obtenait les meilleurs résultats de réparations de caries en associant du beurre clarifié (aussi appellé «ghee» et riche en vitamine k2) à l’huile de foie de morue (riche en vitamine A et D), en complément d’un repas quotidien dense nutritionnellement qu’il pourvoyait à un groupe d’enfant souffrant notamment de caries.

ghee

(ghee ou beurre clarifié ❤ )

Ceci peut se comprendre à la lumière de la synergie des vitamines liposolubles : les 3 vitamines, A, D et K2 travaillent de concert dans la minéralisation des tissus osseux et dentaires. Les deux premières stimulent la production adéquate d’ostéocalcine, une protéine qui permet à la dent de se reminéraliser.

Mais cette protéine, pour qu’elle joue pleinement son rôle, nécessite d’être activée par la vitamine K2. On tient là l’explication du facteur (ou activateur) X des expériences de Weston Price : sans suffisamment de vitamine K2/Facteur X, la reminéralisation des dents, malgré l’huile de foie de morue (riche en vitamine A et D) ne se faisait pas !

Prévenir et/ou guérir la carie dentaire ?

Cette piste vitaminique peut être envisagée sous plusieurs aspects, correspondant à plusieurs grandes périodes distinctes mais qui s’articulent comme un continuum.

Comme Price l’avait souligné, les cultures traditionnelles réservaient empiriquement certains aliments aux futures mamans. Ces aliments considérés parfois comme «sacrés» par ces peuples, étaient investi du pouvoir de produire de beaux bébés en bonne santé. Dans le cas du beurre de mai des populations montagnardes du Lötschental, sa richesse en vitamine K2 permettait aux futures mamans de s’assurer d’un statut adéquat de leurs réserves vitaminiques avant de démarrer une grossesse.

Cet aspect de la nutrition pré-partum pris en charge par les sociétés traditionnelles trouve un écho dans notre culture dans la prescription d’un complément d’acide folique avant de démarrer une grossesse, mais ne fait pas partie de notre culture alimentaire.

L’idée de préparer une grossesse d’un point de vue nutritionnel et alimentaire n’est pas un usage répandu dans nos habitudes.

Suivant les observations de Price et des Mellanby, la construction des dents in utero dépend du statut nutritionnel de sa maman lorsqu’elle entame et vit sa grossesse ainsi qu’avant la fécondation. Bien s’alimenter est une première mesure de prévention contre les caries.

Cette idée est plus largement exposée dans l’ouvrage « Deep nutrition» de Cate Shanahan, qui reprend largement les travaux, observations et photos de l’ouvrage «Nutrition and physical degeneration».

Cate Shanahan dans «Deep nutrition» (11) aborde les questions de manque de vitamines (lipo et hydrosolubles, particulièrement la vitamine D), de minéraux, d’oméga-3 à chaînes longues pendant la grossesse, et l’impact éventuel sur la formation des faciès, des mâchoires, et par extension, de la santé dentaire et de façon plus large, le corps de l’enfant à naître. deep nutrition

Selon cette logique, des grossesses rapprochées (espacement de moins de 3 ans entre les grossesses) ne permettent pas à la maman de reconstituer son stock de vitamines, minéraux et nutriments, et notamment la minéralisation des dents du futur bébé peut se faire moins parfaitement, ou alors au détriment des réserves de l’organisme maternel.

L’adage «une grossesse, une dent» s’expliquerait de ce point de vue par un organisme maternel épuisé par les carences.

Cette théorie permettrait d’expliquer les différents état de santé dentaires, au sein d’une même fratrie, en dépit d’une alimentation similaire, et d’une hygiène et de soins dentaire identiques.

Selon la logique de Cate Shanahan, les aînés bénéficieraient d’un statut nutritionnel maternel correct, là où, dans la mesure ou les réserves maternelles ne se reconstitueraient pas de façon optimale, les bébés puînés souffriraient de réserves amoindries, ainsi que d’un développement dentaire et osseux mitigé.

Focus : La faute à l’allaitement ?

De nombreuses mamans qui allaitent au long cours et dont les bébés-bambins-enfants nécessitent une prise en charge médicale pour des soins dentaires, vivent l’expérience douloureuses de se voir demander de sevrer partiellement (sevrage de nuit) ou totalement. Les professionnels de santé justifient une telle demande par le fait que le lait humain contient naturellement un sucre : le lactose.

Des études attestent du rapport inexistant entre le lait humain et les caries dentaires, ce qui n’empêche pas les dentistes d’incriminer l’allaitement, nocturne notamment, calquant certainement sur cette pratique de maternage proximale l’idée de nourrissage de nuit au biberon. (12) Chest feeding

Des expériences où des dents sont immergées plusieurs jours au contact de lait maternel démontrent que ce dernier n’affecte pas la dent, mais au contraire dépose du calcium et du phosphore sur l’émail.

Reconsidérer le problème à la lumière des découvertes vitaminiques de Weston Price et des Mellanby permettrait d’aborder la question en creux sous un angle nouveau, celui des vitamines apportées (ou pas) par l’alimentation, in utero, au sein, ou lors de la diversification aux alentours des 6 mois de bébé.

«Les femmes vivant des modes de vie ancestraux (qu’elles soient ou non allaitantes) ont des niveaux sanguins beaucoup plus élevés de vitamine D que les Américains urbains contemporains.(13)

Qu’en est il des taux lactés de ces vitamines essentielles à la formation et au maintien d’une santé dentaire satisfaisante et comment l’alimentation maternelle joue un rôle dans le processus ?

De façon non surprenante, l’alimentation maternelle joue un rôle dans la composition du lait humain, et on peut ainsi observer des variations de composition du lait d’une femme à l’autre selon leurs alimentations.

«La nature des graisses consommées par la mère se reflétera au niveau des lipides lactés. On estime qu’environ 40 % des variations individuelles constatées quant aux taux des divers acides gras polyinsaturés sont en rapport avec les différences d’apports alimentaires. (…) De nombreuses études ont constaté que la prise par la mère d’un supplément d’huile de poisson riche en acide docosahexaénoïque augmentait le taux lacté de cet acide gras. Le rapport entre les acides gras en oméga3 et en oméga 6 dans l’alimentation se reflétera sur ce même rapport au niveau des acides gras lactés. Dans les pays occidentaux, les apports des différents chefs de file de ces séries ont beaucoup évolué avec les modifications de notre alimentation depuis quelques décennies.

Or, dans la mesure où ces acides gras sont impliqués dans la synthèse de diverses prostaglandines, un déséquilibre du rapport entre les séries en oméga 3 et en oméga 6 peut avoir un impact significatif sur la santé (sur le risque d’allergies par exemple.) (14)

A propos de la vitamine A préformée, alias le rétinol : « Le taux lacté de vitamine A semble dépendre essentiellement des apports alimentaires maternels. Ce taux est élevé dans le colostrum, puis baisse dans le lait mature avant de se stabiliser. Le lait humain contient aussi de nombreux caroténoïdes. (14)

A propos de la vitamine D : «Le taux lacté de vitamine D peut varier dans la proportion de 1 à 10, et il est fonction du statut maternel pour cette vitamine. Si la mère a des apports alimentaires faibles et s’expose insuffisamment à la lumière du jour, l’enfant allaité pourra présenter un rachitisme. « (14)

Il y a fort à parier que le lait des femmes des sociétés traditionnelles visitées par Price présentaient des taux significativement plus élevés de vitamines A, D et K2 par rapport au lait maternel de femmes ne consommant plus leurs alimentations traditionnelles.

poisson

Quand au fait de savoir si les tétées de nuit présenteraient un potentiel cariogène, regardons une fois encore du côté des populations non occidentalisées. Il est permis d’imaginer que les pratiques de maternage en vigueur chez des peuples comme les Eskimos ou les Mongols incluaient de nombreuses tétées de nuit. (15). Or ce sont précisément des populations qui, tant qu’elles s’alimentaient de façon traditionnelle, étaient indemnes de caries.

Il est intéressant de noter que les populations immunisées contre les caries ne connaissaient pas l’usage de la brosse à dents, du dentifrice ou encore du fil dentaire, sans même évoquer le fauteuil du dentiste. Le dentiste constate que les populations indemnes de caries ont un dépôt assez épais sur les dents, sans que cela ne semble affecter leur robustesse.

Bien que la plupart des récits anthropologiques fassent régulièrement l’impasse sur les questions liées à la féminité et aux bébés, on peut tabler que la plupart de ces populations nourrissaient leurs bébés au sein, a minima les 2 premières années de jour comme de nuit.

Que penser des recommandations modernes de sevrage qui semblent ne s’appuyer sur aucune recommandation scientifique et pas plus sur des observations empiriques anthropologiques ?

A la lecture du récit de voyage de Price, on peut observer de nombreux clichés de dentitions d’enfants. Il ne fait aucun doute que la santé dentaire dont jouissent ces populations concerne également les dents de lait indistinctement des dents définitives des adultes.

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Diversification alimentaire

Il est instructif de se pencher sur la nature des premiers aliments proposés aux bébés.

Depuis l’après-guerre il est courant de nourrir les bébés occidentaux de compotes, de purée de légumes ainsi que des bouillies de céréales.

Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi. En parcourant les ouvrages antérieurs qui traitent du sujet, on note que ce sont des quasi-repas d’adultes qu’on propose aux bébés, la viande, les œufs, les abats, le poisson inclus. Ces aliments sont riches en fer et en zinc, deux minéraux dont les bébés sont souvent déficients sous nos latitudes. La pratique du clampage précoce du cordon ombilical empêche le transfert de sang de la mère au bébé via le cordon ombilical et peut être considéré comme responsable de la carence en fer et en zinc qu’expérimentent certains bébé lors de leur première année de vie. (A ce titre, il apparaît que proposer des aliments riches en fer et en zinc, comme la viande et les produits de la mer constituent une réponse à cette problématique. 16)

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Il est frappant de constater que les populations traditionnelles diversifient leurs bébés avec les même aliments que ceux consommés avant de démarrer une grossesse, et proposés aux mamans allaitantes. Ces aliments sont également ceux relevés par Weston Price comme étant une base alimentaire pour les différentes peuplades du monde ; Ce sont des aliments riches en nutriments liposolubles, vitamines A, D et K2, en minéraux, calcium , fer, zinc, phosphore provenant notamment de viande, de bouillon d’os, d’huile de foie de morue, du jaune d’œuf, de la moelle, des abats (foie, cervelle), des œufs de poisson, du homard, des poissons gras, des coquillages, des insectes, des noix de coco…(17)

Il est également intéressant de noter que ces pratiques alimentaires sont reliées à des modes de vie « locaux » qui ont été également petit à petit délaissés par les membres des communautés (départ à la ville, mode de vie plus urbain, abandon de l’agriculture vivrière locale.)

Faut il donc nous inspirer des alimentations de ces groupes humains pour être épargnés par la carie dentaire ?

Les expériences cliniques menées par Weston Price et le couple Mellanby suggèrent que modifier notre alimentation peut apporter un bénéfice non négligeable, allant jusqu’à la réparation des dents. Il ne s’agit pas de ne plus consulter de dentiste, mais de prévenir et de réparer ce qui peut l’être, de combiner les deux approches.

De retour de son voyage de 12 ans, le dentiste met en place dans sa clinique un programme visant à enrayer la malnutrition chez des enfants en mauvaise condition physique et souffrant de caries.

Lors d’une expérience, Price leur sert 6 jours par semaine un repas thérapeutique qui inclut : du foie, de la soupe au bouillon de poisson, ou un ragoût de viande incluant du bouillon d’os et des carottes, des assiettes de céréales fraîchement moulues et largement beurrées, du jus de tomate avec de l’huile de foie de morue, et deux verres de lait cru issu de vaches ayant consommé exclusivement de l’herbe. grass fed milk

La viande, les œufs, le lait provenaient exclusivement d’animaux élevés à l’herbe, en effet Price avait découvert que ces produits contenaient plus de vitamine A que leurs équivalents industriels, issu d’animaux élevé aux grains. Il est intéressant de noter que ces produits animaux de qualité contiennent également plus de vitamine K2, et 3 fois plus d’oméga 3. (18)

Depuis les années 2000, les travaux de Weston Price sont redécouverts par le grand public.

Ramiel Nagel, un papa tendance maternage proximal (19) est effaré de constater que les dents de son premier bébé se dégradent presque sitôt sorties.

Il se plonge dans le sujet et fini par publier le best-seller « Cure tooth decay», une méthode inspirée des recherches des Price et Mellanby. (20)

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LES GRANDES LIGNES DU PROTOCOLE CURE TOOTH DECAY

Le méthode «Cure tooth decay» , ( «guérir la carie dentaire») est un ouvrage pratique détaillant l’application des découvertes de Weston Price d’un point de vue diététique, mêlant nutrition, conseil sur quels compléments alimentaires choisir … ou les raisons de leur préférer les aliments entiers. L’ouvrage détaille également comment sélectionner les meilleurs aliments, en détaillant de quelles façons le mode de production de l’aliment impacte sa qualité et son profil nutritionnel.

Sont abordées différentes méthodes tel que le bain de bouche à l’huile de coco (efficace pour inhiber certaines bactéries), les remèdes homéopathiques, les produits phytothérapeutiques qui peuvent aider à la reminéralisation. La question de l’orthodontie est également abordée.


Les grandes lignes du protocole alimentaire tooth decay (pour traiter la carie déjà active)

– consommer des viandes de la meilleurs qualité possible, le meilleur choix étant pour les herbivores l’élevage sur l’herbe (3 fois plus d’oméga 3), pour les porcs l’élevage libre parcours en plein air, pour les volailles un accès à de grands parcours herbeux afin qu’elles puissent picorer à leur aise, ou sinon préférer les œufs bio de label «bleu blanc cœur (pour leur teneur en oméga 3)

– consommer dans la mesure du possible des abats bio d’animaux élevés à l’herbe (foie, rognon, cervelle) pour les apports en minéraux et vitamines qui diffèrent du profil nutritionnel de la viande «muscle».  offal

– choisir ses laitages bio à minima, idéalement issus de bêtes nourries exclusivement à l’herbe. A noter que les personnes intolérantes aux laitages industriels les tolèrent quand ils sont au lait cru, issus d’animaux à l’herbe.

– Les personnes intolérantes au lactose tolèrent bien le ghee ( beurre clarifié), qui est une source précieuse de vitamine K2, pour peu que le lait soit issu d’animaux élevés à l’herbe ; Le lait «Gaborit» de vache jersiaise est souvent bien toléré de par la génétique de cette race de vache. (21)

– consommer de généreuses portions de légumes à tous les repas (légumes verts, légumes racines légumes feuilles ….) accompagnés de graisses pour maximiser l’absorption des nutriments et minéraux. (carottes à l’huile, épinards à la crème, choux de Bruxelles au beurre)…

– limiter au maximum et idéalement supprimer le temps de la «cure d’attaque» les produits céréaliers (pain, pâtes, riz, farines…, toutes céréales incluses mêmes celles ne contenant pas de gluten.)

– limiter ou idéalement supprimer les légumineuses, soja et cacahuètes y compris à cause de leur teneur en acide phytique et lectines, des antinutriments, protéines qui ont la particularité de se lier au nutriments et de les rendre inassimilables par l’organisme.

– user et abuser du bouillon d’os, de carcasse (poulet, bœuf, os à moelle, poisson) : ce remède de grand mère tombé en désuétude redevient tendance, il est redécouvert pour sa richesse en minéraux rendu particulièrement assimilable par la présence des graisses.renforce_os_solution

Le bouillon de poulet tout particulièrement aurait des vertus thérapeutiques.

– Le bouillon peut être proposé à la tasse ou utilisé pour y cuire des aliments, ou pour réaliser des soupes. (par ici, une recette de bouillon. (23)

– supplémentation en huile de foie de morue de qualité donnée en même temps que l’huile de beurre (ghee ou beurre clarifié) pour leur action synergique. Il est à noter que techniquement l’huile de foie de morue est considérée comme un aliment.

– les fruits secs sont à limiter drastiquement en raison de leur haute teneur en glucides, ces aliments sont souvent considéré comme un goûter sain, cependant pour la réussite de l’entreprise de réparation, le protocole propose de les exclure temporairement.

– les oléagineux sont également à limiter en raison de leur teneur en acide phytique et en lectine. (les cajou particulièrement sont les oléagineux les plus riches en lectines). Les consommer sous formes trempées séchés et grillées permet de réduire leur teneur en antinutriments.

– les fruits sont également à limiter drastiquement, à cause de leur teneur élevée en glucide, pour un apport nutritionnel relativement peu dense nutritionnellement. Il est à noter que la vitamine C se trouve de façon abondante dans les légumes verts, jaunes, feuilles et les légumes lactofermentés (choucroute crue). La poudre d’acérola non sucrée peut être envisagée comme un apport intéressant. La vitamine C protège du scorbut (déchaussement des dents).

– Les graisses de cuisson et d’assaisonnement sont à choisir de la meilleure qualité possible : beurre cru et ghee bio issu de vaches nourries à l’herbe, graisse de canard, d’oie, si possible élevés en pâturage bio, graisse de coco bio de première pression à froid non désodorisée, huile d’olive bio, de première pression à froid.

– les huiles de tournesol de colza, de sésame, de noix, de noisette, de soja sont à éviter en raison de leur haute teneur en acide érucique, en oméga 6, de plus elles sont souvent rances quand elles arrivent sur les étals.

– Les produits fermentés :
La fermentation permet de diminuer la teneur en antinutriments des céréales (pain au levain, galettes de sarrasin et bouillie d’avoine préparées la veille pour le lendemain).

On retient l’aspect probiotique intéressant des produits tels que kéfirs d’eau ou kéfir de lait. A noter que le kéfir de lait est celui qui comporte le plus de souches bactériennes intéressantes), tout autant que des légumes lactofermentés, tels que choucroute crue, carotte lactofermentées…. (24) kefir

– L’importance de choisir un sel de la meilleure qualité possible, pour sa teneur en minéraux. La consommation d’algue peut être un réel plus, le kelp notamment, pour sa richesse en iode.

– le bain de bouche à l’huile de coco (oil-pulling) (25)

(1) : http://presse.inserm.fr/le-pouvoir-naturel-de-reparation-des-dents-elucide/19015/
(2) : http://journeytoforever.org/farm_library/price/pricetoc.html
(3) : http://pediatrics.aappublications.org/content/early/2014/04/16/peds.2013-2215
(4) : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmedhealth/PMH0053847/
(5) : http://adc.bmj.com/content/97/Suppl_1/A103.1
(6) : http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26553883
(7) : http://bigstory.ap.org/article/f7e66079d9ba4b4985d7af350619a9e3/medical-benefits-dental-flossunproven
(8) : http://www.neosante.eu/comment-garder-de-bonnes-dents/
(9) : https://www.amazon.fr/Vitamin-K2-Calcium-Paradox-Little-Known-ebook/dp/B00D5TSMAS/ref=sr_1_1?
s=english-books&ie=UTF8&qid=1471331219&sr=1-1&keywords=K2
10 : https://clairetlipide.wordpress.com/2016/01/21/une-vitamine-a-sous-estimee-par-les-vegans/
(11) : https://clairetlipide.wordpress.com/2012/03/19/une-certaine-conception-de-lesthetique/
(12) : http://www.lllfrance.org/vous-informer/des-etudes/1326-carie-et-allaitement

(13) : http://allaitementcoeurdherault.com/vitamine-d-chez-femme-allaitante/
(14) : http://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1263-da-52-le-laithumain
(15) : http://www.allaitementpourtous.com/uploads/1/4/2/4/1424617/mongoliafr-eng.pdf
(16) : http://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/dossiers-de-l-allaitement/1708-reflexionssur-les-aliments-de-sevrage
(17) : https://www.amazon.fr/Beautiful-Babies-Nutrition-Fertility-Breastfeeding/dp/1936608650/ref=sr_1_1?
s=english-books&ie=UTF8&qid=1471332345&sr=1-1&keywords=beautiful+baby
(18) : https://clairetlipide.wordpress.com/2016/02/10/la-superiorite-sans-appel-elevage-sur-paturage/
(19) : http://www.healingourchildren.net/
(20) : http://www.curetoothdecay.com/
(21) : https://authoritynutrition.com/a1-vs-a2-milk/
(22) : http://www.acteur-nature.com/articles-divers-sur-le-monde-du-bio-et-du-naturel/les-anti-nutriments-oula-face-cachee-des-aliments-dorigine-vegetale.html
(23) : https://www.nutriting.com/conseils-sante/les-bienfaits-secrets-du-bouillon-maison/
(24) : http://www.nicrunicuit.com/
(25) : http://wellnessmama.com/57729/oral-health-routine/

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On ne fait pas disparaître une carence en la brossant

dent 4

Mon aînée n’a pas eu de soucis dentaire, ou pas autant que mes deux enfants puinés.

C’est mon fils né 3 ans après elle qui a inauguré le bal des problèmes dentaires .

Vers ses 2 ans sont apparues des tâches brunâtres sur ses incisives de devant, ainsi que sur certaines molaires. Chaque fois que mon regard se posait sur ces marques, je ressentais comme une sensation d’effroi, une sorte de haut-le-cœur émotionnel qui partait du plus profond du ventre pour remonter dans la gorge. Ces dents abîmées, pour moi qui n’avais jamais eu de caries, c’était vraiment un sujet de préoccupation quotidien. Mon compagnon me les reprochait estimant que c’était la conséquence de mon laxisme en matière de brossage des dents, tout comme il incriminait le fait que j’achète plus souvent qu’à mon tour des bonbons et du chocolat aux enfants.

Il arrivait souvent que l’on décide que là, ça suffisait, qu’à partir de maintenant nous deviendrions intransigeants sur l’hygiène orale, qu’on ne se laisserait plus aller… Mais allez dire ça à un bambin qui s’endort systématiquement au sein…Alors on frottait, on brossait et notre fils pleurait, ce qui me catastrophait encore plus. On frottait les tâches en priant pour qu’elles s’effacent. Et elles étaient là malgré tout, je dirais même qu’elles s’étendaient. Nous avions pourtant bien tenté à de nombreuses reprises de lui acheter de jolies brosses à dents, attrayantes, lumineuses, avec un liquide à paillettes dans le manche et même en ultime recours une brosse à dent électrique. Mais ces brossages semblaient ne pas enrayer la progression du marron dans la bouche de mon garçon, ces effrayantes tâches brunes résistaient à toutes nos tentatives parentales d’hygiène orale !

Je m’étais procuré le magasine « Allaiter Aujourd’hui » sur la santé dentaire de l’enfant allaité et de sa mère, mais curieusement, jamais je n’ai pu concevoir que l’allaitement eut été un problème, la cause de nos soucis. Mon fils a été allaité et a bénéficié de tétées de nuit et pour s’endormir jusqu’à un âge qui ferait frémir sous nos latitudes ! Dans ma compréhension des choses, les véritables coupables étaient seulement au nombre de deux, et portaient les noms de Sukreri et de Padbrossage.

 

Je me souviens d’avoir appris dans cette revue LLL dédiée au sujet qu’un certain complément alimentaire était destiné à la reminéralisation et pouvait aider. De mémoire, il contenait sous forme de comprimé sec du calcium et de la vitamine D, avec un arôme de pomme. Sa prise n’a pas donné de résultats observables.

Je me souviens par contre de cette conversation au hasard d’une discussion sur un groupe Facebook de partage autour de l’accouchement à domicile. Une maman avait demandé des pistes pour traiter les caries de ses enfants. Je crois bien avec le recul , que l’information que j’ai eue le moins de mal à intégrer était la suggestion d’éviter les dentifrices contenant de la glycérine. Cette dernière imperméabiliserait la dent, empêchant la salive de faire son job de minéralisation. Ça, c’était une information que je pouvais encaisser. II me suffirait simplement à l’avenir de me procurer une pâte dentifrice dépourvue de glycérine, ou mieux encore, de concocter moi même ma propre pâte maison, à base de carbonate de calcium, d’huile de coco, et de xylitol. Je n’étais après tout plus à une éviction près puisque j’avais l’habitude de lire les étiquettes avec nos nombreuses évictions alimentaires. La glycérine pas glop ? OK ! Exit la glycérine !

Seulement la maman ne s’est pas arrêtée là dans ses partages. Nathalie expliquait également que certaines vitamines étaient en jeu, et qu’à ce titre elle et toute sa famille consommaient de l’huile de foie de morue. De l’huile de foie de morue ? A notre époque ?

huile foie morue

L’idée de boire un abat pressé à la cuillère comme dans les années 20, beuh, comment dire, mon sang de végétarienne ne fit qu’un tour ! Seulement voilà, nous étions en même temps si désespérés d’être autant impuissants à soigner notre fils que l’idée commençait à faire doucement son chemin…Et si nous faisions fausse route ? Je tentais de raisonner la tête froide . Je pensais : « nous avons soigneusement évité les produits animaux depuis tant d’années et voilà qu’on me sort que le remède contre les caries, c’est précisément les aliments issues de ce règne», j’étais très troublée.

Une autre amie familière des régimes paléo, primaux et GAPS, m’avait déjà parlé de ces approches, mais à l’époque, je n’avais pas pu entendre. A croire que parfois j’ai besoin d’entendre la même chose dite plusieurs fois, par plusieurs personnes, avant de pouvoir considérer une piste comme digne d’intérêt.

L’idée d’introduire des produits animaux dans la diète de mes enfants commençait à se préciser, mais j’avais besoin de temps, pas facile de remettre en cause mes convictions, mes croyances au sujet de la nutrition. Mes enfants souffriraient de carences ? C’était évidemment une idée insoutenable.

Mes recherches m’amenèrent à lire un texte traduit de l’anglais sur le blog Clair et lipide «comment j’ai guéri la carie de mon fils». (1) En substance, la personne témoigne qu’elle ajoute de l’huile de foie de morue et du ghee à l’alimentation de son ado pendant 1 mois, et remplace le tahin habituel de ses tartines du matin par une couche généreuse de beurre cru. Cette maman est parvenu à soigner la carie de son fils elle même : en un mois de ce régime la carie s’était totalement rebouchée ! (réparation attestée par un dentiste).

C’est avec une certaine répugnance que je commande les fameuses gélules d’huile de foie de morue. Les aliments que je considérais comme les plus nocifs s’avéraient promettre soigner mes enfants, le beurre, le lait, la viande, le poisson.

Tout ce que je lisais sur le sujet mettait l’accent sur la nécessité de porter son choix sur les produits de la plus haute qualité possible : ainsi je choisis du lait de vache bio, cru, non homogénéisé, de la ferme d’à côté dont les vaches ne recevaient comme nourriture que de l’herbe et du foin. J’ai la chance d’habiter à la campagne ! Je choisissais le beurre sur les mêmes critères : le beurre cru non homogénéisé de vache jersiaise devenait un substitut à notre bonne vieille barquette de Saint Hubert bio. Les steaks de bœuf d’herbe étaient une nouvelle alternative à nos bons vieux Croc Tofu.

Nous avons donc dû redétricoter toute cette culture alimentaire alternative que j’étais si fière d’avoir mise en place au fil de mes années de maternage proximal, afin de lui substituer une alternative à l’alternative. De transition en transition, nous délaissions notre routine alimentaire, cette routine que je croyais si saine, que j’avais élaborée à force de lecture, de discussions…De faire le trajet inverse fut un cheminement important.

Ces modifications portèrent leurs fruits : les tâches marrons disparaissaient à mesure qu’apparaissaient ces nouveaux aliments dans notre garde-manger ! Mon compagnon décida d’emmener nos deux aînés à un contrôle dentaire de routine. Je décidais de rester à la maison avec mon bébé. Verdict à leurs retours : rendez vous est pris pour chacun de mes deux grands pour le mois suivant pour entamer des travaux de dentisterie. Ils ont toujours l’un et l’autre de nombreuses caries, celles de mon fils étant les plus avancées semblerait-il ! Mon sang ne fait qu’un tour (encore!), c’est le retour de cette sensation d’impuissance et l’intuition que ces travaux ne sont pas nécessaires.

Je crains que le remède ne soit bien pire que le mal. Je demande à mon compagnon de m’accorder sa confiance, de me laisser essayer de guérir les dents de nos enfants moi-même. Il me soutient depuis des années pour chacun des choix «alternatifs» que je mets en place pour la famille, il est donc d’accord d’essayer de traiter leurs dents par cette méthode alimentaire à laquelle je m’intéresse et qui semble déjà porter ses fruits.

Le rendez vous pris est donc annulé, mais il est temps de prendre les choses en mains, puisque mon fils me dit parfois souffrir quand il croque un aliment. Je décide d’appliquer drastiquement le plus de pistes possibles suggérées dans le livre Cure tooth decay (2) . Portés par la certitude de mettre en place exactement ce qu’il faut, nous recueillons également le consentement de nos enfants. Mon fils est particulièrement terrorisé à l’idée de remettre les pieds dans le cabinet de la dentiste qui n’avait en prime pas été super sympa avec lui…Il coopère de tout son cœur, même quand il s’agit d’ingurgiter l’infâme huile de foie de morue aromatisée au chocolat à la cuillère que j’avais acheté à l’époque. Pour l’anecdote j’ai découvert les gélules à encapsuler moi-même par la suite.

En vrac, voici ce que nous avons mis en place dans notre sorte de «cure d’attaque cure tooth decay» qui a duré environ deux mois : Nous proposons aux enfants des portions généreuses de lait, de beurre, de fromages au lait cru issu de vaches nourries à l’herbe. Nous leur servons de la viande, du poisson, de belles assiettes de légumes. Nous augmentons significativement notre consommation d’œufs de qualité Bleu blanc Cœur. Nous découvrons que tous nos enfants adorent les huîtres ! Nous supprimons les sucreries, les céréales, à l’exception d’un peu de riz, patates, cracottes de sarrasin, mais vraiment de façon exceptionnelle quand c’était vraiment trop dur à tenir. Exit aussi les légumineuses, les fruits secs, et limitation drastique des fruits. Ça semble surprenant à lire, mais le régime cure tooth decay n’est autre chose qu’une sorte de paléo bas en glucide et haut en graisse, proche du cétogène finalement. Nous nous procurons des souches de kéfir de fruit et de lait et redécouvrons la choucroute crue (miam) pour les probiotiques. Nous sommes assidus à donner quotidiennement de l’ huile de foie de morue associée au ghee. Nous commandons sur internet des homéopathie spéciales reminéralisation. Nous trouvons des vitamine C sous forme de cachets d’acérola (le seul ptit truc sucré avec les homéopathies, je vous raconte pas comme ils étaient attendus 😉 )

Nous découvrons également le bouillon d’os et de carcasses de poulet, les ragoûts mijotés longuement, dont la lente cuisson permet de rendre particulièrement assimilable les vitamines et minéraux. Pour donner une idée des petits déjeuners de cette époque : Lardons ou saucisse ou steaks, légumes cuits avec une généreuse portion de beurre, œufs au plat cuits dans le beurre ou la graisse d’oie, un chocolat chaud préparé avec du lait cru, chauffé doucement en le fouettant avec du cacao et du xylitol. J’ai beaucoup tergiversé avant de recourir à cet édulcorant et finalement ce que j’ai lu de ce médecin a fini par me rassurer (3).

Nous avons proposé régulièrement à mon fils de se brosser les dents à l’huile de coco, et parfois même il prenait lui même l’initiative (il avait 6 ans à l’époque, pour resituer). Après 2 mois environ de ce régime les tâches s’étaient largement estompées, mon fils ne disaient plus avoir mal à la mastication. Nous poussons tous un ouf de soulagement et assouplissons notre routine. Nous réintégrons plus de glucides : du pain au levain, ainsi que les galettes de sarrasin dont la pâte est fermentée, les nouilles et patates bien beurrée les fruits également, néanmoins les moins sucrés de préférence, ou alors cuit en compote avec du beurre. Le spectre du rendez-vous chez le dentiste s’éloigne.

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Au mois de mars de l’année suivante, nous décidons de faire le point sur la situation. Je me mets en recherche d’ une personne habituée à travailler avec les enfants. Mon choix se porte sur la pédodontiste la plus proche de chez moi…à plus de 350 kilomètres quand même ! Ce rendez vous m’inquiète néanmoins, car malgré le fait que la dentiste soit spécialisée dans les soins aux enfants, rien ne peut me garantir qu’elle sera à l’écoute de ce que j’ai mis en place, ni attentive à mon besoin d’intervenir un minimum, et compréhensive de mes choix en règle générale (mes réserves sur l’emploi du fluor notamment. (4)

Le jour du RDV, j’ai exposé ce que nous avions mis en place, et le parcours qui nous avait amené à procéder ainsi. La dentiste qui ne connaissait ni les travaux de Weston Price ni l’approche cure tooth decay nous a néanmoins écouté attentivement, ce qui en soit est déjà très satisfaisant ! Elle a donc ausculté tour à tour les bouches de chacun de mes enfants. C’était pour moi une occasion rare voir aussi bien l’intérieur de leur bouche, à ce titre, le fauteuil largement incliné et la lampe aident beaucoup.

Au fur et à mesure qu’elle examinait les dents de mes deux aînés, je pouvais lire les notes qu’elle prenait (j’avais accès à sa prise de note projetée sur le mur). Quelle ne fut pas ma surprise et fierté de réaliser que lorsqu’elle notait un commentaire à propos de chacune des dents, elle employait le terme de «caries arrêtées» à plusieurs reprises. J’ai pu constater par moi-même que certaines des dents du fond de ma grande fille présentaient des cavités, mais parfaitement blanches et lisses, toutes propres et certaines rebouchées ! J’ai également vu des tâches, mais d’une autre teinte que celles des caries actives.

Selon la pédodontiste, nous étions en face de «caries arrêtées», ou de «simples colorations» , terme qu’elle a employé. Aucune caries de mes enfants n’étaient actives, elles étaient toutes reminéralisées. De son propre aveu, cette professionnelle de santé estimait qu’il était plus que probable que le protocole que nous avions mis en place était la cause de ces caries stabilisées. Elle s’est montré particulièrement intéressée par le document de l’INSERM (5) qu’elle ne connaissait pas. A sa décharge, il était paru quelques jours seulement avant le RDV.

C’est franchement quelque chose qu’il faut vivre pour le croire, mon seul regret dans toute cette histoire ? N’avoir pris aucune photo lors du processus ! Mon seul vrai regret sérieux concerne le plus jeune de mes enfants qui est plus sévèrement touché, et pour qui le protocole ne semble que parvenir à ralentir la progression des dégâts sans l’enrayer. J’attribue de façon intuitive ces problèmes dentaires plus sévères au fait d’avoir été bien plus carencée pour cette troisième grossesse que pour les deux précédentes. D’ailleurs les analyses de sang de l’époque attestaient d’une carence en vitamine D. Comme la sage femme qui effectuait mon suivi de grossesse j’étais au courant de ces résultats d’analyse, mais pour une raison qui m’échappe, nous n’avons pas évoqué l’idée d’une complémentation. J’ai lu par la suite que les bourgeons des futures dents du bébé se forment alors que la grossesse démarre juste, à un moment où souvent on ignore encore qu’on est enceinte. Je mesure à quel point j’aurais aimé savoir tout ça avant de faire mes bébés.

(1) : https://clairetlipide.wordpress.com/2011/10/19/comment-jai-gueri-la-carie-de-mon-fils/

(2) : http://www.curetoothdecay.com/

(3) : https://chriskresser.com/are-xylitol-sorbitol-and-other-sugar-alcohols-safe-replacements-for-sugar/

(4) : http://www.who.int/ipcs/assessment/public_health/fluoride/fr/

(5) : http://presse.inserm.fr/le-pouvoir-naturel-de-reparation-des-dents-elucide/19015/

Larmes de karnistes

Note de l’auteur du blog :

Je me suis dit que c’était une bonne idée de rassembler des textes traitant d’émotion, non pas que je sois grande manipulatrice et souhaite vous faire verser des larmichettes de crocodiles karnists 😉 Il est bien difficile d’admettre que les gens du camp d’en face aient des émotions, soient sensibles, comble de l’ironie, puisqu’il est souvent question de cet enjeu dans ce qui oppose végé et omni ! Blague mis à part, c’est cette propension à ne pas prêter de sentiments à autrui qui est à la base de pas mal de brutalités sociales ^^

C’est dans l’idée de lancer une passerelle entre les deux mondes, végan et omni, que j’inaugure cette série « larmes de karnistes », pour faire palper du doigt aux végans et aux omni la réalité qu’éprouve chacun. Sûrement mon ptit côté Hadès à vouloir vous faire tâter les deux bords opposés de la rive ❤

Voiçi les paroles d’une éleveuse, ex végan au passage tiens, encore une qui a été des deux côtés de la barrière (voir des 3, si on imagine que son omnivorisme de base était différent de celui qu’elle adopte aujourd’hui) :

Hier, j »ai mangé Oscar. C’était mon coq. J’ai toujours dit qu’il mourrait de vieillesse. Un autre coq l’a attaqué (j’aurais dû manger celui-là il y a longtemps !).

J’ai dû abréger l’existence des deux, tant ils s’étaient blessés mutuellement…

J’ai versé ma larme. On peut avoir de l’empathie pour des animaux d’élevage, mais leur vraie vie est parfois plus rude que celle de l’élevage. C’est compliqué de tuer. Quand je m’attache à un de mes agneaux (on les mange nous), par respect et plus que quiconque, nous savons le cri quand il meurt, nous savons quand il a pleuré puisque c’est nous qui tenons le couteau. La différence entre moi et un végan réside dans la connaissance du monde animal et de la nécessité d’un élevage correctement mené pour l’environnement. Nous travaillons en zone protégée. Faut-il abandonner ce patrimoine et tout l’écosystème qui partirait en cendres (pour de vrai) pour une idéologie végan et une empathie exacerbée ? Donc oui, j’ai mangé Oscar mon coq, et Récompense mon agneau et 48 je le mangerai aussi, avec amour et compassion.

Oscar a été cuisiné exclusivement avec les produits du potager et ses os ont été donné à ma chienne de garde, laquelle s’était prise de respect pour lui lorsqu’il venait squatter près de sa niche pour grappiller des vers. Quelques plumes arrachées mais jamais plus contrairement aux autres volailles. « Ha Oscar, tu m’as souvent attaqué, fait flippé avec tes ergots de coq de combat… Ton chant va me manquer, ton regard de travers je ne l’oublierais pas… »

À côté de cela, les mères qui nous donnent tant, finiront à la retraite et pas en merguez.
On ne parle pas d’amour mais de respect . Je n’ai pas mal de la mort d’Oscar comme lorsque je perds un chien.

Specisme? Si vous voulez. Les liens que l’on crée ne sont pas les mêmes. Nous sommes fait ainsi, on aime certains plus que d’autres.

Les végans n’ont pas le monopole de l’éthique et du sentimentalisme.

Pourquoi parle t’on si peu des personnes qui échouent en tant que végétariens ?

Voici un très très très long article qu’une personne que j’ai croisé sur Facebook sur un groupe de karnist a eu la gentillesse de traduire 🙂 : http://www.beyondveg.com/nicholson-w/veg-prob/veg-prob-scen1b.shtml

 


 

 

Si vous vous trouvez face aux six scénario-problèmes mentionnés précédemment : vous n’êtes pas seul, quoique vous pensiez au vu de la presse positive que reçoit souvent le régime végétarien. (Ces six scénarios sont évoqués içi : http://www.beyondveg.com/nicholson-w/veg-prob/veg-prob-scen1a.shtml)

Dans les faits, concernant la santé, les gens vont bien, souvent bien, quand ils débutent une diète végétarienne. (Certainement qu’ils vont généralement mieux, a fortiori s’ils suivait auparavent « le régime américain standard » nommé « S.A.D. » (comme triste en anglais NDT) par rapport aux gens qui suivent une diète de santé alternative). Et la presse positive à l’égard de l’impact à long terme sur certaines maladies dégénératives comme les maladies cardiaques et autres est bien méritée. Nombre d’étude ont montré que les diètes riches en fibres, fruits et légumes et pauvres en graisses saturées (tout comme le végétarisme bien que ça ne soit pas le seul régime comme tel, bien entendu) sont considérablement plus saines que le SAD quand on se penche sur certaines maladies dégénératives.

L’échec à prospérer *, à s’épanouir (sous entendu dans le régime végétarien NDT) est généralement minoré et d’abord ignoré comme tel.

NDT : « Failure To Thrive » en anglais fait référence au retard de croissance staturo-pondérale, un terme médical désignant une croissance insuffisante sur le plan de la taille et/ou du poids, durant la phase de développement de l’enfant.

Mais il y a une autre facette à l’histoire végétarienne (certains parleront du Mythe Végétarien NDT) dont il est rarement question, il s’agit du phénomène de « l’Échec à poursuivre » (que nous nommerons dorénavant FTT par commodité et respect du texte original NDT). Généralement, ce terme est utilisé pour décrire les enfants qui échouent à atteindre ou s’approcher des standards minimum de croissance et de développement du fait d’un déficit de soins standards reçus. Mais le terme peut aussi s’appliquer à quiconque ne va pas aussi bien que ce que l’on pourrait attendre.

Concernant le végétarisme, cela signifie qu’en dépit de l’observance prudente des recommandations de la diète, certaines personnes ne connaissent pas la pleine santé ou autrement dit le « bien-être ».

Cela comprend de petits symptômes comme :

  • La lassitude, « les fringales à toute heure », « le manque de satisfaction. »
  • Mauvaise libido, un sommeil de mauvaise qualité.
  • Des effets comportementaux comme le fait d’être incapable de penser à autre chose que la nourriture (assez habituel chez quelqu’un insatisfait de sa diète ou ne ressentant pas la satiété).
  • Le Syndrôme du yo-yo ou l’incapacité à respecter sa diète en raison évidente des pulsions irrésistibles.
  • Des effets émotionnels comme perte de joie de vivre vague et non-spécifique (d’avantage perçue par les autres que par la personne elle-même).
  • Des carences et déficiences avérées dans certains cas.

Le régime végétarien bien avisé est suffisant « sur le papier ».

Généralement, puisque les régimes végétariens bien planifiés sont théoriquement suffisants , les carences manifestes sont rares (autrement qu’en vitamine B12 parfois chez certains végans non supplémentés). Ceci étant, il y a davantage à découvrir en matière de nutrition, et – c’est ce dont il est question sur ce site – étant donné que les régimes végétariens ne sont pas les diètes avec lesquelles l’espèce humaine a évolué, il pourrait y avoir des facteurs nutritionnels, en particuliers relatifs aux micronutriments, que l’on ne mesure pas et les font dévier significativement des régimes naturels.Ou des éléments qui ne peuvent pas être extrait aussi efficacement des plantes, de façon générale ou selon les individus (Lire http://www.beyondveg.com/nicholson-w/hb/hb-interview1c.shtml, où il est question du développement des régimes alimentaire de l’espèce humaine au cours du temps indiquant à quoi elle serait adaptée. Voir aussi http://www.beyondveg.com/billings-t/comp-anat/comp-anat-toc7.shtml où il est question des différences entre nourritures animales et végétales en matière d’efficacité d’absorption de certains nutriments).

Mais même compte tenu du caractère quelque peu « secret » ou la nature subliminale des symptômes, légers ou précoces, qui peuvent prédisposer les gens à croire au début que le FTT n’est pas réel, quelles sont les autres raisons qui expliquent qu’on en parle si peu ? Voici quelques raisons distinctes :

  • L’effet d’auto-sélection parmi les végans de longue de date (épanouis) minore la prise de conscience du FTT.

    Cette première raison généralement sous-tend les autres explications au fait que le FTT est rarement reconnu ou discuté. De nombreuses personnes qui essayent le régime végétarien n’y adhèrent pas sur une longue période et passent à autre chose ensuite. De ce fait, à chaque instant, la populations des personnes pratiquant effectivement le végétarisme est composée pour beaucoup de végétariens de longue date. Cela produit une auto-sélection qui a pour effet de biaiser la prise de conscience, ainsi la plupart des végétariens qui parleront seront inévitablement soit les plus motivés soit les plus « épanouis ».

 

  • Fait ironique, bien plus de gens sont « ex-végétariens » qu’effectivement végétarien. Mais vu que les végétariens pratiquants ont tendance à beaucoup plus se faire entendre, ce sont ces voix qui parlent pour le végétarisme à la plupart des gens. Ainsi, la population des ex-végétariens est comme une « majorité silencieuse » qui n’est pas entendue comparée aux végétariens du moment parce que bien souvent, ils poursuivent simplement vers d’autres voies qui deviennent leur nouvel objet d’attention, le sujet est abandonné, laissé aux autres chez qui il a de l’importance.

  • Le grand nombre de ces « licenciés sociaux » détourne l’attention, est un bouc émissaire pour les cas réels. Pour les gens qui « laissent tomber », souvent, bien sûr, c’est strictement pour des raisons sociales, en rapport avec la pression de l’entourage, de la famille, des amis, des collègues de travail ou juste l’inconvénient de ne pas trouver un bon repas végétarien ailleurs que chez soi (pas étonnant étant donné l’héritage évolutif de Homo Sapiens que la viande soit un aliment que la plupart des gens apprécient). Aussi, le végétarisme est aussi souvent un enthousiasme de jeunesse, de gens idéalistes chez qui il ne perdure que jusqu’à temps qu’ils découvrent le monde, et commencent à faire face aux vicissitudes de la vie quotidienne qui rendent difficiles les idéalismes de toute sorte. Cependant, ce qui précède tend à décrire surtout les personnes n’ayant pas pratiqué longuement le végétarisme avant d’abandonner, souvent avant qu’ils aient eu la probabilité de connaître le FTT. Et car la plupart de ceux qui embrassent le végétarisme vont au moins passablement bien au début, et si le FTT – si il advient – peut prendre quelques mois à des années pour se développer.

 

  • L’ostracisme moral marginalise et empêche les ex-végétariens victimes du FTT de s’exprimer. Mais il serait erroné de conclure que la population des victimes du FTT est forcément insignifiante car il ne sont finalement qu’une « bande de renégats » ou parce que le phénomène ne bénéficie d’aucune publicité. En plus de l’effet « d’auto-sélection » précédemment évoqué pour éxpliquer pourquoi le FTT est si peu évoqué, il y a aussi une forte tendance à l’ostracisme moral de la part des végétarien envers les ex-végétariens. (La personne qui doute de cela écouter devrait pour s’en convaincre une conversation de végétarien « éthiques » à propos de l’échec de certains ex-végétariens. Tant pis  pour « la compassion » comme une des valeurs qui sous-tend le végétarisme s’ils ne l’appliquent pas aux autres humains.

 

  • De ceci résulte un blackout des informations contradictoires (à l’intérieur de la communauté végétarienne) ou l’incapacité à les considérer quand elles font surface.

 

L’échec à s’épanouir » (FTT) est réel mais sa mesure est inconnue

Après avoir adopté le régime, les cas de FTT sont peu nombreux au début mais s’accroissent vers le long terme. Maintenant que le mouvement végétarien a eu presque trois décennies pour maturer depuis qu’il commença à décoller aux Etats-unis avec le contingent de Baby Boomers qui débutèrent le régime vers la fin des années 60 et le début des années 70, les résultats venant contrarier les normes de santé et ce qui est supposé advenir ont eu le temps pour faire surface et nécessitent un réexamen à la loupe.

Se basant sur les témoignages , le nombre de personnes qui ont vécu le FTT est faible au début du régime mais s’accroît à long terme. Certains se sentent mal dès le début du régime. Pour les autres, il faut attendre une décennie voire plus pour qu’ils réalisent que leur état de santé n’est plus ce qu’il était. Parfois, les personnes comprennent qu’elles ont en réalité lentement revu à la baisse leur notion même de pleine santé et ne le réalise que beaucoup plus tard. Ce serait bien si quelqu’un pouvait produire un graphique du taux de FTT chez ceux qui se sont essayé au régime végétarien mais malheureusement ces chiffres sont pour le moment inconnu.

De nombreux individus vivants le FTT ont opéré les changement dans le silence et sont allé vers d’autres diètes.

Certains d’entre eux qui ont une vaste expérience personnelle dont il ils peuvent parler se sont trouvés contraints de questionner sérieusement ce régime ou du moins l’affirmation selon laquelle il fonctionnerait chez tous.Dans certains cas, ces individus sont allés jusqu’à réintroduire les produits animaux à leur table (incluant pour certains de la viande soigneusement choisie) et ils ont connu un regain de santé. D’autres n’ayant pas jugé bon de faire de tels changement ont fais toutefois des compromis ajoutant des suppléments et autres auxiliaires auparavant évités (témoignages ici : Dietary Problems in the Real World)

Il n’est plus défendable de présenter les régimes végétariens comme plus « naturels ». Qu’ils soient « meilleurs » doit être débattu.

L’émergence des recherches sur l’évolution montre les ancêtres hominidés comme omnivore depuis l’origine. Ces dernières années la science de l’évolution est allé fouiller de plus près le passé préhistorique de l’Homme. Un récent regroupement des découvertes dans le domaine de la recherche sur ce qu’on appelle le régime paléolithique (paléodiète) a confirmé dans les dernières 10-15 années que les ancêtres de la lignée humaine étaient de sérieux omnivores, en remontant de la naissance du genre homo jusqu’à il y a près de 2 000 000 d’années (pour un aperçu de cette affirmation http://www.beyondveg.com/nicholson-w/hb/hb-interview1c.shtml mais aussi http://www.beyondveg.com/nicholson-w/hb/hb-interview1g.shtml).

Cela signifie que le raisonnement comme quoi le végétarisme serait le régime le plus naturel pour le genre humain (ce qui est souvent présenté de cette façon) s’est vu l’herbe coupé sous les pieds, certains devront compter sur autre chose.

Si le régime végétarien n’est pas le plus sain de tous, l’argument sera alors qu’il est éthique face à la nature. La vague d’études clinique des années 70/80, critique de l’excès de graisse en particulier des graisses animales dans l’alimentation s’est trouvé elle même soumise à la critique récemment : la question des graisses a été étudié de façon plus approfondie et elle n’a jamais été réellement un argument valable à l’encontre d’une diète omnivore. Mais plutôt à l’encontre des diètes riches en graisses saturées, ce qui n’équivaut pas à l’ensemble des pratiques omnivores (sur ce point, regarder ici :http://www.beyondveg.com/billings-t/comp-anat/comp-anat-8c.shtml).

Ceci ne devrait leur laisser plus que l’argument spirituel/éthique/environnemental, particulièrement s’il ne s’agit plus de présenter le régime végétarien comme supérieur nutritionnellement au SAD mais aussi à toute autre alternative de nature omnivore (ce qui n’est probablement pas le cas).

Certains pensent sûrement que la raison éthique ou spirituelle qui est la première motivation à suivre une diète végétarienne (je pense personnellement à la conjonction de l’effet de mode et d’une soif extravaguante d’individualité ce qui se conçoit bien malgré l’apparente contradiction des termes NDT) est en soi une raison suffisante, quand d’autres y voient une caution très contestable. Mais si le régime ne réussit pas à tous – certains individus préférant abandonner y compris ceux promoteurs de la question éthique et environnementale- se posent des questions nouvelles auxquelles le mouvement végétarien devrait réfléchir et auquel il n’avait pas jusque là été confronté.

Quand les réponses ne sont plus si sûres, l’ouverture d’esprit devrait pousser à questionner et repenser les choses.

Et c’est la raison d’être de Dépasser le végétarisme (Beyond Veg, le nom du site où figure l’article original NDT) : donner un espace à ceux suffisamment ouverts pour avoir embrassé le végétarisme mais qui le sont resté suffisamment pour en explorer les problèmes et les limites, afin d’inspirer de nos expériences vécues un nombre plus important de personnes. En tant que pionnier du végétarisme, Herbert Shelton le fondateur du mouvement « hygiéniste  » moderne, en fit sa devise : « nous souhaitons la vérité même si le ciel devait en tomber ». Quand vous avez mis tout votre cœur et votre âme à embrasser un mode de vie aussi totalisant,comme peut l’être souvent le végétarisme, il n’est pas facile de réaliser que certaines informations se trouvent plus tard supplantées et contredites par les faits et l’expérience.

Quand l’investissement émotionnel dans le régime est trop important, l’ouverture d’esprit est plus difficile. Pour ceux dont le régime n’est pas basé sur des conceptions nutritionnelles mais sur des principes philosophiques et des croyances qui peuvent sous-tendre un mode de vie intégral, l’aspect le plus difficile pour faire une transition vers un régime qui conviendrait d’avantage n’est pas la nourriture. C’est en étant capable de transcender son identification émotionnelle appuyée sur la philosophie ou la vision du monde qui sous-tendait le régime et pour laquelle on vivait depuis des années. Ceci peut être souvent très difficile psychologiquement, car nos habitudes alimentaires nous aident à définir le sentiment littéralement « viscéral » de qui nous sommes. C’est en intégrant une vision de la nutrition nouvelle ou plus inclusive basée sur de nouvelles informations que l’on peut commencer à en réaliser les implications, non seulement en terme d’assentiment et de compréhension intellectuelle mais aussi en matière de patience et d’honnêteté émotionnelle. Même lorsque quelqu’un se trouve face aux résultats de recherches bien corroborées comme il est présenté dans les sections de ce site, nous reconnaissons qu’il est difficile de changer les croyances de toute une vie, ou d’une portion de vie.

Le miroir de la conscience de soi.

J’espère vous pourrez trouver intéressant – et peut être y ressentir comme une crise de conscience – les jeux de l’esprit auxquels nous nous adonnons ici, consistant à nous confronter à des informations que nous n’aimerions pas entendre .Certains d’entre nous connaissons cela car dans bien des cas nous avions joué à cela avec nous-même d’abord. Nous espérons que la candeur et occasionnellement l’humour dans notre approche des petites faiblesses humaines vous aideront à mieux aborder toutes ces questions avec vous-même.

A l’attention des crypto-sceptiques :

Nous voulons clarifier qu’il n’est pas dans notre intention d’attaquer le végétarisme de façon simpliste ou catégorique. Un de nos principaux auteurs est un végétarien de longue dâte et a bien l’intention de le rester. Nous reconnaissons qu’une telle diète peut fonctionner selon l’individu et de part nos contacts réguliers avec certains végétariens nous savons que parfois ça marche bien. Mais nous sommes aussi conscient malheureusement que la part de ceux pour qui ça marche bien et sur le long terme (c’est un point clef) est probablement bien moins importante que ce que les végétariens laissent à penser, a fortiori plus est stricte la pratique ; et la marge d’erreur peut parfois être mince quand on suit ce « droit chemin », tout dépend le sentier qui est emprunté.

L’illusion d’un idéal pour tous.

Peut être que le plus dur pour ceux qui croient en la supériorité d’un régime sur tous les autres sera d’abandonner l’idée chérie selon laquelle un régime « parfait » ou idéal marchera de façon égale pour tout le monde. Peut être en raison de nos relations avec un certain éventail de personnes végétarienne, nous admettons que la première des choses à faire est d’aller à l’encontre de ce sentiment de « ce qui est juste » (ou devrait l’être).

Les commentaires réfléchis sont le bienvenu, pas les propos enflammés.

Dans un soucis d’objectivité, nous invitons ceux d’entre vous qui serez en désaccord avec ce que vous lirez ici à nous envoyer vos objections et contre-argumentaires si vous pouvez le faire dans l’esprit du débat citoyen et de l’enquête. Les propos enflammés feront long feu. En tant que végétariens ou ancien végétariens, et/ou observateurs pendant des années, soyez assurés que nous qui animons ce site sommes familier avec la plupart sinon toutes les objections habituellement faites aux nourritures carnées. (Idem vis à vis des nourritures cuites. Une grande part des travaux ici traitent du débat nourritures cuites vs nourritures crues).

Si vous êtes végétarien et souhaitez commenter ou débattre, merci de prendre le temps de vous familiarisez avec les objections classiques et variées abordées ici avant de nous adresser un courriel, afin de ne pas gaspiller votre temps sur des points déjà traités sur le site. En raison de contraintes de temps, nous ne répondrons pas sauf si il nous aest apporté des informations nouvelles qui ne soient pas la répétition des éternels mantras. Si vous n’êtes pas d’accord avec ce qui est présenté : envoyez-nous de NOUVELLES informations. Celles véritablement étayées et recevables seront publiées ici même dans l’esprit du « laissez-nous connaître la vérité même si le ciel devait nous en tomber sur la tête. »  Les autres iront en direction du bac à compost numérique.

Le problème crucial de nos histoires personnelles dans l’exploration des pratiques diététiques est le manque fréquent d’investigation scientifique.

L’usage des faits réels comme correctif aux théories traditionnelles n’est pas soutenu par la Recherche. Après de nombreuses années de submersion par les théories diététiques alternatives souvent empreintes de double-pensée hypnotique cela a isolé effectivement l’individu de tout contre-argument, un de nos premier intérêt ici est : qu’est-ce qui FONCTIONNE et qu’arrive-t-il dans la vraie vie quand la nourriture passe dans le gosier, avant que les résultats ne soient épluchés par la rationalisation. Pour ce faire, nous portons de l’intérêt aux études à la recherche scientifique mais nous ne leurs donnons pas plus d’importance qu’à nos histoires personnelles.

Dans des domaines peu explorés, la preuve par l’anecdote est utile pour commencer.Nous incluons à l’étude des cas d’ histoires personnelles, mais nous devons préciser qu’en ce qui concerne la Recherche il ne s’agit que de « preuves anecdotiques », et nous devons tenter de procéder avec attention, avec autant d’objectivité «  ou au moins d’honnêteté » que la synthèse des faits nous le permettent. Le contre-examen peut être ici un allié afin de tenter d’éliminer les biais pouvant connoter la façon dont nous relatons nos histoires. Nous ne rejetons pas automatiquement « la preuve anecdotique » d’un revers de main, comme beaucoup enquêteurs le font parfois, parce que la façon dont une nouvelle enquête est débutée est souvent déterminée par des observations préalables personnelles et subjectives. Si nous ne nous penchions jamais sur les faits anecdotiques, de nombreuses recherches n’auraient jamais été commencées sauf par accident.

Critiquer les preuves anecdotiques est improductif quand au début ce n’est que ce dont nous disposons. Si vous vous intéressez à la recherche professionnelle lisant ces pages, nous vous demandons de l’indulgence quant aux histoires personnelles présentées ici. Parce que vous découvrirez si vous avez de l’intérêt pour ce sujet que dans certains cas (frugivorisme, crudivorisme, etc.) qu’il n’existe simplement pas d’études vérifiées (ou très peu ou rarement pertinentes) cela a été fait sur certaines questions mises en évidences ici. Si on ne peut se conformer à des preuves si « anecdotiques » mais est intéressé par ces questions, la seule réponse logique est de commencer à concevoir et mener une étude pour tester, valider ou invalider, les hypothèses et les tentatives de conclusion présentées ici. Si on ne veut pas le faire, et qu’on tire à boulet rouge sur la seule voie que nous avons pour tenter d’aborder ces questions en l’état actuel de nos connaissances, c’est être étroit d’esprit. C’est contribuer au problème, pas à la solution.

Les résultats des recherches sont le bienvenu, pour ceux qui ont une critique constructive à apporter.

Nous insistons sur le fait que nous sommes désireux de contributions de la part de personnes conscientes ou impliquées dans la recherche menée sur ces questions, mais prière de vous montrer critique de façon constructive plutôt que d’être sarcastique si vous trouvez quelque chose qui ne cadre pas avec les résultats d’études dont nous nous n’avions pas la connaissance. Si vous êtes au courant de telles études, envoyez-nous le résumé ici. Nous pensons bien que vous ne trouverez pas ici tout ce qui pourrait être dit ou d’ores et déjà être démontré. C’est la nature même des hypothèses que de demander à être examinées. Si vous ne pouvez aider à l’aide de suggestions constructives qui nous dirigent vers des données afin de clarifier, modifier ou tester ces hypothèses, c’est inutile et il ne vous sera pas répondu. Pour le moment, nous devrons faire avec une bonne portion de preuves anecdotiques, mais cela ne sera pas toujours ainsi si l’agenda de la recherche se tourne vers ses questions.

Développer la connaissance du public relative au végétarisme demande d’explorer d’avantage les questions négligées qui peuvent poser problème.

La planète devenant de plus en plus peuplée, les avantages économiques réputés des régimes végétariens et leur prétendu usage plus efficace des terres et des ressources comparé aux pesanteurs inhérentes à la production d’une alimentation carnée, continue d’attirer l’attention. Cette motivation à considérer l’alimentation végétarienne sur le plan économique accompagne souvent des motivations plus personnelles pour les personnes qui cherchent à améliorer au mieux leur santé. Ceci bien sûr, depuis les tendances historiques de la recherche scientifique à s’intéresser aux graisses dans l’alimentation et l’importance des nutriments dans les diètes élevées en fruits et légumes frais pour prévenir les maladies.

Nombre de recherches en matière de régimes alternatifs ne tiennent pas suffisamment compte des effets à long terme sur leurs pratiquants expérimentés. Actuellement, le pendule des études scientifiques, a oscillé dans la direction des pratiques végétariennes sans connaissance des extrémités vers lesquelles certaines personnes vont souvent. Aussi, de nombreuses recherches actuelles semblent être menées sans connaissance des écueils qui sont vécus par de nombreuses personnes qui ont suivi une diète végétarienne sur une longue période – problèmes qui tendent à être connu seulement des pratiquants vétérans qui l’ont payé durement de leur expérience personnelle. Il est possible (et cela arrive même fréquemment) même sans aller très loin dans la pratique du végétarisme pour qu’il en résulte une santé ruinée pour certains qui s’y essayent et finissent en ramassant les pots cassés.

Les considérations éthiques relatives au régime végétarien procèdent trop souvent de l’affirmation simpliste selon laquelle le régime marcherait pour tout le monde. Particulièrement quand il est question du FTT, devenir végétarien devient une question à laquelle seul l’individu puisse répondre et l’enjeu perd le sacro-saint caractère social dont certains le croyait investis. L’idée du végétarisme comme solution sociale pour les questions environnementales, ou pour ainsi dire le problème moral de tuer des animaux pour se nourrir (question qui n’est pas posée concernant les autres animaux omnivores) est basée sur l’idée que le végétarisme fonctionne pour tous. Mais si de telles suppositions ne tiennent pas la route, la question se complique et il n’y a plus de réponses toutes trouvées (si toutefois il en y eut un jour).

Les questions difficiles ne sont jamais envisagées.

Est ce que le bien être et la santé des animaux omnivores qui dépendent de nourritures carnées pour une forme optimale peuvent être mesurés en regard des vies animales qu’ils doivent sacrifier pour ce faire ? Seuls les individus eux mêmes peuvent répondre à cette question et supposer que cette question puisse, devrait ou doit être une prescription de société est présompteux. Qui pourrait mesurer « le droit » qu’ont les animaux omnivores de manger une nourriture omnivore contre « les droits » de leurs proies ? Cette question n’a pas de réponse définitive et peut être ne devrait tout d’abord pas être posée.

Les intérêts de « la Planète » ou ceux « des autres animaux » rentrent-ils en conflit avec la santé de l’individu humain ? De même que pour les animaux de compagnie que nous possédons il est dérangeant d’étendre la question précédente à l’ensemble des animaux omnivores – qui il nous semble, ont le droit aux éléments normaux et quotidiens de leur vie naturelle s’ils le désirent. Les réponses simplistes ne peuvent pas être généralisées ici, les problèmes écologiques que nous rencontrons et les extinctions de certaines espèces, sont dues à la base à la surpopulation humaine – une question qui s’étend à toutes les espèces, à la planète entière. Ce que nous pouvons faire dans l’intérêt de tous sur Terre (en essayant d’éliminer les effets de la surpopulation en légiférant sur le désir humain de nourriture animale) pourrait ne pas être dans l’intérêt d’un individu humain particulier et celui de sa santé.

Dans l’intérêt des individus pour qu’ils décident d’eux-même, The Beyond Veg (au delà du végétalisme, le nom du site qui publie cet article NDT) vise à s’adresser ouvertement à tous pour présenter des informations concernant les problèmes qui peuvent survenir au cours d’un régime végétarien ou autre régime alternatif, dépasser au mieux l’esprit partisan et explorer d’autres options alimentaires, en portant de l’intérêt dans notre recherche aux préoccupations premières des personnes qui se tourne vers le végétarisme. Il y a un manque considérable de recherche concernant ces questions, les discussions mêlant souvent végétariens et/ou ex végétariens n’ayant pas encore attiré les oreilles de la communauté scientifique.C’est dans une large partie ce dont il sera question ici.

Allons-y  ! Et quand vous aurez eu le temps de digérer toutes ces questions, nous espérons bien vous entendre ici : « http://www.beyondveg.com/cat/reactions/feedback.shtml »

Les vegans sont cannibales. Ce qui se cache réellement derrière la « lune de miel vegan ».

danse_macabre_by_michael_wolgemutVoici la traduction d’un chouette article. J’ai autant aimé son ton humoristique que j’ai reconnu la réalité qu’il dépeint  : http://www.gnolls.org/1596/vegans-are-cannibals-the-truth-behind-the-new-vegan-high/

La vérité que cache le mieux être éprouvé lors des débuts du régime.

Il est fréquent d’éprouver une phase de mieux-être au début de ce régime, surtout dans la version végan crudivore. Les nouveaux convertis ont l’œil frais, un regain d’énergie, et avec une fougue et un zèle qui confine au messianisme, débordent de désir de convertir leurs amis à cette alimentation qui leur apporte tant de joie.
Mais voilà qu’à l’image d’un feu de paille, cette clarté ne dure pas. Après plusieurs mois, leur énergie commence à décliner, ils perdent en force, en masse musculaire, et les soucis de santé font leur apparition sur la scène. Leurs amis commencent à remarquer leur maigreur et leur pâleur. A mesure que le temps passe, ils sont un jour mystique, un jour irritable, souffrant de maux tels que fatigue, dépression, perte de mémoire, et pour certains, perte des dents. Certaines femmes n’ont plus leurs règles. Ils restreignent d’autant plus leur régime, de façon à revivre ce premier regain de santé éprouvé au début de leur régime, mais ne réussissent qu’à se rendre encore plus malade. Il est fréquent que ces personnes se coupent de leurs amis, de leurs familles, et ne finissent par ne plus fréquenter que d’autres végans qui approuvent leur choix diététique, celui là même qui détruit leur corps et leur esprit.
Nous en connaissons tous les raisons : des nutriments essentiels issu du règne animal, tels que vitamine B12, menaquinone-4 (vitamine K2 MK-4) et DHA, ne se trouvent pas dans un régime végan, et doivent être apportés à l’organisme par le biais d’une supplémentation, de façon à éviter une détérioration mentale et physique.
Alors comment expliquer ce sentiment de santé parfaite éprouvée lors des premiers temps du régime ?

Pourquoi « devenir végan » est comme une drogue en premier lieu ?

Vous vous sentez mieux parce que vous hannibalez-lecterez votre propre corps 🙂
C’est parce que les diètes végans – et spécialement les version crudivores – sont tellement basses en calories et en éléments nutritifs, que lors de ces premiers temps, le corps nouvellement végan se consomme lui même !
C’est un repas délicieusement, métaboliquement constitué de viande grasse humaine, à haute teneur en graisse saturée et protéines complètes – le repas le plus nourrissant que vous puissiez imaginer.
Evidemment, c’est ce dont votre corps à besoin, puisqu’il s’agit de votre propre corps !
Il ne s’agit pas d’une hyperbole. Quand vous privez votre organisme de calories, de protéines, de nutriments essentiels (et si vous êtes en carences d’un seul acides aminés essentiel, cette déficience est un facteur limitant pour l’utilisation des protéines), votre corps ne se contentera pas seulement de brûler sa propre graisse : il brûlera également ses propres muscles.
Plus votre régime vegan sera restrictif, plus délicieuse sera cette viande grasse que vous consommerez : votre propre VIANDE, en personne !
C’est pour cette raison que vous éprouviez autant d’énergie au démarrage d’une alimentation végan. En réalité, vous consommiez un régime paléo constitué de votre propre chair.
…Et c’est pour cette raison que La Lune De Miel Des Débuts Du Véganisme ne reviendra jamais.
L’auto cannibalisme ne peut pas durer indéfiniment.

Finalement, votre corps refuse de se consommer d’avantage. Parce qu’il ne reste rien à manger.
Et votre organisme commence à s’effondrer, car il ne peut survivre sur les maigres portions de nourritures de lapin et graines à oiseaux dont vous le nourrissez.
Vous faites « tout comme il faut », vous ne faites rien de « mal », vous n’êtes pas en train de « détoxer »…

: vous vous affamez.

Les nettoyages du côlon et les « supers aliments » ne vous sauveront pas, pas plus qu’un énième jeûne au jus.
Vous êtes en face de deux choix : ou vous continuez à dégringoler dans cette spirale de maladie, faiblesse, dépression, dégénération, et de cette existence qui se distingue à peine de la mort…..
…ou vous choisissez de manger ce que vous aviez mangé avant d’en arriver là ……de la délicieuse, juteuse nutritive et grasse viande rouge.

Par pitié, arrêtez de vous détruire.
Nous vous aimons et nous attendons que vous rentriez à la maison ! ❤

Comment notre véganisme a rendu notre famille malade.

Voici la traduction d’un article de L’Independent paru en 2008, on peut lire l’article original içi : http://www.independent.co.uk/life-style/health-and-families/healthy-living/how-our-vegan-diet-made-us-ill-848322.html

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Holly Page pensait que le régime adopté par sa famille boosterait leur santé, mais les jambes maigrichonnes et les dents cariées de ses enfants lui ont fait reconsidérer ses croyances en la matière.

Un matin au petit déjeûner, Holly Page observe ses filles et réalise que quelque chose ne va pas. Lizzie aurait du être une petite fille respirant la santé. Au lieu de celà, ses traits étaient tirés, elle était petite pour son âge, et bien qu’elle ai des bras et des jambes maigres, son ventre était sans cesse gros et ballonné. Quand Lizzie lui adressa un sourire, Paige réalisa à quel point que ses dents du haut étaient complètement cariées.

« J’ai été comme saisie d’effroi » se souvient Page.

A cette époque, Paige les nourrissait en suivant les préceptes de l’alimentation qu’elle imaginait la plus saine possible. Ils étaient végan à tendance crudivore depuis 3 années, mangeaient une grande quantité de fruits, de légumes, de noix, de céréales, de soja et de légumineuses, mais aucune viande ni poisson ni produits laitiers. Toujours d’après la doctrine vegan crue, Lizzie et Bertie, alors âgées de 3 ans et de 4 ans et demi, auraient du être des enfants débordantes de santé. Mais malgré celà, l’instinct maternel de Paige était en alerte.

« Je voyais bien que quelque chose ne tournait pas rond, mais sans pouvoir mettre le doigt dessus » raconte Paige, 45 ans. « Les filles s’habillaient deux tailles en dessous de leurs âges ».  Bien sûr les enfants sont tous différentes et il existe toute sorte de morphologie, mais leur croissance semblait comme ralentir. J’ai deux enfants plus âgés, donc j’avais cette première expérience pour comparer leur dévellopement à celui de Lizzie et Bertie.

Il y avait d’autres choses qui m’ont mis la puce à l’oreille.  » Je me rapelle qu’une fois au supermarché, alors que j’achetais du beurre pour mes enfants plus âgés, Lizzie, qui n’avait jamais goûté au beurre de sa vie, avait saisi la plaquette et avait croqué dedans » raconte Paige. « J’étais déconcertée. Je me demandais « pourquoi une telle chose ? » Voyez cette enfant nourrie de la façon la plus naturelle, pourquoi aurait elle besoin de faire ça ? » J’avais été complètement conditionnée à croire que les produits laitiers étaient mauvais pour la santé, un véritable lavage de cerveau. »

Lors des visites chez le docteur, notre généraliste ne paraissait jamais vraiment inquiète.  Elle disait que les filles étaient en bas de la courbe, qu’elles étaient des petits gabarits, que tout était OK » dit Paige. « Celà même alors que la courbe de croissance des filles s’était arrêtée de croitre. Je sentais au plus profond de moi que quelque chose n’allait pas. Je me sentais dans l’erreur ».

Finalement Paige trouva un début de réponse à ses questions dans un vieux livre qui parlait de vitamines. Malgré l’absence de diagnostic, elle comprit que sa famille avait tous les symptômes d’une carence en vitamine D et en protéines. « Je me sentais tellement idiote. Toutes les informations étaient là, sous mon nez, sur les rayons de mon étagère, depuis 20 ans. »

Cette prise de conscience mit un terme rapide à l’éxpérience vegan de la famille. A Totnes, lieu de leur résidence, la famille de Paige fréquentait beaucoup d’autres crudivores végan qui avaient adopté un style de vie « proche de la nature ». Mais en dépit du fait de la prise quotidienne d’une complément alimentaire incluant de la vitamine D et de la vitamine B12, elles et ses enfants souffraient. A ce stade, la famille continua de consommer une alimentation haute en crudité, mais Paige y inclut du beurre, des oeufs, du fromage et occasionnellement du poisson. « J’ai laissé la malnutrition passer le pas de la porte de ma maison au nom de la santé »  dit Paige. « C’était ridicule ».

Il existe une différente importante entre le fait d’adopter un régime vegan (et continuer à consommer des aliments cuits), et un régime crudivore vegan. Les végan peuvent tirer profit de la consommation de céréales enrichies en vitamines, dans les aliments cuits, et dans une variété plus larges de céréales et de légumineuses; en outre, la cuisson contribue à faciliter l’absorption de certains micronutrients. Mais Lisa Miles, de la British Nutrition Foundation, nous explique: « Le point le plus préoccupant selon moi dans ces alimentations, c’est l’aspect vegan plus que l’idée de manger cru, parce qu’il  supprime deux groupes entiers d’aliments. Ce qui affecte les apports en vitamine D et en protéines. »

La semaine précédente, les régimes stricts pour les enfants avaient déjà été questionnés, après qu’une jeune fille vegan de 12 ans eu été admise dans un hopital écossais pour cause de rachitisme. Sa colonne vertèbrale était dans l’état de celle d’une femme de 80 ans.

Le rachitisme est une maladie osseuse dégénérative qui peut amener à une courbure de la colonne vertébrale et à des fractures osseuses. Elle est causée par une carence en vitamine D, que l’on trouve habituellement dans les poissons gras, les oeufs, le beurre, et que notre corps produit à partir de l’exposition au soleil, bien qu’au Royaune Uni l’ensoleillement ne rende cette synthèse possible que d’avril à septembre. C’est une maladie que l’on associe plus généralement à des personnages de romans de Dickens.

Beaucoup de diététiciens croient qu’il est possible d’élever un enfant vegan en bonne santé. « C’est faisable, mais il vous faudra vous assurer que vous êtes sûr de ce que vous faites, surtout au regard de la croissance et de la prise de poids » nous dit Jackie Lowdon de la British Dietician Association. « Comme pour tout régime restrictif, vous aurez besoin de recevoir des conseils personnalisés d’un professionnel de santé. »

La vegan society, de façon non surprenante, clame que cette alimentation convient à tout âge et comporte une armée de robustes gaillards adultes en bonne santé élevés comme vegan dès leur naissance et heureux d’en faire part aux médias. Cette association publie également un livre de conseils diététiques spécifiques aux besoins des enfants, écrit par la diététicienne Sandra Hood. Cependant, une des portes parole de l’association déconseille le régime cru vegan pour les enfants.

Nigel Denby, diététicien, et auteur de « la nutrition pour les nuls » explique : « il peut être déjà suffisamment délicat de donner des bonnes habitudes alimentaires à un enfant, alors avec un régime vegan, on se complique d’autant plus la tâche. Ce n’est pas une entreprise à tenter sans le soutien d’un diététicien. »

Une attention spécifique doit être apportée à certains nutriments. « Le fer héminique que l’on trouve dans la viande est plus facile à absorber pour le corps » explique Denby. « Le fer non héminique, qui est aussi bon, se trouve dans les végétaux à feuilles vertes foncées, et dans les céréales enrichies en vitamines, mais il faut par contre en consommer de plus grande quantités pour obtenir les mêmes quantités de fer. »

Paige est désormais convaincue que ses enfants avaient un réel besoin, une réelle fringale de produits laitiers. « J’étais complètement perdue, car les permières années, je me sentais bien, calme, satisfaite, et j’avais plein d’énergie. Les enfants n’étaient jamais malades. Mais quelque chose semblait manquer quand même. Nous mangions sans cesse entre les repas, nous étions obsédés par la nourriture. »

Paige pense que le fait d’avoir allaité ses filles au long cours aura aidé à procurer à ses filles certains nutriments, mais l’impact que le même régime a eu sur l’organisme de Paige est dramatique. « Ce n’est qu’à la troisième année que mon corps a commencé a littérallement s’effondrer, à une vitesse effroyablement rapide.Je perdais du poids, mes muscles fondaient à vue d’oeil,le soir je devais me coucher à 20h30. Elle avait également des compulsions alimentaires et parfois ne s’alimentait plus que de galettes de riz et de beurre.

La goutte d’eau qui fit déborder le vase se produisit lors le fils aîné de Paige, Bruce vint lui rendre un jour visite. Il lui demanda si elle pouvait lui acheter un poulet, et Paige se retrouva à en manger la moitié. Après ce jour, elle ne plus pu s’arrêter.  » J’étais comme possédée ». Lors d’une journée normale, je pouvais manger la moitié d’un poulet, boire deux litres de lait, manger 200 grammes de fromage et 3 oeufs. J’en avais besoin. Ca a duré des semaines. Les enfants eux mangaient de grandes quantité d’oeufs durs et de fromage ».

Paige, qui dirige maintenant un magazine de santé en ligne et un magasin d’alimentation crue, explique que la plus grande leçon qu’elle ai tiré de cette mésaventure était de ne plus jamais être si restrictive dans ses choix alimentaires. « Pour beaucoup de gens, il a quelque chose qui fait que de nombreux nutriments sont plus assimilables sous leurs forme animale. J’ignore pour quelle raison, mais l’expérience montre que nombre d’entre nous ne recoivent pas assez de protéines dans un régime végan. »

Aujourd’hui, quand Paige regarde ses deux filles , qui ont maintenant respectivement 7 et 8ans, elle est certaine que leur alimentation leur profite. « Il y a eu toute une période où je me faisais du soucis, ou je craignais d’avoir impacté leur croissance, ce à vie. » nous confie t’elle. « Maintenant je suis rassurée quand au fait qu’elles aillent bien. Même si elles mangent des fruits frais et secs à volonté, comme auparavant, leurs caries se sont complètement résorbées. »

Et maintenant, c’est de leur croissance que l’on parle quand on les voit. Les gens me disent « Mon Dieu, elles ont encore tellement grandi » !

Pourquoi est-il nécessaire de manger les animaux ?

Voilà le lien original de ce texte de Diana Rodgers, hébergé chez un des grands manitous de la mouvance paléo, Robb Wolf 🙂 :

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Merci à Nom Nom Paleo pour le dessin. Achetez le t-shirt !

Beaucoup de gens croient qu’il n’est pas « humain » de manger de la viande. Je les comprends. En regardant en surface, on peut penser que la chose la plus humaine à faire est de ne pas manger de viande. S’abstenir de manger de la viande  semble également la meilleure chose à faire d’un point de vue écologique, et la façon la plus « saine » de manger. Je comprends bien qu’avoir de la compassion pour les animaux et les manger semble incompatible. C’est pourquoi je ne défends pas la viande provenant d’élevages industriels.

Il existe des raisons environnementales de taille expliquant pourquoi nous avons besoin des herbivores.

Récemment, j’ai écrit un texte expliquant combien les animaux de pâturage étaient bénéfiques pour les sols. Quand ils broutent l’herbe, ils stimulent sa repousse, le piétinement de leurs sabots, leurs urines et leurs bouses effectuent un travail crucial d’un point de vue microbiologique, et augmentent la biodiversité du sol, ce qui aide au processus de séquestration du carbone. J’ai expliqué comment la plupart des études qui démontrent combien d’eau était nécessaire pour faire un steak avaient en réalité comptabilisé les eaux vertes (eaux de pluie incluses), et pas les eaux bleues (les eaux utilisées pour abreuver le bétail). Quand vous lisez cette étude qui utilise le calcul basé sur les eaux bleues, une production « traditionnelle » de bœuf a une empreinte en eau similaire à celle du riz, de l’avocat, des noix et du sucre. J’ai également expliqué que quand vous considérez la quantité de terres non exploitables pour y mener des cultures, et uniquement utilisables par des animaux de pâture, que le bétail et les autres herbivores n’entraient pas en compétition avec les cultures végétales en terme d’espace. Voici un chouette graphique détaillant l’impact environnemental du bœuf élevé uniquement à l’herbe.

Il existe une étude récente de l’université de Tufts, qui explique que le régime végan n’est pas le plus pertinent du point de vue d’une utilisation durable des terres. Cultiver la totalité des terres disponibles pour y produire des légumes n’est pas une façon efficace d’utiliser l’espace disponible. L’étude s’attache à l’utilisation des terres, et une fois de plus, si l’on admet que la plupart des terres de notre planète ne sont pas adaptées à la culture de végétaux, il est clair qu’inclure à son menu des protéines animales est efficace du point de vue de l’utilisation des terres. Ce que l’étude ne prend pas en compte, ce sont les herbivores élevés en pâturage comme première source de protéines. Elle ne considère qu’un apport « traditionnel » de viande. Les poulets élevés en batterie, dont la consommation mondiale a connu une augmentation de presque 400%  consomment des céréales. Si nous échangeons nos poulets de batterie pour du bœuf élevé et fini à l’herbe, alors l’équation serait encore bien différente.

L’autre jour, j’ai eu ce commentaire sur l’article :

« Pourquoi serait il nécessaire de manger les animaux ? » Je ne comprends pas pourquoi ce serait une étape obligatoire du processus. Si les herbivores sont « utilisés », ne pourrions nous pas simplement les laisser vivre leurs vies et les laisser fertiliser le sol pour rendre les cultures plus efficaces ? » 

Ce commentaire nécessitait une réponse dans un article à part entière, voilà donc mes réflexions sur le sujet :

Est-il « plus humain » pour l’animal d’être voué à une mort « naturelle » ? Qu’est ce que signifie une « mort naturelle » pour la plupart des gens ? Pour un animal, il existe plein de façons de mourir dans la nature. Une mort naturelle ne signifie pas une mort sans douleur. Tous les animaux ne meurent pas dans leur sommeil à un âge avancé. En fait, c’est même rarement le cas.

Être mangé par un autre animal est une façon de mourir répandue. Cela implique généralement un combat stressant et une mort douloureuse. Plus souvent c’est une mort relativement lente, comparé à une balle dans tête ou à une entaille dans la gorge, comme pratiquée dans ce court métrage que j’ai contribué à produire. Les petits abattoirs à échelle humaine qui emploient des techniques d’abattages humaines s’assurent que l’animal meurt rapidement avec le moins de douleur possible. Les gens qui y travaillent se préoccupent réellement de bien faire leur travail et éprouvent une certaine fierté à amener dignement l’animal dans « la phase suivante de leur existence » : nourrir un grand nombre de personnes. En comparaison, les hyènes ne sont pas tellement « humaines » quand il s’agit du sort qu’elles réservent à leurs proies. Il arrive qu’un coyote mange une de nos brebis. Est-ce que cette brebis avaient des droits ? Si oui, le coyote a-t-il violé les droits de la brebis en la mangeant ? Les coyotes jouent un rôle important dans la nature, et ils ont besoin de manger eux aussi. Et que dire des rapaces qui mange nos poules, ou qui chassent les souris dans les champs ?

En dehors des morts violentes, la maladie peut frapper l’animal et l’emporter. Ce processus n’est pas non plus indolore. Mais admettons qu’un animal soit complètement protégé de ses prédateurs, et ne meurt ni de maladie ni d’infection, et vive jusqu’à un âge avancé. A la fin de sa vie, ses organes commenceront à décliner et l’animal ne pourra plus ni manger ni boire. Peut-être même deviendra-t-il aveugle. Est-ce que ce processus est sans douleur et rapide ? Est ce que permettre à l’animal de souffrir est une meilleure option de mort pour ce dernier ? La vie est belle quand vous êtes jeune et en bonne santé, mais personne ne reste jeune et en bonne santé à tout jamais. Quand on regarde de jolies images de troupeaux de zèbres fringants ou de chevreuils dans la nature, on ne les voit jeunes que parce que les vieux et les malades ont été éliminés par leurs prédateurs. Faut-il donc supprimer les prédateurs ? Est-ce « plus humain ? »

Imaginons que nous décidions tous d’un commun accord de laisser les herbivores restaurer nos sols et que nous ne les consommions pas comme protéines. Il faudrait donc se poser la question du contrôle de leur population ? Vaut-il mieux laisser les loups et les hyènes réguler ces populations et être bien nourris, pendant que nous nous nourrirons de tofcisse et que nous boirons notre soleil vert ? Devrions-nous stériliser un certain pourcentage de ces herbivores, de façon à ce qu’ils ne puissent se reproduire ?  La stérilisation est elle une solution plus humaine que la mise à mort par une hyène ? Une autre question  se pose : comment un système de vaches au pâturage pour restaurer les sols pourrait être tenable économiquement ? Les vaches sont une ressource économique pour leur viande et leur lait. Elles ne valent pas grand chose d’un point de vue économique pour un fermier si elles ne sont que des « amélioratrices de sols ».  Un fermier/ éleveur responsable traite correctement ses animaux et dégage du bénéfice de son activité. Qui prendrait la responsabilité de s’assurer que les vaches aient accès à de l’eau, à des pâturages, et soient soignées si elles étaient malades ou blessées si il/elle n’était pas payé ? Le système a besoin de résoudre ce paramètre financier pour être pérenne.

« Mais ce n’est qu’une question d’intention » 

Il est important de comprendre qu’un régime sans viande n’équivaut pas à un régime sans sang. Beaucoup d’animaux perdent la vie lors de la culture des végétaux. Les oiseaux et les papillons sont empoisonnés par des produits phytosanitaires, les lapins et les souris sont broyés par les tracteurs, et de vastes champs de monocultures végétales accaparent l’habitat d’une population native d’animaux qui ont jadis vécu sur ces terres. La culture de végétaux n’est pas humaine pour les lapins.

J’ai souvent entendu des gens répondre à ceci que tant qu’il n’y avait pas l’intention de tuer des lapins, pour obtenir un burger de soja, alors c’était moral quand même. Cette idée d’une intention est complexe, mais si vous savez que vos actions causent la mort comme effet secondaire, et que malgré tout vous le faites, vous êtes quand même toujours à l’origine d’une mort.

Si en prenant ma voiture pour faire mes courses pour acheter du tofu j’écrase accidentellement un écureuil, est-ce qu’il est quand même mort ? Oui. Mais est-ce que j’en éprouve de la culpabilité ? Non. C’est une chose que je n’avais pas prémédité, il n’était pas dans mon intention que conduire tuerait un écureuil.

Et si je vous disais qu’à chaque trajet vers ce magasin où vous vous achalandez en tofu, vous écraserez à chaque fois une famille entière d’écureuils, de façon inévitable. Si vous saviez qu’à chaque fois que vous alliez à ce magasin vous tueriez ces écureuils, serait-ce encore moral d’aller à ce magasin, même si votre intention n’était pas de tuer ces animaux ?

Il me semble que si on est conscient du fait que nos actions ont un réel effet, alors il y a bien une intention.

J’affirme maintenant de façon officielle que pour produire des végétaux, des animaux sont tués lors du processus. Est-ce toujours moral de manger des végétaux ?

Si vous mettez la vie d’un écureuil sur le même plan que celle d’une vache, et que vous cherchez réellement à tuer le moins possible de vies pour vous nourrir, j’amène l’argument suivant : tuer une vache qui a vécu toute sa vie en pâturage cause en fait moins de morts que le nombre d’animaux sacrifiés par les techniques modernes de récolte des cultures intensives. Le principe du moindre mal pencherait donc en la faveur de la consommation de grands herbivores (viande rouge).

Voici quelques une des réponses que j’entends souvent de la part des personnes qui cherchent à causer « le moins de mal possible ».

« Je ne consomme que des produits laitiers et des œufs. »

D’accord, je vois. Vous ne voulez pas que les animaux meurent, mais vous consommez leur lait et leurs œufs. Cela peut sembler mieux d’un point de vue moral. Est-ce que le lait que vous buvez est issu d’une vache nourrie uniquement à l’herbe ? Si ce n’est pas le cas, saviez-vous que ces vaches ne pouvaient pas beaucoup bouger et passaient la majorité de leur existence dans des bâtiments agricoles ? Savez-vous comment on arrive à faire qu’une vache produise du lait ? Naturellement ? Savez vous ce qu’il advient du petit de ces vaches ? Et à propos de vos œufs, proviennent-ils d’un élevage où les poules sont à 100% élevées en liberté, sans complément de grains ? Si ce n’est pas le cas, alors vos poules, tout comme vos vaches laitières ne vivent pas réellement la vie « naturelle » d’un poulet. Que pensez-vous qu’il arrive aux poussins mâles, ceux qui ne pondent pas d’œufs ? Je pense qu’il est sûrement plus sain de consommer des produits laitiers et des œufs plutôt que de s’alimenter de façon exclusivement végétale, mais il y a bien d’autres éléments à prendre en considération et qui méritent d’être interrogés, si vous avez un problème moral avec la mort.

« Ok, je mangerais éventuellement du poisson, voir du poulet, mais sûrement pas de la viande rouge ! »

Je me demande dans quelle mesure il serait plus « moral » pour ceux qui mangent « en conscience » de penser que le poisson et le poulet soient supérieur à la viande rouge sur une échelle de moralité. Est ce parce que la chair du poisson et du poulet sont blanches ? Est-ce plus facile à manger quand il n’y a plus d’os et qu’on ne voit plus le « sang. » – en vérité le jus rouge dans les emballages de steak n’est pas du sang, il s’agit de myoglobine- ? Est-il plus aisé d’acheter de petites quantités de chair blanche plutôt que de de gros morceaux de chair rouge sur l’os ? Est-ce que les poulets et les poissons seraient des sous-animaux, comparés à une vache ? Est-ce parce que le bœuf est gras ? Est-ce que tout le monde a oublié que les graisses saturées ne sont plus considérées comme l’ennemi public numéro 1 ?

Est-ce que tous nos déboires de santé sont vraiment causés par notre consommation « accrue » de viande rouge ? Une fois de plus, si vous regardez ce que les gens mangent réellement, la quantité de viande rouge consommée n’a pas augmenté depuis 50 ans, c’est notre consommation de poulet qui a été multiplié par 5.  Nous sommes devenus de gros consommateurs de poisson aussi. Les études qui vilipendent la viande rouge sont observationnelles, utilisant des données issues de questionnaires. Les gens arrivent à se souvenir du hamburger qu’ils ont mangé la semaine précédente, mais ils tendent à « oublier » le beignet au pomme frit dans l’huile, le soda XXL, et la portion géante de frite qui accompagnait le hamburger. Ce n’est pas la viande qui fait tellement de mal, c’est la façon dont on l’élève, et les aliments dont on l’accompagne.

« Je me sens plus (vertueux, propre, pur) en ne mangeant que des plantes »

Voici d’autres questions à considérer. Aux animaux qui meurent lors des labours ou des récoltes de vos cultures, il faut ajouter les nombreux animaux victimes des productions d’aliments végétaux issus de l’agriculture. L’huile de palme par exemple. Je ne pense pas que l’on puisse considérer que l’huile de palme soit OK dans un régime végan, si l’on considère l’impact que son industrie a sur les orangs-outans. Et que dire des humains qui récoltent vos cultures ? Je constate très peu d’attention portée à la personne humaine et aux problèmes sociaux par les tenants des régimes 100% végétaux. Que dire des 400 000 enfants migrants esclaves dans des exploitations ? Mangez-vous des bananes, du chocolat, buvez-vous du café ? Il y a tellement de problématiques autour de l’industrie alimentaire bien au-delà de savoir si c’est « bien » ou « mal » de manger de la viande.

« Quelle est la façon la plus « morale » de s’alimenter ?

Si vous cherchez réellement à minimiser les torts causés aux animaux, assurez-vous de faire les choix les plus durables et éthiques en matière de choix d’aliments, pour ce faire il faut accepter d’élargir votre horizon et d’inclure de nouvelles questions. Si vous savez que des animaux mourront pour votre tofu, pensez-vous toujours qu’il soit correct de le consommer ? Si vous savez que vos bananes non bio impliquent que les écoles et les habitations aux alentours de la plantation seront aspergées de produits chimiques toxiques, causant des maladies ainsi que des défauts de naissance, est-ce que vous serez toujours d’accord avec le fait de les consommer ? Est-il correct de manger des tomates quand on ignore qui les a récolté ? Si vous appreniez que c’est une fille de 12 ans qui travaille 12 heures par jour, au lieu d’aller à l’école, de façon à ce que vous puissiez avoir des tomates au mois de janvier, considéreriez-vous qu’il soit plus vertueux de les consommer que de manger de l’agneau ? Si vous ne voyez pas le « sang » ou les os dans votre poulet emballé sous plastique, cela le rend-il plus facile à manger à vos yeux ? La viande blanche est-elle plus « propre » à consommer ? Les oiseaux sont-ils des animaux qui comptent moins que les vaches ? Est-il correct de boire du lait de vache confinée toute sa vie, qu’elle n’ait jamais pu voir un brin d’herbe ? Quel type d’élevage permettrait à une vache de jouir d’une vie décente (d’accord, peut être bien qu’une vache au pâturage connait un seul mauvais jour de sa vie entière, mais la vache laitière également mourra aussi) ? Quel système est le meilleur ? L’initiative des Lundi Sans Viande change-t-il la façon dont les vaches sont traitées ?

En choisissant de refuser complètement ce système, en ne mangeant plus du tout de viande, changez-vous la façon dont cette dernière est produite ?

L’élevage industriel n’est pas une solution, selon moi, si nous étions plus exposés à la dynamique de production durable de nourriture, il y aurait moins de confusion concernant ce qu’il convient de faire. Si chacun avait l’expérience de travailler ou de vivre à proximité d’une petite ferme biologique qui aurait intégré un élevage d’animaux de pâturage (comme je l’ai moi même fait), alors les réponses à ces questions seraient plus évidentes. Nous faisons parti de la nature. Même si nous préférons éviter cette idée, la vie n’est pas possible sans la mort.

Si nous sommes d’accord sur le point que les herbivores sont absolument nécessaires pour la santé du sol, nous devrions être d’accord pour les manger.

Pour aller plus loin : Caroline Watson a écrit un beau texte sur l’aspect éthique de la consommation de viande. Le mythe végétarien, écrit par une ancienne végan, est également un superbe plaidoyer pour la consommation éthique de viande,  je viens de commencer à lire Vegan Betrayal, de Mara Kahn. Cependant, j’ai également acheté The Humane Economy, par Wayne Pacelle, végan et président de la Humane Society By Vegan, pour tenter de mieux comprendre ce qui constitue les fondements de la pensée des militants des droits des animaux. Je crois qu’il est fondamental d’explorer toutes les facettes d’une histoire afin de la saisir dans sa globalité. Alors que j’apprécie » l’intention » de ceux qui choisissent de ne pas consommer de viande, je suis tout simplement en désaccord avec leur logique.

Et vous, qu’en pensez vous ?