De l’art de faire comme il faut quand on est végan.

Ne vous fiez pas à la coloration humoristique et ironique du titre, essayez de mettre d’éventuels préjugés de côté et de l’appréhender comme une tentative de passerelle entre nos deux mondes. (j’agite mon tit drapeau blanc ❤ )

Il s’agit de la traduction d’un article de Denise Minger, intitulé For Vegans.

Article original disponible ici

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Pour vous les végans

Je vous promets que cet article n’est ni angoissant ni mesquin ! 

Malgré les rumeurs qui prétendraient le contraire, je ne suis pas engagée dans une mission de dévégétarianisation des foules, enragée, écume à la bouche. Mon propre régime alimentaire est principalement basé sur les plantes, et je ne touche aucun profit en aucune façon – financièrement ou autre – quand vous décidez de mettre un œuf dans votre bouche au lieu d’une masse de protéines végétales texturées. Mon seul but en tenant ce blog est de balayer la mauvaise science et de donner aux gens l’accès à des informations précises sur l’alimentation. Ce que vous décidez de faire avec ce que je dis ici dépend donc entièrement de vous.

En tant qu’ancienne végétarienne de dix ans (et même végétalienne sur les dernières années de cette période), je comprends et respecte le fait que les choix alimentaires sont parfois basés sur davantage que notre propre santé. Peut-être êtes-vous éthiquement opposé à tuer des animaux pour quelque raison que ce soit, êtes-vous préoccupé par le traitement du bétail dans les fermes ou avez-vous simplement développé un cas paralysant de carnophobie après avoir été enfermé dans un congélateur à viande lorsque vous aviez cinq ans (la pire partie de cache-cache jamais vue). Si c’est votre cas, je ne suis pas ici pour vous parler de vos choix ou de vos valeurs – et même si nous ne sommes pas d’accord sur les détails, je vous encourage à vivre votre vie de la façon qui vous convient le mieux.

Même si je ne crois pas que les régimes végétaliens stricts sont optimaux du point de vue de la santé, je pense qu’il existe des moyens de tirer le meilleur parti d’une alimentation sans viande, sans œufs et sans produits laitiers. J’aimerais regrouper quelques-unes de ces idées sur cette page afin que toute personne personnellement engagée dans le véganisme puisse maximiser ses chances de rester en bonne santé et, je l’espère, éviter les pièges les plus courants dont nous, ex-végans, parlons souvent. (Veuillez noter qu’il ne s’agit pas d’un encouragement pour les omnivores actuels de se convertir au véganisme, et il n’y a aucune garantie que vous prospéreriez vraiment même si vous suiviez toutes les suggestions ci-dessous – mais je pense que ces directives donneront aux végans la meilleure chance possible d’éviter les problèmes de santé.)

Sans ordre d’importance particulier, voici un résumé de la liste, suivi d’une version plus détaillée de chaque point :

1- Mangez de vrais aliments – pas de fausses viandes, de produits de soja transformés, de la malbouffe végétalienne, etc.
2- Évitez les huiles végétales riches en oméga-6 et prenez un supplément de DHA végétalien.
3- Supplément de vitamine K2.
4- Supplément avec une forme végétalienne de vitamine D3.
5- Améliorez l’absorption et la conversion du bêta-carotène.
6- Préparez correctement les céréales, les légumineuses ou les noix que vous mangez.
7- Maximiser l’absorption du fer en utilisant des aliments riches en vitamine C.
8- Prenez soin de votre thyroïde.
9- Prenez de la vitamine B12.
10- Essayez une éviction du gluten.
11- Mangez des aliments fermentés.
12- Supplémentez vous avec de la taurine.
13- Envisagez d’ajouter des huîtres ou d’autres bivalves non sensibles à votre régime alimentaire.

La version longue :

1. Mangez de la vraie nourriture. Je suis fermement convaincue que les médecins végétariens comme Caldwell Esselstyn, John McDougall et Joel Fuhrman sont sur la bonne voie lorsqu’ils recommandent de manger des aliments qui ressemblent encore à des légumes-feuilles, des fruits, des tubercules, des courges, des légumineuses, des légumes-racines, des algues, des noix et des graines si vous supportez bien ces aliments. Bien que je pense que beaucoup de gens bénéficieraient d’un apport en matières grasses plus élevé que ce que recommandent certains de ces médecins (avec quelques mises en garde dont nous parlerons plus loin), le concept de manger de vrais aliments est un bon point. Cela signifie abandonner les fausses viandes de soja, le sirop de maïs à haute teneur en fructose, les édulcorants artificiels, les collations pratiques, les repas télévisés et à peu près tout ce que l’on peut acheter sur ce site. C’est peut-être un moment excitant lorsque vous avez appris que les Pop-Tarts Unfrosted de Kellogg sont végétaliens…mais les Pop-Tarts restent des Pop-Tarts. À l’occasion, succomber occasionnellement à de la malbouffe ne vous tuera pas, mais ne vous attendez pas à rester en bonne santé si tout ce que vous avez dans votre assiette a été fait par Morningstar Farms ou Tofutti.

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Dites simplement non

2. Évitez les huiles végétales à haute teneur en oméga-6 comme l’huile de soja, l’huile de maïs, l’huile de coton, l’huile de tournesol, l’huile d’arachide ou les margarines faites à partir de ces huiles. Utilisez plutôt des graisses stables à la chaleur comme l’huile de coco ou l’huile de palme rouge pour la cuisson, et utilisez de l’huile de noix de macadamia ou de l’huile d’olive pour les plats froids comme les salades. (Selon l’endroit où vous résidez, ces huiles seront plus où moins faciles à vous procurer dans les commerces et éventuellement à commander en ligne qu’à trouver au niveau local, mais vous pouvez parfois les trouver dans les marchés spécialisés.)
Note : réduire votre consommation d’oméga-6 réduira vos besoins en oméga-3, mais je recommande aussi de prendre un supplément de DHA végétal à base d’algues (comme le DEVA) et d’obtenir de l’ALA à partir de graines de chia moulues, de graines de chanvre ou de graines de lin (toujours crues et non traitées thermiquement, car leurs graisses sont extrêmement instables). Ceci est particulièrement important si vous êtes enceinte ou si vous allaitez.

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Même écrit en italien, ça ne rend pas l’huile de soja plus saine…

3. Procurez-vous une source de vitamine K2, surtout si vous voulez éviter les cauchemars dentaires (comme ma propre mésaventure : 14 caries !). Ignorée des grands médias et du public, tout autant que des experts de santé (et de Constantin de Vive la B12 : note du Mythe), cette vitamine K2 est cruciale en ce qui concerne la santé cardiaque et osseuse. Entre autres choses, elle aide à transporter le calcium en dehors de vos artères (où il contribue à la formation de la plaque) pour le fixer à la place où il devrait être :  dans vos os et vos dents. Il existe un ouvrage intitulé « Vitamin K-2 and the Calcium Paradox » qui discute de l’implication de ce nutriment dans la santé globale, mais vous pouvez aussi trouver beaucoup d’informations sur K2 en ligne, comme ici et ici. (Note du Mythe : et ici en français.)

Contrairement à la vitamine K1, qui est abondante dans certains aliments végétaliens comme les légumes-feuilles foncés, la vitamine K2 ne se trouve que dans certaines bactéries et produits animaux comme les produits laitiers, les abats et les œufs. La principale source végétalienne est le soja fermenté natto (pas très appétissant pour un palais occidental) qui contient des bactéries productrices de K2. Si vous évitez le soja, mangez un régime alimentaire cru qui interdit le natto, ou si vous ne voulez tout simplement pas enfouir dans votre bouche des haricots visqueux parfumés à l’ammoniaque, cherchez un supplément de vitamine K2 contenant du ménaquinone-4 ou du ménaquinone-7 (habituellement abrégé en MK-4 ou MK-7). J’utilise personnellement cette marque pour moi-même, à la fois en raison de la qualité et du coût, et je peux me porter garant des avantages incroyables qu’elle offre en matière de soins dentaires.

4. Prenez suffisamment de vitamine D3 pour que votre taux sanguin atteigne 35 ng/ml. À moins d’être un sauveteur en mer hawaïen (ou d’avoir la chance de rester dehors toute la journée au soleil), il y a de fortes chances que vous soyez déficient, surtout si vous vivez à une latitude extrême nord. La vitamine D est cruciale pour une grande variété de fonctions – qu’il s’agisse de vous aider à absorber le calcium ou de vous protéger contre certains cancers – et elle agit en synergie avec les vitamines K2 et A pour garder vos dents et vos os solides. Malheureusement, puisque la vitamine D3 est habituellement dérivée de la laine, presque toutes les versions végétaliennes contiennent de la vitamine D2, qui est moins puissante et n’est pas toujours efficace pour prévenir ou combler les carences.

« Source de Vitamine D3 » et « Vitashine Vegan Vitamine D3 » sont actuellement les seuls suppléments de vitamine D3 végétaliennes qui existent. Je recommande fortement d’utiliser l’une ou l’autre plutôt que les versions D2 plus couramment disponibles. Personnellement, je prends environ 5 000 UI par jour, mais vous devrez peut-être ajuster votre apport en fonction de votre corpulence, de la quantité de soleil que vous prenez et si vous essayez de traiter agressivement une carence par rapport au maintien de niveaux sains de vitamine D. (Sachez également qu’un petit nombre de personnes réagissent négativement à la supplémentation en vitamine D, alors soyez à l’affût de tout symptôme indésirable.)

5. Tirez le meilleur parti de votre bêta-carotène. La vitamine A est essentielle à la santé des tissus osseux, à la vision, au bon fonctionnement des hormones, à la santé des fœtus et nourrissons et à d’autres choses généralement considérées comme bonnes. Sauf que les plantes ne contiennent pas de « vraie » vitamine A, seulement certaines provitamines, en particulier le bêta-carotène, que votre corps doit convertir en vitamine A. Malheureusement, ce processus de conversion est souvent inopérant : la plupart des gens n’absorbent qu’une infime fraction du bêta-carotène qu’ils consomment, et seulement une fraction de cette infime fraction devient de la vraie vitamine A – laissant certains végétaliens déficients même s’ils rivalisent avec Bugs Bunny dans la consommation de carottes. Bien que certaines personnes soient génétiquement condamnées à être de piètres convertisseurs et en tant que végétaliens se battront et mettront en œuvre toutes les solutions concrètes imaginables, il existe quelques façons de maximiser l’absorption et la conversion des précurseurs de la vitamine A :

  • Mangez des aliments riches en bêta-carotène accompagné d’une source de gras – comme de la vinaigrette huileuse ou des tranches d’avocat sur une salade – pour augmenter considérablement la quantité de bêtacarotène que vous absorbez.
  • Identifiez et traitez les allergies alimentaires, la maladie cœliaque, les infections parasitaires, l’infection à H. pylori ou un faible taux d’acide gastrique, qui peuvent perturber l’écologie intestinale et entraver l’absorption.
  • Assurez-vous d’obtenir suffisamment de fer et de zinc de votre alimentation, car ces minéraux sont essentiels à la conversion du bêta-carotène en vitamine A. Si vous avez une carence de ces minéraux, votre statut en vitamine A sera probablement altéré.
  • Cuisez légèrement certaines de vos sources de bêta-carotène pour décomposer les fibres et améliorer l’absorption.

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6. Préparez correctement les céréales, les légumineuses ou les noix que vous mangez. Ces aliments contiennent des phytates qui bloquent l’absorption de minéraux comme le calcium et le fer, ainsi que des inhibiteurs enzymatiques et des tanins qui peuvent causer des troubles digestifs. Si vous choisissez d’inclure des céréales, des légumineuses ou des noix dans votre alimentation, vous pouvez neutraliser certains des anti-nutriments et augmenter la disponibilité des minéraux en préparant vos aliments avec amour et tendresse. Pour les grains entiers, procédez comme suit :

  1. Mettez les grains dans un bol rempli d’eau tiède en quantité suffisante pour couvrir.
  2. Ajoutez du vinaigre de cidre de pomme ou du jus de citron dans une proportion de 1 cuillerée à table pour chaque tasse de grain.
  3. Laisser tremper le tout pendant au moins 7 heures à température ambiante.
  4. Égoutter l’eau de trempage et cuire les grains comme d’habitude.

Pour la plupart des légumineuses, sauf les lentilles séchées et les pois cassés, suivez les mêmes étapes que pour les grains, mais faites tremper les haricots plus gros pendant au moins 24 heures (en changeant l’eau de trempage s’ils commencent à fermenter) et doublez la quantité de vinaigre ou de jus de citron si vous avez affaire à de très petits haricots (2 cuillères à soupe par tasse de haricots). Les lentilles et les pois cassés devraient être trempés pendant 7 heures, mais sans ajout de vinaigre ou de jus de citron. Les noix crues, aussi, devraient être trempées dans de l’eau chaude pendant 7 heures sans milieu acide, mais vous pouvez saupoudrer l’eau de trempage avec du sel de mer (et ensuite les sécher à l’air une fois qu’elles sont cuites).

Cela peut sembler laborieux, mais cela ne demande pas beaucoup de travail – et votre système digestif vous en sera reconnaissant !

7. Mangez des aliments riches en vitamine C ainsi que des aliments riches en fer pour améliorer l’absorption du fer, surtout si vous êtes une femme pré-ménopausée ou si vous souffrez d’anémie. Le fer non héminique, la forme que l’on trouve dans les aliments végétaux, est moins bio-disponible que le fer héminique dans les produits animaux, mais son absorption augmente considérablement en présence de vitamine C. Essayez de combiner des aliments riches en fer comme la bette à carde, les épinards, les feuilles de betterave, les lentilles, les haricots et le quinoa avec des aliments riches en vitamine C comme les tomates, les poivrons, le jus de citron, les fraises, les oranges, les papayes, les kiwis, les ananas, les pamplemousses ou tout autre aliment qui vous plaît. Si vous aimez les smoothies verts, il s’agit d’excellentes occasions de mélanger quelque chose de fruité et riche en vitamine C avec un vert feuillage riche en fer. Évitez également de boire du thé ou du café avec des repas riches en fer, car ces boissons contiennent des substances qui réduisent l’absorption du fer.

8. Prenez grand soin de votre thyroïde. Les végétaliens soucieux de leur santé peuvent involontairement se retrouver avec deux attaques contre leurs thyroïdes : un manque d’iode (soit en réduisant le sel ou en passant du sel iodé au sel marin naturel), et un menu rempli de légumes goitrogènes. L’altération de la fonction thyroïdienne peut entraîner de la fatigue, des mains et des pieds froids, une perte de cheveux, une mauvaise concentration, de la difficulté à perdre du poids et une mémoire à court terme rivalisant avec celle de votre grand-mère, dont vous avez probablement entendu une plainte de mécontentement à un moment ou à un autre.

La meilleure source d’iode végétalienne est l’algue, mais certaines variétés en contiennent beaucoup plus que d’autres. Voici un tableau avec la teneur en iode (parmi d’autres nutriments) de plusieurs algues marines communes.

Les aliments goitrogènes – qui interfèrent avec la fonction thyroïdienne – comprennent les légumes crucifères comme le brocoli, le chou-fleur, les choux de Bruxelles, le chou frisé, le chou-rave, la moutarde, le navet, le rutabaga et le chou, ainsi que les produits du soja et le millet. Les fraises, les pêches et les épinards sont aussi quelque peu goitrogènes. Vous n’êtes pas obligé d’abandonner complètement ces aliments (les crucifères en particulier ont d’excellents composés anticancéreux), mais il est certain qu’il faut les limiter s’ils représentent une grande partie de votre alimentation, surtout si vous avez déjà des symptômes d’hypothyroïdie.

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Pas si innocent

9. Prenez de la vitamine B12 – environ 10 mcgs par jour, ou 2000 mcgs une fois par semaine. J’aimerais croire que c’est assez évident maintenant, mais il y a encore des autorités végétaliennes qui semblent sous-estimer le problème de la B12 ou même le nier complètement. Même « le rapport Campbell » minimise le problème de la B12 lorsque  T. Colin Campbell écrit : « Si vous ne mangez pas de produits animaux pendant trois ans ou plus, ou si vous êtes enceinte ou allaitante, vous devriez envisager de prendre un petit supplément de B12 à l’occasion ». C’est un peu effrayant, car pratiquement toutes les études menées sur le sujet montrent que les végétaliens présentent des taux de carence en B12 beaucoup plus élevés que les omnivores ou les végétariens et que, par conséquent, leur taux d’homocystéine est élevé (ce qui augmente la coagulation sanguine et augmente le risque de maladies cardiaques). En fait, un faible taux de B12 et un taux élevé d’homocystéine ont probablement contribué à la disparition précoce d’éminents végétaliens comme H. Jay Dinshah et T. C. Fry (PDF).

Surtout si vous évitez les aliments végétaliens transformés (qui sont souvent enrichis en vitamine B12, aux États-Unis, note du Mythe), vous devriez trouver un supplément et le prendre régulièrement, puisqu’il n’existe aucune source diététique fiable de B12 pour les végétaliens. (Les algues comme la spiruline, dont on dit souvent qu’elles contiennent de la B12, ne contiennent en réalité que des analogues de la B12 qui n’amélioreront pas votre statut en B12.)

10. Essayez de passer au moins 30 jours sans gluten, surtout si vous avez des symptômes qui peuvent évoquer la « sensibilité au gluten » comme des ballonnements, des douleurs abdominales, des douleurs articulaires, des maux de tête ou des migraines qui ne s’améliorent pas en modifiant votre régime alimentaire d’autres façons.

11. Fermenter deux trois trucs. Les aliments fermentés crus et non pasteurisés contiennent des bactéries bénéfiques qui peuvent aider à restaurer votre flore intestinale, à améliorer votre digestion et, en fin de compte, à augmenter la valeur nutritive que vous absorbez de ce que vous mangez. Ça ne prends pas plus de 30 secondes sur Google pour trouver des recettes de choucroute, de kimchi, de « vrais » cornichons, de la salsa fermentée et d’autres plats fermentés végétaliens délicieux, et la plupart des magasins d’aliments naturels offrent certains de ces produits préfabriqués. « Wild Fermentation » de Sandor Katz est une excellente ressource si vous voulez vous salir les mains dans les lactobacilles. (Note du Mythe : En français, je vous recommande chaudement Ni Cru Ni Cuit de Marie-Claire Frédéric, ou bien un livre axé sur la pratique comme celui-là)

12. Envisagez de prendre des compléments de taurine, surtout si vous êtes enceinte, si vous allaitez ou si vous êtes extrêmement actif. La taurine est un acide aminé que l’on trouve uniquement dans les aliments d’origine animale, et elle joue un rôle important dans le développement du cerveau, le maintien d’une tension artérielle saine, le contrôle de la glycémie, la réduction du stress oxydatif et la prévention des dommages à la rétine. Bien que votre corps puisse synthétiser la taurine à partir d’une combinaison d’autres acides aminés, de nombreuses personnes – y compris les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes – ne peuvent en produire suffisamment pour satisfaire leurs besoins sans source alimentaire directe, et au moins une étude a montré que les hommes végétaliens ont des niveaux de taurine plasmatique beaucoup plus faibles que les non végétariens. NOW fait une poudre de taurine végétalienne, et il peut y avoir d’autres marques si vous menez votre propre recherche.

13. Envisagez le « bivalvéganisme », une combinaison d’aliments végétaux et de mollusques et crustacés non sensibles. C’est malheureux que ce conseil soit le malchanceux numéro 13, parce que je pense honnêtement qu’il pourrait être une solution pour beaucoup de végétaliens en difficulté. Les bivalves – comme les huîtres, les palourdes et les moules – sont incroyablement riches en nutriments qui sont absents ou difficiles à obtenir des aliments végétaux. Les huîtres en particulier sont une excellente source de fer, de B12, de zinc, de sélénium, de cuivre et de vitamine D, et contiennent également une petite quantité de vitamine A véritable. Les bivalves n’ont pas de système nerveux central et ne sont généralement pas considérés comme sensibles selon les critères traditionnels, de sorte que les végétaliens qui évitent d’autres produits d’origine animale peuvent être plus à l’aise sur le plan éthique en consommant quelques huîtres par semaine. (Si vous voulez entendre le rôle potentiel des bivalves dans les régimes végétaliens de la bouche de quelqu’un d’autre, voici un article très pertinent de Christopher Cox.)

C’est tout pour les Grandes Choses Importantes. Mais pour rendre cette page insupportablement longue, voici une autre dose de conseils non sollicités 😀 :

Gardez à l’esprit que ce n’est pas ce que vous mangez – c’est ce que vous absorbez (ou convertissez) qui compte. Certains végétaliens scrupuleux utilisent des programmes comme Cron-o-Meter pour suivre leur apport en nutriments et s’assurer qu’ils atteignent les Apports Journaliers Recommandés (AJR) pour les vitamines, les minéraux et les acides aminés. Malheureusement, ces programmes ne font pas de distinction entre la vitamine K1 ou K2, n’ont pas d’AJR pour les acides aminés non essentiels comme la taurine, enregistrent généralement le bêta-carotène comme « vitamine A » et ne s’ajustent pas pour son taux d’absorption extrêmement faible (ce qui signifie que ce qui ressemble à 100% de l’AJR sur papier pourrait n’être que 1% de l’AJR dans votre corps), ne peut pas vous dire combien de fer/zinc/magnésium/calcium vous perdez à cause des phytates, ne peut pas vous dire combien de fer non héminique vous absorbez réellement. En d’autres termes, les calculateurs de nutriments ne peuvent vous montrer que ce que vous mettez dans votre bouche, et non ce dont votre corps peut réellement s’emparer. (Pire encore, les valeurs nutritives de l’USDA peuvent être très différentes de celles de votre assiette, puisque le contenu nutritionnel des aliments végétaux varie en fonction des conditions de croissance, de la qualité du sol, de la saison, de la géographie et d’une foule d’autres facteurs.)

Les tests sanguins ne peuvent pas vous dire si vous souffrez d’une « carence » en calcium. Je ne sais pas si cette croyance est aussi courante chez les végétaliens « normaux » que chez les végétaliens crudivores, mais certaines personnes semblent penser qu’une valeur normale de calcium sur leur test sanguin est la preuve qu’ils tirent profit de leur régime alimentaire. Rien ne saurait être plus éloigné de la vérité. Le calcium dans votre sang et le calcium dans vos os sont deux choses très différentes, et en période de pénurie, votre corps puisera joyeusement le calcium de votre squelette pour que vous ayez assez de sang pour rester en vie. (Le calcium est un électrolyte qui aide à empêcher votre cœur de s’essouffler, et votre corps accorde généralement la priorité au fait de ne pas mourir plutôt qu’à la perte de densité osseuse.)

Lorsque vous cherchez des conseils en matière de santé auprès de ressources pro-vegan, choisissez judicieusement vos sources. Cela s’applique à peu près à toute autorité qui dispense des conseils sur un régime alimentaire dans lequel ils sont émotionnellement ou financièrement investis, et le véganisme ne fait pas exception. Évitez les sites Web et les forums qui tendent à  » blanchir  » les mauvaises expériences que les gens ont avec le véganisme ou qui bannissent les membres qui signalent des problèmes de santé (pour ne pas donner de nom). Si quelqu’un dit que vous pouvez obtenir toute la B12 dont vous avez besoin en vous léchant le poignet, en ne lavant pas vos légumes ou en faisant des cadeaux sacrificiels de chou frisé aux dieux de Coenzyme, courez, courez, loin et vite. Et en tant que personne qui avait l’habitude de faire confiance à tout ce que je lisais sur Vegsource.com, je recommanderais aussi de faire vos propres recherches avant de faire confiance à ce que vous lisez sur les sites végétaliens sur l’anatomie digestive humaine, les études sur la viande, et le caractère miraculeux du seitan.

Cela dit, mon expert végétalien préféré est Jack Norris. Norris est un diététicien végétalien qui est étonnamment honnête au sujet des lacunes d’un régime végétalien, qui offre des solutions scientifiques aux problèmes de santé et – contrairement à d’autres dans sa position – ne balaie pas les pièges potentiels du véganisme sous le tapis. Parmi toutes les autorités sanitaires à base de plantes, il est de loin le plus susceptible de vous dire la vérité. Parcourez son blog pour obtenir une perspective équilibrée des questions végétaliennes sans œillères.

Et si vous êtes sincèrement intéressé par le fait de voir « l’autre côté » des sujets végétaliens :

  • BeyondVeg de Tom Billings est une ressource fantastique pour tous les chercheurs de vérité dans le monde de la santé, couvrant une gamme de sujets pertinents pour les végétaliens et les végétaliens crus (y compris l’anatomie comparative des primates et des humains, l’histoire de l’évolution en ce qui concerne l’alimentation humaine, les mythes courants sur les végétaliens crus, et bien plus encore).
  • « Viande : Une extravagance sans danger » de Simon Fairlie est une lecture incontournable si vos raisons de devenir végétalien sont au moins partiellement environnementales. Il ne fait aucun doute que nos pratiques modernes d’agriculture industrielle craignent, mais ce livre montre – dans des détails méticuleux et fantastiques – que la réalité est beaucoup plus nuancée qu’on nous le laisse croire. De nombreux aliments végétaliens comme les fraises, le café, le vin, le chocolat et les asperges sont encore plus destructeurs pour l’environnement que la viande d’élevage industriel, et Fairlie montre que certaines des statistiques accablantes que nous entendons au sujet de l’agriculture animale sont grossièrement gonflées. D’après les recherches de Fairlie, le système le plus durable n’est pas un système végétalien, mais consiste à mettre du bétail sur des terres impropres aux cultures végétales, à utiliser des animaux comme les poulets et les porcs pour utiliser les déchets alimentaires et à revenir à une agriculture décentralisée.
  • Si vous voulez comprendre pourquoi d’anciens végétaliens ont désorganisé et remis en question la base éthique du véganisme, jetez un coup d’œil aux interviews d’anciens végans sur le blog de Rhys Southan, Let Them Eat Meat. Il vaut également la peine de lire ce récit personnel détaillé du retour à l’omnivorisme de l’ex-vegan Tasha. J’ai fait part de certaines de mes propres réflexions lors d’un entretien avec la National Animal Interest Alliance.

Et enfin, et non des moindres…..
Ne vous blâmez pas si vous faites tout ce qu’il faut et que vous ne vous sentez toujours pas bien. Tout comme tous ces arrière-grands-mères qui ont vécu jusqu’à 96 ans en fumant un paquet par jour et en choisissant Guinness comme groupe alimentaire principal, il y a des gens qui survivent vraiment très longtemps sans produits d’origine animale. J’ai des doutes sur la façon dont les choses se dérouleront d’une génération à l’autre, mais sur une base individuelle, les végétaliens prospères existent (comme le phénoménal Lou Corona, 60 ans, qui a été un végétalien cru pendant 39 ans (et qui est une pointure sur les aliments fermentés – Pas de hasard hein !). Mais contrairement aux arrière-grands-mères résilientes qui sont considérées comme des anomalies chanceuses, les végétaliens résilients ont tendance à être considérés comme des exemples universels de « Hé, si cette personne peut le faire, tout le monde peut le faire aussi ».

Si vous ne deviez rien retirer d’autre de cette page, écoutez au moins ceci : les humains sont beaucoup, beaucoup plus diversifiés génétiquement que la plupart d’entre nous ne le réalisent, et le succès d’une personne en tant que végétalien ne garantit pas le vôtre. Il se peut que vous soyez vraiment physiquement incapable d’absorber ou de convertir certains nutriments sous leur forme végétale. Vos antécédents de santé, votre écologie intestinale, votre état de santé et même ce que votre mère a mangé pendant que vous étiez en gestation influencent tous vos besoins nutritionnels actuels. Le véganisme est une expérience moderne – une situation alimentaire à laquelle l’homme n’a jamais été confronté auparavant – et toutes ses répercussions sont encore inconnues. La survenue de problèmes n’est pas un échec personnel. Bien que le véganisme s’enracine dans la compassion, veuillez considérer que vous, en tant qu’être humain vivant, méritez aussi votre propre bonté.

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5 commentaires sur « De l’art de faire comme il faut quand on est végan. »

  1. A reblogué ceci sur Clair et Lipideet a ajouté:
    Il est loin d’être évident de s’épanouir dans un régime végan. Voici la traduction d’un article de Denise Minger paru il y a déjà quelques années. On y récolte quelques conseils frappés au coin du bon sens autour de nutriments « sous-estimés ». J’y ai un peu collaboré à cette traduction, mais c’est bien la miss du « Mythe Végétarien » (pas Lierre Keith bien sûr) qui s’y est attelée pour la majeure partie du travail.

    Bonne lecture !

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  2. Bien d’accord que les arguments environnementaux sont assez foireux et beaucoup plus complexes que ce qui est dit sur beaucoup de blog végé. Mais je ne vois pas le rapport avec les fraises ou le chocolat : que ce soit pourri au niveau écolo je ne savais pas et je l’apprends, mais les omnivores ne remplacent pas leurs fraises par une côte de boeuf ou leur café du matin par des saucissons il me semble…

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